Mon premier contact avec l'Oeuvre de Moore... Sans verser dans le fanatisme décérébré, force est de constater que peu d'auteurs, toute littérature confondue, m'auront autant retourné que ce fils de Northampton. Cette première approche, je la dois au film éponyme, il y a de cela trois ans à présent. Diablement émoustillé par le personnage de V, je décide aussitôt de passer outre mes pauvres a priori esthétiques et viens m'abreuver à la source originelle... Dieu merci !
De quoi parle cette BD (ou roman graphique, on s'en fout...) ? Et bien de tout. De nous-mêmes d'abord. Du monde dans lequel nous vivons et des idéaux que nous faisons brûler dans la nuit, comme des phares inaccessibles. De nous-mêmes surtout. Qui est V ? C'est toi. Enfin, moi. Tout le monde et personne. Qu'est-ce ce que c'est alors ? Une certaine quête de perfection. Un accomplissement. Le stade où il y a plus de réponses que de questions, où les questions SONT les réponses.
V est la folie. Latente en chacun de nous. La création infinie qui explose les murs de notre prison. Le monde dictatorial contre lequel se bat V existe déjà maintenant. Il existe en nous. C'est la somme de nos préjugés, de notre peur. Tout ce qui nous limite, nous emprisonne dans des rôles trop bien connus, derrière des masques sordides qui prétendent être nous. D'où la tripotée de personnages (pour la plupart absents du film, simplification oblige) qui, d'une façon ou d'une autre, incarnent les vicissitudes de notre société, théâtre de marionnettes qui se prend trop au sérieux, oublieux que la vie est un jeu.
Inspecteur enfermé dans un boulot qui lui a présenté trop de cadavres, mari frustré sexuellement, femme maltraitée, tous des enfants fragiles, orphelins d'une guerre qui les a mis à nu. Si seul, si vide. Mais le Parti est là et son dictateur qui ne croit plus en l'Amour. L'ordre et la paix mais par pitié plus d'amour ! Défoulez-vous sur les "nègres", les "tapettes", les handicapés... NON ! hurle V. Voilà le magicien, l'acteur maudit qui vient rire au nez et à la barbe de tous ceux qui continuent d'avoir peur, tous ceux qui prennent trop au sérieux la grande Illusion, tel un bodhisattva goguenard.
V est le stade ultime de l'Homme, l'Homme libre, l'Homme sans Ego, celui qui est devenu tous les "ils" et toutes les "elles", l'Infini des possibles incarné en bouffon shakespearien.
Pour servir ce propos vertigineux, un dessin aux contours parfois inexistants, comme si les personnages étaient réduits à des taches de couleur, se fondant et se mélangeant aux décors ténébreux qui tentent de les dévorer. Un dessin exigeant, servant pourtant parfaitement le fond de l'histoire, au réalisme prêt à basculer à tout instant dans le conte de fées. Des couleurs pastels qui sont comme les cendres d'un grand brasier prêt à défigurer le ciel nocturne de notre apathie.
Voilà ce qu'est V pour Vendetta : un chemin, une voie parfois drôle, parfois inquiétante. Un formidable appel à la Vie grimé en "simple" bande dessinée. Une oeuvre majeure de la littérature mondiale. Voilà ce que c'est... pour moi ! Ce pourra être tellement d'autres choses... pour toi !
La Licorne se place dans ces séries qui, comme Le Codex angélique, mélangent histoire, fantastique et ésotérisme.
Le tout, bien que d'une envergure qui m'effraie pour la suite, donne quelque chose de vraiment fabuleux !
Le dessin n'est pas innocent à la note attribuée car il est vraiment réussi. Quel plaisir de retrouver les premiers médecins de l'histoire dans une uchronie folle. Ainsi, on retrouve Vésale, Paré et bien d'autres dans des décors d'époque et des paysages très bien rendus. Les expressions sont aussi très bien rendus tout comme les scènes d'action avec un trait plus dynamique. Bref du tout bon! Surtout aux regards des monstres mythologiques à la fois organiques et filandreux, mystiques et magiques, beaux et laids qui donnent à l'histoire un aspect fantastique mais aussi bien réel de par leurs structures anatomiques.
Pour le scénario, il est vraiment complexe et le rendre par écrit de manière précise prendrait une plombe. Néanmoins, il reste une profondeur insondable et un abysse scénaristique tellement le tout est complexe et alambiqué. Mais le pire, c'est que cela ne nuit pas du tout à l'histoire, au contraire, on a envie de savoir, on veut connaître la suite à tout prix !
