Les derniers avis (31075 avis)

Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Habemus Bastard
Habemus Bastard

J'ai lu plusieurs romans du scénariste, et j'avais apprécié son style direct et ses dialogues remplis de punchlines non dénuées d'humour et de sarcasmes. Je suis assez client j'avoue. Du coté du dessinateur, c'est simple je suis fan de son trait et j'adore son dessin. Je ne pouvais donc pas être déçu par ce diptyque. Et effectivement j'ai bien aimé. Je pense que si on n'est pas client d'histoires de gangsters, ce n'est pas cette série qui vous réconciliera avec le genre. Mais si on aime bien ça.... Notre héros, un homme de main qui doit se faire oublier, prend la place d'un curé en guise de couverture. Et il va, non sans maladresse, essayer de se fondre dans les usages de la paroisse locale. Et comme on ne se refait pas il va profiter de la moindre occasion pour mettre en place des petits trafics et autre magouilles. Ca fonctionne très bien, ça amène des situations amusantes. Notamment grâce au style d'écriture. Je savais que ça marchait bien en roman, cette lecture confirme que ça marche également en BD. Alors oui il y a quelques clichés du genre sur le parrain, la famille, les truands et compagnie, il y a des scènes d'action plus spectaculaires que crédibles, mais bon impossible de faire une histoire de gangsters sans passer par là. Et comme, sans surprise, le dessin est un régal à tous les niveaux : personnages, décors, détails, cadrages, couleurs... C'est un modèle de lisibilité et de dynamisme, qui porte à merveille le récit ! La lecture de ces 2 tomes fut un plaisir.

15/03/2025 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série Le Chanteur perdu
Le Chanteur perdu

Décidément, Didier Tronchet ne cesse de m'étonner. Le virage plus personnel entrepris avec sa BD Là-bas est tout à fait singulier. Adolescent, je n'ai jamais trop accroché avec son univers. Sans doute étais-je trop jeune, et son humour trop mature pour moi alors. C'est grace aux chroniqueurs précédents que je me suis lancé dans cette lecture, occasion de redire combien BDthèque est quand même très très bien... Le chanteur perdu m'a séduit pour plusieurs raison. D'abord parce qu'elle ravive la mémoire oubliée d'un jeune prodige de la chanson qui m'était totalement inconnu. Longtemps, j'ai boudé la chanson française qui pour moi représentait le monde d'avant, le monde de mes parents. Depuis, j'ai eu l'occasion de réparer mon erreur, notamment en découvrant le répertoire d'un certain Pierre Perret, auteur de grand talent dont les chansons splendides parviennent à me tirer les larmes (écouter sa chanson Ma femme pour s'en convaincre). Et c'est là une autre raison de mon enthousiasme pour Le chanteur perdu : on apprend que c'est le même Pierre Perret qui a produit à l'époque le seul et unique disque du fameuse chanteur qui s'appelle en réalité Jean-Claude Rémy. Bien entendu, il y a d'autres motifs de satisfaction. Cette histoire vraie est très touchante, également très bien racontée. Tronchet y maintient tout le long un certain suspens non sans se départir d'une certaine autodérision. Ce récit personnel prend la forme d'une enquête haletante à l'échelle de l'intime, et plus arrive la fin, plus on doute avec l'auteur. On sent une réelle montée en tension. C'est superbe. Je terminerai en conseillant à tout le monde d'aller regarder sur Youtube la vidéo de Didier Tronchet et Jean-Claude Rémy chantant ensemble sur la petite île du bout du monde évoquée dans la BD. J'en suis encore tout retourné !

15/03/2025 (modifier)
Couverture de la série Il faut flinguer Ramirez
Il faut flinguer Ramirez

