Les derniers avis (9256 avis)

Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Undercurrent
Undercurrent

La qualité première et principale de ce titre est son réalisme. C'est vraiment ce qui m'a frappé tout au long de ma lecture. Pas un instant je n'ai trouvé une situation illogique, saugrenue, étrange, décalée. On est dans du réalisme pur, un roman graphique d'excellente facture. Oh bien sûr, il y a quelques moments de comédie un peu burlesque, notamment avec le vieux milicien et le détective, mais cela permet seulement des moments de respiration dans l'atmosphère languide dans laquelle baigne l'histoire. On est dans un huis clos la plupart du temps, mais curieusement on ne se sent jamais à l'étroit dans ces bains, où cette jeune épouse traîne son malaise, la perte de l'être cher. Une perte inexpliquée, puisqu'il s'agit tout simplement d'une disparition. Les personnages sont bien écrits, bien exploités, et les situations, comme je l'ai déjà dit, sont bien amenées. Le seul reproche que je pourrais faire au dessin de Toyoda c'est que les trois personnages principaux (hommes et femme) se ressemblent un peu trop... Mais à part ça, c'est très maîtrisé, dans un style réaliste. Le récit ménage des moments de silence, de captation du temps qui passe, des moments où la douleur de Kanae est palpable, dans ses yeux, dans son attitude, dans les objets qu'elle regarde. Vraiment c'est une référence du genre, à lire bien évidemment. Le manga fait 300 pages, mais on les dévore sans peine.

24/09/2008 (modifier)
Couverture de la série La Licorne
La Licorne

Lue dans la foulée de Deus (après l’homme nouveau, l’homme primordial…), cette série part sur des bases plus réalistes mais paradoxalement, elle est plus audacieuse. En effet, Mathieu Gabella -dont je découvre le travail avec La Licorne- n’hésite pas à faire coexister l’histoire de la médecine au XVIième siècle, la célèbre série de tapisseries de la Dame à la Licorne et les chimères de la mythologie, dans un scénario gonflé mais plutôt cohérent et franchement séduisant. Cette démarche, l’auteur s’en explique en fin d’album dans un sympathique bonus qui nous permet aussi de connaître le point de vue du dessinateur. Bonus qui nous livre également quelques détails biographiques de certains des illustres personnages mis en scène. Heureuse initiative ! Venons-en à l’histoire : Ambroise Paré, chirurgien qui s’illustrera par ses conceptions novatrices se retrouve embarqué dans une aventure mouvementée et fertile en découvertes, au côté de Nostradamus, d’Andrea Vésale (que je ne connaissais pas) de Paracelse, et d’autres encore dans un combat les opposant –pour faire simple !- à l’Eglise . Le scénario est complexe, Gabella mettant à profit sa connaissance poussée de l’histoire de la médecine, et je trouve originale l’idée d’y introduire la Dame à la licorne, même si pour le moment son symbolisme n’est pas ou peu exploité. Il est complexe, mais reste néanmoins compréhensible, les dialogues (très vivants) amenant progressivement les divers éléments de l’intrigue. J’ai beaucoup aimé ce mélange de réalisme historique et de fantastique débridé. En outre, les personnages -Ambroise Paré en tête- sont rendus très vivants par le soin apporté aux dialogues, pleins d’humour, et au dessin de leur visage. Le dessin justement, je le trouve somptueux. Les paysages sont magnifiques, les décors urbains d’une grande finesse, les cadrages toujours judicieux, et la mise en couleurs est de grande classe. Chaque case où apparaît l’une des fameuses tapisseries est un régal pour les yeux. A cet égard, la planche dans laquelle Nostradamus explique à Paré le rôle de ces tapisseries est tellement belle, que pour un peu elle éclipserait le nom écorché (à plusieurs reprises !! :| ) de Frascator ! J’aime aussi beaucoup les expressions qu’Anthony Jean donne à certains visages, selon les circonstances ; l’exemple que j’ai en tête c’est lorsque Paracelse s’écrie « De quel droit ! Je ne faisais pas partie de votre organisation ! Je la conchiais ! », la mine de Paré disant en aparté « Vous n’êtes pas le seul. » est vraiment excellente ! Quant à l’atelier secret de Léonard de Vinci ! C’est du grand art ! O_ô Alors voilà, malgré quelques fautes d’accord ( :! ! ) et un nom écorché, 4 étoiles pas volées, vivement la suite !

24/09/2008 (modifier)
Couverture de la série Le Coup du lapin
Le Coup du lapin

Un petit lapin qui cherche à en finir par tous les moyens, inventant pour ce faire les stratagèmes les plus saugrenus... Vraiment une BD très originale, et surtout marrante (si on est fan d'humour grinçant bien entendu) donc à découvrir et faire découvrir !

