Je ne suis à priori pas un grand fan de comics américain, que ce soit de Batman ou d’autre super héros…trop de virilité affiché à mon gout....
The killing joke (rire et mourir donc) m’a pourtant particulièrement plu. Le dessin est bon, loin des standards sur-testostéronés que l’on voit généralement, et utilise une mise en page cinématographique qui rythme agréablement le récit.
Peu de combat, peu de gadget, juste une confrontation sans fioriture, sans retournement de situation alambiqué, assez brutale, entre nos 2 protagonistes : Batman et le joker, dont on apprendra en parallèle les origines.
J’ai en outre beaucoup apprécié la conclusion de ce récit.
Une excellente BD. Et du coup une envie de découvrir d’autres standards du comics. The Watchmen en tête.
Bon, ce n’est pas une nouveauté (2008 pour cette compilation, et 2004 pour la première publication), mais la nomination de Whedon aux Eisner Awards 2008 dans la catégorie Best Writer (pour Astonishing X-men justement et Buffy saison 8 ) m’a donné envie de relire cette BD que j’avais déjà trouvée excellente la première fois.
Ce pavé de près de 300 pages publié dans la collection Deluxe Marvel, est un très bel album, même s'il perd quelque peu de sa superbe en traversant l'atlantique.
C’est sur le nom de l’auteur que je me suis penché sur l'objet car cela fait bien longtemps que j’avais abandonné les séries X. Curieusement ce qui frappe au bout de quelques pages, c’est que l’on a pas forcément besoin d’être resté un X-Menophile acharné pour entrer dans l’histoire puisqu’on a l’impression d’être revenu au temps du run mythique de Claremont et Byrne (ceux qui ont connu la publication de ces histoires via Special Strange ne seront pas dépaysés puisqu’on ne retrouve pas de perso postérieurs à cette époque). Ce run a sûrement aussi marqué Whedon, puisqu’il va se débrouiller pour ressusciter un personnage emblématique de cette équipe (je n’en dit pas plus pour ne pas spoiler la lecture) et multiplier les références s'y rapportant (une attaque de sentinelle très "days of future past").
Ce recueil compile les 12 premiers numéros de cette série (c’est à dire les 2 premiers arcs de l’auteur : "Gifted" et "dangerous", jeu de mot savoureux pour ce deuxième titre au vu du contenu de l'arc), traduite une première fois en France en kiosque dans la série du même nom (y compris la suite que je ne connais pas encore, préférant attendre la publication du deuxième volume "deluxe").
Le lecteur est (ré)introduit dans l’univers X par l’intermédiaire du personnage de Kitty Pride revenant à l’école du professeur Xavier (recrue introduite justement pendant le run Claremont/Byrne). L’immersion dans l’âge d’or des X-Men est complétée dans le premier chapitre par le retour à des costumes plus classiques.
Les dessins sont assurés par John Cassaday et la mise en couleur est de Laura Martin. Le style très réaliste de Cassaday (pour un comics de super héros) permet d’appréhender cette bande dessinée avec un regard adulte, et la mise en page très sobre et très claire (on comprend tout ce qui se passe pendant les combats), facilite grandement l’immersion dans un récit qui traite souvent ses différentes intrigues et sous intrigues en parallèle.
Le fil rouge de la première moitié de l’histoire (6 premiers numéros, idée qui sera utilisée entre autres dans le film X-Men 3), est associé à la découverte d’un « vaccin » anti mutation et les conséquences de cette découverte pour nos héros (l’utilisera ? l’utilisera pas ?). Dans la deuxième partie, ces X-Men seront confrontés à un "ennemi intime" ainsi qu’à une super sentinelle. Le suspense final finira de raviver nos souvenirs émus, par un clin d'oeil à la saga du Dark Phénix (toujours de Claremont et Byrne).
L’histoire est captivante de bout en bout y compris au sein de chaque épisode. La Whedon touch est au rendez-vous : mélange très équilibré de drame et d’humour, répliques savoureuses (probablement le meilleur dialoguiste du moment, tout média confondu) et frissons dans le dos assurés.