Bon, je serais sans doute moins enthousiaste que Jetjet mais, comme mes deux prédécesseurs, je dois reconnaître que cet album introductif possède de réelles qualités. Ce qui saute aux yeux dès la couverture et un rapide feuilletage de l'intérieur (et la lecture confirme ce ressenti), c'est l'habillage très fin 70's/80's. Très série (à la Starsky et Hutch par exemple), très ciné, que ce soit pour les cadrages, le rythme, les codes graphiques et scénaristiques (un peu de Tarentino, du Thelma et Louise aussi avec les deux pétroleuses, etc.). Le dessin est intéressant, les couleurs assez pétantes, mais je n'aime pas trop la colorisation, à l'ordi. Mais bon, l'album est un bel objet, et il y a de la lecture, avec plus de 120 pages ! L'histoire est à la fois facile et difficile à résumer. On est quand même surpris au départ par le héros, le Ramirez en question donc, simple vendeur d'aspirateur !, muet et souffre douleur de son chef. On est loin du tueur traqué par les mafieux, et pourtant... Démarrage étonnant donc, puis l'intrigue se met en place, et le rythme accélère crescendo, pour finir en mode GTA, avec explosions, poursuites de voitures (dont une Renault 5 ! Si si, j'ai dû aller vérifier que c'était possible aux Etats-Unis à cet époque, mais oui) et fusillades à gogo. Ramirez garde tout son mystère (et l'apparition finale d'un comparse, en forme de cliffhanger, si elle éclaire certains faits, ne règle pas toutes les facilités scénaristiques: les deux mafieux dézingués dans leur bagnole, la bombe dans le coffre...), les mafieux sont à la fois méchants et cons (ils ajoutent une touche d'humour à ce défouloir rythmé), deux donzelles délurées et pas très finaudes non plus raccrochent le wagon: bref, il y a encore de quoi faire ! Entre les chapitres, l'habillage est complété par des pubs bien fichues. On a donc là un album de genre sympa. Pas un chef d'œuvre, mais une lecture recommandable pour un bon moment de détente. Cela passera-t-il la relecture, la suite gardera-t-elle le même rythme et le même mystère plus ou moins éventé, qui est donc Ramirez ? On a en tout cas envie d'avoir les réponses à ces questions. ********************** Après lecture du deuxième tome, je reste sur ma note et ma bonne impression. Comme pour le tome précédent, le démarrage est calme - presque trop - puis ça accélère brutalement, avec des passages survitaminés, un rythme endiablé. On ne s'ennuie vraiment pas ! Pétrimaux n'hésite pas à faire disparaitre (brutalement !) plusieurs des protagonistes principaux, ça castagne, ça explose et ça saigne fortement. Autre point fort encore, toutes les publicités et autres extraits de magazines qui s'insèrent entre les différents chapitres. Des moments pour respirer au milieu du rythme trépidant, en s'amusant de ces fausses pubs dans lesquelles - comme pour les décors du récit - Pétrimaux réussit très bien sa reconstitution de l'Amérique de l'époque. Par contre, si le personnage principal reste mutique et globalement ballotté par des événements qui semblent le dépasser, si l'absurde de certaines situation est encore source d'amusement (les interrogations de la police, le héros vendeur d'aspirateurs, etc.), Pétrimaux - dès le début de ce deuxième album - cherche à apporter un peu d'explications. Ça fait peut-être perdre un peu de folie à l'ensemble, mais ça permet au lecteur de raccrocher un peu les morceaux. Le dessin est toujours très sympa et expressif (la colorisation typée et pimpante - mais informatique, pas mon truc malgré ses qualités). J'attends la fin avec impatience !

12/06/2018 (MAJ le 14/03/2025) (modifier)
Couverture de la série La Commode aux tiroirs de couleurs
La Commode aux tiroirs de couleurs

Cet album est l'adaptation d'un roman d'Olivia Ruiz que je n'ai malheureusement pas lu. Comme souvent avec moi, donc, pas de propos sur le travail d'adaptation. L'histoire est celle d'une commode. Plus précisément, l'histoire est celle d'une commode qu'une grand-mère lègue à sa petite fille après sa mort. Dans chacun des petits tiroirs de couleurs de cette commode se trouve un objet, un souvenir, un symbole d'un moment marquant de la vie de cette femme. L'histoire est donc celle d'une transmission de souvenir, d'un partage de vie d'une génération familiale à une autre. L'histoire de Rita est tragique, marquée par la prise de pouvoir de Franco, l'exode de nombreux espagnols vers la France, les amours et les drames qui ont jonchés sa vie. Mais c'est aussi une histoire heureuse, douce amère, pleine de rencontres marquantes, d'une famille soudée et aimante, surtout entre femmes. C'est une histoire humaine, triste sans être pleinement larmoyante, positive sans être pour autant idéaliste. Les épisodes de la vie de cette femme s'enchaînent très vite, les seuls fils rouges étant l'ordre chronologiques des évènements et les objets représentant chaque période. Sans doute trop rapide, personnellement j'ai trouvé le rythme bon. Ce genre de récit sur le quotidien doux-amer de survivants d'évènements historiques ou sur le passé complexe et chargé d'une famille, ça passe ou ça casse pour moi (comme disait ma mamie). Ce sont rarement des histoires qui je relis, mais elles ont tendance à m'impacter émotionnellement à la lecture et peuvent même me rester en tête pour quelques années si elles sont bien faites. Ici, j'ai trouvé ça très bon. Pas parfait mais très bon. (Note réelle 3,5)