24/09/2008 (modifier)
Par Tomeke
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Shutter Island
Shutter Island

Me voilà assez satisfait de pouvoir donner le deuxième avis de ce one-shot qui, à en croire mon prédécesseur, vaudrait pleinement le détour… Si personnellement je ne vais pas attribuer la note ultime, je dois vraiment admettre que cet album est d’excellente qualité et mérite une bonne place dans la bibliothèque! Décidément, la collection Rivages/Casterman/Noir devient synonyme de qualité. L’histoire est l’atout principal ; normal me direz-vous, ce n’est jamais qu’une adaptation d’un roman qui a eu son succès. Certes, mais encore fallait-il sortir une adaptation de cette trempe ! La tension est présente, l’enquête en milieu hostile est prenante, l’intrigue chiffrée est séduisante. Le style graphique est réaliste, proche selon moi de la signature Ponzio (Le Complexe du chimpanzé, Genetiks). La coloration est bien adaptée à l’ambiance générale du récit. C’est donc très correct, sans être exceptionnel. Bref, pour le prix demandé (16 €), vous n’êtes absolument pas volés, ni en quantité, ni en qualité !

23/09/2008 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Après la nuit
Après la nuit

Imaginez… quelques notes de « l’homme à l’harmonica » titillent vos oreilles, les vrillent bientôt. Le vent, le sable, la chaleur s’insinuent dans votre esprit. La musique enfle, gonfle ses notes et vous emmène là où les auteurs souhaitent vous rencontrer : dans « il était une (autre) fois dans l’ Ouest ». Le scénario ?… une ville de ce vieil Ouest sauvage, un shérif aux méthodes radicales qui en ont fait une sorte de légende, un rien de sexe, de la violence et –surtout- un inconnu qui y débarque en traînant deux cadavres. Seulement voilà : l’homme dit s’appeler Jedediah Cooper, comme le nom inscrit sur la tombe du dernier homme qui avait osé défier le shérif… alors : « résurrection » ?.. ou ?… Je m’attendais à quelque chose d’explosif. En réalité, il s’agit plutôt –et c’est ce qui en fait sa force- d’un western intimiste où l’image « parle » souvent plus qu’un texte. Cette ville d’ailleurs est une sorte de personnage à part entière. Elle respire et vit, tirant sa substance de ce que devait être l’Ouest de la fin des années 1800. Ce western tire aussi sa force visuelle par une colorisation aux tons « crépusculaires » qui préfigure elle aussi cette sorte de « fin du temps des cow-boys ». Au dessin ?… Guérineau (Le chant des Stryges) montre ici –et de quelle façon- une autre facette de son talent. Jouant des archétypes du genre, il distille la tension, joue sur les regards des intervenants, effectue des cadrages serrés… un peu comme ces « spaghetti westerns » qui me sont chers. A sa façon, Guérineau fait « sentir » ses pages, balance des silences qui sont d’autant efficaces. Un grand western ?.. sûrement. Un « autre » western ?… aussi. Un scénario ciselé, efficace, diabolique dans sa construction se marie avec un dessin somptueux par moments. Histoire, dessin, couleurs : une excellente alchimie des trois genres pour un tome vraiment captivant.

23/09/2008 (modifier)
Par R
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sentaï School
Sentaï School

Question manga, en France, on n’en fait pas des masses, mais ça se développe. Et les auteurs de sentaï school nous montrent très clairement ici que, quand même, faut pas déconner, on est capable de quelque chose en matière de manga. On a donc un scénario de base tout simple, sur lequel s'appuient tout un tas d'histoires, reliées ou non entre elles, à savoir, un groupe d'élèves hyper-motivés intègrent une école de héros avec l'intention ferme de devenir LES meilleurs. On trouve donc un humour tout simplement génial, le petit détail au fond de la case qui te fait éclater de rire, et des allusions à d'autres séries, anciennes ou récentes, allant de "pokémon" à "Hannibal lecter", en passant par "la petite maison dans la prairie" et "Saint Seya". D'accord, il faut un minimum de culture manga pour tout saisir, mais pas grand chose, et le dessin excellent fait tout pour nous faciliter la tâche. Pour tout amateur de parodies et curieux !

