Ca fait longtemps que je ne me suis pas autant régalé avec un dessin ! Que c’est beau ! Autant les personnages que les décors, c’est une réussite totale. Il y a un souci du détail incroyable, même les petits moutons au fin fond d’un champ au 3ème plan sont parfaitement représentés. Et que dire des couleurs ? Eh bien qu’elle se marient à merveille avec ce dessin, qu’elles le mettent pleinement en valeur. Les effets d’ombre et de lumière sont magnifiques.
Bref j’adore et c’est un vrai coup de cœur de ce côté-là.
Parfois l’histoire est un peu dure à suivre car les personnages sont nombreux. Et entre les ducs, les comtes, les princesses, les chevaliers, le tout avec les liens de parentés qui vont bien, - et oui ils sont tous plus ou moins un peu cousins – on peut perdre le fil. Mais en tout cas on n’est jamais complètement perdu.
Et on a beau être en plein dans de l’historique, cette BD est tout à fait intéressante. J'ai plus eu l'impression de suivre une belle histoire de chevaliers. Le petit côté romancé dans la manière de mener le récit est vraiment plaisant.
Il faudra sans doute plusieurs lectures pour apprécier pleinement cette série à sa juste valeur, et ça tombe bien car il reste encore 5 tomes à paraître…
01/07/2008 : Tome 3
L'histoire est toujours intéressante et prenante, mais je suis un peu déçu. Au niveau du dessin les 2 premiers tomes approchaient de l'excellence à mes yeux. Hélas dans ce 3e tome quelque chose à changer. Quoi je ne sais pas (l'encrage ?) en tout cas c'est moins précis et moins beau. Snif....
J'ai fini le premier tome "Taiga rousse" de Malherbe et Pierrot et pour un 1er coup d'essai dans le monde de la BD c'est plutôt un coup de maître !
L'histoire tient en haleine, distillant un suspense et des rebondissements bien dosés. La relation entre les deux protagonistes est intéressante et ils sont attachants. Le graphisme est proche d'un Tarek (Le Tsar Fou) et se prête bien à l'histoire, à la brutalité de l'environnement... Vraiment une excellente surprise que ce premier tome de 80 pages !
J'ai hâte de lire le second tome qui sera riche en révélations et qui montrera sans doute l'épanouissement du personnage principale Ferdinand... Aurait-il une petite graine de Gengis Khan en lui ??? ;-)
A acheter sans hésiter pour moi ! Bravo aux auteurs !
J'ai échangé les 4 premiers Les Arcanes du Midi-minuit contre les 4 "Okko". Eh ben, je ne suis pas du tout déçu du deal. Un vrai régal.
J'adore cette histoire de samouraï et des ses compagnons dans un Japon-fantasy, en quête de monstres à occire. C'est divertissant et les dessins magnifiques. De l'action, de l'humour, un peu de sagesse japonaise, une bd qui ne se prend pas au sérieux et qui fait passer un très bon moment au lecteur.
Vivement la suite...
Bob Bergé arrive habilement à dénouer ici les différents fils du Zen. C’est à tambour battant qu’il nous entraîne vers une conclusion pleine de surprises à la suite d’une histoire qui sait mêler le gag et le délire Humain. Ce nouveau volume est aussi l’occasion de découvrir de nouveaux personnages, tels cette belle-mère ou cette grand mère passant devant tout le monde pour avoir un pain... (dans la gueule ???)
Si vous souhaitez vous faire entraîner dans un tourbillon de gag assez hilarants, si vous voulez en prendre plein les yeux, si vous voulez vous relaxer de plaisir, un seul geste à faire : allumez l'encens et laissez vous porter par la ZEN attitude.
Dans la lignée de Chris Ware et de son Jimmy Corrigan (autre lecture excellente à lire de toute urgence), Clowes nous narre la vie de plusieurs protagonistes dans une petite ville américaine des USA somme toute assez tranquille.
Ici, point de violence, de drogues, ou d'armes à feu, et pourtant, sous l'apparente tranquillité du dessin et des destins des personnages se cachent une violence et une rage de vivre (plutôt de non vivre) qui bouillonnent de plus en plus fort et farouchement au fil des pages sans finalement ne jamais éclaté à la surface.
C'est tout simple, j'ai franchement aimé. Vraiment, grand et beau moment de lecture que je recommande à toutes et à tous.
Décidément, Cyril Pedrosa est en grande forme en ce moment !
