Poker est une série détente qui surfe sur la mode de ce jeu très médiatisé. Comme le poker seul ne suffit pas à construire un scénario suffisamment dynamique et attractif Derrien y adjoint une histoire de vengeance autour de parents assassinés par une mystérieuse organisation puissante, secrète et criminelle. Mark, BG de service classiquement frondeur, devra gravir les échelons du gotha du poker pour espérer s'approcher de la vérité et de la vengeance. Pendant ce temps une (pas si) mystérieuse tueuse dégomme à tour de rôle les membre de l'organisation ( pas si puissante en fait pour se protéger). C'est un scénario cousu de fil blanc qui se lit sans déplaisir mais qui n'apporte pas de réelle surprise. Les auteurs installent leurs actions dans un monde de luxe, de strass et de belles filles ce qui est toujours efficace commercialement.
Un petit 3
Un one-shot sur Harley Quinn par les auteurs de la série comics Harley Quinn des années 2010, ce qui veut dire qu'il y a des personnages de cette série qui apparaissent. Les lecteurs qui ne connaissent l'univers de Batman qu'au travers les films et les dessins animés risquent d'être un peu perdus et ne pas comprendre certaines références, notamment pourquoi Harley ne vit pas à Gotham. Donc contrairement à d'autres one-shot que sort DC depuis quelques années, je ne pense pas que c'est une lecture pour un lecteur novice qui veut juste lire une aventure avec des persos de Batman, je pense que c'est pour les fans de comics avant tout.
Harley Quinn doit retourner à Gotham pour se venger d'un criminel qui a fait du mal à elle et ses amis de New York, mais c'est risqué pour elle d'être à Gotham à cause de son ancien petit ami le Joker et elle attire l'attention du groupe de super-héroïnes les Birds of Prey qui veulent qu'elle dégage tout de suite de Gotham, mais évidemment personne ne peut contrôler Harley Quinn et elle va foutre le bordel.
On retrouve les forces et les faiblesses. C'est une histoire divertissante qui n'a pas peur de ne pas se prendre au sérieux, mais parfois l'humour est un peu lourdingue. Il y a des bonnes idées, mais j'ai aussi trouvé que le scénario était souvent un peu décousu et aussi un peu laborieux. Il y a un élément du scénario que j'ai bien aimé qui n'arrive qu'au milieu de l'album. Quant au dessin, je l'ai bien aimé sauf pour le look du Sphinx que je n'ai pas trop aimé.
À lire si on a bien aimé suivre les aventures en comics d'Harley Quinn.
Avant Les Oiseaux en bande dessinée, Les Insectes en bande dessinée ou encore Les Animaux Marins en bande dessinée, il y avait Les Dinosaures en bande dessinée, une série destinée à faire découvrir et livrer plein d'anecdotes instructives sur les fameux reptiles tout en ponctuant l'ensemble de gags à presque toutes les cases.
C'est une série sympa, mêlant humour et pédagogie de manière plutôt réussie. Le graphisme humoristique est agréable, bien que parfois répétitif. Comme dans les autres albums de cette collection, on trouve des petites fiches documentaires et bien synthétiques à la fin des planches, qui sont à la fois informatives et ludiques. Autant certains points abordés sont bien connus des amateurs de dinosaures, autant nombre d'anecdotes sont plus rares et instructives. A noter aussi que l’intégration des découvertes relativement récentes sur les dinosaures apporte une certaine valeur ajoutée.
Les chutes de gags ne sont pas terribles mais la BD est tout de même amusante car l'humour est plus ou moins présent tout au long des planches. Il réside dans des situations cocasses, des dialogues plutôt bien trouvés mais aussi dans les bouilles amusantes des dinosaures.
C’est une lecture agréable, bien construite pour un public jeune et curieux.
