Le meilleur cours de philo que j’aie jamais eu !
Une histoire de la philosophie occidentale « moderne » qui s’est développée aux XVII et XVIIIe siècle en Europe. (le scénariste est un historien spécialiste de Spinoza)
De qui parlons-nous ? De Galilée à Voltaire, en passant par Descartes, Newton, Spinoza, Leibniz et quelques autres.
Ils (et elles) expérimentent, s’appuient sur leurs découvertes et celles de leurs prédécesseurs, dialoguent, discutent, confrontent leur vision du monde, progressent, s’affranchissent des représentations antiques... Et évidemment, remettent en cause les dogmes, ce qui aura le don d’irriter le clergé.
C’est qu’ils sont contrariants ces scientifiques qui empêchent l’église de dogmatiser tranquille et de bien tenir les ouailles dans l’ignorance et la crédulité si commodes pour elle et pour les puissants.
Cette rétrospective de leurs avancées scientifiques et métaphysiques est vraiment bien présentée. Les enjeux sont posés et les « disputes » permettent d’exposer les théories et les arguments.
Franchement, même si je connaissais la plupart (quelques théories et théorèmes hérités de ma scolarité, et que j’ai quand même lu quelques unes des oeuvres évoquées), l’ouvrage est plus qu’utile pour avoir une vision d’ensemble de l’époque.
Sujet passionnant. Traité de façon simple, didactique, carrément amusante même, un tour de force.
Et servi par un dessin simple, voire naïf, avec de drôles de nez, mais agréable et qui permet de bien saisir qui est qui.
Ceux qui en douteraient (suivez mon regard !) feraient bien de se souvenir que la recherche scientifique et l’esprit critique doivent être cultivés.
Hérétique ? Un compliment.
Et un coup de coeur pour l'ouvrage, bien entendu.
Je ne suis pas vraiment ce qu'on appelle un fan de bd, j'en ai lu quelques unes, et maintenant The nice house on the lake fait partie de ma petite collection. Personnellement j'ai trouvé le traitement des personnes super intéressant et réaliste, tout en sachant garder un aspect science fiction suffisamment captivant. J'ai adoré me plonger dans cette histoire et espère vivement que le cycle 2, si il existe, saura me rembarquer dans cette univers !
Je suis très étonné d'être le premier à chroniquer cette BD. Notons que je n'y mets aucune fierté ni aucun mérite perso, mais j'avais tellement entendu parler d'elle depuis sa sortie que je pensais vraiment la trouver ici-même. En outre, il me semblait que les œuvres précédentes de Lucas Harari avaient reçu un écho extrêmement favorable. Par ailleurs, j'abordais ma lecture avec pas mal d'a priori car La dernière rose de l'été m'avait laissé complètement de marbre.
Cela étant dit, je reste très partagé sur le cas David Zimmerman.
D'abord, je suis assez stupéfait par le travail sur les couleurs qui contribue grandement à l'ambiance générale. C'est même carrément splendide sur les pages pleines, magnifiques, notamment les vues générales de nuit (P94-95 par exemple). Car à mon sens, l'ambiance est l'élément le plus important de cette histoire. Elle imprègne chaque page d'un voile fantastique, comme chez Charles Burns, disons la BD made in US en général. Il y a beaucoup de pages muettes d'ailleurs, ce qui fait que cette énorme pavé est finalement engloutie assez vite. Le travail de Roman Gigou, le coloriste, compense en grande partie une certaine rigidité que je ne peux m'empêcher de percevoir dans le dessin, ce qui m'avait au passage vraiment freiné dans La Dernière Rose... Rigidité des visages et rectitude des architectures, tout cela resterait sans doute assez froid sans l'impact visuel des couleurs. Ici, tout cela est évité.
En effet, plus on avance, plus l’œil semble détendre les lignes, si bien que très vite, le dessin devient même très séduisant. On se retrouve sans trop s'en rendre compte, complètement happé dans ces grandes pages crépusculaires. Je me suis surpris à admirer longuement certaines cases, d'autant plus que l'édition, comme toujours chez Sarbacane, est très classieuse : papier de qualité, agréable sous les doigts, trame à gros points (j'aime !)...
