"Bonjour monsieur le libraire, je cherche un shonen dont l'intrigue s'étire indéfiniment comme One Piece mais avec un dessin 100 fois plus stylé."
"Tenez voici Kingdom, bonne lecture"
Kingdom revisite de manière épique et romancée une période charnière de l'histoire chinoise : la période des Royaumes Combattants au IIIe siècle avant J.-C.), c'est à dire l'unification des sept royaume de Chine par le royaume de Quinn.
77 tomes plus loin, Quinn a seulement conquis un autre royaume...
Vous allez connaître le bonheur avec Kingdom, avant de connaître la souffrance liée au manque.
La narration est ultra basique : un arc de politique/stratégie suivie d'un arc de bataille et on recommence éternellement.
Mais quelle aventure ! On est face à un auteur, Yasuhisa Hara, qui a parachevé le sens du mot épique.
Le chétif Shin qui démarre comme simple chair à canon et devient général, c'est nous !
Tous les codes shonen sont réunis (l'amitié plus forte que tout, le surpassement de soi même, la résilience face aux difficultés...) mais cette fois ci associée à une violence des batailles typique du seinen.
Un manga indispensable, mais réservé au lecteur courageux, paré à l'éventualité de ne jamais lire la fin.
Il l'a fait.
Plus de 10 ans après Soil, Kaneko a réussi à produire une oeuvre aussi dense et cohérente.
Une lecture qui vous fait enchaîner une dizaine de tomes avant de pouvoir s'arrêter, enfin repus.
Ce n'est pas que les mini séries comme Deathco ou Wet Moon avaient démérité, loin de là.
A l'instar de son oeuvre séminale, Bambi Remodeled (Bambi), ce sont des réalisations marquantes qui brillent intensément dans la galaxie du manga. Mais ces mini séries de quelques tomes étaient des étoiles filantes qui nous laissaient trop vite orphelins du talent du maître.
Et puis arrive Evol, publié en France entre 2023 et 2026, dans les pas de la parution au Japon, qui nous montre un Kaneko en grande forme avec une inspiration restée intacte.
La recette ne change pas fondamentalement et repose sur plusieurs piliers :
Une narration sous tension, des anomalies du quotidien, un fantastique lynchien qui nous montre des personnages vivrent une expérience cathartique, pour ensuite se transformer en électrons libres enfin aptes à briser un système complètement fermé. Éloge de la révolte.
L'utilisation des super héros à la sauce Kaneko n'est pas inédite. Après tout son premier personnage, Bambi, était quasi invincible.
Comme pour un film de Lynch, on spéculera pendant des heures sur la fin et ses mystères.
Côté dessin, on retrouve ce sens de l'esthétique aigu, avec des aplats de noir profond et un refus des trames de gris classiques.
Le découpage est à couper le souffle. Une prouesse artistique pour les autres, la normalité pour Kaneko.
Un grand manga.
La route s’ouvre sur un nuage de fumée.
En parcourant les premières pages de l’ouvrage de Manu Larcenet, j’ai rapidement eu la sensation que les bruits autour de moi s’arrêtaient pour laisser place à un simple bruit de vent et de désolation. Puis j’ai parcouru avec un père et son fils des routes désertes, exploré des lieux abandonnés à la recherche de vivres en espérant survivre quelques jours supplémentaires.
J’ai ressenti l’angoisse de croiser d’autres survivants, la nécessité de se cacher constamment et espérer ne jamais être découvert.
La Route est une BD qui ne se contente pas de nous raconter une histoire dans un monde post-apocalyptique : elle nous fait vivre les émotions ressenties par ses personnages.
Lorsque l’on observe passer un groupe armé, les corps mutilés, les chaînes, les femmes enceintes, nous n’aurons pas plus d’explications sur l’origine et le fonctionnement de ce groupe. Cette absence d’explication force notre cerveau à expliquer ce qui ne l’est pas et alors l’angoisse s’installe en nous.
Quelques gros plans sur des conserves, des pâtes, une canette de soda, des médicaments et l’on ressent le soulagement, la sécurité et le réconfort d’un logis inespéré.
Le médium bande dessinée est parfaitement utilisé. Les dialogues se font rares et le dessin se suffit souvent à lui-même pour raconter l’histoire et transmettre les émotions. En refeuilletant l’album, je me suis surpris à rester bloqué sur plusieurs planches tant chaque case semblait raconter quelque chose.