Avant 2007, on le connaissait surtout pour son formidable coup de crayon (dans Ring Circus notamment), mais depuis le très remarqué Trois ombres, on sait qu'il est également un excellent raconteur d'histoire... Mais alors que ce dernier titre lorgnait vers la veine sombre et poétique, il change complètement de registre pour nous fournir avec "Auto Bio" un portrait drôlatique de sa vie quotidienne d'écolo militant !
Changement de registre, mais avec non moins de talent ! Il y a fort longtemps que je n'avais autant ri à la lecture d'une BD d'humour, je dois dire. C'est sans doute dû au fait que les gags parlent à l'écolo boboïsante qui sommeille en moi, mais pas seulement.
Pedrosa se moque de lui-même en se présentant comme un écolo convaincu, tiraillé entre ses convictions, sa famille plus extrême que lui-même, et les conséquences que cela à sur le quotidien, quand on doit résister à une envie de saucisses en boîtes, se priver de fromage ou empêcher son propriétaire adorable d'asperger son jardin d'engrais et de désherbant...
Pedrosa manie à la perfection le difficile art de l'autodérision, du gag et de la chute. Son dessin est toujours aussi excellent, bien que dépourvu de la recherche esthétique qui faisaient le bonheur du lecteur dans ses précédents ouvrages, mais qui serait hors de propos dans une BD d'humour. Le dessin, la mise en scène, le choix judicieux des couleurs... Tout concourt à la recherche de l'effet comique.
J'avoue que je n'attendais pas du tout Pedrosa dans ce registre... la surprise n'en est que meilleure !
Un vrai coup de cœur !
Que c’est beau !
Quel plaisir de découvrir une histoire qui semble avoir été écrite pour soi. Qui semble entrer en résonance avec nos propres doutes, nos questions les plus intimes, nos douleurs les plus cachées… Ca a été le cas pour moi lors de ma lecture de « La Maison dans les blés ». L’histoire de ce gars qui a tout ce dont on peut rêver (famille, argent, gloire) mais qui malgré tout peine à trouver le bonheur m’a beaucoup touché, et je pense que toute personne ayant atteint l’âge de se poser des questions existentielles sur sa vie devrait savoir de quoi je parle.
Alors c’est sûr, il faut jouer le jeu. Déjà ce genre de questions existentielles n’est pas la tasse de thé de tout le monde. Ensuite, tout semble trop parfait dans cette rencontre passionnée : le mec est beau, riche et musclé, la jeune fille a un corps de rêve et une mentalité libertine (j’ai transpiré sur certaines scènes très chaudes !), elle est animée d’une sagesse bien improbable pour son âge, elle est très philosophique, le coin est superbe (les amoureux de la nature vont être servis). Bref, on se rapproche plus du conte de fée où tout est parfait que d’une histoire d’amour réaliste je trouve (les animaux dotés de parole renforcent d’ailleurs cette impression).
Mais alors si on accroche, quel voyage ! La poésie est omniprésente, les textes sont beaux, le dessin est en parfaite adéquation avec le ton de l’histoire. Il a même quelques touches d’humour de très bon goût (ralala, j’ai littéralement explosé de rire sur la scène du marché).
Voilà, une œuvre de toute évidente très personnelle, qui m’a tout simplement bouleversé. Le résumé du site de l’éditeur parle d’ « un ouvrage personnel qui devrait séduire tous ceux qui aiment les histoires d’amour et de désir… » Et là tout est dit. Un grand bravo à l’auteur !
Les deux auteurs de Sanctuary et Heat nous livrent ici l'adaptation du roman le plus populaire en Chine, Les Trois Royaumes, basés sur des faits historiques.
Cette mouture est une adaptation très libre : le héros est par exemple un japonais de l'époque qui décide de conquérir la Chine pour les yeux de sa douce.
On y retrouve tout ce qui fait à mes yeux le charme des autres œuvres du duo d'auteurs : aventures, érotisme latent, bravoure et émotion. J'ai eu un peu de mal les 50 premières pages, appréciant nettement plus le Japon moderne que la Chine ancienne. Mais le talent de conteur de Buronson et le trait délicat de Ikegami m'ont vite fait plongé dans l'histoire (et les deux premiers tomes ont été lus d'un seul coup).
En bref, ça se dévore, et la fin d'un tome se finit toujours avec un beau cliffhanger.
Note sur les deux premiers volumes : entre 4 et 4,5/5 + coup de cœur. Si ça continue comme ça, cela risque même de devenir un 5/5.
