Alicia Jaraba nous présente ici la biographie d’un personnage clé de l’Histoire, en comblant de façon relativement crédible les lacunes de nos connaissances la concernant – en particulier pour tout ce qui se rapporte à la période ayant précédé l’arrivée de l’expédition de Cortez.
L’auteure a pris le parti de ne montrer que l’intermédiaire, le pont entre les langues – et les cultures – alors que la Malinche, qui maitrisait plusieurs langues de la région, est devenue l’interprète de Cortez. Plus que ça même, puisqu’elle lui permet de comprendre la société aztèque, et d’en connaitre les faiblesses. On aurait tout aussi bien pu ne voir en elle qu’une traitresse ayant trahit les « siens » et étant à la base du cataclysme qui va frapper la région. Singulièrement, l’album s’arrête juste au moment de l’arrivée des Espagnols à Tenochtitlan…
La narration est agréable, comme l’est le dessin d’ailleurs, la lecture est plaisante. Le sujet m’intéresse a priori, et je suis sorti satisfait de cet album, qui met en lumière un de ces « seconds rôles » majeurs, que l’Histoire a relégués dans l’ombre.
Note réelle 3,5/5.
Cette BD est solide comme un coup de poing dans la gueule qu'il faut lire en encaissant comme un boxeur. En l'encaissant comme Ali !
J'avais cette BD dans la pile à lire mais sans avoir aucune idée de pourquoi si ce n'était la note. C'est le genre de surprises que j'adore avoir, parce qu'elle est franchement formidable. Cette BD, comme le dis si bien McArthur, c'est celle qui te fait comprendre le mythe derrière la personnage. Qui permet aussi de l'appréhender, dans toute la complexité du personnage. Et je dois le dire, Muhammad Ali est une personnalité que je trouve incroyable maintenant. Parce que la BD parle de son parcours de vie non pas tant comme boxeur, mais dans sa totalité ! Et c'est sans doute ce qui est autour de la boxe qui est le plus fou et sans doute le plus méconnu : la partie politique. Que ce soit le combat pour les droits des noirs, la question religieuse, la répression politique, parfois à l'internationale, son engagement social prononcé, ses discours... Derrière le boxeur grande gueule, je découvre une personne pleinement engagée dans les droits civiques et dont certains discours seraient aujourd'hui parfaitement entendables. Georges Floyd n'est pas si loin que ça...
La Bd a donc un sujet intéressant, vivant et fort, mais elle le traite intelligemment. Le dessin, volontairement réaliste, joue sur les périodes (notamment lors d'interview retranscrites par des télévisions qui changent selon la période) mais aussi sur les cadrages, très étirés qui ne sont pas sans rappeler un cadrage cinématographique. J'ai personnellement trouvé que ça rappelait la volonté d'un film documentaire. D'autre part la voix off est présente tout au long comme un long discours envers Cassius Clay, renforçant la narration en créant un lien direct entre lui et le narrateur. Enfin, j'apprécie tout particulièrement les combats de boxe, les images faisant penser à des clichés pris sur le fait, tandis que la voix off et les rounds défilent. C'est une technique simple mais rudement efficace pour parler d'une personne qui fut présente en photo et à la télé comme une super-star. D'ailleurs les grandes pages pleines faisant presque penser à des arrêts sur image captant le moment-clé, cette image qui reste en tête longtemps après. Que ce soit les discours, les victoires, on sent que les auteurs ont voulu retranscrire tout le jeu scénique de Muhammad Ali.
La BD est excellente à mes yeux parce qu'elle est une biographie qui dépasse son sujet en offrant plus, peignant une société américaine raciste et un personnage solidaire des siens, parce qu'elle évoque la boxe comme le sport extraordinaire qu'il est, capable de soulever des foules. Mais aussi parce qu'elle fait toucher du doigt pourquoi cet homme est aujourd'hui encore une icône, une inspiration de tant de personnes. Muhammad Ali s'est créé lui-même, s'est fabriqué comme mythe et encore aujourd'hui il peut nous inspirer. Franchement, je suis à deux doigts du culte !
Qu'ouis-je ? Qu'entends-je ? Un album dessiné par Stéphane Fert que je n'aurais pas encore lu ? Vite, corrigeons le tir !
C'est une histoire très simple, très courte aussi, représentant de manière enfantine et colorée une question sociétale ayant souvent tendance à revenir sur le devant de la scène : doit-on brider nos libertés pour la satisfaction égoïste de petit-e-s mégalomanes aux tendances totalitaristes ?
Mine de rien la question mérite encore d'être posée car le problème des libertés (et tout particulièrement celle d'expression) devant être sacrifier au nom de décisions politiques reste un sujet récurrent dans le monde.
Ici, tout est exagéré, imagé pour rendre le propos le plus universel possible. C'est un album qui se veut conte, en somme (comme souvent avec Stéphane Fert au dessin).
