Excellente surprise que ce Topless. En l’achetant, je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre, mais le ton badin employé par ce pianiste de boîte de striptease m’avait directement conquis. Après lecture, je ne peux que confirmer : ce ton est le principal atout de l’album. En effet, le suspense n’est certainement pas son point fort, et son final, très prévisible, avait dès la première lecture un goût de déjà-vu.
En fait, Topless est un polar au scénario très classique, dont le charme réside avant tout dans la narration à la première personne de son personnage principal, original et désabusé, et dans le graphisme élégant, spontané et audacieux d’Olivier Balez. L’adéquation entre ces deux paramètres provoque une alchimie convaincante et envoutante. Le choix des couleurs est également important dans la réussite de l’œuvre. Olivier Balez n’hésite pas à utiliser des teintes flashantes lorsque le personnage principal part dans un délire, pour retrouver directement les teintes les plus sombres dès que l’ambiance de polar reprend le dessus. L’alternance est très réussie et illumine l’album.
Certes, on peut regretter que l’opus se lise si vite (en fait, il se dévore), mais, avec de tels atouts (graphisme et narration) une relecture reste intéressante.
A découvrir.
Je connais cette équipe de super-héros grâce au dessin animé. Comme j'avais adoré, je voulais savoir comme c'était en comic. Je ne suis pas déçu. Les histoires sont très palpitantes et remplies de bonnes idées. Mais ce qui fait la force de cette série, ce sont les personnages.
Chacun a une personnalité fort bien définie et Marv Wolfman joue très bien avec leurs différentes visions des choses. Il y a beaucoup de chocs de personnalité et c'est magnifiquement montré et développé. C'est aussi réussi que le dessin animé voire même mieux. C'est d'ailleurs un peu dommage que j'ai vu le dessin animé car ça enlève un peu de suspense sur certaines choses (les origines de Raven par exemple), mais ça ne gâche pas du tout ma lecture car Wolfman a beaucoup de talent pour captiver les lecteurs.
Pour ce qui est du dessin de George Perez, je le trouve beau, mais parfois il manque un peu de dynamisme.
Sympa le travail de Christophe Pernoud.
Après La Métaphore du Papillon et Kim, voici un nouveau thriller scientifique assez sympathique. Cette fois-ci c'est l'histoire d'une jeune femme qui a fait l'objet d'étranges expériences qu'il nous invite à suivre, à travers une cavale diabolique où se télescopent pêle-mêle militaires bornés, scientifiques un rien naïfs, tueurs froids et campeurs français amateurs de pétards en pleine nature... Un mix relativement classique, mais qui a le mérite d'assez bien fonctionner. Pernoud nous conte un récit avec plusieurs trames parallèles et imbriquées, et s'en sort plutôt bien. Le côté scientifique de l'histoire est bien géré, il pourrait même inciter le lecteur à vouloir en savoir plus, même si je trouve que cela manque un peu d'explications. Les personnages font un peu cliché, mais ils ne sont pas plus mal gérés que dans de nombreux thrillers américains de bonne facture. Ca se lit très bien, c'est vraiment agréable, d'autant plus que le dessin du débutant Brice Mallié, alias Eillam, est clair et bien coloré dans un style réaliste. Par contre il y a encore un manque de maturité, quand on voit des troncs un peu courts ou des encrages approximatifs.
En résumé, un thriller pas révolutionnaire mais solide, bien mené et agréable à lire et à regarder. Autre avantage ? Celui de suivre dans un même album un peu plus petit, un premier cycle complet, et à prix attractif (17,90€). Pourquoi s'en priver ?
Cette nouvelle série n'est pas inintéressante. Fortement influencée par la mythologie nordique, elle présente un univers parallèle assez attrayant. Roi déchu, Hemdal (dont le presque homonyme Heimdal garde le Bifrost, le pont reliant Asgard, domaine des dieux, et Mitgard, terre des Hommes) est contraint de revenir dans son ancien royaume pour sauver sa fille, semi-humaine et affronter ses fils. Parmi lesquels Loh-kee, forcément inspiré par Loki, fils de Zeus, figure mythologique du félon, du traître. Le personnage ici développé correspond bien à l'archétype, bien que le scénariste lui ait donné des caractéristiques alternatives.