Enfin, le scénario est très bien foutu, terriblement intrigant, et rapidement mis en place. Il vous maintient en haleine jusqu'au bout. Toutes mes réticences se sont évanouies dès l'entame du deuxième chapitre. On sent derrière tout ça des préoccupations très actuelles sur l'identité de genre. Tout cette affaire de passage d'un corps à l'autre par un hypothétique "corps" étranger renvoie de toute évidence à cette question (on songera au passage au film It Follows). L'intégration d'un sujet social dans une fiction, fantastique qui plus est, est ici parfaitement réussie, et très fluide.
Alors où est le problème ? Ben à vrai dire, j'ai été proportionnellement très déçu par cette fin qui m'a laissé sur ma faim. Bien sur, j'y ai beaucoup cogité pour en conclure finalement que les auteurs militaient peut-être en faveur du libre choix du genre pour les individus, tout en soutenant l'acceptation de son corps. Bof ! Pas très satisfaisant... Donc oui, fin pour moi un peu facile, et en même temps peu explicite, mais également sujet qui ne me concerne pas, même si j'y suis par ailleurs sensible...
Bref ! Je garde cette BD un très bon souvenir de lecture, sans oublier le fait que je lui trouve un aspect fantastique et social très très bien intégré, toutefois un peu gâté par cette fin triste, sans lueur, et pour moi peu saisissable. Une fois refermée Le cas David Zimmerman, j'ai eu le sentiment qu'on me mettait à la porte après une excellente soirée, sentiment assez frustrant. Ce 3/5 n'est pas vraiment représentatif de ce que je pense, c'est pourquoi pour ne pas donner l'impression que je boude ou juge, je lui colle malgré tout un coup de cœur.
Alors ça, c'est beau.
Tout le long de l'album, j'ai eu un retour en enfance, je me suis revue à cette époque où je dévorais des courts métrages fantastiques aux dessins parfois assez similaires à ceux-ci sur les chaînes câblées. Ce texte bien trouvé, ce dessin qu'on croirait fait sur papier noir faisant ressortir les couleurs vives par contraste, ces personnages allégoriques qui parlent et qui touchent à tout âge, ... Je n'arrive pas à mettre le doigt sur un terme pour désigner ce genre de récit depuis toutes ces années, mais c'est à ça qu'il me font penser : des courts métrages alliant habillement une douce noirceur et une beauté presque onirique.
L'histoire, ici, est celle d'un garçon né avec un cœur de pierre, incapable d'aimer, d'une fille née avec un cœur d'artichaut, aimant vite et intensément, et d'un autre garçon quant-à-lui né avec un cœur en or. C'est une histoire sur les émotions, les sentiments, l'amour (romantique comme propre), sur la complexité et la grande variété des attachements humains. L'histoire est tout public, touchant à tout âge par l'universalité de son propos, mais brillant davantage chez les cœurs enfantins.
Le texte est marquant lui aussi, tout en alexandrins et en rimes. Les mots et les images qu'ils évoquent sont beaux, c'est un texte très satisfaisant à lire, surtout à voix haute je trouve.
Du bon, du très bon. Honnêtement, j'irais même jusqu'à dire que l'album frôle le cinq étoiles (je ne déplore qu'un ou deux mots qui auraient pu être mieux choisis). Rooh, vous savez quoi, il le mérite quand-même !
Un coup de cœur, évidemment.
Mais... Mais c'est très bien !
On pourrait croire à un ersatz de Calvin et Hobbes, mais pas du tout. On a bien l'impertinence et l'imaginaire de la jeunesse confrontant le monde des adultes, mais ici tout est plus doux, plus contemplatif. Calvin est l'archétype du sale gamin, dont l'imagination et l'énergie en font une véritable source de problèmes, remettant en cause le monde principalement par esprit de contradiction et un début de cynisme. Pico est plus un archétype de "petit malin", d'un enfant très intelligent à la fois suffisamment épargné par les affres du monde adulte pour le remettre en cause avec justesse et ayant suffisamment compris et assimilé le pouvoir de la rhétorique pour espérer profiter et abuser des règles absurdes imposées par lesdits adultes (au point où la seule chose le différenciant d'un adulte est son physique). Cette série a davantage un humour de répartie, cherche davantage les bons mots, les jeux de mots, les phrases qui prêtent à réflexion. Toujours proche de la série avec le tigre en peluche, donc, mais se distinguant par sa dimension plus positive et bon enfant et son côté "gamin philosophe".