14/03/2025 (modifier)
Couverture de la série Pico Bogue
Pico Bogue

Mais... Mais c'est très bien ! On pourrait croire à un ersatz de Calvin et Hobbes, mais pas du tout. On a bien l'impertinence et l'imaginaire de la jeunesse confrontant le monde des adultes, mais ici tout est plus doux, plus contemplatif. Calvin est l'archétype du sale gamin, dont l'imagination et l'énergie en font une véritable source de problèmes, remettant en cause le monde principalement par esprit de contradiction et un début de cynisme. Pico est plus un archétype de "petit malin", d'un enfant très intelligent à la fois suffisamment épargné par les affres du monde adulte pour le remettre en cause avec justesse et ayant suffisamment compris et assimilé le pouvoir de la rhétorique pour espérer profiter et abuser des règles absurdes imposées par lesdits adultes (au point où la seule chose le différenciant d'un adulte est son physique). Cette série a davantage un humour de répartie, cherche davantage les bons mots, les jeux de mots, les phrases qui prêtent à réflexion. Toujours proche de la série avec le tigre en peluche, donc, mais se distinguant par sa dimension plus positive et bon enfant et son côté "gamin philosophe". Les histoires de Pico Bogue sont des tranches de vie sur un gamin beau parleur, remettant sans cesse en cause le monde et jouant sur les mots dès qu'il le peut. Un vrai plaisir littéraire. D'ailleurs Pico n'est pas le seul à avoir de la verve, sa famille comme ses amis partagent visiblement son désir d'argumenter tout ce qui leur tombe sur la main (bon, pour les parents, c'est surtout qu'iels essaient de mettre en touche leurs enfants, et vu comme Pico et Ana Ana aiment avoir le dernier mot ce n'est pas chose facile). J'étais tombée pour la première fois sur ces petites histoires (petites mais à tailles variables) dans le Monde des ados, et je m'étais d'abord demandée ce qu'une BD à l'apparence si enfantine y faisait. Puis je les ai lus et j'ai eu un petit coup de foudre. C'est mignon, c'est drôle, c'est réflexif, et surtout les textes sont bien écrits. Moi, des textes huilés comme ceux-là, des personnages qui ont le sens de la répartie et se répondent du tac au tac, ça me plait toujours. Du sarcasme doux et enfantin, des dessins très mignons dans un style aquarelle, des textes travaillés, une lecture agréable à tout âge.

14/03/2025 (modifier)
Couverture de la série Mon meilleur terrain
Mon meilleur terrain

Simon est un personnage malin, ingénieux, solitaire malgré la compagnie de ses animaux. Et à seulement sa voisine avec qui il parle quotidiennement, une relation bienveillante et respectueuse. Trouver ce bike Park au milieu de la forêt, c'est un peu comme sa bulle, son coin secret. Et qui le sera partagé avec un autre personnage. En rafraîchissant et en recherchant c'est que le propriétaire voulait faire, cette aventure va lui permettre de faire de belles rencontres et résoudre le mystère. Concernant le scénario, c'est simple, facile à lire et à comprendre ce qui permet une lecture accessible à de nombreux lecteurs, comme pour les débutants ou pour les personnes qui veulent une lecture sans prise de tête et feel good. Concernant les illustrations c'est lumineux, colorées, joyeux, apaisants, ça met de la bonne humeur. Les personnages, les animaux, la nature, la verdure, les décors sont très beaux et agréables à regarder et met une bonne ambiance. Cette B.D. est une belle lecture, agréable, humaine, simple avec des sujets abordés comme la solitude , le mal-être, l'handicap, le traumatisme, la mort, le deuil, le mal être, la bienveillance, le partage, le soutient, l'encouragement, l'entraide, l'autisme, la maladie... cette aventure va permettre à chacun de se retrouver et passer un instant de vie sans contrainte du quotidien.