Bon, je suis par habitude assez réfractaire aux prix et autres médailles un peu trop clinquantes qui ont souvent pour moi un arrière goût commercial trop prononcé. Ceci expliquant cela, c'est donc avec assez de réticence et très tardivement (depuis son prix à Angoulème) que j'ai mis le nez dans cette BD après l'avoir achetée pour la bibliothèque où je travaille.
En partant de très bas, je suis arrivé très haut, très loin, comme rarement cela m'était arrivé avec une BD depuis bien bien longtemps ! Une pure merveille, un bijou de la BD à mon sens ! Tout tient dans un paradoxe qui fait également sa force : d'un côté, une universalité du décor et des personnages (tout le monde s'y retrouve), renforcée par l'absence de texte. De l'autre, une porte grande ouverte sur l'imaginaire de chacun (cette planche magique uniquement composée d'une myriade de petites cases de nuages !!!).
Et tout se tient ! L'absence de texte ne dessert aucunement l'histoire, mais comme je le disais, renforce au contraire l'imaginaire qui nous est distillé ! Et tout ceci se construit autour d'une mise en page très élaborée, et d'un graphisme très réaliste dans un univers fantastique proche du surréalisme. On nage en pleine poésie graphique !
L'histoire enfin. Si le thème de l'immigration n'a en soi rien d'exceptionnel, il est traité avec une rare originalité et simplicité, tout en évitant les pièges et les caricatures. On suit le parcours de cet immigré et de ses difficultés quotidiennes, porté par la force du dessin tout en crayonné en sépia de Shaun Tan.
Ne faites donc pas comme moi et pour cette fois fiez vous au Grand Prix qu'Angoulème lui a décerné, et plongez dans cette BD ! Passer à côté serait un crime !
Attention ! Prévoyez beaucoup de temps libre devant vous pour lire ce pavé ! Parce qu’une fois la lecture commencée, vous aurez bien du mal à refermer cette bd avant la fin !
« Les ensembles contraires » est une autobiographie de Kris et Eric T..
Le récit met en scène leur rencontre et l’amitié qui va s’en découler (et qui apparemment dure toujours !).
L’histoire débute en 1989, Christophe est puni par ses parents car il a passé une mauvaise année scolaire… ceux-ci lui interdisent de jouer au football. Christophe par l’intermédiaire d’un des amis va en compensation s’inscrire à un club de ping-pong. En fait, c’est plus pour draguer les filles que pour réellement jouer que Christophe va apprendre à être pongiste… c’est lors d’un tournoi que notre apprenti joueur va se lier amitié avec Eric…
Ce premier tome raconte la période entre la fin de l’adolescence et le début de la vie professionnelle des deux amis. Il y raconte leurs premiers émois amoureux et leurs premières déceptions aussi. Surtout, le récit est un témoignage sur la solidarité entre deux êtres issus de milieux différents : Christophe est né dans une famille aisée alors qu’Eric vient d’une famille à la situation non enviable.
Ainsi, tout au long de cette lecture, j’ai partagé la joie et les moments de détresse de ces jeunes gens. A aucun moment, je n’ai ressenti de l’ennui à suivre leurs péripéties, l’album alterne entre les passages festifs, romantiques et… difficiles, sans longueurs inutiles.
Que ceux qui n’aiment pas les bds larmoyantes soient rassurés, ce premier tome comporte des scènes très touchantes mais elles ne penchent jamais vers le mélodramatique.
Le dénouement est terriblement inquiétant concernant l’avenir d’Eric…
Le dessin de Nicoby d’un coup de crayon épais m’est apparu parfaitement adapté à cette histoire. Son découpage est excellent et apparaît original dans certains passages comme lorsqu’Eric raconte à Christophe ce qu’il fait comme études.
La mise en scène m’est apparue elle-aussi adaptée à l’histoire avec ses tons qui varient selon le lieu et surtout l’intensité dramatique des séquences.
Ce premier tome de « Les ensembles contraires » confirme tout le bien que je pense de Kris : un scénariste sensible qui propose des histoires proches de nous et touchantes, qui s’intéresse au passé (Coupures irlandaises, Un homme est mort) et qui est surtout doué pour la narration !
Le récit met en scène un récit autobiographique sur l’amitié entre deux hommes issus de milieux différents, il comporte une fin qui donne l’envie de connaître impatiemment la suite !