Les histoires de Pico Bogue sont des tranches de vie sur un gamin beau parleur, remettant sans cesse en cause le monde et jouant sur les mots dès qu'il le peut. Un vrai plaisir littéraire. D'ailleurs Pico n'est pas le seul à avoir de la verve, sa famille comme ses amis partagent visiblement son désir d'argumenter tout ce qui leur tombe sur la main (bon, pour les parents, c'est surtout qu'iels essaient de mettre en touche leurs enfants, et vu comme Pico et Ana Ana aiment avoir le dernier mot ce n'est pas chose facile).
J'étais tombée pour la première fois sur ces petites histoires (petites mais à tailles variables) dans le Monde des ados, et je m'étais d'abord demandée ce qu'une BD à l'apparence si enfantine y faisait. Puis je les ai lus et j'ai eu un petit coup de foudre. C'est mignon, c'est drôle, c'est réflexif, et surtout les textes sont bien écrits. Moi, des textes huilés comme ceux-là, des personnages qui ont le sens de la répartie et se répondent du tac au tac, ça me plait toujours.
Du sarcasme doux et enfantin, des dessins très mignons dans un style aquarelle, des textes travaillés, une lecture agréable à tout âge.
Je trouve ce livre très captivant et vraiment marrant car les deux filles sont meilleures amies depuis la première minute qu’ elles passent dans cette école de magie. La BD est 100% originale (de mon point de vue), c'est un livre parfait pour les 10/13 ans et je le recommande fortement(car j’ai 12 ans et c'est ma bande dessinée préférée). Bonne lecture !!! ?
Tiens des avis partagés pour ce tome, personnellement je le trouve très très bon.
Dans ma petite tête, il serait même le parfait candidat pour ceux qui souhaitent découvrir l’univers. On y croise brièvement Célestin, une allusion est faite à Babel et surtout on assiste à une sorte d’avant première de certains événements du tome sur Fannie.
Bref, un album qui chronologiquement a son importance tout en donnant déjà énormément de cohérence et de densité au monde créé par Gess.
L’intrigue développée autour de notre trouveur sera peut-être la moins surprenante de la série, mais boudiou que c’est efficace !! Et j’adore cette fin. Je trouve que ce tome dépeint particulièrement bien l’époque et ce microcosme parisien (en y ajoutant bien sûr cette petite touche de fantastique avec les talents). La géographie sera bien explorée comme l’histoire, nous sommes après la Commune de Paris.
La patte graphique de l’auteur finit de m’achever pour m’entraîner avec délectation dans son monde des Contes de la Pieuvre.
Pour moi, un petit bijou cette série et ce tome en est une belle pièce maîtresse. J’adore, j’adhère à mort.
Que c’est bon.
J'ai toujours beaucoup apprécié le travail d'Éric Herenguel. Sa dernière création ne déroge pas à la règle. Et c'est tant mieux.
Avec son imagination fertile et débridée, l'auteur comme à son habitude se fait d'abord plaisir en racontant une histoire plaisante, enlevée, et totalement invraisemblable.
Plaisir de création complètement partagé pour le lecteur avec des planches à l'encrage magnifique et de haute volée. Les différentes vues de Manhattan, la faune diverse et variée, les scènes d'action, d'aviation et de cadrage sont parfaitement maitrisées dans des décors qui ne cèdent en rien à la facilité. Un vrai régal ! On en redemande...
Tout le plaisir également de retrouver un artiste qui mélange avec un très grand savoir faire des univers totalement opposés et joue à fond la carte de tout ce que peuvent permettre les codes de la BD.
Ici on retrouve tous les ingrédients qui font la réussite de cette série.
Au sortir de la seconde Guerre Mondiale, on y croise dans l'ordre ou dans le désordre et de façon improbable, des dinosaures avec des avions militaires dans un New York revisité style jungle urbanisée, un King Kong, un teckel trop choupi, de belles et dangereuses Amazones, un bel héros aviateur de l'US Air Force, des militaires pas toujours futés, des jolies filles style Pin-up et leur faire valoir, un journaliste, un scientifique allumé, des bolides de toutes sortes...
Dans cet univers invraisemblable où la survie semble être la règle, on retrouve des personnages livrés à eux-même ou l'ambition, la jalousie, le brutal et parfois la naïveté se côtoient parfaitement et rendent à ce milieu un côté humain et attachant. Bref ! Un beau et savant mélange de création "no limit " totalement assumé comme on aimerait en lire plus souvent.