22/09/2008 (modifier)
Par Chéreau
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Gouttes de Dieu
Les Gouttes de Dieu

Comment dire : en tant que guide sur le vin, je mettrais 5/5. C'est drôle, pédagogique, innovant, surprenant. Je n'avais jamais vu personne dire d'un vin qu'il ressemble à un concert de Queen, à l'Angélus de Millet ou à la danse de Salomé. Ca donne une envie irrésistible de courir s'inscrire aux cours du Savour Club le plus proche ou de s'offrir un WE découverte-dégustation à Vosne-Romanée (le terroir de prédilection des auteurs, apparemment...). Notre bon vieux pinard vu par les yeux amoureux de buveurs de thé nourris au zen et au bûshido paraît d'un rafraîchissant exotisme. En tant que BD, c'est très bien aussi, mais plus classique. Une quête à la Dan Brown, en moins mystique. La galerie de personnages et les nombreuses intrigues secondaires courtes offrent une réjouissante variété qui permet d'avaler comme un roman ce copieux cours d'oenologie. La facilité des mangaka à passer en une case du style 'Albator' au style 'Dragon Ball' surprend mais fait sourire. La classification des personnages selon leur type physique laisse plus songeur : visage caucasoïde, yeux larges, cheveux clairs pour les héros, visage mongoloïde, yeux bridés, cheveux noirs pour les personnages secondaires...

20/09/2008 (MAJ le 20/09/2008) (modifier)
Par Chéreau
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Notes
Notes

Boulet est devenu, avec Lewis Trondheim ou M. le Chien, l'une des figures de proue du blog BD, nouvelle forme de publication en feuilleton à mon avis promise à un grand avenir. Il s'agit ici, classiquement, d'un journal intime un peu romancé, où la vie intérieure de l'auteur joue un rôle central. Classiquement, parce que tous les jeunes auteurs qui se lancent sur ce nouveau support, proches par l'âge et le parcours de formation, se connaissent, se lisent, se copient et fatalement, se ressemblent un peu... De blog un peu nombriliste et adolescent au début, où l'on raconte sa petite vie à ses copains qui la connaissent déjà, Boulet est passé à une lecture plus distanciée et plus adulte du monde. Potache et 'private joke' au début, son humour a su évoluer vers un second degré réjouissant. Car si une mélancolie à la Manu Larcenet pointe parfois, on rit souvent du sens de l'observation -et de l'autodérision- de Boulet. Le trait, précis, nerveux, gourmand, derrière lequel on devine une grande maîtrise technique, sert très bien l'univers tolkieno-desprogiens de Boulet. A suivre !

20/09/2008 (modifier)
Par JJJ
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série The Boys
The Boys