Ici celui qui joue le rôle de passeur entre les mondes est Passeur, une femme énigmatique dont la genèse est racontée dans la seconde partie. Je pense qu'on pourrait pousser plus loin l'analyse de texte en regard de cette mythologie nordique, mais n'étant pas un spécialiste, je m'en abstiendrai (et puis ça serait peut-être très chiant).
Le récit est assez difficile à suivre. D'une part du fait de complexité, d'autre part à cause d'une certaine confusion dans la narration. J'avoue avoir été quelque peu noyé vers la fin du second tome.
Jean-Philippe Baradat est un autodidacte du dessin. Il a affiné son style pendant des années et sa première BD montre une quasi maturité graphique. Ses personnages sont assez justes, il y a une ambiance certaine dans ces deux tomes, une marque du dessinateur je pense. J'avais été agréablement surpris par ses premières planches, mais la suite a confirmé cette première impression.
En définitive "Hellheim" est une série très prometteuse, avec un univers à la fois original et marqué par la mythologie nordique, et qui bénéficie d'un graphisme envoûtant par moments. Espérons qu'une éventuelle suite sera moins confuse, confusion qui explique ma note finale de 3,5.
Merveilleux.
Je viens de terminer la lecture des 2 premiers tomes de Letter Bee.
Verdict : Sublime !
Le graphisme est magnifique. Très coloré. Je dirais même "sucré". ^^
Les personnages sont très attachants et l'univers est très original.
On a l'impression d'être plongé dans un rêve de douceur empli d'étoiles et de mystère.
On ressentirait presque ce vent imprégné de poussière de lumière sur notre peau, et la nuit infinie nous enveloppant de son voile ténébreux.
Bref, je suis absolument sous le charme.
Je conseille cette série à tout le monde.
Pour ma part j'attends le tome trois avec la plus grande impatience. ^^
La BD la plus minimale que j'ai eu l'occasion de lire.
Il s'agit là de "30 façons de ne pas franchir un ravin". Pour ce qui est de donner dans le concept, Trondheim est maître depuis des années déjà, il réussit là encore, à se renouveler. À lire sans trop réfléchir, calmement, et doucement.
Chaque page se découpe en 60 cases ridiculement petites (6x10), et on y retrouve un côté "dessin animé" : les cases pourraient se succéder à l'écran pour former des séquences de quelques secondes.
Malheureusement, le scénario ne va pas souvent assez loin, et les mésaventures de notre sympathique Mister O sont parfois si banales qu'on espère de tout cœur que la page suivante saura plus nous amuser.
Finalement le comique de répétition marche plutôt pas mal, et la fin arrive, nous laissant bêtement amusés, et nous faisant penser que l'auteur mérite quelque part ses nombreux titres.
Cocktail d'humour, de philosophie, et de poésie, cette bande dessinée ravira tout le monde, y compris les moins fans de tout ce qu'on appelle "la nouvelle bande dessinée".
Les couleurs sont bonnes (Brigitte Findakly), et Joann Sfar, dans cette œuvre, est tel qu'on le connait, les dessins parlent d'eux-mêmes, et le découpage régulier (2x3=6 cases par page) se prête parfaitement aux aventures de ce chat tantôt bavard, tantôt muet.
Le premier tome se suffit à lui même, mais la série est bonne dans sa globalité, le 5ème tome n'est plus de 46 pages mais de 80, et vu l'histoire qui y est comptée, c'est tout à fait légitime.
Cette histoire est un vrai régal pour nos sens !
La meilleur BD de Sfar.
Je ne vois pas comment il pourrait mieux faire !
Cette œuvre est de toute beauté, à la fin de chaque volume, j'ai eu les larmes au yeux.
Marco, le personnage principal, est attachant à en mourir, le scénario est découpé "juste comme il faut", les dialogues sont à s'en arracher le cœur tant ils sont bien ciselés, et l'histoire, ... le fond, ... d'une vérité hélas tragique qui nous affecte tous aujourd'hui. Un chantier qui ferme, des ouvrier dégoutés, un jeune qui n'arrive pas à changer le monde, un couple qui vit des hauts et des bas, un fils en deuil, une maladie, un psy, une gamine et des gros pétards. De quoi remuer tous vos neurones un bon coup, soyez en sûrs !