Probablement une des toutes meilleures sagas des mutants rois de la Marvel, et j’attends donc avec impatience et confiance la prochaine fournée d’astonishing X-Men !
"Jérôme Bigras" est, avec Michel Risque et "Toto le Bosniaque", ma série préférée du défunt magazine Croc. Tout d'abord, j'aime beaucoup le style de Eid. Son dessin est vraiment rafraîchissant et original. J'ai vu d'autres dessinateurs avoir un style proche de lui, mais Eid a un petit plus que je ne saurais pas expliquer.
Ensuite, les histoires me font bien rire. Il y a bien quelques gags qui ne m'arrachent pas un sourire, mais ils sont très peu nombreux. J'aime particulièrement les gags ayant un rapport avec la bande dessinée. C'est là que je trouve que Eid est à son meilleur. On voit bien qu'il aime bien jouer avec les codes de la Bd et ça donne des trucs savoureux comme le gag où Jérôme est aux prises avec des gens du service marketing qui veulent relooker sa série.
Ah Gaston mon héros !
Petit, je rigolais aux éclats des gaffes et bêtises de cet hurluberlu. Grand j'envie sa naïveté et sa nonchalance au travail, malheureusement je ne pense pas que cela soit possible :)
Niveau graphique ce n'est pas la meilleure des BD, mais les personnages et les décors collent superbement aux gags.
L'histoire de Gaston, composée de gags successifs est poilante, il donnerait presque envie de refaire les même gaffes au travail ou à la maison (on va éviter les explosions).
Mettre 5/5 à une BD humoristique n'est pas évident, pourtant Gaston le mérite, ce héros de Franquin me fait rire depuis tant d'années que je ne pouvais en faire autrement. Je suis fan :)
C'est une des seules BD comique et aussi longue qui ne m'ait jamais déçu.
Achat que je conseille, mais pas dans l'édition actuelle, à laquelle je n'accroche pas.
J'ai trébuché dans cette bd et après quelques pages de lecture je suis tombée dedans pour n'en sortir qu'à la fin, totalement bouleversée.
Lulu soudainement décide de partir sans but, poussée par une force inexplicable elle suit une route invisible qui la mènera tout droit dans un monde où elle trouvera enfin un peu de paix intérieure. Ses amis et ses proches nous racontent son histoire avec beaucoup d'humour et de sincérité sur le ton doux des gens qui savent aimer. Ce sont des rencontres inattendues, des instants magiques et de grands moments de bonheur que vivent nos personnages, mais une subtile souffrance s'installe doucement au fil des pages, une grande tristesse prend le pas, on ne sait plus si l'on doit rire ou pleurer, partagés entre ces deux émotions on se laisse finalement porter par une exquise mélancolie.
Bizarrement on n'a pas l'impression de faire partie de l'histoire, on la regarde plutôt, on l'observe et on attend… Un peu comme si on la regardait au travers des yeux de cette femme, qui contemple d'un regard plein de tendresse ce que fut la fin de sa vie. L'esprit de Lulu plane sur l'histoire, vaporeuse mais pas encore disparue. Le dessin est joli et apaisant, les couleurs sont douces comme une caresse.
Davodeau nous entraîne dans les méandres de l'âme humaine avec tact, amour et psychologie. Une œuvre pleine de justesse à lire absolument.
Tome 2
Graphiquement aussi bon que le premier et tout aussi agréable à lire au niveau de l'histoire, malgré tout j'ai été bien moins touchée par ce qui arrive à Lulu dans ce second opus et surtout je m'attendais à une fin beaucoup plus tragique alors qu'on est juste face à un happy end assez banal. Difficile de toute façon d'être satisfaite avec un roman graphique où les évènements de la vie ont tous tendance à trop se ressembler.
Une étoile de moins, mais cela reste une lecture à lire à l'occasion.
Une BD atypique véritablement « culte » pour moi par mon scénariste préféré Van Hamm lorsqu’il était au meilleur de sa forme (quel savoir-faire narratif !).