« Les ensembles contraires » est, pour moi, un des albums les plus marquants de ce premier semestre 2008.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Le Trône d'argile
Ca fait longtemps que je ne me suis pas autant régalé avec un dessin ! Que c’est beau ! Autant les personnages que les décors, c’est une réussite totale. Il y a un souci du détail incroyable, même les petits moutons au fin fond d’un champ au 3ème plan sont parfaitement représentés. Et que dire des couleurs ? Eh bien qu’elle se marient à merveille avec ce dessin, qu’elles le mettent pleinement en valeur. Les effets d’ombre et de lumière sont magnifiques. Bref j’adore et c’est un vrai coup de cœur de ce côté-là. Parfois l’histoire est un peu dure à suivre car les personnages sont nombreux. Et entre les ducs, les comtes, les princesses, les chevaliers, le tout avec les liens de parentés qui vont bien, - et oui ils sont tous plus ou moins un peu cousins – on peut perdre le fil. Mais en tout cas on n’est jamais complètement perdu. Et on a beau être en plein dans de l’historique, cette BD est tout à fait intéressante. J'ai plus eu l'impression de suivre une belle histoire de chevaliers. Le petit côté romancé dans la manière de mener le récit est vraiment plaisant. Il faudra sans doute plusieurs lectures pour apprécier pleinement cette série à sa juste valeur, et ça tombe bien car il reste encore 5 tomes à paraître… 01/07/2008 : Tome 3 L'histoire est toujours intéressante et prenante, mais je suis un peu déçu. Au niveau du dessin les 2 premiers tomes approchaient de l'excellence à mes yeux. Hélas dans ce 3e tome quelque chose à changer. Quoi je ne sais pas (l'encrage ?) en tout cas c'est moins précis et moins beau. Snif....
Taïga rouge
J'ai fini le premier tome "Taiga rousse" de Malherbe et Pierrot et pour un 1er coup d'essai dans le monde de la BD c'est plutôt un coup de maître ! L'histoire tient en haleine, distillant un suspense et des rebondissements bien dosés. La relation entre les deux protagonistes est intéressante et ils sont attachants. Le graphisme est proche d'un Tarek (Le Tsar Fou) et se prête bien à l'histoire, à la brutalité de l'environnement... Vraiment une excellente surprise que ce premier tome de 80 pages ! J'ai hâte de lire le second tome qui sera riche en révélations et qui montrera sans doute l'épanouissement du personnage principale Ferdinand... Aurait-il une petite graine de Gengis Khan en lui ??? ;-) A acheter sans hésiter pour moi ! Bravo aux auteurs !
Okko
J'ai échangé les 4 premiers Les Arcanes du Midi-minuit contre les 4 "Okko". Eh ben, je ne suis pas du tout déçu du deal. Un vrai régal. J'adore cette histoire de samouraï et des ses compagnons dans un Japon-fantasy, en quête de monstres à occire. C'est divertissant et les dessins magnifiques. De l'action, de l'humour, un peu de sagesse japonaise, une bd qui ne se prend pas au sérieux et qui fait passer un très bon moment au lecteur. Vivement la suite...
La Zen attitude
Bob Bergé arrive habilement à dénouer ici les différents fils du Zen. C’est à tambour battant qu’il nous entraîne vers une conclusion pleine de surprises à la suite d’une histoire qui sait mêler le gag et le délire Humain. Ce nouveau volume est aussi l’occasion de découvrir de nouveaux personnages, tels cette belle-mère ou cette grand mère passant devant tout le monde pour avoir un pain... (dans la gueule ???) Si vous souhaitez vous faire entraîner dans un tourbillon de gag assez hilarants, si vous voulez en prendre plein les yeux, si vous voulez vous relaxer de plaisir, un seul geste à faire : allumez l'encens et laissez vous porter par la ZEN attitude.
Ice Haven
Dans la lignée de Chris Ware et de son Jimmy Corrigan (autre lecture excellente à lire de toute urgence), Clowes nous narre la vie de plusieurs protagonistes dans une petite ville américaine des USA somme toute assez tranquille. Ici, point de violence, de drogues, ou d'armes à feu, et pourtant, sous l'apparente tranquillité du dessin et des destins des personnages se cachent une violence et une rage de vivre (plutôt de non vivre) qui bouillonnent de plus en plus fort et farouchement au fil des pages sans finalement ne jamais éclaté à la surface. C'est tout simple, j'ai franchement aimé. Vraiment, grand et beau moment de lecture que je recommande à toutes et à tous.