Le général contrôle tout, le général n'aime pas le désordre et voit tout ce qui sort de sa vision du monde étriquée comme une attaque contre sa propre personne. Alors quand un cirque, symbole de liberté et d'expression artistique populaire, débarque en ville, c'est la panique ! Il parait même qu'iels n'ont pas de chef, c'est insensé !
L'album est bon, l'album est beau, l'album est simple (peut-être trop simple pour certain-e-s), l'album est gros (ou plutôt grand), l'album est recommandé.
3.5
Un manhua très intéressant parce que c'est la biographie de Kunlin Tsai, un taiwanais qui a fait divers métiers dans sa vie incluant éditeurs de manhua et traducteur de mangas.
Ce qui est passionnant dans cette série est qu'au travers la vie de Kunlin on voit aussi l'évolution de la société taiwanais durant le 20ème siècle. Il est né en 1930 et a donc vécu sa jeunesse sous l'occupation japonaise de l'ile. Ensuite, le Japon perd la guerre et Taiwan redevient chinois. La guerre civile a lieu en Chine, les communistes gagnent les nationalistes se replient sur l'ile transformé en dictateur. C'est durant une période de terreur que le pauvre Kunlin va se retrouver prisonnier politique pendant une décennie entière pour des crimes qu'il n'a pas commis (le seul truc qu'il a fait s'est....participé au club de lecture de son école). Lorsqu'il sort il va continuer a subir un régime autoritaire jusqu'à ce que tout change dans les années 80 et que le pays devient démocratique même si cela va prendre du temps pour que le gouvernement reconnaisse les crimes du régime dictatorial et la génération de Kunlin a apprit toute sa vie à se la fermer et subir les événements. On a aussi droit au début de chaque volume à des textes qui expliquent la situation de Taiwan, notamment les changements dans les langues parlés qui ont fait en sorte que la génération de Kunlin est facilement devenue trilingue.
Taiwan était un pays dont je ne connaissais que les grandes lignes de son histoire et aussi un peu de sa situation actuelle. Cette série m'a donc appris beaucoup de choses. Même si la situation de Taiwan est particulière, il y a malheureusement des éléments que l'on retrouve dans tous les régimes autoritaires. Le pauvre Kunlin a quand même perdu 10 ans de sa jeunesse pour des crimes qu'il n'a pas commis. J'ai bien aimé aussi voir comment était l'industrie du manhuas dans les années 60 et dommage qu'il n'a pas pu persévérer dans cette activité parce que j'aurais bien aimé voir l'évolution de cette industrie. Un truc qui m'a semblé bizarre est que dans les trois premiers tomes l'action se passe entièrement dans le passé alors que le dernier tome on faisait des allers-retours entre le passé et le présent et ce changement de ton est un peu déstabilisant au début. Le dessin est sympathique quoique les personnages secondaires se ressemblent souvent un peu trop.
J'ai aimé le choix que fait cette BD d'aborder le sujet du harcèlement scolaire en adoptant un format de gags en une planche. Cela permet une lecture simple, que l'on peut picorer ici et là sans forcément s'obliger à lire une histoire complète. Je trouve que cela amène le lecteur à rentrer plus vite dans le récit sans prendre le risque qu'il lâche l'affaire avant de vraiment commencer. Et par extension, je pense que cela permet de s'adresser plus facilement à des jeunes lecteurs éventuellement concernés sans qu'ils aient l'impression qu'on les force à lire quelque chose qui pourrait les barber.
L'histoire d'Emma, harcelée par Clarisse, est racontée avec humour, tendresse et relativement peu de manichéisme. Cela peut laisser un peu perplexe par moments, notamment quand certains gags semblent minimiser la gravité des situations, comme les violences physiques, mais on comprend que l’intention est de dédramatiser le sujet pour un jeune public. Ce ton léger peut contraster avec réalité des expériences vécues par les victimes de harcèlement mais j'ai le sentiment qu'il aide à rentrer dans l'histoire et à s'attacher à l'héroïne. En outre, le dossier en fin de livre, qui propose des solutions et des explications sur le harcèlement, permet de compenser cette légèreté en offrant de vraies solutions. Si le style graphique de Bloz est très accessible, l'album manque parfois de profondeur, notamment dans sa façon d’aborder les personnages adultes, trop souvent dépeints comme incompétents ou indifférents.
J'ai le sentiment que c’est un livre plutôt utile pour sensibiliser les jeunes au fléau du harcèlement, et je l'ai trouvé touchant dans sa manière de mettre en scène des sujets graves avec humour ou du moins légèreté.
Boule de feu est un album de grand format que j'ai emprunté car j'aime particulièrement ce que propose Anouk Ricard. Quant à Etienne Chaize je ne connaissais pas donc j'imagine que c'est l'artiste des décors plutôt réalistes sur lesquels les personnages au dessin "enfantin" d'Anouk Ricard sont plaqués. Le mélange des 2 auteurs fonctionne bien mais ce sont surtout les traits d'humour qui font passer une lecture agréable dans un monde Fantasy rempli de clins d'oeil, à Astérix entre autres. On jurerait voir Animan dans ces personnages, ou plutôt c'est Animan publié par la suite qui s'est inspiré du Patrix malgré lui qui est tout l'enjeu de la quête de cette histoire.