C’est l’une de toutes premières bd adulte que j’ai pu lire en son temps et qui m’a véritablement marqué. Il y a incontestablement quelque chose d’affectif lié à cette trilogie. Ma fidélité pour les séries de Van Hamm ne s’est jamais démentie par la suite. Je pense qu’il a été celui qui a révolutionné le genre en faisant simplement évolué la bd à un autre niveau moins naïf que celle des productions d’antan.
Les thèmes exploités ainsi que le scénario sont d’une réelle maîtrise. C’est une série qui apporte une réflexion sur les dérives de la société et du capitalisme. Nous avons ici un Etat-Providence qui veille sur le bonheur de chacun de tous. Des emplois bien payés permettent aux qualifiés d’éviter les nombreuses manifestations provoquées par le chômage. Les soins de santé sont gratuits pour tous, de la simple pilule contre le mal de tête à la chirurgie la plus complexe. Des vacances minutieusement organisées et distribuées tout au long de l’année empêchent les embouteillages monstres de juillet et les dizaines de morts causées chaque année par les carambolages.
Bref, c’est un bonheur officiel et programmé dans une société idéale. Cependant, le rêve d’une telle société peut très vite se transformer en cauchemar pour peu qu’on se rebelle contre l’ordre établi…
En effet, le scénario démolit tous les idéaux qui font de l’Etat un distributeur de bonheur. Le final (tome 3) où tout se regroupe est époustouflant. Nous avons là une chronique sociale d’anticipation plutôt effrayante. C’est un classique devenu culte qui reste toujours d’actualité malgré le temps qui passe. Je l'ai relu récemment et je peux certifier que cela n'a pas vieilli d'un pouce !
Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 5/5 – Note Globale : 4.5/5
Bon pour mon premier avis, j'hésitais entre une BD de ma jeunesse et une de mes BDs actuelles. Après avoir découvert ce one shot, je me suis dit qu'il ne pouvait pas en être autrement, ce sera pour cette BD que je déposerai mon premier avis.
En ce qui concerne le dessin il n'y a rien à redire, il est magnifique aussi bien pour les couleurs, que pour les décors.
L'histoire est très bien racontée, certes la fin tombe assez rapidement mais cela nous permet de prolonger le plaisir en imaginant la véritable histoire de Léonard.
J'ai pris mon temps pour lire, pour savourer cette BD et je ne le regrette pas, en espérant qu'il y en ait d'autre car c'était un très bon moment.
Achat que je conseille vivement !
Je n'ai pas mis 5 étoiles (pourquoi d'ailleurs ?), mais cette série est pour moi un vrai bonheur !
Peut-être rebuté par ses dessins flashy et son pitch de base (des ados à pouvoirs de l'univers Marvel se révoltent contre leurs super-vilains de parents), on aurait tort de passer à coté du bijou que se révèle Runaways-Les Fugitifs.
Brian K. Vaughan, scénariste tendance de haute volée du comics mainstream (Pride of Baghdad, Y, Le Dernier Homme, Ex Machina, etc..) nous pond ici peut-être sa série la plus forte.
Car ce n'est de rien d'autre que des affres des adolescents d'aujourd'hui dont nous parle Vaughan, avec beaucoup de pudeur, de retenue et d'empathie. Et le tout accompagné de dialogues percutants, justes et savoureux.
Après une minisérie en trois volumes pétillante à souhait, dont on aurait pu penser qu'elle aurait pu en rester là, c'est tout à l'honneur de Vaughan d'avoir su approfondir le thème et les personnages dans les épisodes suivants, chacun apportant sa pierre à l'ensemble.
En épousant parfaitement le regard des ados, le scénariste se paye même le luxe de ridiculiser les héros emblématiques de la marvel.
Ne bouder pas ce concentré de BD moderne, dynamique, divertissante et réfléchie !
Clap Clap Clap !
Chapeau pour cette adaptation de Dennis Lehane ! Une vraie réussite de la part de De Metter. Un dessin sombre à l'aquarelle qui colle à merveille à l'histoire et à l'ambiance qui en découle.