Bref, une série énorme dont l'attente est insoutenable, mais à la fin du deuxième tome, on craint que le scénariste ne tombe dans une histoire trop complexe et trop grande pour lui... Mais foncez tête baissée sur cette série !
J'ai rarement ressenti une aussi vive émotion à la lecture d'une bd. J'en avais les larmes aux yeux! C'est vrai que le thème abordé ne pouvait pas laisser de marbre le père que je suis. Mais encore faut-il trouver le bon ton et éviter de sombrer dans le mélo. Ici, pour ma part, je trouve qu'on frise la perfection: les sentiments et les rapports humain sont traités avec finesse et justesse, une pointe de fantastique, plus allégorique qu'autre chose, une fin tragique, mais pas catastrophique, et pour finir, une "morale" étincelante, sous forme de petit poème.
Le dessin noir et blanc, "souple", expressif, j'ai envie de dire sensible, soutient parfaitement le propos de l'auteur.
Une oeuvre accomplie, splendide.
"Frère Joyeux" a été pour une moi une excellente surprise. La planche de la galerie a beau être belle, le rendu de la bd l'est incomparablement plus. On y voit le trait fin de Dillies et tous les petits détails qui ressortent comme par enchantement. J'ai passé de longues minutes sur chaque planche, dans un émerveillement total. Les couleurs sont ravissantes et gaies, les tons rouges donnent une sensation de puissance, qui colle parfaitement à la force magique de la besace de Frère Joyeux. Les personnages façon pantins et les diablotins sont sublimes ! Les mots viendraient presque à me manquer. Je n'ose même pas imaginer la beauté des planches, ça doit faire mal aux yeux tant de ravissement !
Ce conte que je ne connaissais pas est peut-être court niveau lecture, mais non moins intéressant. Frère Joyeux est attachant et généreux, mais parfois un poil odieux, et ce petit côté mauvais il va si bien ! De plus, il est malin ce petit personnage au charme coloré, sachant profiter de chaque situation. Il vieillira en quelques planches et là aussi j'ai apprécié, voir défiler une vie complète en quelques minutes, pour un final à la mesure de sa malice.
"3 minutes" a été pour moi un pur moment de communion avec les sentiments amoureux retranscrits par Domas.
Je ne sais pas si je vais réussir à vous expliquer comment Domas a réussi à autant me toucher mais finalement je crois que je n'ai pas besoin de chercher midi à quatorze heures et 3 minutes pour comprendre que la simplicité de la mise en scène des sentiments amoureux est à l'origine de tout ceci.
Bien sûr la littérature classique (l'Education sentimentale et consorts) a mis en scène des milliers de fois les hasards de la vie qui ont conduit l'Amour avec un grand A à se réaliser ou non et on pourrait penser avoir affaire ici à une resucée de romantisme à l'eau de rose, mais pas du tout : Domas a réussi à mettre en images et en couleur (le rouge magnifie ici l'amour) son expérience amoureuse sans aucune équivoque (puisqu'on sait comment ça se finit dès les premières pages). Il nous présente comment 3 minutes anodines de sa vie ont débouché sur la rencontre la plus décisive de sa vie. Mais avant ces 3 minutes, il y en a bien d'autres issues de soirées entre amis, de rendez-vous manqués, d'angoisses existentielles, de bonheurs fugaces et de déprimes totales.
Le dessin de l'auteur est en totale harmonie avec son propos : un trait concis, des visages simplifiés mais sans ambigüité sur les sentiments exprimés, du noir et blanc bousculé par des touches de rouge (quelle trouvaille !) et des métaphores poétiques exprimant le tiraillement des sentiments amoureux font que j'ai apprécié cette histoire comme c'est rarement le cas en bd.
La simplicité et l'humanité des dessins et des propos de Domas ont donné à cette romance une dimension bien plus supérieure qu'une simple histoire d'amour autobiographique.
A lire absolument si vous avez 3 minutes ou plus à consacrer à l'amour :)
Je finis à l'instant la (re)lecture de ce tome et c'est avec beaucoup de plaisir que j'écris ces lignes.
Une qualité de dessin et de narration hors normes, l'origine véritable de nos tortues préférées est racontée dans ces pages.
Cela a vieilli, comme tous les comics de l'époque mais l'âge donne à ces histoires une saveur que l'on ne retrouve plus dans les publications actuelles.