Tiens ? Une nouvelle parution panini. Une couverture noire sur laquelle se découpent cinq visages patibulaires, comme reliés entre eux par un halo rougeoyant, dirigeant tous leurs regards au même endroit. Le tout vu en perspective venue du sol. Inutile de dire qu'à la simple vision de cette image on n'a pas très envie d'être la chose qui intéresse ces cinq personnages à ce moment. Quand on lit le résumé inscrit sur le quatrième plat, rien de bien révolutionnaire ne semble se dégager de l'histoire... Pourtant une petite phrase en bas attire l'attention : La bombe que vous tenez entre les mains, c'est le premier volume de la nouvelle série de Garth Ennis et Darick Robertson.. Pour ceux qui l'ignorent, Garth Ennis est celui qui a écrit Preacher. Darick Robertson, celui qui a dessiné Transmetropolitan. Si je ne connaissais pas déjà la série The Boys cela aurait suffit à me séduire, la connaissant et voyant cet album matérialisé n'a fait qu'accentuer mon envie de le dévorer. Pour les fan boys, une BD de Garth Ennis est toujours un évènement particulier, on sait que quel que soit le sujet abordé, cela va prêter à la controverse et aux polémiques. The Boys n'échappe pas à la règle et dès les premières pages Garth frappe fort. Le scénario s'articule autour d'une idée maintes fois utilisée depuis qu'Alan Moore et Dave Gibbons ont abordé le thème dans Watchmen. Aux éternelles questions Quelle est la place des Super-Héros dans la société ? Comment la société les perçoit-elles ? Qui nous garde de nos gardiens ? Nombreux-ont été les éléments de réponse apportés par de nombreux auteurs dans les comics avec plus ou moins de succès artistique. Au tour de Garth Ennis de livrer sa vision et il semble vouloir régler ses comptes avec les Supers, oh je sais il avait déjà abordé frontalement le sujet dans La Pro mais il ne faisait qu'écorner gentiment un mythe, là il semble bien décider à le détruire. Dans le monde des Boys, les gens ayant du pouvoir sont des pourris qui se permettent toutes les exactions, pas un n'est bon, pas même ceux qui sont censés les garder. On peut bien entendu y voir une parabole de notre société, ce n'est certainement pas fortuit. Libre a chacun de penser qu'Ennis enfonce des portes ouvertes, mais à sa manière Garth Ennis les défonce, son discours est sans compromis, c'est irrévérencieux, graveleux, crade et très amusant, oui, ce scénariste sait faire preuve de beaucoup d'humour. Mention spéciale pour les dialogues très en verve, mais les dialogues d'Ennis sont toujours très bons. Dès les premières pages ça frappe très fort, avant d'avoir vu la présentation des personnages en entier, le lecteur est plongé dans un bain de folie sanglante. Le ton est donné, les "Boys" entrent en scène, la galerie de protagonistes est gratinée, ils sont cinq : Billy Butcher : Le chef, Crème : Une armoire à glace très raisonnable, la Fille : Un personnage énigmatique, le Français : Un psychopathe… et surtout P'tit Hughie qui emprunte les traits de Simon Pegg (qui rédige en passant la préface de l'album) et fait office de fil rouge dans cette histoire. Les références aux séries existantes ou ayant existé pullulent, cela a du gêner DC a tel point que cette série a été interrompue (parue originellement dans la ligne Wildstorm) au bout de six numéros. Depuis Dynamite a pris le relais et la série continue son bonhomme de chemin, récoltant un succès tant critique que commercial qui ne doit pas déplaire à son nouvel éditeur... Ce premier tome reprenant les six premiers épisodes présente la reconstruction du groupe et leur première aventure. A noter que si l'on a droit à quelques révélations importantes sur les personnages, beaucoup d'éléments demeurent dans l'ombre, comme par exemple les liens sous-jacent entre certains personnages que l'on ne fait que percevoir et qui laissent deviner que l'on n'est pas au bout de nos peines. Darick Robertson met son talent au service de l'histoire, dessinateur imaginatif il affiche une grande forme sur The Boys, son trait, épais et percutant, se démarque de l'imagerie comics habituelle, ceux qui ont lu Transmet comprendront... Le travail de Robertson rend l'ambiance bien crasseuse, ce qui ne gâte rien. J'ai été conquis par ce premier tome, même si je doute fort que The Boys fasse l'unanimité. Je suis heureux de voir que Garth Ennis laisse enfin libre court à sa démesure scénaristique, ouf, il était temps. A lire pour ceux qui cherchent une lecture pêchue, une bonne déconnade ou une nouvelle série bien déjantée. JJJ

20/09/2008 (modifier)
Par tolllo
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Shutter Island
Shutter Island

Shutter Island… Quelle excellente découverte que cette adaptation du roman du même nom ! C’est pour compenser l’achat de la "grosse production Desberg" du moment que ma libraire m’a très fortement suggéré l’acquisition de cet excellent thriller. Tout commence le plus simplement du monde, comme dans la plupart de ce genre d’histoire. Deux marshals fédéraux se rendent à Shutter Island. Cette île déserte se trouve être une "prison hôpital", lieu de résidence affecté aux déments les plus dangereux. Les 2 hommes y sont envoyés pour y retrouver une patiente qui a vraisemblablement disparu... Ambiance glauque et oppressante très réussie. Dessins sombres et verdâtres. Le parfait huis clos. Mais pas seulement. Sur ces bases solides et classiques qui auraient déjà suffi à bâtir une très bonne histoire, viennent se greffer plusieurs idées très originales et inattendues. Effectivement il ne s’agit pas seulement d’une simple enquête : psychologie des personnages "ordinaires" et aliénés très soignée, petite énigme chiffrée, tempête tropicale, participe au charme de ce "thriller en île". Mais ce qui séduit et étonne le plus c'est : - La complexité que prend l’histoire au moment où est révélée une des motivations supplémentaires du "héros" à se rendre sur cette île. - Et, bien sûr, le retournement de situation extrêmement bien pensé et véritablement inattendu à la fin de l’histoire. Je me suis même surpris à la relire immédiatement pour goûter tous les détails qui m’avaient échappé en première lecture et qui, après la révélation finale, trouvent tout leur sens. La fin est certes déconcertante, mais elle a le mérite de nous laisser une libre interprétation des évènements passés et futurs. Tiré d'un livre de Dennis Lehane, un de ces auteurs de polars que l'on dévore sans pause, il est normal qu’il y ait de la "matière". Mais pour ma part, même si je n’ai pas lu le livre, je dois avouer que cette adaptation m'a vraiment pris aux tripes. Gros gros coup de cœur ! ! (19/20)

20/09/2008 (modifier)