Si La Route me marque autant c’est parce qu’elle me rappelle pourquoi j’aime autant la bande dessinée, elle me rappelle que le dessin peut raconter une émotion sans utiliser de mot.
Le format BD semble ici tellement naturel qu’on en oublie que La Route est avant tout un roman.
C'est probablement le chef-d'œuvre de Loisel jusqu'à aujourd'hui. Une adaptation bien plus sombre et sérieuse de l'œuvre originale, comparée à la version Disney. Mais Barrie, pour tout ce que nous savons, n'avait pas l'intention de créer une œuvre naïve et enfantine et n'était pas quelqu'un de particulièrement optimiste concernant l'espèce humaine.
Les dessins de Loisel sont très bons : clarté et netteté du trait, parfois obscurité des couleurs, mais une vaste gamme de nuances. Certains paysages urbains (Londres) ou tropicaux sont artistiquement et parfaitement réalisés. Les personnages, sans toujours être visuellement agréables (Hook, par exemple), correspondent finalement et remplissent notre imagination. Beaucoup de sensualité dans les figures féminines, les sirènes, et de l'humour aussi : Clochette est très riche et parfaite dans son rôle.
Franchement, un virage vers le manga sans faute !
Alex Alice, dont je ne connaissais pas le travail jusqu'ici, nous offre une leçon en matière d'introduction de série. On commence par une très belle introduction à l'univers de quelques pages, très efficace, une intro rapide de 20 pages terriblement bien dessinées et l'histoire commence directement ! Excellente introduction, on ne perd pas de temps à se perdre dans les détails, on suit l’héroïne vers ce qui va être la grande aventure, le cœur du récit.
Les évènements s'enchainent, la lecture est fluide, le dessin magistral et les personnages très attachants. On a l'impression de voir un excellent blockbuster haletant et palpitant, c'est vraiment réussi.
Un tome 1 avec un rythme effréné qui réussi à prendre le meilleur du manga et de la franco-belge. Une bande dessinée extrêmement contemporaine et qui durera dans le temps, un véritable tour de force.
On a très hâte de voir la suite !
Super bd avec un très bel univers et une intrigue prenante mais qui se dévoile lentement.
Je l'ai lue avant de dormir, je n'ai pas pu la lâcher, elle était vraiment prenante. L'univers m'a intrigué et m'a vraiment détendu. Une très belle réussite, à voir pour la suite.
Très très beau livre.
Une histoire qui entraîne d'abord par son mystère et son aspect graphique proprement fascinant, avant de nous attraper par les émotions et les sentiments qu'elle engendre. Pour un premier album, celui-ci est maitrisé. Que ce soit au niveau du dessin, de la mise en scène ou de l'histoire, j'ai vraiment été emportée et ait suivi les personnages avec plaisir.
Je recommanderai aux curieux et curieuses de tenter l'expérience, d'essayer de se laisser aller et de se laisser prendre à cette "fête", le jeu en vaut vraiment la chandelle.
Je suis curieuse de voir ce que nous proposera cet auteur par la suite, en espérant qu'il continue.
Autrefois, pour dire qu'on prenait quelqu'un de haut, on disait qu'on le traitait cavalièrement, nom d'un cheval et d'un chevalier ! Le véhicule, animal ou mécanique, rehausse face au piéton et induit de vivre dans son monde ou de le prendre de haut. C'est inévitable, ne faisons pas de la publicité, du capitalisme, de la vitesse ou de je ne sais quoi encore, la cause. C'est un rapport de force élémentaire, basique… Cependant, l'œuvre l'exprime de façon dramatisée mais juste par exemple avec l'image du piano risquant de tomber sur le piéton…. Et elle explore tous les détails de cette situation.
Les conducteurs ne sont pas coupables, mais ils le deviendraient si après cette lecture, ils n'adoptaient pas une conduite plus respectueuse des cyclistes et autres piétons.
Félicitations Dave, vous venez de trouver le second monolithe de la bande dessinée bis. Il vous en reste 7 à trouver...
Aucun avis sur ce chef d'oeuvre vraiment ? Je vais devoir réparer ce sacrilège alors. Car si je lis des bandes dessinées, c'est pour découvrir des œuvres comme Eternus 9.
Victor Mesquita, auteur portugais à la reconnaissance proche du néant, décide de sortir ce petit bijou totalement méconnu en l'an de grâce 1983.
L'humanité est condamnée à court terme à cause de la surpopulation.