Nouveau spin-off de l'univers de l'Incal, celui-ci se focalise sur le Capitaine Kaimann rencontré dans Avant l'Incal et comme la plupart de ces spin-off... il ne respecte la continuité ni de celui-ci ni de L'Incal lui-même. En effet, là encore, la fin de L'Incal est ignorée, remplacée par un futur lointain n'ayant rien à voir avec celui d'aucune de ces autres séries, et le parcours du Kaimann de Avant l'Incal est lui aussi occulté, la rencontre avec Louz étant ici inexistante. Et je ne parle pas de ces personnages qui jurent "Par l'Incal !" Alors qu'ils n'ont aucune raison de connaitre son existence.
Toutefois, il faut admettre que le personnage de Kaimann est ici bien respecté et qu'il a une certaine classe. On retrouve le capitaine pirate lyrique et élégant, torturé par sa mutation tandis qu'il combat pour l'honneur. Le scénario présente même des éléments extravagants, outrés et à la limite du risible sans vraiment tomber dedans qui rappellent les scénarios de Jodorowsky. On est bien dans l'univers de l'Incal.
Le dessin est aussi très bien, maîtrisé et efficace. C'est joli et bien fait, comme un bon comics de SF.
L'intrigue, pour sa part, est très bien jusqu'à la moitié de l'album puis devient un peu plus ennuyeuse au-delà, une fois que le héros s'enferre dans son obsession quitte à en oublier le monde qui l'entoure, et tandis que la fatalité s'abat sur sa promise du futur. Toute la fin m'a plutôt ennuyé et c'est dommage car le départ promettait mieux.
Cela reste un plutôt bon spin-off, mais largement dispensable.
Une lecture enrichissante.
Robin Walter nous plonge dans le milieu du football au travers les émissions de télévision "Transversale". Émission que je ne connaissais pas.
Des récits instructifs, mais la narration est verbeuse, Robin Walter doit faire rentrer ces documentaires sur 4 pages (1 seul sur 6 pages).
On pourra aussi regretter que 2 chapitres seulement se tournent sur des personnages féminins.
Je pensais bien connaître l'Histoire du football, mais je dois avouer que non, j'ai beaucoup appris.
Une BD qui fait voyager, d'abord géographiquement de l'Amérique du Sud à l'Europe et ensuite dans le temps, de 1930 à nos jours.
Le football et le sport en général sont le terrain de "jeux" des enjeux politiques, de l'homophobie, de l'intégration des flux migratoires, de la résistance, des excès et de la place de la femme. Un reflet de notre monde sur des sujets de société.
Graphiquement c'est pas exceptionnel, ça fait le taf, rien de plus.
Je conseille aux amoureux du ballon rond, mais aussi à ceux d'Histoire.
Étrange, surprenant, voilà une série « western » qui sort largement des sentiers battus, sur le fond et sur la forme. On est très loin des très beaux standards de Blueberry, même si c’est une lecture plutôt agréable.
Le découpage en chapitres plus ou moins longs – histoires courtes qui finissent par se lier et brosser le portrait de quelques cow-boys de pacotille – donne un aspect décousu. Surtout au départ, dans le premier tome. Mais ensuite ça prend forme, on s’est habitué au style graphique et narratif de Blain.
Je l’avais déjà rencontré aux pinceaux dans des aventures western atypiques dans Hiram Lowatt & Placido (mais après tout il est revenu plus récemment avec son spin-of de « Blueberry »).
Je n’ai donc pas été décontenancé par son dessin, très moderne et dynamique, caricatural (ah, le blair de Gus !) et qui je trouve convient bien au type de récit décalé que nous offre cette série.
Si les décors du western classique sont souvent présents (saloon, étendues désertiques, braquage de banque et outlaws, Indiens – à la marge), ça ne reste que des décors. Car les histoires sont plutôt « hors cadre ». Un groupe de copains, Gus en tête, outlaws à la petite semaine (parfois même shériffs), atteints de questionnements éthiques ou philosophiques, et qui draguent, se prennent des vestes. Dans le tome 2, Gus élabore même une stratégie singulière pour draguer, tournant franchement autour du pot, s’en éloignant même.