Auto Bio
Décidément, Cyril Pedrosa est en grande forme en ce moment ! Avant 2007, on le connaissait surtout pour son formidable coup de crayon (dans Ring Circus notamment), mais depuis le très remarqué Trois ombres, on sait qu'il est également un excellent raconteur d'histoire... Mais alors que ce dernier titre lorgnait vers la veine sombre et poétique, il change complètement de registre pour nous fournir avec "Auto Bio" un portrait drôlatique de sa vie quotidienne d'écolo militant ! Changement de registre, mais avec non moins de talent ! Il y a fort longtemps que je n'avais autant ri à la lecture d'une BD d'humour, je dois dire. C'est sans doute dû au fait que les gags parlent à l'écolo boboïsante qui sommeille en moi, mais pas seulement. Pedrosa se moque de lui-même en se présentant comme un écolo convaincu, tiraillé entre ses convictions, sa famille plus extrême que lui-même, et les conséquences que cela à sur le quotidien, quand on doit résister à une envie de saucisses en boîtes, se priver de fromage ou empêcher son propriétaire adorable d'asperger son jardin d'engrais et de désherbant... Pedrosa manie à la perfection le difficile art de l'autodérision, du gag et de la chute. Son dessin est toujours aussi excellent, bien que dépourvu de la recherche esthétique qui faisaient le bonheur du lecteur dans ses précédents ouvrages, mais qui serait hors de propos dans une BD d'humour. Le dessin, la mise en scène, le choix judicieux des couleurs... Tout concourt à la recherche de l'effet comique. J'avoue que je n'attendais pas du tout Pedrosa dans ce registre... la surprise n'en est que meilleure ! Un vrai coup de cœur !
La Maison dans les blés
Que c’est beau ! Quel plaisir de découvrir une histoire qui semble avoir été écrite pour soi. Qui semble entrer en résonance avec nos propres doutes, nos questions les plus intimes, nos douleurs les plus cachées… Ca a été le cas pour moi lors de ma lecture de « La Maison dans les blés ». L’histoire de ce gars qui a tout ce dont on peut rêver (famille, argent, gloire) mais qui malgré tout peine à trouver le bonheur m’a beaucoup touché, et je pense que toute personne ayant atteint l’âge de se poser des questions existentielles sur sa vie devrait savoir de quoi je parle. Alors c’est sûr, il faut jouer le jeu. Déjà ce genre de questions existentielles n’est pas la tasse de thé de tout le monde. Ensuite, tout semble trop parfait dans cette rencontre passionnée : le mec est beau, riche et musclé, la jeune fille a un corps de rêve et une mentalité libertine (j’ai transpiré sur certaines scènes très chaudes !), elle est animée d’une sagesse bien improbable pour son âge, elle est très philosophique, le coin est superbe (les amoureux de la nature vont être servis). Bref, on se rapproche plus du conte de fée où tout est parfait que d’une histoire d’amour réaliste je trouve (les animaux dotés de parole renforcent d’ailleurs cette impression). Mais alors si on accroche, quel voyage ! La poésie est omniprésente, les textes sont beaux, le dessin est en parfaite adéquation avec le ton de l’histoire. Il a même quelques touches d’humour de très bon goût (ralala, j’ai littéralement explosé de rire sur la scène du marché). Voilà, une œuvre de toute évidente très personnelle, qui m’a tout simplement bouleversé. Le résumé du site de l’éditeur parle d’ « un ouvrage personnel qui devrait séduire tous ceux qui aiment les histoires d’amour et de désir… » Et là tout est dit. Un grand bravo à l’auteur !
Lord
Les deux auteurs de Sanctuary et Heat nous livrent ici l'adaptation du roman le plus populaire en Chine, Les Trois Royaumes, basés sur des faits historiques. Cette mouture est une adaptation très libre : le héros est par exemple un japonais de l'époque qui décide de conquérir la Chine pour les yeux de sa douce. On y retrouve tout ce qui fait à mes yeux le charme des autres œuvres du duo d'auteurs : aventures, érotisme latent, bravoure et émotion. J'ai eu un peu de mal les 50 premières pages, appréciant nettement plus le Japon moderne que la Chine ancienne. Mais le talent de conteur de Buronson et le trait délicat de Ikegami m'ont vite fait plongé dans l'histoire (et les deux premiers tomes ont été lus d'un seul coup). En bref, ça se dévore, et la fin d'un tome se finit toujours avec un beau cliffhanger. Note sur les deux premiers volumes : entre 4 et 4,5/5 + coup de cœur. Si ça continue comme ça, cela risque même de devenir un 5/5.