Si le scénar' de Lehane est une valeur sure, l'adaptation n'en était pas forcément gagnée d'avance. Mais le découpage et la fluidité du récit sont au rendez-vous, et on se laisse embarquer pour cet asile en pleine tempête avec la certitude d'épauler ces deux Marshals... pour finalement se faire complètement débarquer :p
Bref, un vrai coup de coeur pour cette BD, pour moi qui ne suis pas forcément un amateur du genre en BD. Remarque j'avais déjà dis ça avec Blacksad ^^ Je vais finir par devenir un adepte du genre si des opus proposés avec autant de brio se mettent à pulluler.
Nous avons droit à un western très original au scénario de Desberg et au graphisme soigné de Marini. Cette association semble encore une fois très efficace pour notre plus grand bonheur !
Cette bd commence de manière un peu sordide par un double meurtre d’une cruauté sans nom. A noter également qu’il y a une sévère contradiction quant à l’emplacement de la maison où auront lieu ces crimes. Dans un plan, la maison semble isolée en pleine campagne. Puis dans l’autre, elle se situe dans une rue bien fréquentée. Un lecteur averti et soucieux du détail ne pourra être que dérouté. Qu’importe après tout cette faute géographique sans gravité car l’ensemble demeure d’un très bon acabit avec une intrigue qui nous passionne véritablement.
La quête du personnage central dans son enquête est très intéressante car il souhaite à tout prix connaître les raisons du meurtre de son épouse et de sa fille. Il se met à la recherche de la vérité car tout cela le ronge intérieurement. La part du psychologique occupe une place prééminente ce qui renforce la crédibilité de l’œuvre.
C’est une bd qui réserve un grand suspense multipliant quelques fois les fausses pistes et une révélation finale digne de ce nom. Le dessin et les couleurs de Marini sont excellents comme à son habitude (voir Le Scorpion des mêmes auteurs).
Le fait de présenter cette histoire en diptyque paraît tout à fait adapté. Bref, une BD impeccable sur les deux plans que sont le dessin et le scénario parfaitement maîtrisés. J'ai à la fois les deux volumes et la nouvelle version intégrale de cette BD extraordinaire : une de mes lubies de collectionneur en herbe !
Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.5/5
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Killing Joke (Batman - The Killing Joke/Rire et Mourir/Souriez !)
Je ne suis à priori pas un grand fan de comics américain, que ce soit de Batman ou d’autre super héros…trop de virilité affiché à mon gout.... The killing joke (rire et mourir donc) m’a pourtant particulièrement plu. Le dessin est bon, loin des standards sur-testostéronés que l’on voit généralement, et utilise une mise en page cinématographique qui rythme agréablement le récit. Peu de combat, peu de gadget, juste une confrontation sans fioriture, sans retournement de situation alambiqué, assez brutale, entre nos 2 protagonistes : Batman et le joker, dont on apprendra en parallèle les origines. J’ai en outre beaucoup apprécié la conclusion de ce récit. Une excellente BD. Et du coup une envie de découvrir d’autres standards du comics. The Watchmen en tête.
Astonishing X-Men
Bon, ce n’est pas une nouveauté (2008 pour cette compilation, et 2004 pour la première publication), mais la nomination de Whedon aux Eisner Awards 2008 dans la catégorie Best Writer (pour Astonishing X-men justement et Buffy saison 8 ) m’a donné envie de relire cette BD que j’avais déjà trouvée excellente la première fois. Ce pavé de près de 300 pages publié dans la collection Deluxe Marvel, est un très bel album, même s'il perd quelque peu de sa superbe en traversant l'atlantique. C’est sur le nom de l’auteur que je me suis penché sur l'objet car cela fait bien longtemps que j’avais abandonné les séries X. Curieusement ce qui frappe au bout de quelques pages, c’est que l’on a pas forcément besoin d’être resté un X-Menophile acharné pour entrer dans l’histoire puisqu’on a l’impression d’être revenu au temps du run mythique de Claremont et Byrne (ceux qui ont connu la publication de ces histoires via Special Strange ne seront pas dépaysés