Suzie Wendel, dit "Zizi", est une petite fille vivant seule avec sa mère dans un petit village et qui se retrouve un beau jour à adopter une chauve-souris venue se réfugier dans ses cheveux.
Des histoires sur le quotidien d'une gamine fantasque avec un animal parlant rigolo lui donnant la réplique, une enfant qui réfléchit sur le monde des adultes et se montre souvent plus censée qu'elleux, des strips humoristiques reposant sur le sarcasme et l'humour con, ... tout ça n'est pas nouveau. Mais tout de même bien réalisé !
Déjà, Zizi se révèle un peu plus complexe qu'une simple "gamine à problème" Elle est sarcastique et calculatrice, mais contre toute attente elle ne se révèle pas être une petite peste en puissance car elle s'avère également être assez gentille dans le fond, souhaitant notamment protéger les animaux vulnérables - sauf les araignées ! - et aimant sincèrement sa mère à qui elle fait pourtant vivre des misères. C'est juste une enfant très chaotique, un peu (trop) grande-gueule et qui vit dans un monde où l'impossible et l'imaginaire enfantin se révèlent bien souvent plus proche de la réalité que la vision des adultes.
Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'impossible et d'imaginaire enfantin ? Eh bien figurez-vous que les bois à côté de chez Zizi regorgent de créatures toutes plus dangereuses et invraisemblables les unes que les autres (comme les terribles fourmi-zombies !) et qu'elle se transforme chaque nuit de pleine lune en adulte (depuis sa blessure face à un terrible Grand-Garou).
J'aurais presque comparée Zizi à Calvin, de Calvin et Hobbes, mais la comparaison est en fait assez imparfaite, car bien que tous deux marquent par leur côté "enfant avec des réflexions très adultes et un grand amour pour les catastrophes et les sarcasmes", les aventures fantastiques de Zizi sont en fait bien réelles. Ici, pas de "doute" comme entre Calvin et Hobbes, les étranges créatures que voient Zizi, sa transformation en adulte chaque pleine lune ou encore sa voisine pratiquant un art martial surpuissant à base de cuillère en bois, ... tout ça est en fait bien réel et plusieurs personnes interagissent avec ces apparitions. Ici l'on n'est pas vraiment dans les fantasmes et les interprétations enfantines d'un-e enfant à l'esprit beaucoup trop adulte, plutôt les aventures quotidienne d'une fillette très chaotique vivant dans un monde où le fantasque s'avère en réalité être très banal.
Ce traitement presque normal des évènements fantastiques donnent un vrai cachet à la série
L'humour est drôle, en tout cas il m'a beaucoup fait rire. Je n'ai réalisé qu'après ma lecture que l'écriture était de Trondheim, j'aurais pu m'en douter, j'ai un faible pour son humour. Surtout qu'il sait écrire des personnages à la fois simples, loufoques et surtout attachant. C'est vraiment ça que je retire de ces petites histoires : c'était attachants. J'ai beaucoup aimé suivre les déboires et réflexions de Zizi, gamine pouvant paraître bizarre mais se révélant en réalité très maligne. En tout cas aussi maligne qu'un-e adulte. En tout cas pas plus bête. Après tout, elle nous le dit elle-même, "les adultes sont juste des enfants qui font un mètre de plus...".
Adaptation très réussie du roman de Pierre Lemaitre : un polar amoral à l'humour pince sans rire, noir et délicieusement rétro.
En 2021, Pierre Lemaitre et son éditeur (Albin Michel) avaient eu la bonne idée de ressortir un fond de tiroir pour profiter de la renommée grandissante de l'auteur. C'était un thriller immoral et délicieusement divertissant, empreint d'un humour noir et pince-sans-rire, qui nous replongeait dans les années 80, à l'époque où l'on sillonnait les routes en Renault 5 (et pas le nouveau modèle électrique, hein !).
Pierre Lemaitre, Dominique Monféry et les éditions Rue de Sèvres nous remettent ça et adaptent Le serpent majuscule en bande dessinée.
Lemaitre n'en est bien sûr pas à son coup d'essai : il a déjà adapté plusieurs de ses romans en BD (Au revoir là-haut, la série Brigade Verhoeven, ...).
Quant à Dominique Monféry il est connu dans le monde du dessin animé.
C'est une BD avec une héroïne mais messieurs voyons, calmez-vous, ce n'est pas du côté de Superwoman que ça se passe, plutôt du côté de Carmen Cru : l'héroïne en question est une vieille dame très âgée, prénommée Mathilde.
Accessoirement, Mathilde Perrin est aussi tueuse à gages, oui, oui.