Là où vont nos pères
Bon, je suis par habitude assez réfractaire aux prix et autres médailles un peu trop clinquantes qui ont souvent pour moi un arrière goût commercial trop prononcé. Ceci expliquant cela, c'est donc avec assez de réticence et très tardivement (depuis son prix à Angoulème) que j'ai mis le nez dans cette BD après l'avoir achetée pour la bibliothèque où je travaille. En partant de très bas, je suis arrivé très haut, très loin, comme rarement cela m'était arrivé avec une BD depuis bien bien longtemps ! Une pure merveille, un bijou de la BD à mon sens ! Tout tient dans un paradoxe qui fait également sa force : d'un côté, une universalité du décor et des personnages (tout le monde s'y retrouve), renforcée par l'absence de texte. De l'autre, une porte grande ouverte sur l'imaginaire de chacun (cette planche magique uniquement composée d'une myriade de petites cases de nuages !!!). Et tout se tient ! L'absence de texte ne dessert aucunement l'histoire, mais comme je le disais, renforce au contraire l'imaginaire qui nous est distillé ! Et tout ceci se construit autour d'une mise en page très élaborée, et d'un graphisme très réaliste dans un univers fantastique proche du surréalisme. On nage en pleine poésie graphique ! L'histoire enfin. Si le thème de l'immigration n'a en soi rien d'exceptionnel, il est traité avec une rare originalité et simplicité, tout en évitant les pièges et les caricatures. On suit le parcours de cet immigré et de ses difficultés quotidiennes, porté par la force du dessin tout en crayonné en sépia de Shaun Tan. Ne faites donc pas comme moi et pour cette fois fiez vous au Grand Prix qu'Angoulème lui a décerné, et plongez dans cette BD ! Passer à côté serait un crime !
Les Ensembles contraires
Attention ! Prévoyez beaucoup de temps libre devant vous pour lire ce pavé ! Parce qu’une fois la lecture commencée, vous aurez bien du mal à refermer cette bd avant la fin ! « Les ensembles contraires » est une autobiographie de Kris et Eric T.. Le récit met en scène leur rencontre et l’amitié qui va s’en découler (et qui apparemment dure toujours !). L’histoire débute en 1989, Christophe est puni par ses parents car il a passé une mauvaise année scolaire… ceux-ci lui interdisent de jouer au football. Christophe par l’intermédiaire d’un des amis va en compensation s’inscrire à un club de ping-pong. En fait, c’est plus pour draguer les filles que pour réellement jouer que Christophe va apprendre à être pongiste… c’est lors d’un tournoi que notre apprenti joueur va se lier amitié avec Eric… Ce premier tome raconte la période entre la fin de l’adolescence et le début de la vie professionnelle des deux amis. Il y raconte leurs premiers émois amoureux et leurs premières déceptions aussi. Surtout, le récit est un témoignage sur la solidarité entre deux êtres issus de milieux différents : Christophe est né dans une famille aisée alors qu’Eric vient d’une famille à la situation non enviable. Ainsi, tout au long de cette lecture, j’ai partagé la joie et les moments de détresse de ces jeunes gens. A aucun moment, je n’ai ressenti de l’ennui à suivre leurs péripéties, l’album alterne entre les passages festifs, romantiques et… difficiles, sans longueurs inutiles. Que ceux qui n’aiment pas les bds larmoyantes soient rassurés, ce premier tome comporte des scènes très touchantes mais elles ne penchent jamais vers le mélodramatique. Le dénouement est terriblement inquiétant concernant l’avenir d’Eric… Le dessin de Nicoby d’un coup de crayon épais m’est apparu parfaitement adapté à cette histoire. Son découpage est excellent et apparaît original dans certains passages comme lorsqu’Eric raconte à Christophe ce qu’il fait comme études. La mise en scène m’est apparue elle-aussi adaptée à l’histoire avec ses tons qui varient selon le lieu et surtout l’intensité dramatique des séquences. Ce premier tome de « Les ensembles contraires » confirme tout le bien que je pense de Kris : un scénariste sensible qui propose des histoires proches de nous et touchantes, qui s’intéresse au passé (Coupures irlandaises, Un homme est mort) et qui est surtout doué pour la narration ! Le récit met en scène un récit autobiographique sur l’amitié entre deux hommes issus de milieux différents, il comporte une fin qui donne l’envie de connaître impatiemment la suite ! « Les ensembles contraires » est, pour moi, un des albums les plus marquants de ce premier semestre 2008.