13/03/2025 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série L'odyssée de Marada la louve
L'odyssée de Marada la louve

Une guerrière à l'épée, plus sophistiquée qu'il n'y paraît. - Plusieurs histoires d'une série indépendante de toute autre : les aventures de Marada parues dans les numéros 10, 11, 12, 22 et 23 du magazine Epic illustrated, initialement publiées en 1982 et 1984. Le scénario est de Chris Claremont, les dessins, l'encrage et la mise en couleurs sont réalisés par John Bolton. Au départ, cette histoire mettait initialement en scène Red Sonja puis elle est devenue une création originale. The shattered sword (39 pages) - Au troisième siècle avant Jésus Christ, dans l'Empire Parthe, une caravane organisée par le tribun Gaius Marcellus Fulva est attaquée par une petite troupe menée par Donal mac Llanllwyr. Dans le palanquin de la caravane, il découvre une belle femme aux cheveux d'argent qu'il reconnaît comme étant Marada, une guerrière redoutable et renommée. À sa grande surprise, Marada est apeurée et ne fait montre d'aucun esprit combatif. Après le pillage, mac Llanllwyr trace un sigil dans les airs, permettant à sa troupe et lui de se retrouver dans leur repère, une cité taillée dans le roc des côtes anglaises. Dans le palais, Marada reste submergée par la peur et elle finit par raconter son histoire à Llanllwyr, comment elle s'est retrouvée captive du sorcier Simyon Karashnur qui l'a offerte au démon Y'Garon. Elle se lie également d'amitié avec Arianrhod, sa fille. Royal hunt (19 pages) - Quelque part dans un territoire désertique de l'Afrique de l'Est, Marada et Arianrhod tombent dans une embuscade et sont capturées par les troupes de la reine Candance. Celle-ci leur explique qu'elle a l'habitude de se livrer à l'art de la chasse, avec une proie humaine. Marada et Arianrhod bénéficient de 2 heures d'avance sur la reine. Wizard's masque (37 pages) - Marada et Arianrhod voyagent à bord d'un navire pour rallier Rome. Arianrhod lance un sort pour essayer de les transporter par magie au château de son père. Manquant de pratique, son sort a pour effet de transporter Marada sur un autre navire qui vogue vers la cité de Djeriabar où elle sera, contre sa volonté, l'hôte du magicien Jaffar Ibn Haroun Al-Rashid. L'introduction (édition VO) comprend un dessin en noir & blanc (première version de l'une des pages de la première histoire) où l'héroïne porte le bikini en métal, caractéristique de Red Sonja. Il s'agit donc bien à la base d'un projet avec ce personnage qui a été retravaillé en cours de route (la petite histoire veut que la mise en chantier du film Red Sonja - avec Brigitte Nielsen et Arnold Schwarzenegger - ait jeté le doute sur le droit de Marvel à utiliser ce personnage) pour laisser place à Marada. À la lecture, il est possible de constater le point commun évident, dans les deux cas il s'agit d'une femme habile à l'épée, indépendante, capable de défaire les meilleurs bretteurs masculins en combat singulier. Mais la similitude s'arrête là, car dès le départ Claremont stipule clairement que les aventures de Marada se déroulent dans le contexte historique de l'empire romain, et non dans le royaume fictif d'Hyperborée. En outre il se paye le toupet de montrer Marada comme une femme soumise et craintive dans sa première apparition. On est loin de la fougueuse et insoumise Red Sonja. Il faut donc plusieurs scènes avant que Marada ne retrouve les caractéristiques d'une héroïne d'Heroic-Fantasy. Si elle se révèle habile et létale dans son maniement de l'épée, elle n'en devient pas pour autant une pourfendeuse d'ennemis à la chaîne. Claremont lui insuffle un minimum de personnalité, et de chaleur humaine envers son prochain. Il lui a concocté un événement particulièrement traumatisant expliquant son changement de caractère, ayant un impact durable tout au long de ces pages. Il ne s'agit donc pas d'une simple succession de courses poursuites, entrecoupées de combats contre des monstres, des magiciens