Ludo, son chien, est un dalmatien, facile à reconnaître car c'est lui qui fait la couverture du bouquin comme de la BD et que "généralement, les grands chiens blancs avec des tâches noires, c'est pas des saint-bernards".
Le flic c'est René, un vieux garçon plus ou moins amoureux de la dame de compagnie de son vieux père.
Et puis il y a Henri, le commanditaire de Mathilde, ils se sont connus pendant la guerre, dans la Résistance où la jeune et belle Mathilde s'était déjà forgé une solide réputation (savoureux flash back !) !
Jusque là tout allait bien et Mathilde enchaînait les petits boulots ou les missions, avec efficacité. Elle était réputée pour fournir des "prestations parfaites", elle était même "insoupçonnable, un agent exceptionnel".
Elle trouvait même que "c'est agréable comme métier, mais qu'est-ce que c'est salissant".
Mais avec l'âge, tout n'est peut-être plus aussi net, la vue baisse, on a vite fait de confondre un bout de papier avec un autre.
Et puis Mathilde se lâche un peu avec son gros revolver, ça ne se fait pas de tirer dans les ...
Au point d'éveiller l'intérêt des flics : "l'étonnant c'est cette balle de gros calibre dans les ... c'est pas fréquent".
Ça fait un peu mafia non ? "Les ritals, ils tirent dans les burnes ! Sont très connus pour ça !", en tout cas c'est l'avis du commissaire, le patron pas très futé de René.
[...] - Cette femme je ne la sens pas.
- Franchement, René ... Vous voyez une bonne femme de 60 ans armée d'un 'desert eagle' dézinguer trois personnes en une semaine ?
- Il faut bien que quelqu'un l'ait fait ...
- Un ancien légionnaire, faites-moi confiance !
Quelques bonnes raisons d'ouvrir cet album ?
Ah bien sûr le plaisir de se replonger dans cette histoire savoureuse de Pierre Lemaitre ! Le roman sans prétention [clic] était une simple histoire de tueur à gage, mais bien montée et bien racontée, où l'on passait un bon moment.
Avec l'auteur lui-même aux commandes de l'adaptation, il est naturel que le plaisir soit de nouveau au rendez-vous de cette histoire immorale où les cadavres s'accumulent rapidement. Mais une histoire plus subtile qu'il n'y parait et qui s'adapte parfaitement au format BD.
Et puis, bonne surprise, les dessins et couleurs de Dominique Monféry sont superbes. Des visages très expressifs, un style pastel ou aquarelle et des tons sépias qui rappellent les années passées, les années 80.
Ce n'est pas une simple réinterprétation marketing de Lemaitre, c'est véritablement un bel album.
Un polar noir (et jaune), une version "3ème âge" de la série Le Tueur de Matz et Jacamon.
Après le très beau Little Tulip qu'on vient juste de relire (l'album datait de 2014), le duo franco-américain remet cela avec François Boucq aux dessins et Jerome Charyn au récit.
C'est un peu une suite au précédent album : on retrouve à NY quelques uns des personnages et même quelques fantômes revenus des camps de la Kolyma.
Cette fois, c'est l'ancienne protégée du tatoueur, la japonaise Azami, qui a grandi et désormais tient le haut du pavé des rues de New York (et la une de couverture).
La recette est la même avec côté dessins, les corps, les visages et les tatouages où excelle François Boucq et côté scénario, une histoire plus 'américaine' mais toujours bien noire qui farfouille du côté obscur de l'âme humaine, forcément avec un titre pareil ...
[...] Des cannibales en plein New York, décidément le passé continue à me mordre au talon !
L'album apparait plus classique que le précédent, l'effet de découverte ne joue plus, et si cela reste tout de même une excellente BD, on a trouvé ce Little Paul un cran en-dessous de Little Tulip.
Mais les deux font la paire !
Nicolas Petrimaux vient du monde du jeu vidéo et cela nous vaut un très beau dessin, nerveux et explosif ainsi qu'une mise en page très soignée (l'auteur parle même de mise en scène).
Le premier tome de "Il faut flinguer Ramirez" date de juste avant la pandémie et le second épisode, très attendu, est sorti peu après.
Grâce au bouche à oreille, la BD connait un beau succès bien mérité.
Un thriller au second degré, façon Tarantino, un look un peu ringard des années 80, avec dans le rôle principal, le fameux moustachu Ramirez, dépanneur d'aspirateurs, extrêmement taciturne ou bien carrément muet, et visiblement tueur à gage à ses moments perdus.
À ses trousses on trouve pêle-mêle : des flics obtus, des méchants truands et des jolies pépés.