Velléitaires et un peu losers, nos amis sont attachants. Je n’ai lu que les trois premiers tomes – seuls disponibles dans ma médiathèque – mais après un premier tome peut-être un peu plus difficile à appréhender, ça s’est révélé une lecture plaisante.
Je m'attendais à davantage apprécier cette BD car j'avais beaucoup aimé Quatre soeurs, adapté par la même autrice, et je m'attendais à retrouver un petit groupe de femmes tout aussi attachantes et touchantes. Et justement non, je ne me suis pas tellement attaché à elles ni à leur petite aventure de création d'un bar à tisanes.
Le cadre de cette histoire est très contemporain, avec des héroïnes urbaines amies malgré leurs parcours très différents. Adeptes d'aller boire des coups ensemble quand elles en ont l'occasion, elles profitent d'un héritage pour changer de vie et se lancer dans l'entreprise d'un bar utopique pour elles, qui mélangeraient tisanes, bières bio, gâteaux, librairie et cours de yoga. Grâce à un crowdfunding, elles complètent les fonds nécessaires avec le soutien de plus de personnes et les voilà toutes les 4 lancées dans l'aventure.
Si l'idée est sympa, je n'y ai pas tellement accroché. D'abord parce que je ne me suis senti proche d'aucune de ces 4 filles en particulier (là encore au contraire de Quatre soeurs où malgré les qualités et défauts de chacune, elles avaient toutes leur charme et c'était une famille à laquelle on aurait aimé appartenir). Et ensuite parce que leur entreprise n'a guère su me toucher. Déjà mon esprit terre à terre m'a fait m'interroger sur comment elles peuvent gérer un endroit aussi hétéroclite à 4 seulement : quand trouvent-elles le temps de faire la grasse matinée le dimanche (leur bar est fermé le dimanche ?) ou de s'octroyer des congés comme on le voit ici et là dans l'histoire sans avoir de personnel pour gérer les choses sans elles vu la quantité d'offres différentes de leur endroit ? Ensuite toute cette intrigue autour de l'urine m'a un peu refroidi, d'autant que l'explication et la solution qui lui sont données me paraissent bancales.
De manière générale, je n'ai pas été touché.
Ce fut quand même une lecture sympathique, avec un agréable dessin et des protagonistes plutôt sympas même si pas aussi attachantes que je l'aurais aimé, mais elle n'a pas su m'emporter très loin.
Cette série débute sur une idée originale avec une thématique de l'oubli assez peu visitée. Laurent, un réparateur anonyme et sans histoire particulière, va visiter son inconscient à la suite d'un coma léger. Cette vie paisible bâtie sur un oubli sauveur va être bouleversée par la réapparition de ses traumas. Le scénario est bien construit avec les ingrédients nécessaires pour pimenter l'affaire. On peut reprocher un manque d'épaisseur des personnages secondaires (les parents) mais moi j'ai trouvé le ton assez juste. Le final boucle de façon assez satisfaisante le récit avec une ouverture intéressante.
Le graphisme est très typé Ferrandez avec ce mixte d'aquarelles et de dessins aux traits fins. Je ne sais pas si c'est à cause des extérieurs parisiens mais j'ai trouvé ses décors moins aboutis que ses paysages du Sud ou d'Algérie. On reconnait ses personnages fétiches mais là aussi un poil moins expressifs et travaillés.
Cela reste une lecture plaisante et divertissante. Un bon 3.
A l'époque de la sortie du premier tome de ce diptyque j'avais posté un avis avec une note de "franchement bien". A la lecture très récente du deuxième tome, je me vois dans l'obligation de baisser ma note. En effet j'ai été particulièrement déçu notamment à cause d'une fin que je ne vais pas divulguer. En effet on y retrouve des éléments déjà vus chez Denis Bajram à la fin d'UWI, un truc très "embrassant nous Folleville", tout le monde est beau et gentil, deux trois plantes magiques et tous les problèmes sont résolus.