puisqu’on ne retrouve pas de perso postérieurs à cette époque). Ce run a sûrement aussi marqué Whedon, puisqu’il va se débrouiller pour ressusciter un personnage emblématique de cette équipe (je n’en dit pas plus pour ne pas spoiler la lecture) et multiplier les références s'y rapportant (une attaque de sentinelle très "days of future past"). Ce recueil compile les 12 premiers numéros de cette série (c’est à dire les 2 premiers arcs de l’auteur : "Gifted" et "dangerous", jeu de mot savoureux pour ce deuxième titre au vu du contenu de l'arc), traduite une première fois en France en kiosque dans la série du même nom (y compris la suite que je ne connais pas encore, préférant attendre la publication du deuxième volume "deluxe"). Le lecteur est (ré)introduit dans l’univers X par l’intermédiaire du personnage de Kitty Pride revenant à l’école du professeur Xavier (recrue introduite justement pendant le run Claremont/Byrne). L’immersion dans l’âge d’or des X-Men est complétée dans le premier chapitre par le retour à des costumes plus classiques. Les dessins sont assurés par John Cassaday et la mise en couleur est de Laura Martin. Le style très réaliste de Cassaday (pour un comics de super héros) permet d’appréhender cette bande dessinée avec un regard adulte, et la mise en page très sobre et très claire (on comprend tout ce qui se passe pendant les combats), facilite grandement l’immersion dans un récit qui traite souvent ses différentes intrigues et sous intrigues en parallèle. Le fil rouge de la première moitié de l’histoire (6 premiers numéros, idée qui sera utilisée entre autres dans le film X-Men 3), est associé à la découverte d’un « vaccin » anti mutation et les conséquences de cette découverte pour nos héros (l’utilisera ? l’utilisera pas ?). Dans la deuxième partie, ces X-Men seront confrontés à un "ennemi intime" ainsi qu’à une super sentinelle. Le suspense final finira de raviver nos souvenirs émus, par un clin d'oeil à la saga du Dark Phénix (toujours de Claremont et Byrne). L’histoire est captivante de bout en bout y compris au sein de chaque épisode. La Whedon touch est au rendez-vous : mélange très équilibré de drame et d’humour, répliques savoureuses (probablement le meilleur dialoguiste du moment, tout média confondu) et frissons dans le dos assurés. Probablement une des toutes meilleures sagas des mutants rois de la Marvel, et j’attends donc avec impatience et confiance la prochaine fournée d’astonishing X-Men !
Jérôme Bigras
"Jérôme Bigras" est, avec Michel Risque et "Toto le Bosniaque", ma série préférée du défunt magazine Croc. Tout d'abord, j'aime beaucoup le style de Eid. Son dessin est vraiment rafraîchissant et original. J'ai vu d'autres dessinateurs avoir un style proche de lui, mais Eid a un petit plus que je ne saurais pas expliquer. Ensuite, les histoires me font bien rire. Il y a bien quelques gags qui ne m'arrachent pas un sourire, mais ils sont très peu nombreux. J'aime particulièrement les gags ayant un rapport avec la bande dessinée. C'est là que je trouve que Eid est à son meilleur. On voit bien qu'il aime bien jouer avec les codes de la Bd et ça donne des trucs savoureux comme le gag où Jérôme est aux prises avec des gens du service marketing qui veulent relooker sa série.
Gaston Lagaffe
Ah Gaston mon héros ! Petit, je rigolais aux éclats des gaffes et bêtises de cet hurluberlu. Grand j'envie sa naïveté et sa nonchalance au travail, malheureusement je ne pense pas que cela soit possible :) Niveau graphique ce n'est pas la meilleure des BD, mais les personnages et les décors collent superbement aux gags. L'histoire de Gaston, composée de gags successifs est poilante, il donnerait presque envie de refaire les même gaffes au travail ou à la maison (on va éviter les explosions). Mettre 5/5 à une BD humoristique n'est pas évident, pourtant Gaston le mérite, ce héros de Franquin me fait rire depuis tant d'années que je ne pouvais en faire autrement. Je suis fan :) C'est une des seules BD comique et aussi longue qui ne m'ait jamais déçu. Achat que je conseille, mais pas dans l'édition actuelle, à laquelle je n'accroche pas.