Attention, par contre : j'ai 20 ans. Je pense que c'est à cette âge là que l'on peut le plus apprécier certaines facettes de ce récit : entre frustration et appréhension, je suis en train de quitter le tremplin qui est censé me faire découvrir la vie, la vraie. Le monde, le vrai. Cette BD est le reflet de toutes mes angoisses.
Je ne sais pas si à 40 ans, en lisant cette série, on ne va pas se dire "oui ... bon ... il raconte juste notre vie à tous quoi ..."
Mais croyez moi, à moins d'être un "frustré de la vie", cette BD vous donnera envie de vous mettre tout nu, de sauter sur votre lit, et de partir en courant dans la rue !!
Les dessins sont géniaux (en plein dans "la nouvelle bande dessinée"), les couleurs sont nickels.
Une BD à lire, à acheter, à offrir, puis à relire, et à adorer !
Tiens, voilà une BD qui risque de passer inaperçue et qui pourtant ne le mérite pas...
Nous voilà sur les pas de rêveurs, qui vivent des histoires extraordinaires dans leurs rêves... L'ensemble est très sympathique, à la fois débridé et maîtrisé, on est dans un univers qui vaut vraiment le coup d'oeil, la lecture...
D'autant plus que le dessin de Randall.C est très "nouvelle BD", un style propre à mettre en images à peu près tout, sans s'embarrasser de réalisme. Bon choix de sujet donc.
Coup de coeur, note finale : 3,5/5.
Ah la la la la, quel plaisir pour moi de retrouver le trait de Derib après Buddy Longway ! D'autant plus que la fin de cette série culte m'avait quand même fait franchement mal au cœur, surtout le tome 18 "La balle perdue", mais passons… Avec "Celui qui est né deux fois", c'est une deuxième chance de rêver, de voyager, de s'attacher à des personnages forts, et à nouveau d'avoir un gros pincement au cœur :'(.
Derib est, à mon sens, LE dessinateur / scénariste des indiens d'Amérique du Nord. Cette manière de rendre hommage à la nature, aux grands espaces et à la culture "peau-rouge" toute en harmonie avec la terre mère est une vraie leçon de vie. Les couleurs, même plus de 20 ans plus tard, n'ont pas vieilli d'un poil, elles sont magnifiques, quelle que soit la saison. La composition des planches, recherchée, hyper moderne pour l'époque et encore aujourd'hui, est un régal pour les yeux. Les vieux indiens à la peau tannée et ridée sont beaux, tout simplement.
"Celui qui est né deux fois" c'est l'histoire, de sa naissance à sa mort, d'un peau-rouge au destin hors du commun, et qui aura, à son grand désarroi, la vision de l'extermination des siens par les visages pâles. Plus au cœur de la vie quotidienne des indiens que Buddy Longway, ce triptyque nous fait (re)découvrir les traditions et le mode de vie de ce peuple malheureusement décimé aujourd'hui.
Derib nous raconte à chaque fois une histoire simple et sans prétention mais qui nous fait rêver et voyager, qui nous interpelle sur notre relation aux autres et à la nature, qui pointe du doigt les injustices faites à ces femmes et ces hommes qui auraient mérité au contraire admiration et respect. L'émotion est également toujours au rendez-vous et même si l'on sait d'avance le sort fait aux indiens d'Amérique, on ne peut s'empêcher d'espérer que l'histoire prenne une autre tournure, Derib est cruel ! … Mais réaliste.
Si à l'époque, les fusils et l'appât du gain et de l'or n'avaient pas eu le dessus, le monde d'aujourd'hui ne serait peut-être pas en si piteux état. Entre Buddy Longway, Yakari , "Celui qui est né deux fois" et Red Road (qu'il faut que je lise aussi un de ces quatre puisque je viens de découvrir qu'il s'agit de la suite de la présente série), Derib a su toucher un large public pour faire passer son message. Moi je suis complètement et définitivement fan.