Avec son flegme imperturbable, le silencieux Ramirez traverse une mise en page orangée où sont même insérés (c'est à la mode) de faux articles de journaux et de fausses pubs, tout cela avec un humour ravageur.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Celle qui parle
Alicia Jaraba nous présente ici la biographie d’un personnage clé de l’Histoire, en comblant de façon relativement crédible les lacunes de nos connaissances la concernant – en particulier pour tout ce qui se rapporte à la période ayant précédé l’arrivée de l’expédition de Cortez. L’auteure a pris le parti de ne montrer que l’intermédiaire, le pont entre les langues – et les cultures – alors que la Malinche, qui maitrisait plusieurs langues de la région, est devenue l’interprète de Cortez. Plus que ça même, puisqu’elle lui permet de comprendre la société aztèque, et d’en connaitre les faiblesses. On aurait tout aussi bien pu ne voir en elle qu’une traitresse ayant trahit les « siens » et étant à la base du cataclysme qui va frapper la région. Singulièrement, l’album s’arrête juste au moment de l’arrivée des Espagnols à Tenochtitlan… La narration est agréable, comme l’est le dessin d’ailleurs, la lecture est plaisante. Le sujet m’intéresse a priori, et je suis sorti satisfait de cet album, qui met en lumière un de ces « seconds rôles » majeurs, que l’Histoire a relégués dans l’ombre. Note réelle 3,5/5.
Muhammad Ali
Cette BD est solide comme un coup de poing dans la gueule qu'il faut lire en encaissant comme un boxeur. En l'encaissant comme Ali ! J'avais cette BD dans la pile à lire mais sans avoir aucune idée de pourquoi si ce n'était la note. C'est le genre de surprises que j'adore avoir, parce qu'elle est franchement formidable. Cette BD, comme le dis si bien McArthur, c'est celle qui te fait comprendre le mythe derrière la personnage. Qui permet aussi de l'appréhender, dans toute la complexité du personnage. Et je dois le dire, Muhammad Ali est une personnalité que je trouve incroyable maintenant. Parce que la BD parle de son parcours de vie non pas tant comme boxeur, mais dans sa totalité ! Et c'est sans doute ce qui est autour de la boxe qui est le plus fou et sans doute le plus méconnu : la partie politique. Que ce soit le combat pour les droits des noirs, la question religieuse, la répression politique, parfois à l'internationale, son engagement social prononcé, ses discours... Derrière le boxeur grande gueule, je découvre une personne pleinement engagée dans les droits civiques et dont certains discours seraient aujourd'hui parfaitement entendables. Georges Floyd n'est pas si loin que ça... La Bd a donc un sujet intéressant, vivant et fort, mais elle le traite intelligemment. Le dessin, volontairement réaliste, joue sur les périodes (notamment lors d'interview retranscrites par des télévisions qui changent selon la période) mais aussi sur les cadrages, très étirés qui ne sont pas sans rappeler un cadrage cinématographique. J'ai personnellement trouvé que ça rappelait la volonté d'un film documentaire. D'autre part la voix off est présente tout au long comme un long discours envers Cassius Clay, renforçant la narration en créant un lien direct entre lui et le narrateur. Enfin, j'apprécie tout particulièrement les combats de boxe, les images faisant penser à des clichés pris sur le fait, tandis que la voix off et les rounds défilent. C'est une technique simple mais rudement efficace pour parler d'une personne qui fut présente en photo et à la télé comme une super-star. D'ailleurs les grandes pages pleines faisant presque penser à des arrêts sur image captant le moment-clé, cette image qui reste en tête longtemps après. Que ce soit les discours, les victoires, on sent que les auteurs ont voulu retranscrire tout le jeu scénique de Muhammad Ali. La BD est excellente à mes yeux parce qu'elle est une biographie qui dépasse son sujet en offrant plus, peignant une société américaine raciste et un personnage solidaire des siens, parce qu'elle évoque la boxe comme le sport extraordinaire qu'il est, capable de soulever des foules. Mais aussi parce qu'elle fait toucher du doigt pourquoi cet homme est aujourd'hui encore une icône, une inspiration de tant de personnes. Muhammad Ali s'est créé lui-même, s'est fabriqué comme mythe et encore aujourd'hui il peut nous inspirer. Franchement, je suis à deux doigts du culte !
Quand le cirque est venu
Qu'ouis-je ? Qu'entends-je ? Un album dessiné par Stéphane Fert que je n'aurais pas encore lu ? Vite, corrigeons le tir ! C'est une histoire très simple, très courte aussi, représentant de manière enfantine et colorée une question sociétale ayant souvent tendance à revenir sur le devant de la scène : doit-on brider nos libertés pour la satisfaction égoïste de petit-e-s mégalomanes aux tendances totalitaristes ? Mine de rien la question mérite encore d'être posée car le problème des libertés (et tout particulièrement celle d'expression) devant être sacrifier au nom de décisions politiques reste un sujet récurrent dans le monde. Ici, tout est exagéré, imagé pour rendre le propos le plus universel possible. C'est un album qui se veut conte, en somme (comme souvent avec Stéphane Fert au dessin). Le général contrôle tout, le général n'aime pas le désordre et voit tout ce qui sort de sa vision du monde étriquée comme une attaque contre sa propre personne. Alors quand un cirque, symbole de liberté et d'expression artistique populaire, débarque en ville, c'est la panique ! Il parait même qu'iels n'ont pas de chef, c'est insensé ! L'album est bon, l'album est beau, l'album est simple (peut-être trop simple pour certain-e-s), l'album est gros (ou plutôt grand), l'album est recommandé.