Lulu Femme Nue
J'ai trébuché dans cette bd et après quelques pages de lecture je suis tombée dedans pour n'en sortir qu'à la fin, totalement bouleversée. Lulu soudainement décide de partir sans but, poussée par une force inexplicable elle suit une route invisible qui la mènera tout droit dans un monde où elle trouvera enfin un peu de paix intérieure. Ses amis et ses proches nous racontent son histoire avec beaucoup d'humour et de sincérité sur le ton doux des gens qui savent aimer. Ce sont des rencontres inattendues, des instants magiques et de grands moments de bonheur que vivent nos personnages, mais une subtile souffrance s'installe doucement au fil des pages, une grande tristesse prend le pas, on ne sait plus si l'on doit rire ou pleurer, partagés entre ces deux émotions on se laisse finalement porter par une exquise mélancolie. Bizarrement on n'a pas l'impression de faire partie de l'histoire, on la regarde plutôt, on l'observe et on attend… Un peu comme si on la regardait au travers des yeux de cette femme, qui contemple d'un regard plein de tendresse ce que fut la fin de sa vie. L'esprit de Lulu plane sur l'histoire, vaporeuse mais pas encore disparue. Le dessin est joli et apaisant, les couleurs sont douces comme une caresse. Davodeau nous entraîne dans les méandres de l'âme humaine avec tact, amour et psychologie. Une œuvre pleine de justesse à lire absolument. Tome 2 Graphiquement aussi bon que le premier et tout aussi agréable à lire au niveau de l'histoire, malgré tout j'ai été bien moins touchée par ce qui arrive à Lulu dans ce second opus et surtout je m'attendais à une fin beaucoup plus tragique alors qu'on est juste face à un happy end assez banal. Difficile de toute façon d'être satisfaite avec un roman graphique où les évènements de la vie ont tous tendance à trop se ressembler. Une étoile de moins, mais cela reste une lecture à lire à l'occasion.
S.O.S. Bonheur
Une BD atypique véritablement « culte » pour moi par mon scénariste préféré Van Hamm lorsqu’il était au meilleur de sa forme (quel savoir-faire narratif !). C’est l’une de toutes premières bd adulte que j’ai pu lire en son temps et qui m’a véritablement marqué. Il y a incontestablement quelque chose d’affectif lié à cette trilogie. Ma fidélité pour les séries de Van Hamm ne s’est jamais démentie par la suite. Je pense qu’il a été celui qui a révolutionné le genre en faisant simplement évolué la bd à un autre niveau moins naïf que celle des productions d’antan. Les thèmes exploités ainsi que le scénario sont d’une réelle maîtrise. C’est une série qui apporte une réflexion sur les dérives de la société et du capitalisme. Nous avons ici un Etat-Providence qui veille sur le bonheur de chacun de tous. Des emplois bien payés permettent aux qualifiés d’éviter les nombreuses manifestations provoquées par le chômage. Les soins de santé sont gratuits pour tous, de la simple pilule contre le mal de tête à la chirurgie la plus complexe. Des vacances minutieusement organisées et distribuées tout au long de l’année empêchent les embouteillages monstres de juillet et les dizaines de morts causées chaque année par les carambolages. Bref, c’est un bonheur officiel et programmé dans une société idéale. Cependant, le rêve d’une telle société peut très vite se transformer en cauchemar pour peu qu’on se rebelle contre l’ordre établi… En effet, le scénario démolit tous les idéaux qui font de l’Etat un distributeur de bonheur. Le final (tome 3) où tout se regroupe est époustouflant. Nous avons là une chronique sociale d’anticipation plutôt effrayante. C’est un classique devenu culte qui reste toujours d’actualité malgré le temps qui passe. Je l'ai relu récemment et je peux certifier que cela n'a pas vieilli d'un pouce ! Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 5/5 – Note Globale : 4.5/5
Exauce-nous
Bon pour mon premier avis, j'hésitais entre une BD de ma jeunesse et une de mes BDs actuelles. Après avoir découvert ce one shot, je me suis dit qu'il ne pouvait pas en être autrement, ce sera pour cette BD que je déposerai mon premier avis. En ce qui concerne le dessin il n'y a rien à redire, il est magnifique aussi bien pour les couleurs, que pour les décors. L'histoire est très bien racontée, certes la fin tombe assez rapidement mais cela nous permet de prolonger le plaisir en imaginant la véritable histoire de Léonard. J'ai pris mon temps pour lire, pour savourer cette BD et je ne le regrette pas, en espérant qu'il y en ait d'autre car c'était un très bon moment. Achat que je conseille vivement !