Dommage, dommage, personnellement ça me casse tout ce qu'il y avait avant. Et ce n'était pas si mal, même si j'ai eu des regrets que la vie de certaines tribus ne soit pas plus explorées. En bref le scénario est bien ficelé, peut être trop et sans grande surprise.
En ce qui concerne le dessin, il est dans ma zone de confort, clair et lisible avec quelques planches assez jolies. Comme dit plus haut ce diptyque ne va pas révolutionner le genre ; pour moi pas d'achat conseillé et me voilà comme un couillon avec deux volumes dans une bibliothèque déjà bien encombrée.
Un journaliste raconte son vécu comme correspondant à l'ONU pendant 4 ans.
Il ne faut pas s'attendre à un récit qui creuse en profondeur sur l'ONU, mais cet album est une bonne synthèse sur le fonctionnent de cette organisation et des problèmes qu'elle rencontre et qui peut donner l'impression que c'est une organisation qui ne sert pas à grande chose. On peut dire que le portrait qu'on pose est nuancée. On ne condamne pas globalement l'institution, mais reconnait les problèmes comme le comportement controversé des casques bleues durant certaines opérations.
On voit aussi un aperçu de différents problèmes internationaux durant la durée du séjour du journaliste Karim Lebhour à New York, notamment les guerres au Lybie et en Syrie. Encore une fois, il ne faut pas s'attendre à de l'analyse en profondeur, on voit surtout les divisions que cela causé à l'ONU ainsi que l'hypocrisie de la diplomatie en général. Le dessin est sympathique.
Dans le fond, le seul gros problème que j'ai eu est que j'ai trouvé que le format de l'album était trop petit pour ce type de documentaire. Par moment, je trouvais le texte un peu trop petit.
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Poker
Poker est une série détente qui surfe sur la mode de ce jeu très médiatisé. Comme le poker seul ne suffit pas à construire un scénario suffisamment dynamique et attractif Derrien y adjoint une histoire de vengeance autour de parents assassinés par une mystérieuse organisation puissante, secrète et criminelle. Mark, BG de service classiquement frondeur, devra gravir les échelons du gotha du poker pour espérer s'approcher de la vérité et de la vengeance. Pendant ce temps une (pas si) mystérieuse tueuse dégomme à tour de rôle les membre de l'organisation ( pas si puissante en fait pour se protéger). C'est un scénario cousu de fil blanc qui se lit sans déplaisir mais qui n'apporte pas de réelle surprise. Les auteurs installent leurs actions dans un monde de luxe, de strass et de belles filles ce qui est toujours efficace commercialement. Un petit 3
Harley Quinn & Birds Of Prey
Un one-shot sur Harley Quinn par les auteurs de la série comics Harley Quinn des années 2010, ce qui veut dire qu'il y a des personnages de cette série qui apparaissent. Les lecteurs qui ne connaissent l'univers de Batman qu'au travers les films et les dessins animés risquent d'être un peu perdus et ne pas comprendre certaines références, notamment pourquoi Harley ne vit pas à Gotham. Donc contrairement à d'autres one-shot que sort DC depuis quelques années, je ne pense pas que c'est une lecture pour un lecteur novice qui veut juste lire une aventure avec des persos de Batman, je pense que c'est pour les fans de comics avant tout. Harley Quinn doit retourner à Gotham pour se venger d'un criminel qui a fait du mal à elle et ses amis de New York, mais c'est risqué pour elle d'être à Gotham à cause de son ancien petit ami le Joker et elle attire l'attention du groupe de super-héroïnes les Birds of Prey qui veulent qu'elle dégage tout de suite de Gotham, mais évidemment personne ne peut contrôler Harley Quinn et elle va foutre le bordel. On retrouve les forces et les faiblesses. C'est une histoire divertissante qui n'a pas peur de ne pas se prendre au sérieux, mais parfois l'humour est un peu lourdingue. Il y a des bonnes idées, mais j'ai aussi trouvé que le scénario était souvent un peu décousu et aussi un peu laborieux. Il y a un élément du scénario que j'ai bien aimé qui n'arrive qu'au milieu de l'album. Quant au dessin, je l'ai bien aimé sauf pour le look du Sphinx que je n'ai pas trop aimé. À lire si on a bien aimé suivre les aventures en comics d'Harley Quinn.