Les scientifiques décident d'envoyer dans l'espace un couple avec une mission pour le moins originale : procréer un enfant qui sera capable de vivre dans le cosmos, libéré des contraintes physiques et temporels.
Le récit est donc une odyssée spatiale et métaphysique, avec une narration qui se veut poétique, sans être trop compliquée. Pas besoin de relire trois fois une page. Bon, deux fois peut être...
L'esthétique, très vintage, est au diapason de l'histoire : architectures monumentales en pleine page à la Philippe Druillet, paysages psychédéliques saturés de couleurs explosives, effets d'optique, vaisseaux spatiaux de toute beauté... Chaque planche est un tableau d'une richesse graphique inouïe.
Le tour de force : Eternus 9 n'est pas du tout un trip visuel hasardeux. Le but de Mesquita est clairement de jouer avec l'inconscient de son lecteur, de le mettre au centre d'une expérience hypnotique. Il suffit d'accepter le voyage...
Une masterclass, à ranger fièrement à côté de Delirius.
La saga Le Château des étoiles est certainement une des mes sagas préférées de la bande dessinée contemporaine. Voir Alex Alice nous proposer un spin-off sous la forme de manga avait suscité en moi - je l'avoue - une certaine inquiétude. Le format serait-il vraiment justifié ? Pourquoi ne pas faire un récit dérivé sous la même forme, comme l'excellent Les Chimères de Vénus d'Alain Ayroles ?
Dès le début de la lecture de ce premier tome, mes réserves sont tombées. Pour raconter cette histoire, le format manga apparaît comme une évidence. Alex Alice montre qu'il a tout compris à ce style, il parvient à en tirer le meilleur et même à le croiser avec une forme de narration peut-être un peu plus classique et typique de la BD franco-belge. Œuvre hybrique, Les Chants du Cygne Noir ne souffre jamais de ce statut. Au contraire, il constitue une synthèse admirable de toutes les influences revendiquées par l'auteur, de Jules Verne à Albator, mais en conservant toujours la forte identité qui caractérise la saga.
Ainsi, Les Chants du Cygne Noir reprend la structure classique du récit de vengeance, mais en l'insérant à merveille dans l'univers de sa célèbre saga. Cela nous fait revoir cet univers comme si on le découvrait pour la première fois et c'est particulièrement réussi. On s'attache tout de suite à l'héroïne Benesh grâce à la force de son traumatisme fondateur et à la mise en page qui l'accompagne (une succession de 4 pages impaires à la structure similaire, qui disent tout sans un mot).
La narration type manga permet ensuite à Alice de nous offrir des séquences d'action incroyablement spectaculaires, c'est sans aucun doute les plus épiques de tout Le Château des étoiles. On assiste à un récit qui offre une quasi-unité de temps et de lieu, et qui nous fait assister à un braquage spatial. Il y a du Titanic et du Ocean's Eleven là-dedans, mêlé à du space opera, c'est juste LE mélange parfait, quoi. Tout en glissant des les dialogues pleins d'élégance et de sous-entendus qu'on lui connaît dans ce récit, Alex Alice parvient à nous offrir un cocktail particulièrement digeste où le grand spectacle ne le cède jamais à l'émotion, et où les twists sont parfaitement dosés pour surprendre sans rechercher l'esbroufe gratuite.
Et enfin, ce dessin... J'étais déjà fan de la patte graphique d'Alice dans sa saga-mère, mais là, il parvient à trouver l'équilibre parfait pour proposer un dessin typé manga qui ne renonce pas à son soin scrupuleux du détail. Il offre à nos yeux éblouis des planches magnifiquement construites, à la patte graphique totalement maîtrisée. Seul regret, que le format manga réduise la taille de ces planches... Pas grave, la narration ultra-efficaces nous aide à vivre au rythme des héros, à leurs côtés, cette aventure cosmique riche en rebondissements.
Bref, j'aimais déjà Le Château des étoiles, mais J'ADORE Les Chants du Cygne Noir ! Alex Alice nous offre une extension plus que plaisante à son univers spatial, et distille un savant mystère qui relie étrangement ce spin-off à la saga initiale, en y glissant des personnages connus, dont on aimerait savoir ce qui les a menés ici... Autant dire qu'on va compter les jours avant de pouvoir se replonger dans l'univers merveilleux de ce Ring et comprendre comment on en est arrivés là !