Runaways (Les Fugitifs)
Je n'ai pas mis 5 étoiles (pourquoi d'ailleurs ?), mais cette série est pour moi un vrai bonheur ! Peut-être rebuté par ses dessins flashy et son pitch de base (des ados à pouvoirs de l'univers Marvel se révoltent contre leurs super-vilains de parents), on aurait tort de passer à coté du bijou que se révèle Runaways-Les Fugitifs. Brian K. Vaughan, scénariste tendance de haute volée du comics mainstream (Pride of Baghdad, Y, Le Dernier Homme, Ex Machina, etc..) nous pond ici peut-être sa série la plus forte. Car ce n'est de rien d'autre que des affres des adolescents d'aujourd'hui dont nous parle Vaughan, avec beaucoup de pudeur, de retenue et d'empathie. Et le tout accompagné de dialogues percutants, justes et savoureux. Après une minisérie en trois volumes pétillante à souhait, dont on aurait pu penser qu'elle aurait pu en rester là, c'est tout à l'honneur de Vaughan d'avoir su approfondir le thème et les personnages dans les épisodes suivants, chacun apportant sa pierre à l'ensemble. En épousant parfaitement le regard des ados, le scénariste se paye même le luxe de ridiculiser les héros emblématiques de la marvel. Ne bouder pas ce concentré de BD moderne, dynamique, divertissante et réfléchie !
Shutter Island
Clap Clap Clap ! Chapeau pour cette adaptation de Dennis Lehane ! Une vraie réussite de la part de De Metter. Un dessin sombre à l'aquarelle qui colle à merveille à l'histoire et à l'ambiance qui en découle. Si le scénar' de Lehane est une valeur sure, l'adaptation n'en était pas forcément gagnée d'avance. Mais le découpage et la fluidité du récit sont au rendez-vous, et on se laisse embarquer pour cet asile en pleine tempête avec la certitude d'épauler ces deux Marshals... pour finalement se faire complètement débarquer :p Bref, un vrai coup de coeur pour cette BD, pour moi qui ne suis pas forcément un amateur du genre en BD. Remarque j'avais déjà dis ça avec Blacksad ^^ Je vais finir par devenir un adepte du genre si des opus proposés avec autant de brio se mettent à pulluler.
L'Etoile du Désert
Nous avons droit à un western très original au scénario de Desberg et au graphisme soigné de Marini. Cette association semble encore une fois très efficace pour notre plus grand bonheur ! Cette bd commence de manière un peu sordide par un double meurtre d’une cruauté sans nom. A noter également qu’il y a une sévère contradiction quant à l’emplacement de la maison où auront lieu ces crimes. Dans un plan, la maison semble isolée en pleine campagne. Puis dans l’autre, elle se situe dans une rue bien fréquentée. Un lecteur averti et soucieux du détail ne pourra être que dérouté. Qu’importe après tout cette faute géographique sans gravité car l’ensemble demeure d’un très bon acabit avec une intrigue qui nous passionne véritablement. La quête du personnage central dans son enquête est très intéressante car il souhaite à tout prix connaître les raisons du meurtre de son épouse et de sa fille. Il se met à la recherche de la vérité car tout cela le ronge intérieurement. La part du psychologique occupe une place prééminente ce qui renforce la crédibilité de l’œuvre. C’est une bd qui réserve un grand suspense multipliant quelques fois les fausses pistes et une révélation finale digne de ce nom. Le dessin et les couleurs de Marini sont excellents comme à son habitude (voir Le Scorpion des mêmes auteurs). Le fait de présenter cette histoire en diptyque paraît tout à fait adapté. Bref, une BD impeccable sur les deux plans que sont le dessin et le scénario parfaitement maîtrisés. J'ai à la fois les deux volumes et la nouvelle version intégrale de cette BD extraordinaire : une de mes lubies de collectionneur en herbe ! Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.5/5