Pour achever de satisfaire les plus exigeants les Éditions Ankama pour les versions dos toilés et les Éditions Caurette pour la version Intégral noir & blanc ont fait du super boulot.
Si comme moi, vous aimez la création délirante, les teckels et l'univers débridé que propose cet auteur, n'hésitez pas à vous plonger dans l'aventure The Kong Crew. Vous passerez un agréable moment.
Quelle super série !
Un univers intriguant et original qui se découvre au fil des tomes et qui s'étoffe. En fait nous avancons dans la compréhension de l'univers au même rythme que les héros. Procédé classique qui fonctionne diablement
Les personnages d'enfants s'adaptent, en particuliers notre groupe de "héros" qui sont bien écrits, et touchants.
Les dessins de Gazzoti sont très beaux.
C'est une série qui, pour moi fonctionne, autant pour les enfants, les ados que les adultes.
A l'heure ou j'écris nous en sommes au tome 15 et j'ai hâte de lire la suite !
Idéal est une bande dessinée profonde et complexe qui explore les thèmes de l’amour, de l’identité, du temps et de l’IA. L’histoire suit Hélène, une pianiste dont la vie change radicalement après un accident qui l’empêche de jouer correctement du piano. Dans un effort désespéré de raviver son couple, Hélène introduit clandestinement une androïde à son image plus jeune, ce qui bouleverse la dynamique de sa relation avec son mari Edo.
Le récit est loin d’être simple, il soulève des questions profondes sur l’illusion du passé, la quête de l’idéal et la manière dont nous nous accrochons à nos souvenirs. Le dessin, inspiré des estampes japonaises, accentue l’ambiance mélancolique et poétique de l’histoire. Chaque page est un vrai plaisir visuel, avec une atmosphère qui complète parfaitement le ton introspectif du scénario.
Idéal est une œuvre complexe et subtile, qui mérite une lecture attentive et qui pousse à la réflexion sur la nature de l’amour et du changement. Un coup de cœur, à mon sens, méritant un 5/5.
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Hérétiques ! - Les merveilleux (et périlleux) débuts de la philosophie moderne
Le meilleur cours de philo que j’aie jamais eu ! Une histoire de la philosophie occidentale « moderne » qui s’est développée aux XVII et XVIIIe siècle en Europe. (le scénariste est un historien spécialiste de Spinoza) De qui parlons-nous ? De Galilée à Voltaire, en passant par Descartes, Newton, Spinoza, Leibniz et quelques autres. Ils (et elles) expérimentent, s’appuient sur leurs découvertes et celles de leurs prédécesseurs, dialoguent, discutent, confrontent leur vision du monde, progressent, s’affranchissent des représentations antiques... Et évidemment, remettent en cause les dogmes, ce qui aura le don d’irriter le clergé. C’est qu’ils sont contrariants ces scientifiques qui empêchent l’église de dogmatiser tranquille et de bien tenir les ouailles dans l’ignorance et la crédulité si commodes pour elle et pour les puissants. Cette rétrospective de leurs avancées scientifiques et métaphysiques est vraiment bien présentée. Les enjeux sont posés et les « disputes » permettent d’exposer les théories et les arguments. Franchement, même si je connaissais la plupart (quelques théories et théorèmes hérités de ma scolarité, et que j’ai quand même lu quelques unes des oeuvres évoquées), l’ouvrage est plus qu’utile pour avoir une vision d’ensemble de l’époque. Sujet passionnant. Traité de façon simple, didactique, carrément amusante même, un tour de force. Et servi par un dessin simple, voire naïf, avec de drôles de nez, mais agréable et qui permet de bien saisir qui est qui. Ceux qui en douteraient (suivez mon regard !) feraient bien de se souvenir que la recherche scientifique et l’esprit critique doivent être cultivés. Hérétique ? Un compliment. Et un coup de coeur pour l'ouvrage, bien entendu.
The Nice House on the lake
Je ne suis pas vraiment ce qu'on appelle un fan de bd, j'en ai lu quelques unes, et maintenant The nice house on the lake fait partie de ma petite collection. Personnellement j'ai trouvé le traitement des personnes super intéressant et réaliste, tout en sachant garder un aspect science fiction suffisamment captivant. J'ai adoré me plonger dans cette histoire et espère vivement que le cycle 2, si il existe, saura me rembarquer dans cette univers !