Le Fils de Taïwan
3.5 Un manhua très intéressant parce que c'est la biographie de Kunlin Tsai, un taiwanais qui a fait divers métiers dans sa vie incluant éditeurs de manhua et traducteur de mangas. Ce qui est passionnant dans cette série est qu'au travers la vie de Kunlin on voit aussi l'évolution de la société taiwanais durant le 20ème siècle. Il est né en 1930 et a donc vécu sa jeunesse sous l'occupation japonaise de l'ile. Ensuite, le Japon perd la guerre et Taiwan redevient chinois. La guerre civile a lieu en Chine, les communistes gagnent les nationalistes se replient sur l'ile transformé en dictateur. C'est durant une période de terreur que le pauvre Kunlin va se retrouver prisonnier politique pendant une décennie entière pour des crimes qu'il n'a pas commis (le seul truc qu'il a fait s'est....participé au club de lecture de son école). Lorsqu'il sort il va continuer a subir un régime autoritaire jusqu'à ce que tout change dans les années 80 et que le pays devient démocratique même si cela va prendre du temps pour que le gouvernement reconnaisse les crimes du régime dictatorial et la génération de Kunlin a apprit toute sa vie à se la fermer et subir les événements. On a aussi droit au début de chaque volume à des textes qui expliquent la situation de Taiwan, notamment les changements dans les langues parlés qui ont fait en sorte que la génération de Kunlin est facilement devenue trilingue. Taiwan était un pays dont je ne connaissais que les grandes lignes de son histoire et aussi un peu de sa situation actuelle. Cette série m'a donc appris beaucoup de choses. Même si la situation de Taiwan est particulière, il y a malheureusement des éléments que l'on retrouve dans tous les régimes autoritaires. Le pauvre Kunlin a quand même perdu 10 ans de sa jeunesse pour des crimes qu'il n'a pas commis. J'ai bien aimé aussi voir comment était l'industrie du manhuas dans les années 60 et dommage qu'il n'a pas pu persévérer dans cette activité parce que j'aurais bien aimé voir l'évolution de cette industrie. Un truc qui m'a semblé bizarre est que dans les trois premiers tomes l'action se passe entièrement dans le passé alors que le dernier tome on faisait des allers-retours entre le passé et le présent et ce changement de ton est un peu déstabilisant au début. Le dessin est sympathique quoique les personnages secondaires se ressemblent souvent un peu trop.
Seule à la récré
J'ai aimé le choix que fait cette BD d'aborder le sujet du harcèlement scolaire en adoptant un format de gags en une planche. Cela permet une lecture simple, que l'on peut picorer ici et là sans forcément s'obliger à lire une histoire complète. Je trouve que cela amène le lecteur à rentrer plus vite dans le récit sans prendre le risque qu'il lâche l'affaire avant de vraiment commencer. Et par extension, je pense que cela permet de s'adresser plus facilement à des jeunes lecteurs éventuellement concernés sans qu'ils aient l'impression qu'on les force à lire quelque chose qui pourrait les barber. L'histoire d'Emma, harcelée par Clarisse, est racontée avec humour, tendresse et relativement peu de manichéisme. Cela peut laisser un peu perplexe par moments, notamment quand certains gags semblent minimiser la gravité des situations, comme les violences physiques, mais on comprend que l’intention est de dédramatiser le sujet pour un jeune public. Ce ton léger peut contraster avec réalité des expériences vécues par les victimes de harcèlement mais j'ai le sentiment qu'il aide à rentrer dans l'histoire et à s'attacher à l'héroïne. En outre, le dossier en fin de livre, qui propose des solutions et des explications sur le harcèlement, permet de compenser cette légèreté en offrant de vraies solutions. Si le style graphique de Bloz est très accessible, l'album manque parfois de profondeur, notamment dans sa façon d’aborder les personnages adultes, trop souvent dépeints comme incompétents ou indifférents. J'ai le sentiment que c’est un livre plutôt utile pour sensibiliser les jeunes au fléau du harcèlement, et je l'ai trouvé touchant dans sa manière de mettre en scène des sujets graves avec humour ou du moins légèreté.