et des mercenaires patibulaires. Il utilise bien les conventions du genre avec méchants sorciers et monstres immondes et agressifs. Il peut même se permettre d'être un peu plus explicite que dans un comics de Red Sonja, avec une femme violée par un démon. Mais il peut aussi montrer que Marada est vulnérable de plusieurs façons, et qu'elle peut même sourire et apprécier la vie (dans la dernière histoire), voire être amoureuse. La relative brièveté de chacune des aventures ne permet pas à Claremont de développer des intrigues ambitieuses, et la narration ne se focalise pas sur la psychologie des personnages. Il emploie avec une certaine libéralité les bulles de pensées pour que les personnages puissent exposer de manière explicative leurs réflexions, leurs préoccupations. Néanmoins il insuffle suffisamment de personnalité pour que ses récits s'élèvent au dessus de la production de masse mensuelle. Il bénéficie également d'un dessinateur d'exception. Marada est un travail de jeunesse de John Bolton, pourtant sa méticulosité est déjà bien présente. Les deux premières histoires avaient à l'origine été réalisées en noir & blanc et elles ont bénéficié d'une mise en couleurs à posteriori, réalisée par Bolton lui-même. Pour le lecteur qui a déjà eu la curiosité de regarder ces planches en noir & blanc (sur internet), il pourra regretter que la couleur masque la finesse des dessins. Pour les autres lecteurs, ils découvriront une mise en couleurs naturaliste et nuancée. La dernière histoire a été conçue et réalisée directement dans l'optique de la couleur, avec un degré de sophistication nettement supérieur. Pour ces planches, John Bolton fait preuve dès la première page d'une proche ambitieuse, ne reposant pas uniquement sur une réalisation à gros budget. Il dessine les personnages, les animaux et les environnements de manière naturaliste, avec un grand niveau de détails, sans pour autant rechercher un rendu photoréaliste. L'histoire commence par un dessin pleine page dans lequel des hommes à cheval progresse en colonne dans un désert de sable. La couleur rend bien la teinte sablonneuse, les pattes des chevaux soulèvent de petits nuages de sable, les cavaliers ont des tenues légères (qui ne les protègent pas du soleil), les chevaux portent des harnais raisonnablement ouvragés, le palanquin est doté de tentures avec motif. Tout au long de ces pages, le lecteur pourra se régaler de l'attention portée aux tenues vestimentaires variées et sophistiquées, entre véracité historique et fantaisie imaginative. Il pourra facilement se projeter dans les lieux, que ce soient les superbes pentes verdoyantes aux abords de la citadelle de LLanllwyr, les bains chauds souterrains, la sombre forêt entourant le repère de Karashnur, le désert brûlant de Candance, ou encore l'île méditerranéenne de Djeriabar. Il pourra également apprécier la diversité des morphologies des personnages, ainsi que leur visage expressif (même s'il est patent que Bolton s'est fortement inspiré de Kulan Gath de la série "Red Sonja, pour l'apparence de Karashnur). Il pourra également identifier quelques clins d'œil adressés par Bolton à ses références (de Russ Heath à Paul Gulacy, en passant par Frank Frazetta et John Buscema). La progression de Bolton au long de ces pages aboutit au dernier épisode, totalement enchanteur dans sa maîtrise graphique, rehaussant une description réaliste des lieux et des personnages par des touches fantastiques tout en retenue, avec un encrage délicat (évoquant un peu le doigté de Charles Vess), et une savante mise en couleurs. Chris Claremont et John Bolton s'inspire de Red Sonja pour créer leur propre personnage totalement original, progressant d'histoire en histoire, pour finir par une merveille d'aventure légère et sophistiquée, à l'opposée des stéréotypes et des clichés du genre. Ils ont ensuite collaborés sur The Black Dragon (1985). Ils ont également réalisé des histoires courtes des X-Men, regroupées sous le nom de X-Men vignettes.