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Kingdom
"Bonjour monsieur le libraire, je cherche un shonen dont l'intrigue s'étire indéfiniment comme One Piece mais avec un dessin 100 fois plus stylé." "Tenez voici Kingdom, bonne lecture" Kingdom revisite de manière épique et romancée une période charnière de l'histoire chinoise : la période des Royaumes Combattants au IIIe siècle avant J.-C.), c'est à dire l'unification des sept royaume de Chine par le royaume de Quinn. 77 tomes plus loin, Quinn a seulement conquis un autre royaume... Vous allez connaître le bonheur avec Kingdom, avant de connaître la souffrance liée au manque. La narration est ultra basique : un arc de politique/stratégie suivie d'un arc de bataille et on recommence éternellement. Mais quelle aventure ! On est face à un auteur, Yasuhisa Hara, qui a parachevé le sens du mot épique. Le chétif Shin qui démarre comme simple chair à canon et devient général, c'est nous ! Tous les codes shonen sont réunis (l'amitié plus forte que tout, le surpassement de soi même, la résilience face aux difficultés...) mais cette fois ci associée à une violence des batailles typique du seinen. Un manga indispensable, mais réservé au lecteur courageux, paré à l'éventualité de ne jamais lire la fin.
Evol
Il l'a fait. Plus de 10 ans après Soil, Kaneko a réussi à produire une oeuvre aussi dense et cohérente. Une lecture qui vous fait enchaîner une dizaine de tomes avant de pouvoir s'arrêter, enfin repus. Ce n'est pas que les mini séries comme Deathco ou Wet Moon avaient démérité, loin de là. A l'instar de son oeuvre séminale, Bambi Remodeled (Bambi), ce sont des réalisations marquantes qui brillent intensément dans la galaxie du manga. Mais ces mini séries de quelques tomes étaient des étoiles filantes qui nous laissaient trop vite orphelins du talent du maître. Et puis arrive Evol, publié en France entre 2023 et 2026, dans les pas de la parution au Japon, qui nous montre un Kaneko en grande forme avec une inspiration restée intacte. La recette ne change pas fondamentalement et repose sur plusieurs piliers : Une narration sous tension, des anomalies du quotidien, un fantastique lynchien qui nous montre des personnages vivrent une expérience cathartique, pour ensuite se transformer en électrons libres enfin aptes à briser un système complètement fermé. Éloge de la révolte. L'utilisation des super héros à la sauce Kaneko n'est pas inédite. Après tout son premier personnage, Bambi, était quasi invincible. Comme pour un film de Lynch, on spéculera pendant des heures sur la fin et ses mystères. Côté dessin, on retrouve ce sens de l'esthétique aigu, avec des aplats de noir profond et un refus des trames de gris classiques. Le découpage est à couper le souffle. Une prouesse artistique pour les autres, la normalité pour Kaneko. Un grand manga.
La Route
La route s’ouvre sur un nuage de fumée. En parcourant les premières pages de l’ouvrage de Manu Larcenet, j’ai rapidement eu la sensation que les bruits autour de moi s’arrêtaient pour laisser place à un simple bruit de vent et de désolation. Puis j’ai parcouru avec un père et son fils des routes désertes, exploré des lieux abandonnés à la recherche de vivres en espérant survivre quelques jours supplémentaires. J’ai ressenti l’angoisse de croiser d’autres survivants, la nécessité de se cacher constamment et espérer ne jamais être découvert. La Route est une BD qui ne se contente pas de nous raconter une histoire dans un monde post-apocalyptique : elle nous fait vivre les émotions ressenties par ses personnages. Lorsque l’on observe passer un groupe armé, les corps mutilés, les chaînes, les femmes enceintes, nous n’aurons pas plus d’explications sur l’origine et le fonctionnement de ce groupe. Cette absence d’explication force notre cerveau à expliquer ce qui ne l’est pas et alors l’angoisse s’installe en nous. Quelques gros plans sur des conserves, des pâtes, une canette de soda, des médicaments et l’on ressent le soulagement, la sécurité et le réconfort d’un logis inespéré. Le médium bande dessinée est parfaitement utilisé. Les dialogues se font rares et le dessin se suffit souvent à lui-même pour raconter l’histoire et transmettre les émotions. En refeuilletant l’album, je me suis surpris à rester bloqué sur plusieurs planches tant chaque case semblait raconter quelque chose. Si La Route me marque autant c’est parce qu’elle me rappelle pourquoi j’aime autant la bande dessinée, elle me rappelle que le dessin peut raconter une émotion sans utiliser de mot. Le format BD semble ici tellement naturel qu’on en oublie que La Route est avant tout un roman.