J'en cherche la suite depuis quelques années, en vain.
Pour tout amateur des Tortues Ninja, il s'agit là d'un incontournable.
J'ai lu les quatre premiers tomes.
Le dessin est superbe, stylisé, tons sombres, les personnages ont de vraies "gueules", c'est très illustratif, ça a beaucoup de caractère, et il s'en dégage une très belle atmosphère qui colle bien à l'univers poisseux du Londres Victorien.
Il est rare que je le remarque, mais le travaille typo est ici moyen, le style de graphie est adaptée, mais il manque une certaine constance dans cette graphie qui rend certaines bulles très bancales.
La première enquête qui s'étale sur les deux premiers tomes est vraiment passionnante de bout en bout, elle contient sa dose de mystère, et sa dose de révélations bien fouillées. Les deux seconds tomes sont vraiment passionnant aussi, plus surnaturels, plus ésotériques, mais surprise a la fin du deuxième tome, il y a une précipitation criante dans les évènements, qui démontre un manque de place pour l'auteur pour finir son histoire correctement. Pourquoi ne pas avoir étalé cette histoire sur 3 tomes ? C'est vraiment raté, et vraiment dommage.
Hâte de lire les tomes suivants, en espérant ne pas retomber sur ce bâclage scénaristique final !
Petite histoire animalière destinée aux petits mais qui ravira aussi les plus grands. Histoire muette qui tourne autour d'une partie de football et d'un ballon à qui il arrivera tous les égarements du jeu, perdu, confisqué, accroché aux branches d'un arbre, etc. Tous nos petits joueurs se démèneront pour le récupérer et rassembler autour d'eux le plus de participants possibles. C'est bon enfant et plein de malice, j'ai été enchantée par les péripéties de tout ce petit monde.
Petite historiette donc, qui est surtout un ravissement pour les yeux. Loïc Juannigot a participé aux séries Le Vent dans les Sables et Le Vent dans les Saules et cela se voit instantanément. Même style de personnages, dotés d'une grande expressivité, d'un beau mouvement des corps où chaque petit geste a son importance, le tout avec de magnifiques couleurs directes. J'aurais préféré des planches plus grandes avec un cadrage plus petit pour faire ressortir le dessin encore plus.
Je ne conseillerai toutefois l'achat qu'aux personnes qui ont des enfants et aux autres de prendre le temps de la regarder, car on en ressort le cœur léger et joyeux.
Deux mots suffisent pour qualifier ce chef-d’œuvre de Keno Don Rosa : Un Must !
Cette bande dessinée retrace en douze volumes toute la jeunesse du richissime Balthazar Picsou depuis ses débuts à Glasgow où il gagna son célèbre sou fétiche en tant que cireur de chaussure jusqu'à la colline Killmotor où se dresse son imposant coffre rempli de 30mètres cube d'argent.
Le tout étant raconté et dessiné d'une fort belle manière, on se surprend parfois à avoir les larmes aux yeux tellement l’œuvre est belle ! A posséder absolument.
Parmi tous les nouveaux scénaristes du moment, j'avais déjà repéré un dénommé Alcante pour son excellente série Pandora Box qui n'a pourtant pas pu capter l'intérêt du plus grand nombre de lecteurs malgré son ambition. Je m'étais dis que nous avons là l'un des plus brillants auteurs de sa génération dans le genre fantastique et anticipation.
Avec Jason Brice, il va encore plus loin dans un créneau un peu différent dans le Londres des années 1920. J'ai rarement lu une histoire aussi machiavélique dont la fin est tout simplement surprenante. Le thème principal est celui du destin: c'est écrit ! En deux mots: un jeune détective cartésien enquête sur un mystérieux roman prophétisant la mort d'une jeune femme dont les signes avant-coureur se réalisent. Cet auteur disparu avait déjà écrit un roman nommé Titan sur le naufrage du plus grand paquebot du monde en 1902 soit 10 ans avant la catastrophe maritime que nous connaissons.