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Topless
Excellente surprise que ce Topless. En l’achetant, je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre, mais le ton badin employé par ce pianiste de boîte de striptease m’avait directement conquis. Après lecture, je ne peux que confirmer : ce ton est le principal atout de l’album. En effet, le suspense n’est certainement pas son point fort, et son final, très prévisible, avait dès la première lecture un goût de déjà-vu. En fait, Topless est un polar au scénario très classique, dont le charme réside avant tout dans la narration à la première personne de son personnage principal, original et désabusé, et dans le graphisme élégant, spontané et audacieux d’Olivier Balez. L’adéquation entre ces deux paramètres provoque une alchimie convaincante et envoutante. Le choix des couleurs est également important dans la réussite de l’œuvre. Olivier Balez n’hésite pas à utiliser des teintes flashantes lorsque le personnage principal part dans un délire, pour retrouver directement les teintes les plus sombres dès que l’ambiance de polar reprend le dessus. L’alternance est très réussie et illumine l’album. Certes, on peut regretter que l’opus se lise si vite (en fait, il se dévore), mais, avec de tels atouts (graphisme et narration) une relecture reste intéressante. A découvrir.
The New Teen Titans (Teen Titans)
Je connais cette équipe de super-héros grâce au dessin animé. Comme j'avais adoré, je voulais savoir comme c'était en comic. Je ne suis pas déçu. Les histoires sont très palpitantes et remplies de bonnes idées. Mais ce qui fait la force de cette série, ce sont les personnages. Chacun a une personnalité fort bien définie et Marv Wolfman joue très bien avec leurs différentes visions des choses. Il y a beaucoup de chocs de personnalité et c'est magnifiquement montré et développé. C'est aussi réussi que le dessin animé voire même mieux. C'est d'ailleurs un peu dommage que j'ai vu le dessin animé car ça enlève un peu de suspense sur certaines choses (les origines de Raven par exemple), mais ça ne gâche pas du tout ma lecture car Wolfman a beaucoup de talent pour captiver les lecteurs. Pour ce qui est du dessin de George Perez, je le trouve beau, mais parfois il manque un peu de dynamisme.
American Trip
Sympa le travail de Christophe Pernoud. Après La Métaphore du Papillon et Kim, voici un nouveau thriller scientifique assez sympathique. Cette fois-ci c'est l'histoire d'une jeune femme qui a fait l'objet d'étranges expériences qu'il nous invite à suivre, à travers une cavale diabolique où se télescopent pêle-mêle militaires bornés, scientifiques un rien naïfs, tueurs froids et campeurs français amateurs de pétards en pleine nature... Un mix relativement classique, mais qui a le mérite d'assez bien fonctionner. Pernoud nous conte un récit avec plusieurs trames parallèles et imbriquées, et s'en sort plutôt bien. Le côté scientifique de l'histoire est bien géré, il pourrait même inciter le lecteur à vouloir en savoir plus, même si je trouve que cela manque un peu d'explications. Les personnages font un peu cliché, mais ils ne sont pas plus mal gérés que dans de nombreux thrillers américains de bonne facture. Ca se lit très bien, c'est vraiment agréable, d'autant plus que le dessin du débutant Brice Mallié, alias Eillam, est clair et bien coloré dans un style réaliste. Par contre il y a encore un manque de maturité, quand on voit des troncs un peu courts ou des encrages approximatifs. En résumé, un thriller pas révolutionnaire mais solide, bien mené et agréable à lire et à regarder. Autre avantage ? Celui de suivre dans un même album un peu plus petit, un premier cycle complet, et à prix attractif (17,90€). Pourquoi s'en priver ?