Les Dinosaures en bande dessinée
Avant Les Oiseaux en bande dessinée, Les Insectes en bande dessinée ou encore Les Animaux Marins en bande dessinée, il y avait Les Dinosaures en bande dessinée, une série destinée à faire découvrir et livrer plein d'anecdotes instructives sur les fameux reptiles tout en ponctuant l'ensemble de gags à presque toutes les cases. C'est une série sympa, mêlant humour et pédagogie de manière plutôt réussie. Le graphisme humoristique est agréable, bien que parfois répétitif. Comme dans les autres albums de cette collection, on trouve des petites fiches documentaires et bien synthétiques à la fin des planches, qui sont à la fois informatives et ludiques. Autant certains points abordés sont bien connus des amateurs de dinosaures, autant nombre d'anecdotes sont plus rares et instructives. A noter aussi que l’intégration des découvertes relativement récentes sur les dinosaures apporte une certaine valeur ajoutée. Les chutes de gags ne sont pas terribles mais la BD est tout de même amusante car l'humour est plus ou moins présent tout au long des planches. Il réside dans des situations cocasses, des dialogues plutôt bien trouvés mais aussi dans les bouilles amusantes des dinosaures. C’est une lecture agréable, bien construite pour un public jeune et curieux.
L'Incal - Capitaine Kaimann
Nouveau spin-off de l'univers de l'Incal, celui-ci se focalise sur le Capitaine Kaimann rencontré dans Avant l'Incal et comme la plupart de ces spin-off... il ne respecte la continuité ni de celui-ci ni de L'Incal lui-même. En effet, là encore, la fin de L'Incal est ignorée, remplacée par un futur lointain n'ayant rien à voir avec celui d'aucune de ces autres séries, et le parcours du Kaimann de Avant l'Incal est lui aussi occulté, la rencontre avec Louz étant ici inexistante. Et je ne parle pas de ces personnages qui jurent "Par l'Incal !" Alors qu'ils n'ont aucune raison de connaitre son existence. Toutefois, il faut admettre que le personnage de Kaimann est ici bien respecté et qu'il a une certaine classe. On retrouve le capitaine pirate lyrique et élégant, torturé par sa mutation tandis qu'il combat pour l'honneur. Le scénario présente même des éléments extravagants, outrés et à la limite du risible sans vraiment tomber dedans qui rappellent les scénarios de Jodorowsky. On est bien dans l'univers de l'Incal. Le dessin est aussi très bien, maîtrisé et efficace. C'est joli et bien fait, comme un bon comics de SF. L'intrigue, pour sa part, est très bien jusqu'à la moitié de l'album puis devient un peu plus ennuyeuse au-delà, une fois que le héros s'enferre dans son obsession quitte à en oublier le monde qui l'entoure, et tandis que la fatalité s'abat sur sa promise du futur. Toute la fin m'a plutôt ennuyé et c'est dommage car le départ promettait mieux. Cela reste un plutôt bon spin-off, mais largement dispensable.