Le Cas David Zimmerman
Je suis très étonné d'être le premier à chroniquer cette BD. Notons que je n'y mets aucune fierté ni aucun mérite perso, mais j'avais tellement entendu parler d'elle depuis sa sortie que je pensais vraiment la trouver ici-même. En outre, il me semblait que les œuvres précédentes de Lucas Harari avaient reçu un écho extrêmement favorable. Par ailleurs, j'abordais ma lecture avec pas mal d'a priori car La dernière rose de l'été m'avait laissé complètement de marbre. Cela étant dit, je reste très partagé sur le cas David Zimmerman. D'abord, je suis assez stupéfait par le travail sur les couleurs qui contribue grandement à l'ambiance générale. C'est même carrément splendide sur les pages pleines, magnifiques, notamment les vues générales de nuit (P94-95 par exemple). Car à mon sens, l'ambiance est l'élément le plus important de cette histoire. Elle imprègne chaque page d'un voile fantastique, comme chez Charles Burns, disons la BD made in US en général. Il y a beaucoup de pages muettes d'ailleurs, ce qui fait que cette énorme pavé est finalement engloutie assez vite. Le travail de Roman Gigou, le coloriste, compense en grande partie une certaine rigidité que je ne peux m'empêcher de percevoir dans le dessin, ce qui m'avait au passage vraiment freiné dans La Dernière Rose... Rigidité des visages et rectitude des architectures, tout cela resterait sans doute assez froid sans l'impact visuel des couleurs. Ici, tout cela est évité. En effet, plus on avance, plus l’œil semble détendre les lignes, si bien que très vite, le dessin devient même très séduisant. On se retrouve sans trop s'en rendre compte, complètement happé dans ces grandes pages crépusculaires. Je me suis surpris à admirer longuement certaines cases, d'autant plus que l'édition, comme toujours chez Sarbacane, est très classieuse : papier de qualité, agréable sous les doigts, trame à gros points (j'aime !)... Enfin, le scénario est très bien foutu, terriblement intrigant, et rapidement mis en place. Il vous maintient en haleine jusqu'au bout. Toutes mes réticences se sont évanouies dès l'entame du deuxième chapitre. On sent derrière tout ça des préoccupations très actuelles sur l'identité de genre. Tout cette affaire de passage d'un corps à l'autre par un hypothétique "corps" étranger renvoie de toute évidence à cette question (on songera au passage au film It Follows). L'intégration d'un sujet social dans une fiction, fantastique qui plus est, est ici parfaitement réussie, et très fluide. Alors où est le problème ? Ben à vrai dire, j'ai été proportionnellement très déçu par cette fin qui m'a laissé sur ma faim. Bien sur, j'y ai beaucoup cogité pour en conclure finalement que les auteurs militaient peut-être en faveur du libre choix du genre pour les individus, tout en soutenant l'acceptation de son corps. Bof ! Pas très satisfaisant... Donc oui, fin pour moi un peu facile, et en même temps peu explicite, mais également sujet qui ne me concerne pas, même si j'y suis par ailleurs sensible... Bref ! Je garde cette BD un très bon souvenir de lecture, sans oublier le fait que je lui trouve un aspect fantastique et social très très bien intégré, toutefois un peu gâté par cette fin triste, sans lueur, et pour moi peu saisissable. Une fois refermée Le cas David Zimmerman, j'ai eu le sentiment qu'on me mettait à la porte après une excellente soirée, sentiment assez frustrant. Ce 3/5 n'est pas vraiment représentatif de ce que je pense, c'est pourquoi pour ne pas donner l'impression que je boude ou juge, je lui colle malgré tout un coup de cœur.