Peter Pan
C'est probablement le chef-d'œuvre de Loisel jusqu'à aujourd'hui. Une adaptation bien plus sombre et sérieuse de l'œuvre originale, comparée à la version Disney. Mais Barrie, pour tout ce que nous savons, n'avait pas l'intention de créer une œuvre naïve et enfantine et n'était pas quelqu'un de particulièrement optimiste concernant l'espèce humaine. Les dessins de Loisel sont très bons : clarté et netteté du trait, parfois obscurité des couleurs, mais une vaste gamme de nuances. Certains paysages urbains (Londres) ou tropicaux sont artistiquement et parfaitement réalisés. Les personnages, sans toujours être visuellement agréables (Hook, par exemple), correspondent finalement et remplissent notre imagination. Beaucoup de sensualité dans les figures féminines, les sirènes, et de l'humour aussi : Clochette est très riche et parfaite dans son rôle.
Les Chants du Cygne Noir
Franchement, un virage vers le manga sans faute ! Alex Alice, dont je ne connaissais pas le travail jusqu'ici, nous offre une leçon en matière d'introduction de série. On commence par une très belle introduction à l'univers de quelques pages, très efficace, une intro rapide de 20 pages terriblement bien dessinées et l'histoire commence directement ! Excellente introduction, on ne perd pas de temps à se perdre dans les détails, on suit l’héroïne vers ce qui va être la grande aventure, le cœur du récit. Les évènements s'enchainent, la lecture est fluide, le dessin magistral et les personnages très attachants. On a l'impression de voir un excellent blockbuster haletant et palpitant, c'est vraiment réussi. Un tome 1 avec un rythme effréné qui réussi à prendre le meilleur du manga et de la franco-belge. Une bande dessinée extrêmement contemporaine et qui durera dans le temps, un véritable tour de force. On a très hâte de voir la suite !
Terre ou Lune
Super bd avec un très bel univers et une intrigue prenante mais qui se dévoile lentement. Je l'ai lue avant de dormir, je n'ai pas pu la lâcher, elle était vraiment prenante. L'univers m'a intrigué et m'a vraiment détendu. Une très belle réussite, à voir pour la suite.
Une fête sans fin
Très très beau livre. Une histoire qui entraîne d'abord par son mystère et son aspect graphique proprement fascinant, avant de nous attraper par les émotions et les sentiments qu'elle engendre. Pour un premier album, celui-ci est maitrisé. Que ce soit au niveau du dessin, de la mise en scène ou de l'histoire, j'ai vraiment été emportée et ait suivi les personnages avec plaisir. Je recommanderai aux curieux et curieuses de tenter l'expérience, d'essayer de se laisser aller et de se laisser prendre à cette "fête", le jeu en vaut vraiment la chandelle. Je suis curieuse de voir ce que nous proposera cet auteur par la suite, en espérant qu'il continue.
Bande d'arrêt d'urgence
Autrefois, pour dire qu'on prenait quelqu'un de haut, on disait qu'on le traitait cavalièrement, nom d'un cheval et d'un chevalier ! Le véhicule, animal ou mécanique, rehausse face au piéton et induit de vivre dans son monde ou de le prendre de haut. C'est inévitable, ne faisons pas de la publicité, du capitalisme, de la vitesse ou de je ne sais quoi encore, la cause. C'est un rapport de force élémentaire, basique… Cependant, l'œuvre l'exprime de façon dramatisée mais juste par exemple avec l'image du piano risquant de tomber sur le piéton…. Et elle explore tous les détails de cette situation. Les conducteurs ne sont pas coupables, mais ils le deviendraient si après cette lecture, ils n'adoptaient pas une conduite plus respectueuse des cyclistes et autres piétons.