Tranversale
Une lecture enrichissante. Robin Walter nous plonge dans le milieu du football au travers les émissions de télévision "Transversale". Émission que je ne connaissais pas. Des récits instructifs, mais la narration est verbeuse, Robin Walter doit faire rentrer ces documentaires sur 4 pages (1 seul sur 6 pages). On pourra aussi regretter que 2 chapitres seulement se tournent sur des personnages féminins. Je pensais bien connaître l'Histoire du football, mais je dois avouer que non, j'ai beaucoup appris. Une BD qui fait voyager, d'abord géographiquement de l'Amérique du Sud à l'Europe et ensuite dans le temps, de 1930 à nos jours. Le football et le sport en général sont le terrain de "jeux" des enjeux politiques, de l'homophobie, de l'intégration des flux migratoires, de la résistance, des excès et de la place de la femme. Un reflet de notre monde sur des sujets de société. Graphiquement c'est pas exceptionnel, ça fait le taf, rien de plus. Je conseille aux amoureux du ballon rond, mais aussi à ceux d'Histoire.
Gus
Étrange, surprenant, voilà une série « western » qui sort largement des sentiers battus, sur le fond et sur la forme. On est très loin des très beaux standards de Blueberry, même si c’est une lecture plutôt agréable. Le découpage en chapitres plus ou moins longs – histoires courtes qui finissent par se lier et brosser le portrait de quelques cow-boys de pacotille – donne un aspect décousu. Surtout au départ, dans le premier tome. Mais ensuite ça prend forme, on s’est habitué au style graphique et narratif de Blain. Je l’avais déjà rencontré aux pinceaux dans des aventures western atypiques dans Hiram Lowatt & Placido (mais après tout il est revenu plus récemment avec son spin-of de « Blueberry »). Je n’ai donc pas été décontenancé par son dessin, très moderne et dynamique, caricatural (ah, le blair de Gus !) et qui je trouve convient bien au type de récit décalé que nous offre cette série. Si les décors du western classique sont souvent présents (saloon, étendues désertiques, braquage de banque et outlaws, Indiens – à la marge), ça ne reste que des décors. Car les histoires sont plutôt « hors cadre ». Un groupe de copains, Gus en tête, outlaws à la petite semaine (parfois même shériffs), atteints de questionnements éthiques ou philosophiques, et qui draguent, se prennent des vestes. Dans le tome 2, Gus élabore même une stratégie singulière pour draguer, tournant franchement autour du pot, s’en éloignant même. Velléitaires et un peu losers, nos amis sont attachants. Je n’ai lu que les trois premiers tomes – seuls disponibles dans ma médiathèque – mais après un premier tome peut-être un peu plus difficile à appréhender, ça s’est révélé une lecture plaisante.
Pisse-Mémé
Je m'attendais à davantage apprécier cette BD car j'avais beaucoup aimé Quatre soeurs, adapté par la même autrice, et je m'attendais à retrouver un petit groupe de femmes tout aussi attachantes et touchantes. Et justement non, je ne me suis pas tellement attaché à elles ni à leur petite aventure de création d'un bar à tisanes. Le cadre de cette histoire est très contemporain, avec des héroïnes urbaines amies malgré leurs parcours très différents. Adeptes d'aller boire des coups ensemble quand elles en ont l'occasion, elles profitent d'un héritage pour changer de vie et se lancer dans l'entreprise d'un bar utopique pour elles, qui mélangeraient tisanes, bières bio, gâteaux, librairie et cours de yoga. Grâce à un crowdfunding, elles complètent les fonds nécessaires avec le soutien de plus de personnes et les voilà toutes les 4 lancées dans l'aventure. Si l'idée est sympa, je n'y ai pas tellement accroché. D'abord parce que je ne me suis senti proche d'aucune de ces 4 filles en particulier (là encore au contraire de Quatre soeurs où malgré les qualités et défauts de chacune, elles avaient toutes leur charme et c'était une famille à laquelle on aurait aimé appartenir). Et ensuite parce que leur entreprise n'a guère su me toucher. Déjà mon esprit terre à terre m'a fait m'interroger sur comment elles peuvent gérer un endroit aussi hétéroclite à 4 seulement : quand trouvent-elles le temps de faire la grasse matinée le dimanche (leur bar est fermé le dimanche ?) ou de s'octroyer des congés comme on le voit ici et là dans l'histoire sans avoir de personnel pour gérer les choses sans elles vu la quantité d'offres différentes de leur endroit ? Ensuite toute cette intrigue autour de l'urine m'a un peu refroidi, d'autant que l'explication et la solution qui lui sont données me paraissent bancales. De manière générale, je n'ai pas été touché. Ce fut quand même une lecture sympathique, avec un agréable dessin et des protagonistes plutôt sympas même si pas aussi attachantes que je l'aurais aimé, mais elle n'a pas su m'emporter très loin.