Coeur de pierre
Alors ça, c'est beau. Tout le long de l'album, j'ai eu un retour en enfance, je me suis revue à cette époque où je dévorais des courts métrages fantastiques aux dessins parfois assez similaires à ceux-ci sur les chaînes câblées. Ce texte bien trouvé, ce dessin qu'on croirait fait sur papier noir faisant ressortir les couleurs vives par contraste, ces personnages allégoriques qui parlent et qui touchent à tout âge, ... Je n'arrive pas à mettre le doigt sur un terme pour désigner ce genre de récit depuis toutes ces années, mais c'est à ça qu'il me font penser : des courts métrages alliant habillement une douce noirceur et une beauté presque onirique. L'histoire, ici, est celle d'un garçon né avec un cœur de pierre, incapable d'aimer, d'une fille née avec un cœur d'artichaut, aimant vite et intensément, et d'un autre garçon quant-à-lui né avec un cœur en or. C'est une histoire sur les émotions, les sentiments, l'amour (romantique comme propre), sur la complexité et la grande variété des attachements humains. L'histoire est tout public, touchant à tout âge par l'universalité de son propos, mais brillant davantage chez les cœurs enfantins. Le texte est marquant lui aussi, tout en alexandrins et en rimes. Les mots et les images qu'ils évoquent sont beaux, c'est un texte très satisfaisant à lire, surtout à voix haute je trouve. Du bon, du très bon. Honnêtement, j'irais même jusqu'à dire que l'album frôle le cinq étoiles (je ne déplore qu'un ou deux mots qui auraient pu être mieux choisis). Rooh, vous savez quoi, il le mérite quand-même ! Un coup de cœur, évidemment.
Pico Bogue
Mais... Mais c'est très bien ! On pourrait croire à un ersatz de Calvin et Hobbes, mais pas du tout. On a bien l'impertinence et l'imaginaire de la jeunesse confrontant le monde des adultes, mais ici tout est plus doux, plus contemplatif. Calvin est l'archétype du sale gamin, dont l'imagination et l'énergie en font une véritable source de problèmes, remettant en cause le monde principalement par esprit de contradiction et un début de cynisme. Pico est plus un archétype de "petit malin", d'un enfant très intelligent à la fois suffisamment épargné par les affres du monde adulte pour le remettre en cause avec justesse et ayant suffisamment compris et assimilé le pouvoir de la rhétorique pour espérer profiter et abuser des règles absurdes imposées par lesdits adultes (au point où la seule chose le différenciant d'un adulte est son physique). Cette série a davantage un humour de répartie, cherche davantage les bons mots, les jeux de mots, les phrases qui prêtent à réflexion. Toujours proche de la série avec le tigre en peluche, donc, mais se distinguant par sa dimension plus positive et bon enfant et son côté "gamin philosophe". Les histoires de Pico Bogue sont des tranches de vie sur un gamin beau parleur, remettant sans cesse en cause le monde et jouant sur les mots dès qu'il le peut. Un vrai plaisir littéraire. D'ailleurs Pico n'est pas le seul à avoir de la verve, sa famille comme ses amis partagent visiblement son désir d'argumenter tout ce qui leur tombe sur la main (bon, pour les parents, c'est surtout qu'iels essaient de mettre en touche leurs enfants, et vu comme Pico et Ana Ana aiment avoir le dernier mot ce n'est pas chose facile). J'étais tombée pour la première fois sur ces petites histoires (petites mais à tailles variables) dans le Monde des ados, et je m'étais d'abord demandée ce qu'une BD à l'apparence si enfantine y faisait. Puis je les ai lus et j'ai eu un petit coup de foudre. C'est mignon, c'est drôle, c'est réflexif, et surtout les textes sont bien écrits. Moi, des textes huilés comme ceux-là, des personnages qui ont le sens de la répartie et se répondent du tac au tac, ça me plait toujours. Du sarcasme doux et enfantin, des dessins très mignons dans un style aquarelle, des textes travaillés, une lecture agréable à tout âge.
La Bibliothèque des Vampires
Je trouve ce livre très captivant et vraiment marrant car les deux filles sont meilleures amies depuis la première minute qu’ elles passent dans cette école de magie. La BD est 100% originale (de mon point de vue), c'est un livre parfait pour les 10/13 ans et je le recommande fortement(car j’ai 12 ans et c'est ma bande dessinée préférée). Bonne lecture !!! ?