Hellheim
Cette nouvelle série n'est pas inintéressante. Fortement influencée par la mythologie nordique, elle présente un univers parallèle assez attrayant. Roi déchu, Hemdal (dont le presque homonyme Heimdal garde le Bifrost, le pont reliant Asgard, domaine des dieux, et Mitgard, terre des Hommes) est contraint de revenir dans son ancien royaume pour sauver sa fille, semi-humaine et affronter ses fils. Parmi lesquels Loh-kee, forcément inspiré par Loki, fils de Zeus, figure mythologique du félon, du traître. Le personnage ici développé correspond bien à l'archétype, bien que le scénariste lui ait donné des caractéristiques alternatives. Ici celui qui joue le rôle de passeur entre les mondes est Passeur, une femme énigmatique dont la genèse est racontée dans la seconde partie. Je pense qu'on pourrait pousser plus loin l'analyse de texte en regard de cette mythologie nordique, mais n'étant pas un spécialiste, je m'en abstiendrai (et puis ça serait peut-être très chiant). Le récit est assez difficile à suivre. D'une part du fait de complexité, d'autre part à cause d'une certaine confusion dans la narration. J'avoue avoir été quelque peu noyé vers la fin du second tome. Jean-Philippe Baradat est un autodidacte du dessin. Il a affiné son style pendant des années et sa première BD montre une quasi maturité graphique. Ses personnages sont assez justes, il y a une ambiance certaine dans ces deux tomes, une marque du dessinateur je pense. J'avais été agréablement surpris par ses premières planches, mais la suite a confirmé cette première impression. En définitive "Hellheim" est une série très prometteuse, avec un univers à la fois original et marqué par la mythologie nordique, et qui bénéficie d'un graphisme envoûtant par moments. Espérons qu'une éventuelle suite sera moins confuse, confusion qui explique ma note finale de 3,5.
Letter Bee
Merveilleux. Je viens de terminer la lecture des 2 premiers tomes de Letter Bee. Verdict : Sublime ! Le graphisme est magnifique. Très coloré. Je dirais même "sucré". ^^ Les personnages sont très attachants et l'univers est très original. On a l'impression d'être plongé dans un rêve de douceur empli d'étoiles et de mystère. On ressentirait presque ce vent imprégné de poussière de lumière sur notre peau, et la nuit infinie nous enveloppant de son voile ténébreux. Bref, je suis absolument sous le charme. Je conseille cette série à tout le monde. Pour ma part j'attends le tome trois avec la plus grande impatience. ^^
Mister O
La BD la plus minimale que j'ai eu l'occasion de lire. Il s'agit là de "30 façons de ne pas franchir un ravin". Pour ce qui est de donner dans le concept, Trondheim est maître depuis des années déjà, il réussit là encore, à se renouveler. À lire sans trop réfléchir, calmement, et doucement. Chaque page se découpe en 60 cases ridiculement petites (6x10), et on y retrouve un côté "dessin animé" : les cases pourraient se succéder à l'écran pour former des séquences de quelques secondes. Malheureusement, le scénario ne va pas souvent assez loin, et les mésaventures de notre sympathique Mister O sont parfois si banales qu'on espère de tout cœur que la page suivante saura plus nous amuser. Finalement le comique de répétition marche plutôt pas mal, et la fin arrive, nous laissant bêtement amusés, et nous faisant penser que l'auteur mérite quelque part ses nombreux titres.
Le Chat du Rabbin
Cocktail d'humour, de philosophie, et de poésie, cette bande dessinée ravira tout le monde, y compris les moins fans de tout ce qu'on appelle "la nouvelle bande dessinée". Les couleurs sont bonnes (Brigitte Findakly), et Joann Sfar, dans cette œuvre, est tel qu'on le connait, les dessins parlent d'eux-mêmes, et le découpage régulier (2x3=6 cases par page) se prête parfaitement aux aventures de ce chat tantôt bavard, tantôt muet. Le premier tome se suffit à lui même, mais la série est bonne dans sa globalité, le 5ème tome n'est plus de 46 pages mais de 80, et vu l'histoire qui y est comptée, c'est tout à fait légitime. Cette histoire est un vrai régal pour nos sens ! La meilleur BD de Sfar. Je ne vois pas comment il pourrait mieux faire !