La Boîte noire
Cette série débute sur une idée originale avec une thématique de l'oubli assez peu visitée. Laurent, un réparateur anonyme et sans histoire particulière, va visiter son inconscient à la suite d'un coma léger. Cette vie paisible bâtie sur un oubli sauveur va être bouleversée par la réapparition de ses traumas. Le scénario est bien construit avec les ingrédients nécessaires pour pimenter l'affaire. On peut reprocher un manque d'épaisseur des personnages secondaires (les parents) mais moi j'ai trouvé le ton assez juste. Le final boucle de façon assez satisfaisante le récit avec une ouverture intéressante. Le graphisme est très typé Ferrandez avec ce mixte d'aquarelles et de dessins aux traits fins. Je ne sais pas si c'est à cause des extérieurs parisiens mais j'ai trouvé ses décors moins aboutis que ses paysages du Sud ou d'Algérie. On reconnait ses personnages fétiches mais là aussi un poil moins expressifs et travaillés. Cela reste une lecture plaisante et divertissante. Un bon 3.
Inhumain
A l'époque de la sortie du premier tome de ce diptyque j'avais posté un avis avec une note de "franchement bien". A la lecture très récente du deuxième tome, je me vois dans l'obligation de baisser ma note. En effet j'ai été particulièrement déçu notamment à cause d'une fin que je ne vais pas divulguer. En effet on y retrouve des éléments déjà vus chez Denis Bajram à la fin d'UWI, un truc très "embrassant nous Folleville", tout le monde est beau et gentil, deux trois plantes magiques et tous les problèmes sont résolus. Dommage, dommage, personnellement ça me casse tout ce qu'il y avait avant. Et ce n'était pas si mal, même si j'ai eu des regrets que la vie de certaines tribus ne soit pas plus explorées. En bref le scénario est bien ficelé, peut être trop et sans grande surprise. En ce qui concerne le dessin, il est dans ma zone de confort, clair et lisible avec quelques planches assez jolies. Comme dit plus haut ce diptyque ne va pas révolutionner le genre ; pour moi pas d'achat conseillé et me voilà comme un couillon avec deux volumes dans une bibliothèque déjà bien encombrée.
Une saison à l'ONU
Un journaliste raconte son vécu comme correspondant à l'ONU pendant 4 ans. Il ne faut pas s'attendre à un récit qui creuse en profondeur sur l'ONU, mais cet album est une bonne synthèse sur le fonctionnent de cette organisation et des problèmes qu'elle rencontre et qui peut donner l'impression que c'est une organisation qui ne sert pas à grande chose. On peut dire que le portrait qu'on pose est nuancée. On ne condamne pas globalement l'institution, mais reconnait les problèmes comme le comportement controversé des casques bleues durant certaines opérations. On voit aussi un aperçu de différents problèmes internationaux durant la durée du séjour du journaliste Karim Lebhour à New York, notamment les guerres au Lybie et en Syrie. Encore une fois, il ne faut pas s'attendre à de l'analyse en profondeur, on voit surtout les divisions que cela causé à l'ONU ainsi que l'hypocrisie de la diplomatie en général. Le dessin est sympathique. Dans le fond, le seul gros problème que j'ai eu est que j'ai trouvé que le format de l'album était trop petit pour ce type de documentaire. Par moment, je trouvais le texte un peu trop petit.