13/03/2025 (modifier)
Couverture de la série Momo
Momo

Une série courte mais touchante. L'histoire est celle de Momo, hébergée chez sa grand-mère en attendant que son père revienne d'un voyage en mer. C'est de la tranche de vie dans un village en bord de mer, avec les amours de jeunesses, les jeux enfantins, les rencontres, les situations familiales compliquées, les drames aussi, le tout du point de vue d'une petite fille de 5 ans. Simple mais humain. Sans vous en dire trop, il y a un développement important à la fin du premier album et je trouve que le traitement des conséquences au second tome assez bien fichu. Touchant, vraiment, c'est le mot. Même les personnages secondaires sont bons : la grand-mère tentant tant bien que mal de s'occuper seule de sa petite fille, le poissonnier qui s'amuse de manière un peu mesquine avec Momo mais l'apprécie sincèrement, la jeune citadine en vacances qui s'attache à Momo, le jeune loubard sympathique, l'ermite en bord de forêt, le petit garçon jouant avec Momo, ... ce petit village est vivant et attachant. Il se dégage un vrai sentiment de nostalgie à la lecture. Le dessin est joli, le rythme est bon, la lecture agréable, ... Bonne lecture jeunesse, recommandée à tout âge. (Note réelle 3,5)

13/03/2025 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Pour une fraction de seconde - La vie mouvementée d'Eadweard Muybridge
Pour une fraction de seconde - La vie mouvementée d'Eadweard Muybridge

Même si le nom d'Eadwaerd Muybridge ne vous dit rien, vous avez sans doute déjà vu ses œuvres, ces fameuses séries de photos décomposant le galop d'un cheval, la marche d'un homme ou d'autres mouvements d'êtres vivants. Je les avais vues sans réaliser qu'elles avaient eu une telle place dans l'histoire de la photographie et du cinéma, ni qu'elles dataient d'il y a aussi longtemps. Si cet ouvrage est une biographie, c'est aussi une vraie tranche d'histoire, aussi bien celle du monde occidental dans la seconde moitié du 19e siècle que celle de ses avancées technologiques. Nous y suivons Eadwaerd Muybridge parti s'installer aux USA en quête de la fortune, sans bagage scientifique particulier. Après plusieurs années à tenter de vivre de la vente de livres, sur la côte Est puis en Californie, les évènements vont l'amener à croiser la route de la photographie naissante qui est alors en plein essor. S'engageant dans ce métier, il se lasse vite des simples portraits figés que la technologie balbutiante permet et va devenir célèbre en parcourant la nature américaine avec son matériel pour ramener aux citadins des vues du monde qui les entoure. Faisant la rencontre du richissime Leland Stanford, ils vont s'associer pour relever un défi que la technologie photographique de l'époque ne permettait pas encore : prendre en photo sur le vif le galop d'un cheval pour prouver que ses sabots quittent tous le sol à un moment donné, ce que l'oeil humain ne permet pas de voir. A la fois enthousiasmé par la découverte de la naissance de la photo puis du cinéma et des détails techniques et autres anecdotes qui leur ont permis de progresser, mais aussi par l'histoire de l'Amérique pionnière de cette époque et de son rapport avec une Europe alors à son apogée culturelle et scientifique, j'ai été captivé par cette BD. Elle évite tous les pièges des biographies académiques et ennuyeuses. Il faut dire que la vie de Muybridge est assez incroyable, variée et aventureuse. Même si l'homme n'est pas des plus charismatiques (il a quand même assassiné l'amant de sa femme, négligeant par ailleurs égoïstement un mariage dont il semblait bien se foutre), il a vécu tant de choses et été un tel rouage dans l'évolution de la technologie d'alors que c'en est passionnant. L'auteur fait en outre le choix d'élargir grandement le cadre de son récit en y intégrant des éléments extérieurs qui finalement auront leur impact sur la vie du personnage et sur son ouvrage. J'avais lu il y a peu de temps la biographie d'Alice Guy qui racontait les débuts du cinéma. Eh bien avec Pour une fraction de seconde, j'ai eu le sentiment d'avoir découvert la période précédente, celle qui a mené jusqu'à Alice Guy, qui est d'ailleurs mentionnée en fin d'album ainsi que tous les autres grands noms de scientifiques et d'artistes liés de près ou de loin à l'essor de la photographie et du cinéma. J'ai appris énormément de choses tout en ayant été transporté dans un récit prenant, clair et bien rythmé. Très chouette biographie sur un homme et sur une technologie en général.

13/03/2025 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Blue Flag
Blue Flag

L'avis de Ro avait attiré mon attention sur ce manga que je ne connaissais pas et je suis bien content d'avoir découvert cette série. Cela semble commencer comme une comédie romantique un peu banale mettant en vedette un triangle amoureux comme il y en a des centaines au Japon, mais très vite le lecteur s'aperçoit que le scénario est plus profond que ça. L'auteur va traiter de différents thèmes tout le long de la série qui touche les adolescents japonais qui vivent dans une société rigide qui prône le conformiste, la réussite scolaire et qui est conservateur sur le rôle des hommes et des femmes dans la société. Les personnages sont complexes et terriblement attachant. Le dessin est très bon. Cela dit, il y a quelques longueurs je trouve, notamment dans les derniers tomes. Il y a quand même un moment où pendant plusieurs chapitres les personnages font des longs discours sur plusieurs sujets (notamment la difficulté des gars et des filles à être juste amis). J'avais rien contre les moments où les persos faisaient des monologues lorsque c'était à petite dose, mais là je commençais à trouver le temps un peu long. La fin est un peu expédiée aussi, mais bon cela reste un shonen qui sort du lot et traite de sujets qu'on voit rarement dans un shonen paru sur un support mainstream de manière mature.

12/03/2025 (modifier)