Le Combat ordinaire
Cette œuvre est de toute beauté, à la fin de chaque volume, j'ai eu les larmes au yeux. Marco, le personnage principal, est attachant à en mourir, le scénario est découpé "juste comme il faut", les dialogues sont à s'en arracher le cœur tant ils sont bien ciselés, et l'histoire, ... le fond, ... d'une vérité hélas tragique qui nous affecte tous aujourd'hui. Un chantier qui ferme, des ouvrier dégoutés, un jeune qui n'arrive pas à changer le monde, un couple qui vit des hauts et des bas, un fils en deuil, une maladie, un psy, une gamine et des gros pétards. De quoi remuer tous vos neurones un bon coup, soyez en sûrs ! Attention, par contre : j'ai 20 ans. Je pense que c'est à cette âge là que l'on peut le plus apprécier certaines facettes de ce récit : entre frustration et appréhension, je suis en train de quitter le tremplin qui est censé me faire découvrir la vie, la vraie. Le monde, le vrai. Cette BD est le reflet de toutes mes angoisses. Je ne sais pas si à 40 ans, en lisant cette série, on ne va pas se dire "oui ... bon ... il raconte juste notre vie à tous quoi ..." Mais croyez moi, à moins d'être un "frustré de la vie", cette BD vous donnera envie de vous mettre tout nu, de sauter sur votre lit, et de partir en courant dans la rue !! Les dessins sont géniaux (en plein dans "la nouvelle bande dessinée"), les couleurs sont nickels. Une BD à lire, à acheter, à offrir, puis à relire, et à adorer !
Les Somnambules
Tiens, voilà une BD qui risque de passer inaperçue et qui pourtant ne le mérite pas... Nous voilà sur les pas de rêveurs, qui vivent des histoires extraordinaires dans leurs rêves... L'ensemble est très sympathique, à la fois débridé et maîtrisé, on est dans un univers qui vaut vraiment le coup d'oeil, la lecture... D'autant plus que le dessin de Randall.C est très "nouvelle BD", un style propre à mettre en images à peu près tout, sans s'embarrasser de réalisme. Bon choix de sujet donc. Coup de coeur, note finale : 3,5/5.
Celui qui est né deux fois
Ah la la la la, quel plaisir pour moi de retrouver le trait de Derib après Buddy Longway ! D'autant plus que la fin de cette série culte m'avait quand même fait franchement mal au cœur, surtout le tome 18 "La balle perdue", mais passons… Avec "Celui qui est né deux fois", c'est une deuxième chance de rêver, de voyager, de s'attacher à des personnages forts, et à nouveau d'avoir un gros pincement au cœur :'(. Derib est, à mon sens, LE dessinateur / scénariste des indiens d'Amérique du Nord. Cette manière de rendre hommage à la nature, aux grands espaces et à la culture "peau-rouge" toute en harmonie avec la terre mère est une vraie leçon de vie. Les couleurs, même plus de 20 ans plus tard, n'ont pas vieilli d'un poil, elles sont magnifiques, quelle que soit la saison. La composition des planches, recherchée, hyper moderne pour l'époque et encore aujourd'hui, est un régal pour les yeux. Les vieux indiens à la peau tannée et ridée sont beaux, tout simplement. "Celui qui est né deux fois" c'est l'histoire, de sa naissance à sa mort, d'un peau-rouge au destin hors du commun, et qui aura, à son grand désarroi, la vision de l'extermination des siens par les visages pâles. Plus au cœur de la vie quotidienne des indiens que Buddy Longway, ce triptyque nous fait (re)découvrir les traditions et le mode de vie de ce peuple malheureusement décimé aujourd'hui. Derib nous raconte à chaque fois une histoire simple et sans prétention mais qui nous fait rêver et voyager, qui nous interpelle sur notre relation aux autres et à la nature, qui pointe du doigt les injustices faites à ces femmes et ces hommes qui auraient mérité au contraire admiration et respect. L'émotion est également toujours au rendez-vous et même si l'on sait d'avance le sort fait aux indiens d'Amérique, on ne peut s'empêcher d'espérer que l'histoire prenne une autre tournure, Derib est cruel ! … Mais réaliste. Si à l'époque, les fusils et l'appât du gain et de l'or n'avaient pas eu le dessus, le monde d'aujourd'hui ne serait peut-être pas en si piteux état. Entre Buddy Longway, Yakari , "Celui qui est né deux fois" et Red Road (qu'il faut que je lise aussi un de ces quatre puisque je viens de découvrir qu'il s'agit de la suite de la présente série), Derib a su toucher un large public pour faire passer son message. Moi je suis complètement et définitivement fan.