Là encore, cette série semble être passée un peu aux oubliettes faute de publicité ou peut-être de bouche à oreille efficace. C'est un peu dommage car la série ne le mérite pas au vu du lot de production réellement passable. Si vous aimez les histoires étranges, celle-ci est faite pour vous. C'est une très bonne bd par son scénario excellent et par un dessin traditionnel précis. Une véritable claque qui peut faire des émules.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
V pour Vendetta
Mon premier contact avec l'Oeuvre de Moore... Sans verser dans le fanatisme décérébré, force est de constater que peu d'auteurs, toute littérature confondue, m'auront autant retourné que ce fils de Northampton. Cette première approche, je la dois au film éponyme, il y a de cela trois ans à présent. Diablement émoustillé par le personnage de V, je décide aussitôt de passer outre mes pauvres a priori esthétiques et viens m'abreuver à la source originelle... Dieu merci ! De quoi parle cette BD (ou roman graphique, on s'en fout...) ? Et bien de tout. De nous-mêmes d'abord. Du monde dans lequel nous vivons et des idéaux que nous faisons brûler dans la nuit, comme des phares inaccessibles. De nous-mêmes surtout. Qui est V ? C'est toi. Enfin, moi. Tout le monde et personne. Qu'est-ce ce que c'est alors ? Une certaine quête de perfection. Un accomplissement. Le stade où il y a plus de réponses que de questions, où les questions SONT les réponses. V est la folie. Latente en chacun de nous. La création infinie qui explose les murs de notre prison. Le monde dictatorial contre lequel se bat V existe déjà maintenant. Il existe en nous. C'est la somme de nos préjugés, de notre peur. Tout ce qui nous limite, nous emprisonne dans des rôles trop bien connus, derrière des masques sordides qui prétendent être nous. D'où la tripotée de personnages (pour la plupart absents du film, simplification oblige) qui, d'une façon ou d'une autre, incarnent les vicissitudes de notre société, théâtre de marionnettes qui se prend trop au sérieux, oublieux que la vie est un jeu. Inspecteur enfermé dans un boulot qui lui a présenté trop de cadavres, mari frustré sexuellement, femme maltraitée, tous des enfants fragiles, orphelins d'une guerre qui les a mis à nu. Si seul, si vide. Mais le Parti est là et son dictateur qui ne croit plus en l'Amour. L'ordre et la paix mais par pitié plus d'amour ! Défoulez-vous sur les "nègres", les "tapettes", les handicapés... NON ! hurle V. Voilà le magicien, l'acteur maudit qui vient rire au nez et à la barbe de tous ceux qui continuent d'avoir peur, tous ceux qui prennent trop au sérieux la grande Illusion, tel un bodhisattva goguenard. V est le stade ultime de l'Homme, l'Homme libre, l'Homme sans Ego, celui qui est devenu tous les "ils" et toutes les "elles", l'Infini des possibles incarné en bouffon shakespearien. Pour servir ce propos vertigineux, un dessin aux contours parfois inexistants, comme si les personnages étaient réduits à des taches de couleur, se fondant et se mélangeant aux décors ténébreux qui tentent de les dévorer. Un dessin exigeant, servant pourtant parfaitement le fond de l'histoire, au réalisme prêt à basculer à tout instant dans le conte de fées. Des couleurs pastels qui sont comme les cendres d'un grand brasier prêt à défigurer le ciel nocturne de notre apathie. Voilà ce qu'est V pour Vendetta : un chemin, une voie parfois drôle, parfois inquiétante. Un formidable appel à la Vie grimé en "simple" bande dessinée. Une oeuvre majeure de la littérature mondiale. Voilà ce que c'est... pour moi ! Ce pourra être tellement d'autres choses... pour toi !
La Licorne
La Licorne se place dans ces séries qui, comme Le Codex angélique, mélangent histoire, fantastique et ésotérisme. Le tout, bien que d'une envergure qui m'effraie pour la suite, donne quelque chose de vraiment fabuleux ! Le dessin n'est pas innocent à la note attribuée car il est vraiment réussi. Quel plaisir de retrouver les premiers médecins de l'histoire dans une uchronie folle. Ainsi, on retrouve Vésale, Paré et bien d'autres dans des décors d'époque et des paysages très bien rendus. Les expressions sont aussi très bien rendus tout comme les scènes d'action avec un trait plus dynamique. Bref du tout bon! Surtout aux regards des monstres mythologiques à la fois organiques et filandreux, mystiques et magiques, beaux et laids qui donnent à l'histoire un aspect fantastique mais aussi bien réel de par leurs structures anatomiques. Pour le scénario, il est vraiment complexe et le rendre par écrit de manière précise prendrait une plombe. Néanmoins, il reste une profondeur insondable et un abysse scénaristique tellement le tout est complexe et alambiqué. Mais le pire, c'est que cela ne nuit pas du tout à l'histoire, au contraire, on a envie de savoir, on veut connaître la suite à tout prix ! Bref, une série énorme dont l'attente est insoutenable, mais à la fin du deuxième tome, on craint que le scénariste ne tombe dans une histoire trop complexe et trop grande pour lui... Mais foncez tête baissée sur cette série !