Eternus 9
Félicitations Dave, vous venez de trouver le second monolithe de la bande dessinée bis. Il vous en reste 7 à trouver... Aucun avis sur ce chef d'oeuvre vraiment ? Je vais devoir réparer ce sacrilège alors. Car si je lis des bandes dessinées, c'est pour découvrir des œuvres comme Eternus 9. Victor Mesquita, auteur portugais à la reconnaissance proche du néant, décide de sortir ce petit bijou totalement méconnu en l'an de grâce 1983. L'humanité est condamnée à court terme à cause de la surpopulation. Les scientifiques décident d'envoyer dans l'espace un couple avec une mission pour le moins originale : procréer un enfant qui sera capable de vivre dans le cosmos, libéré des contraintes physiques et temporels. Le récit est donc une odyssée spatiale et métaphysique, avec une narration qui se veut poétique, sans être trop compliquée. Pas besoin de relire trois fois une page. Bon, deux fois peut être... L'esthétique, très vintage, est au diapason de l'histoire : architectures monumentales en pleine page à la Philippe Druillet, paysages psychédéliques saturés de couleurs explosives, effets d'optique, vaisseaux spatiaux de toute beauté... Chaque planche est un tableau d'une richesse graphique inouïe. Le tour de force : Eternus 9 n'est pas du tout un trip visuel hasardeux. Le but de Mesquita est clairement de jouer avec l'inconscient de son lecteur, de le mettre au centre d'une expérience hypnotique. Il suffit d'accepter le voyage... Une masterclass, à ranger fièrement à côté de Delirius.
Les Chants du Cygne Noir
La saga Le Château des étoiles est certainement une des mes sagas préférées de la bande dessinée contemporaine. Voir Alex Alice nous proposer un spin-off sous la forme de manga avait suscité en moi - je l'avoue - une certaine inquiétude. Le format serait-il vraiment justifié ? Pourquoi ne pas faire un récit dérivé sous la même forme, comme l'excellent Les Chimères de Vénus d'Alain Ayroles ? Dès le début de la lecture de ce premier tome, mes réserves sont tombées. Pour raconter cette histoire, le format manga apparaît comme une évidence. Alex Alice montre qu'il a tout compris à ce style, il parvient à en tirer le meilleur et même à le croiser avec une forme de narration peut-être un peu plus classique et typique de la BD franco-belge. Œuvre hybrique, Les Chants du Cygne Noir ne souffre jamais de ce statut. Au contraire, il constitue une synthèse admirable de toutes les influences revendiquées par l'auteur, de Jules Verne à Albator, mais en conservant toujours la forte identité qui caractérise la saga. Ainsi, Les Chants du Cygne Noir reprend la structure classique du récit de vengeance, mais en l'insérant à merveille dans l'univers de sa célèbre saga. Cela nous fait revoir cet univers comme si on le découvrait pour la première fois et c'est particulièrement réussi. On s'attache tout de suite à l'héroïne Benesh grâce à la force de son traumatisme fondateur et à la mise en page qui l'accompagne (une succession de 4 pages impaires à la structure similaire, qui disent tout sans un mot). La narration type manga permet ensuite à Alice de nous offrir des séquences d'action incroyablement spectaculaires, c'est sans aucun doute les plus épiques de tout Le Château des étoiles. On assiste à un récit qui offre une quasi-unité de temps et de lieu, et qui nous fait assister à un braquage spatial. Il y a du Titanic et du Ocean's Eleven là-dedans, mêlé à du space opera, c'est juste LE mélange parfait, quoi. Tout en glissant des les dialogues pleins d'élégance et de sous-entendus qu'on lui connaît dans ce récit, Alex Alice parvient à nous offrir un cocktail particulièrement digeste où le grand spectacle ne le cède jamais à l'émotion, et où les twists sont parfaitement dosés pour surprendre sans rechercher l'esbroufe gratuite. Et enfin, ce dessin... J'étais déjà fan de la patte graphique d'Alice dans sa saga-mère, mais là, il parvient à trouver l'équilibre parfait pour proposer un dessin typé manga qui ne renonce pas à son soin scrupuleux du détail. Il offre à nos yeux éblouis des planches magnifiquement construites, à la patte graphique totalement maîtrisée. Seul regret, que le format manga réduise la taille de ces planches... Pas grave, la narration ultra-efficaces nous aide à vivre au rythme des héros, à leurs côtés, cette aventure cosmique riche en rebondissements. Bref, j'aimais déjà Le Château des étoiles, mais J'ADORE Les Chants du Cygne Noir ! Alex Alice nous offre une extension plus que plaisante à son univers spatial, et distille un savant mystère qui relie étrangement ce spin-off à la saga initiale, en y glissant des personnages connus, dont on aimerait savoir ce qui les a menés ici... Autant dire qu'on va compter les jours avant de pouvoir se replonger dans l'univers merveilleux de ce Ring et comprendre comment on en est arrivés là !