Boule de Feu
Boule de feu est un album de grand format que j'ai emprunté car j'aime particulièrement ce que propose Anouk Ricard. Quant à Etienne Chaize je ne connaissais pas donc j'imagine que c'est l'artiste des décors plutôt réalistes sur lesquels les personnages au dessin "enfantin" d'Anouk Ricard sont plaqués. Le mélange des 2 auteurs fonctionne bien mais ce sont surtout les traits d'humour qui font passer une lecture agréable dans un monde Fantasy rempli de clins d'oeil, à Astérix entre autres. On jurerait voir Animan dans ces personnages, ou plutôt c'est Animan publié par la suite qui s'est inspiré du Patrix malgré lui qui est tout l'enjeu de la quête de cette histoire.
Zizi chauve-souris
Suzie Wendel, dit "Zizi", est une petite fille vivant seule avec sa mère dans un petit village et qui se retrouve un beau jour à adopter une chauve-souris venue se réfugier dans ses cheveux. Des histoires sur le quotidien d'une gamine fantasque avec un animal parlant rigolo lui donnant la réplique, une enfant qui réfléchit sur le monde des adultes et se montre souvent plus censée qu'elleux, des strips humoristiques reposant sur le sarcasme et l'humour con, ... tout ça n'est pas nouveau. Mais tout de même bien réalisé ! Déjà, Zizi se révèle un peu plus complexe qu'une simple "gamine à problème" Elle est sarcastique et calculatrice, mais contre toute attente elle ne se révèle pas être une petite peste en puissance car elle s'avère également être assez gentille dans le fond, souhaitant notamment protéger les animaux vulnérables - sauf les araignées ! - et aimant sincèrement sa mère à qui elle fait pourtant vivre des misères. C'est juste une enfant très chaotique, un peu (trop) grande-gueule et qui vit dans un monde où l'impossible et l'imaginaire enfantin se révèlent bien souvent plus proche de la réalité que la vision des adultes. Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'impossible et d'imaginaire enfantin ? Eh bien figurez-vous que les bois à côté de chez Zizi regorgent de créatures toutes plus dangereuses et invraisemblables les unes que les autres (comme les terribles fourmi-zombies !) et qu'elle se transforme chaque nuit de pleine lune en adulte (depuis sa blessure face à un terrible Grand-Garou). J'aurais presque comparée Zizi à Calvin, de Calvin et Hobbes, mais la comparaison est en fait assez imparfaite, car bien que tous deux marquent par leur côté "enfant avec des réflexions très adultes et un grand amour pour les catastrophes et les sarcasmes", les aventures fantastiques de Zizi sont en fait bien réelles. Ici, pas de "doute" comme entre Calvin et Hobbes, les étranges créatures que voient Zizi, sa transformation en adulte chaque pleine lune ou encore sa voisine pratiquant un art martial surpuissant à base de cuillère en bois, ... tout ça est en fait bien réel et plusieurs personnes interagissent avec ces apparitions. Ici l'on n'est pas vraiment dans les fantasmes et les interprétations enfantines d'un-e enfant à l'esprit beaucoup trop adulte, plutôt les aventures quotidienne d'une fillette très chaotique vivant dans un monde où le fantasque s'avère en réalité être très banal. Ce traitement presque normal des évènements fantastiques donnent un vrai cachet à la série L'humour est drôle, en tout cas il m'a beaucoup fait rire. Je n'ai réalisé qu'après ma lecture que l'écriture était de Trondheim, j'aurais pu m'en douter, j'ai un faible pour son humour. Surtout qu'il sait écrire des personnages à la fois simples, loufoques et surtout attachant. C'est vraiment ça que je retire de ces petites histoires : c'était attachants. J'ai beaucoup aimé suivre les déboires et réflexions de Zizi, gamine pouvant paraître bizarre mais se révélant en réalité très maligne. En tout cas aussi maligne qu'un-e adulte. En tout cas pas plus bête. Après tout, elle nous le dit elle-même, "les adultes sont juste des enfants qui font un mètre de plus...".