Trois ombres
J'ai rarement ressenti une aussi vive émotion à la lecture d'une bd. J'en avais les larmes aux yeux! C'est vrai que le thème abordé ne pouvait pas laisser de marbre le père que je suis. Mais encore faut-il trouver le bon ton et éviter de sombrer dans le mélo. Ici, pour ma part, je trouve qu'on frise la perfection: les sentiments et les rapports humain sont traités avec finesse et justesse, une pointe de fantastique, plus allégorique qu'autre chose, une fin tragique, mais pas catastrophique, et pour finir, une "morale" étincelante, sous forme de petit poème. Le dessin noir et blanc, "souple", expressif, j'ai envie de dire sensible, soutient parfaitement le propos de l'auteur. Une oeuvre accomplie, splendide.
Frère Joyeux
"Frère Joyeux" a été pour une moi une excellente surprise. La planche de la galerie a beau être belle, le rendu de la bd l'est incomparablement plus. On y voit le trait fin de Dillies et tous les petits détails qui ressortent comme par enchantement. J'ai passé de longues minutes sur chaque planche, dans un émerveillement total. Les couleurs sont ravissantes et gaies, les tons rouges donnent une sensation de puissance, qui colle parfaitement à la force magique de la besace de Frère Joyeux. Les personnages façon pantins et les diablotins sont sublimes ! Les mots viendraient presque à me manquer. Je n'ose même pas imaginer la beauté des planches, ça doit faire mal aux yeux tant de ravissement ! Ce conte que je ne connaissais pas est peut-être court niveau lecture, mais non moins intéressant. Frère Joyeux est attachant et généreux, mais parfois un poil odieux, et ce petit côté mauvais il va si bien ! De plus, il est malin ce petit personnage au charme coloré, sachant profiter de chaque situation. Il vieillira en quelques planches et là aussi j'ai apprécié, voir défiler une vie complète en quelques minutes, pour un final à la mesure de sa malice.
3 minutes
"3 minutes" a été pour moi un pur moment de communion avec les sentiments amoureux retranscrits par Domas. Je ne sais pas si je vais réussir à vous expliquer comment Domas a réussi à autant me toucher mais finalement je crois que je n'ai pas besoin de chercher midi à quatorze heures et 3 minutes pour comprendre que la simplicité de la mise en scène des sentiments amoureux est à l'origine de tout ceci. Bien sûr la littérature classique (l'Education sentimentale et consorts) a mis en scène des milliers de fois les hasards de la vie qui ont conduit l'Amour avec un grand A à se réaliser ou non et on pourrait penser avoir affaire ici à une resucée de romantisme à l'eau de rose, mais pas du tout : Domas a réussi à mettre en images et en couleur (le rouge magnifie ici l'amour) son expérience amoureuse sans aucune équivoque (puisqu'on sait comment ça se finit dès les premières pages). Il nous présente comment 3 minutes anodines de sa vie ont débouché sur la rencontre la plus décisive de sa vie. Mais avant ces 3 minutes, il y en a bien d'autres issues de soirées entre amis, de rendez-vous manqués, d'angoisses existentielles, de bonheurs fugaces et de déprimes totales. Le dessin de l'auteur est en totale harmonie avec son propos : un trait concis, des visages simplifiés mais sans ambigüité sur les sentiments exprimés, du noir et blanc bousculé par des touches de rouge (quelle trouvaille !) et des métaphores poétiques exprimant le tiraillement des sentiments amoureux font que j'ai apprécié cette histoire comme c'est rarement le cas en bd. La simplicité et l'humanité des dessins et des propos de Domas ont donné à cette romance une dimension bien plus supérieure qu'une simple histoire d'amour autobiographique. A lire absolument si vous avez 3 minutes ou plus à consacrer à l'amour :)
Teenage Mutant Ninja Turtles Classics (Les Tortues Ninja)
Je finis à l'instant la (re)lecture de ce tome et c'est avec beaucoup de plaisir que j'écris ces lignes. Une qualité de dessin et de narration hors normes, l'origine véritable de nos tortues préférées est racontée dans ces pages. Cela a vieilli, comme tous les comics de l'époque mais l'âge donne à ces histoires une saveur que l'on ne retrouve plus dans les publications actuelles. J'en cherche la suite depuis quelques années, en vain. Pour tout amateur des Tortues Ninja, il s'agit là d'un incontournable.