Un destin de trouveur
Tiens des avis partagés pour ce tome, personnellement je le trouve très très bon. Dans ma petite tête, il serait même le parfait candidat pour ceux qui souhaitent découvrir l’univers. On y croise brièvement Célestin, une allusion est faite à Babel et surtout on assiste à une sorte d’avant première de certains événements du tome sur Fannie. Bref, un album qui chronologiquement a son importance tout en donnant déjà énormément de cohérence et de densité au monde créé par Gess. L’intrigue développée autour de notre trouveur sera peut-être la moins surprenante de la série, mais boudiou que c’est efficace !! Et j’adore cette fin. Je trouve que ce tome dépeint particulièrement bien l’époque et ce microcosme parisien (en y ajoutant bien sûr cette petite touche de fantastique avec les talents). La géographie sera bien explorée comme l’histoire, nous sommes après la Commune de Paris. La patte graphique de l’auteur finit de m’achever pour m’entraîner avec délectation dans son monde des Contes de la Pieuvre. Pour moi, un petit bijou cette série et ce tome en est une belle pièce maîtresse. J’adore, j’adhère à mort. Que c’est bon.
The Kong Crew
J'ai toujours beaucoup apprécié le travail d'Éric Herenguel. Sa dernière création ne déroge pas à la règle. Et c'est tant mieux. Avec son imagination fertile et débridée, l'auteur comme à son habitude se fait d'abord plaisir en racontant une histoire plaisante, enlevée, et totalement invraisemblable. Plaisir de création complètement partagé pour le lecteur avec des planches à l'encrage magnifique et de haute volée. Les différentes vues de Manhattan, la faune diverse et variée, les scènes d'action, d'aviation et de cadrage sont parfaitement maitrisées dans des décors qui ne cèdent en rien à la facilité. Un vrai régal ! On en redemande... Tout le plaisir également de retrouver un artiste qui mélange avec un très grand savoir faire des univers totalement opposés et joue à fond la carte de tout ce que peuvent permettre les codes de la BD. Ici on retrouve tous les ingrédients qui font la réussite de cette série. Au sortir de la seconde Guerre Mondiale, on y croise dans l'ordre ou dans le désordre et de façon improbable, des dinosaures avec des avions militaires dans un New York revisité style jungle urbanisée, un King Kong, un teckel trop choupi, de belles et dangereuses Amazones, un bel héros aviateur de l'US Air Force, des militaires pas toujours futés, des jolies filles style Pin-up et leur faire valoir, un journaliste, un scientifique allumé, des bolides de toutes sortes... Dans cet univers invraisemblable où la survie semble être la règle, on retrouve des personnages livrés à eux-même ou l'ambition, la jalousie, le brutal et parfois la naïveté se côtoient parfaitement et rendent à ce milieu un côté humain et attachant. Bref ! Un beau et savant mélange de création "no limit " totalement assumé comme on aimerait en lire plus souvent. Pour achever de satisfaire les plus exigeants les Éditions Ankama pour les versions dos toilés et les Éditions Caurette pour la version Intégral noir & blanc ont fait du super boulot. Si comme moi, vous aimez la création délirante, les teckels et l'univers débridé que propose cet auteur, n'hésitez pas à vous plonger dans l'aventure The Kong Crew. Vous passerez un agréable moment.
Seuls
Quelle super série ! Un univers intriguant et original qui se découvre au fil des tomes et qui s'étoffe. En fait nous avancons dans la compréhension de l'univers au même rythme que les héros. Procédé classique qui fonctionne diablement Les personnages d'enfants s'adaptent, en particuliers notre groupe de "héros" qui sont bien écrits, et touchants. Les dessins de Gazzoti sont très beaux. C'est une série qui, pour moi fonctionne, autant pour les enfants, les ados que les adultes. A l'heure ou j'écris nous en sommes au tome 15 et j'ai hâte de lire la suite !
Idéal
Idéal est une bande dessinée profonde et complexe qui explore les thèmes de l’amour, de l’identité, du temps et de l’IA. L’histoire suit Hélène, une pianiste dont la vie change radicalement après un accident qui l’empêche de jouer correctement du piano. Dans un effort désespéré de raviver son couple, Hélène introduit clandestinement une androïde à son image plus jeune, ce qui bouleverse la dynamique de sa relation avec son mari Edo. Le récit est loin d’être simple, il soulève des questions profondes sur l’illusion du passé, la quête de l’idéal et la manière dont nous nous accrochons à nos souvenirs. Le dessin, inspiré des estampes japonaises, accentue l’ambiance mélancolique et poétique de l’histoire. Chaque page est un vrai plaisir visuel, avec une atmosphère qui complète parfaitement le ton introspectif du scénario. Idéal est une œuvre complexe et subtile, qui mérite une lecture attentive et qui pousse à la réflexion sur la nature de l’amour et du changement. Un coup de cœur, à mon sens, méritant un 5/5.