Le Serpent majuscule
Adaptation très réussie du roman de Pierre Lemaitre : un polar amoral à l'humour pince sans rire, noir et délicieusement rétro. En 2021, Pierre Lemaitre et son éditeur (Albin Michel) avaient eu la bonne idée de ressortir un fond de tiroir pour profiter de la renommée grandissante de l'auteur. C'était un thriller immoral et délicieusement divertissant, empreint d'un humour noir et pince-sans-rire, qui nous replongeait dans les années 80, à l'époque où l'on sillonnait les routes en Renault 5 (et pas le nouveau modèle électrique, hein !). Pierre Lemaitre, Dominique Monféry et les éditions Rue de Sèvres nous remettent ça et adaptent Le serpent majuscule en bande dessinée. Lemaitre n'en est bien sûr pas à son coup d'essai : il a déjà adapté plusieurs de ses romans en BD (Au revoir là-haut, la série Brigade Verhoeven, ...). Quant à Dominique Monféry il est connu dans le monde du dessin animé. C'est une BD avec une héroïne mais messieurs voyons, calmez-vous, ce n'est pas du côté de Superwoman que ça se passe, plutôt du côté de Carmen Cru : l'héroïne en question est une vieille dame très âgée, prénommée Mathilde. Accessoirement, Mathilde Perrin est aussi tueuse à gages, oui, oui. Ludo, son chien, est un dalmatien, facile à reconnaître car c'est lui qui fait la couverture du bouquin comme de la BD et que "généralement, les grands chiens blancs avec des tâches noires, c'est pas des saint-bernards". Le flic c'est René, un vieux garçon plus ou moins amoureux de la dame de compagnie de son vieux père. Et puis il y a Henri, le commanditaire de Mathilde, ils se sont connus pendant la guerre, dans la Résistance où la jeune et belle Mathilde s'était déjà forgé une solide réputation (savoureux flash back !) ! Jusque là tout allait bien et Mathilde enchaînait les petits boulots ou les missions, avec efficacité. Elle était réputée pour fournir des "prestations parfaites", elle était même "insoupçonnable, un agent exceptionnel". Elle trouvait même que "c'est agréable comme métier, mais qu'est-ce que c'est salissant". Mais avec l'âge, tout n'est peut-être plus aussi net, la vue baisse, on a vite fait de confondre un bout de papier avec un autre. Et puis Mathilde se lâche un peu avec son gros revolver, ça ne se fait pas de tirer dans les ... Au point d'éveiller l'intérêt des flics : "l'étonnant c'est cette balle de gros calibre dans les ... c'est pas fréquent". Ça fait un peu mafia non ? "Les ritals, ils tirent dans les burnes ! Sont très connus pour ça !", en tout cas c'est l'avis du commissaire, le patron pas très futé de René. [...] - Cette femme je ne la sens pas. - Franchement, René ... Vous voyez une bonne femme de 60 ans armée d'un 'desert eagle' dézinguer trois personnes en une semaine ? - Il faut bien que quelqu'un l'ait fait ... - Un ancien légionnaire, faites-moi confiance ! Quelques bonnes raisons d'ouvrir cet album ? Ah bien sûr le plaisir de se replonger dans cette histoire savoureuse de Pierre Lemaitre ! Le roman sans prétention [clic] était une simple histoire de tueur à gage, mais bien montée et bien racontée, où l'on passait un bon moment. Avec l'auteur lui-même aux commandes de l'adaptation, il est naturel que le plaisir soit de nouveau au rendez-vous de cette histoire immorale où les cadavres s'accumulent rapidement. Mais une histoire plus subtile qu'il n'y parait et qui s'adapte parfaitement au format BD. Et puis, bonne surprise, les dessins et couleurs de Dominique Monféry sont superbes. Des visages très expressifs, un style pastel ou aquarelle et des tons sépias qui rappellent les années passées, les années 80. Ce n'est pas une simple réinterprétation marketing de Lemaitre, c'est véritablement un bel album. Un polar noir (et jaune), une version "3ème âge" de la série Le Tueur de Matz et Jacamon.
New York cannibals
Après le très beau Little Tulip qu'on vient juste de relire (l'album datait de 2014), le duo franco-américain remet cela avec François Boucq aux dessins et Jerome Charyn au récit. C'est un peu une suite au précédent album : on retrouve à NY quelques uns des personnages et même quelques fantômes revenus des camps de la Kolyma. Cette fois, c'est l'ancienne protégée du tatoueur, la japonaise Azami, qui a grandi et désormais tient le haut du pavé des rues de New York (et la une de couverture). La recette est la même avec côté dessins, les corps, les visages et les tatouages où excelle François Boucq et côté scénario, une histoire plus 'américaine' mais toujours bien noire qui farfouille du côté obscur de l'âme humaine, forcément avec un titre pareil ... [...] Des cannibales en plein New York, décidément le passé continue à me mordre au talon ! L'album apparait plus classique que le précédent, l'effet de découverte ne joue plus, et si cela reste tout de même une excellente BD, on a trouvé ce Little Paul un cran en-dessous de Little Tulip. Mais les deux font la paire !
Il faut flinguer Ramirez
Nicolas Petrimaux vient du monde du jeu vidéo et cela nous vaut un très beau dessin, nerveux et explosif ainsi qu'une mise en page très soignée (l'auteur parle même de mise en scène). Le premier tome de "Il faut flinguer Ramirez" date de juste avant la pandémie et le second épisode, très attendu, est sorti peu après. Grâce au bouche à oreille, la BD connait un beau succès bien mérité. Un thriller au second degré, façon Tarantino, un look un peu ringard des années 80, avec dans le rôle principal, le fameux moustachu Ramirez, dépanneur d'aspirateurs, extrêmement taciturne ou bien carrément muet, et visiblement tueur à gage à ses moments perdus. À ses trousses on trouve pêle-mêle : des flics obtus, des méchants truands et des jolies pépés. Avec son flegme imperturbable, le silencieux Ramirez traverse une mise en page orangée où sont même insérés (c'est à la mode) de faux articles de journaux et de fausses pubs, tout cela avec un humour ravageur.