Fog
J'ai lu les quatre premiers tomes. Le dessin est superbe, stylisé, tons sombres, les personnages ont de vraies "gueules", c'est très illustratif, ça a beaucoup de caractère, et il s'en dégage une très belle atmosphère qui colle bien à l'univers poisseux du Londres Victorien. Il est rare que je le remarque, mais le travaille typo est ici moyen, le style de graphie est adaptée, mais il manque une certaine constance dans cette graphie qui rend certaines bulles très bancales. La première enquête qui s'étale sur les deux premiers tomes est vraiment passionnante de bout en bout, elle contient sa dose de mystère, et sa dose de révélations bien fouillées. Les deux seconds tomes sont vraiment passionnant aussi, plus surnaturels, plus ésotériques, mais surprise a la fin du deuxième tome, il y a une précipitation criante dans les évènements, qui démontre un manque de place pour l'auteur pour finir son histoire correctement. Pourquoi ne pas avoir étalé cette histoire sur 3 tomes ? C'est vraiment raté, et vraiment dommage. Hâte de lire les tomes suivants, en espérant ne pas retomber sur ce bâclage scénaristique final !
Château Chat
Petite histoire animalière destinée aux petits mais qui ravira aussi les plus grands. Histoire muette qui tourne autour d'une partie de football et d'un ballon à qui il arrivera tous les égarements du jeu, perdu, confisqué, accroché aux branches d'un arbre, etc. Tous nos petits joueurs se démèneront pour le récupérer et rassembler autour d'eux le plus de participants possibles. C'est bon enfant et plein de malice, j'ai été enchantée par les péripéties de tout ce petit monde. Petite historiette donc, qui est surtout un ravissement pour les yeux. Loïc Juannigot a participé aux séries Le Vent dans les Sables et Le Vent dans les Saules et cela se voit instantanément. Même style de personnages, dotés d'une grande expressivité, d'un beau mouvement des corps où chaque petit geste a son importance, le tout avec de magnifiques couleurs directes. J'aurais préféré des planches plus grandes avec un cadrage plus petit pour faire ressortir le dessin encore plus. Je ne conseillerai toutefois l'achat qu'aux personnes qui ont des enfants et aux autres de prendre le temps de la regarder, car on en ressort le cœur léger et joyeux.
La Grande Histoire de Picsou (La Grande Epopée de/La Jeunesse de Picsou)
Deux mots suffisent pour qualifier ce chef-d’œuvre de Keno Don Rosa : Un Must ! Cette bande dessinée retrace en douze volumes toute la jeunesse du richissime Balthazar Picsou depuis ses débuts à Glasgow où il gagna son célèbre sou fétiche en tant que cireur de chaussure jusqu'à la colline Killmotor où se dresse son imposant coffre rempli de 30mètres cube d'argent. Le tout étant raconté et dessiné d'une fort belle manière, on se surprend parfois à avoir les larmes aux yeux tellement l’œuvre est belle ! A posséder absolument.
Jason Brice
Parmi tous les nouveaux scénaristes du moment, j'avais déjà repéré un dénommé Alcante pour son excellente série Pandora Box qui n'a pourtant pas pu capter l'intérêt du plus grand nombre de lecteurs malgré son ambition. Je m'étais dis que nous avons là l'un des plus brillants auteurs de sa génération dans le genre fantastique et anticipation. Avec Jason Brice, il va encore plus loin dans un créneau un peu différent dans le Londres des années 1920. J'ai rarement lu une histoire aussi machiavélique dont la fin est tout simplement surprenante. Le thème principal est celui du destin: c'est écrit ! En deux mots: un jeune détective cartésien enquête sur un mystérieux roman prophétisant la mort d'une jeune femme dont les signes avant-coureur se réalisent. Cet auteur disparu avait déjà écrit un roman nommé Titan sur le naufrage du plus grand paquebot du monde en 1902 soit 10 ans avant la catastrophe maritime que nous connaissons. Là encore, cette série semble être passée un peu aux oubliettes faute de publicité ou peut-être de bouche à oreille efficace. C'est un peu dommage car la série ne le mérite pas au vu du lot de production réellement passable. Si vous aimez les histoires étranges, celle-ci est faite pour vous. C'est une très bonne bd par son scénario excellent et par un dessin traditionnel précis. Une véritable claque qui peut faire des émules.