Pas mal ce diptyque.
Nicolas Gogol est l'un des meilleurs auteurs de la littérature russe, mais il est mal connu du grand public. Dauvillier a donc décidé de nous faire découvrir l'une de ses meilleures oeuvres, "Le Portrait", histoire fantastique à souhait. Pour lui donner l'ampleur nécessaire, le récit s'étale donc sur deux albums.
J'ai trouvé ces deux albums très bons, presque envoûtants. François Ravard a le don pour installer des ambiances très prenantes, et il est ici au service de l'un des meilleurs raconteurs d'histoires du moment. Le découpage en chapitres est très bien vu, il permet de bien suivre le rythme et l'évolution du personnage principal. Dans la tradition fantastique, c'est un récit somme toute assez classique, mais pourtant très bien raconté.
Graphiquement la césure entre les deux tomes est assez marquée. Alors que le style de Ravard est hésitant, brut, presque brouillon, il gagne en netteté et en maturité dans la seconde partie. Peut-être est-ce voulu, peut-être Ravard a-t-il expérimenté une autre technique entre-temps, toujours est-il que cela ne gêne pas la lecture, au contraire.
"Le portrait" était un classique de la littérature mondiale, son adaptation en BD est aussi un classique.
RG est une bande dessinée qui tranche radicalement avec tout ce qui se fait dans le genre policier. Je dois dire que j'ai été aussi scotché que lors de la lecture du Tueur de Matz chez Casterman. Une oeuvre vraiment remarquable dans la mesure ou l'on sent une réelle sincérité dans le ton employé par les auteurs. Ce n'est pourtant pas la première fois que nous sommes plongés dans l'univers des flics, leurs planques, leurs méthodes d'investigation parfois peu scrupuleuses, leurs capacités de déductions. Mais ici, l'alliance entre le reportage journalistique et le roman avec les codes sacrés du polar est tout simplement renversante. Et ce genre de prouesse n'est vraiment pas chose aisée!
Une note toute spéciale pour le dessin de Peeters qui, à l'image de ses autres oeuvres (notamment Pilules Bleues, Lupus ou le moins connu Constellation), est toujours aussi proche du réel même si l'univers décrit nous paraît bien éloigné de notre réel à nous, simple citoyen. Ses vues en contre plongé, des gros plans, son sens du détail et de la colorisation ainsi que son trait rond font de Peeters un auteur incontournable dans le monde de la bande dessinée.
Pour finir, je dirai qu'il y a dans cette bd un côté inquiétant. En effet, on a l'impression qu'il y a constamment un oeil braqué sur nous, un peu comme si Big Brother nous surveillait constamment.
J'attends le deuxième tome avec impatience, pour, j'espère, classer cette série dans la catégorie culte, car profondément originale.
Décidément la collection "Ecritures" de Casterman continue de m'enchanter. Après le très réussi Kiki de Montparnasse, voilà "Petites éclipses", réflexion amère sur les trentenaires à travers 6 personnages.
Même si l'ombre de Frédéric Beigbeder plane sur ce livre, Fane et Jim ont su créer un univers particulier qui allie histoire douce-amère, humour, violence, et déchéance.
Car l'idée principale de ce pavé, qui se lit d'une traite, est bien de décrire la déchéance de couples qui, à travers 4 journées, vont s'aimer, se trahir, se déchirer et surtout vont parler à en faire mal.
Je connaissais Fane seulement de nom (notamment avec sa reprise de Joe Bar Team) et Jim, par ses séries d'humour. L'alchimie entre ces auteurs fonctionne à merveille, et le dessin de Fane s'adapte fort bien au scénario concocté par les deux auteurs.
Ils nous livrent là, un récit sans concession sur les hommes et les femmes, récit où l'on rit tout de même beaucoup grâce aux dialogues savoureux qui parsèment l'ensemble de cette bande dessinée.
Achetez-la.
Après lecture des 2 premiers tomes.
"LA série historique du moment".
L'histoire s'appuie sur des personnages historiques, et semble globalement reconstitué le contexte et les faits propres à la guerre de cent ans.
Le scénario est intelligemment structuré et fait la part belle à l'action quand il le faut.
Les couvertures sont superbes, et ........... l'intérieur aussi.
Un futur grand classique.
J'espère que l'histoire ne traînera pas trop en longueur par la suite et conservera le rythme soutenu des 2 premiers tomes.
Attention : énorme, monumental ! Cette série mérite amplement sa place en tête des immanquables SF. Le scénario est d’un niveau exceptionnel, il est remarquable d’intelligence et de précision. Les paradoxes temporels, la façon dont on retombe sur ses pieds à chaque voyage dans le temps, c’est tout simplement bluffant ! On n’est pas loin de la perfection.
Il y a quelques détails qui m’empêchent de mettre la note maximale. Les explications scientifiques sont vraiment très complexes et parfois un peu difficile à ingurgiter. J’ai dû en relire certaines plusieurs fois. Il y aussi quelques passages un peu longs. Il y a enfin le dessin qui ne m’a pas totalement séduit.
Mais ce n’est que du chipotage au regard de la qualité du scénario !
Une fois le sixième et dernier tome terminé, on a qu’une envie : relire la BD depuis le début. C’est à mon avis le genre de série qui s’apprécie un peu plus a chaque relecture pour finalement devenir culte.
En tout cas c’est indéniable :
1 - je ressors marqué de cette première lecture.
2 - je confirme qu'après relecture cette série mérite une 5e étoile
Cette BD est franchement géniale. J'ai adoré. Les dessins sont superbes, le scénario est très bien monté. Le lecteur suit l'ensemble de l'histoire dans une ambiance de surcroît très poétique. Le Noirhomme est très bien réalisé, il concrétise bien les sentiments du personnage central. Cette bande dessinée amène beaucoup à philosopher, notamment sur la condition humaine. Vraiment intéressante et captivante. Je la conseille vivement.
00h24. Je viens de terminer l’intégrale de « L’hiver d’un monde ». Je sais, c’est un peu tard pour écrire un avis, mais il fallait absolument que je livre mes sensations intactes.
Je ne connaissais pas Mazan. Son œuvre m’a subjugué. Plus étonnant, c’est essentiellement par le graphisme qu’elle m’a ensorcelé. Pour moi, qui accorde généralement beaucoup plus d’importance au scénario, c’est un fait assez nouveau. Je ne m’étendrai donc pas trop sur l’histoire, pourtant de grande qualité et très captivante. On y découvre la « peinture » d’un monde, finalement pas très éloigné du nôtre. Son passé, ses villes, ses gens, ses mœurs s’y révèlent au gré des aventures de quelques personnages dont les destins se croisent et se heurtent au fil des trois tomes. Quelques sujets majeurs y sont évoqués. Liberté, futilité de la guerre, racisme… Cependant, à peine explorés, ils fournissent juste le relief nécessaire au récit en évitant des lourdeurs inutiles.
Mais revenons à la forme, car, excusez-moi si je me répète, c’est pour moi le facteur prépondérant. Je vais tenter un rapprochement très osé. Dans la série, le retour systématique à la plage de Charençons les pins en fin de tomes, m’a souvent ramené à celle de Combray dans A la recherche du temps perdu. Le rapport peut paraître nébuleux et je me demandais ce qui pouvait provoquer cette impression. En fait, j’ai retrouvé dans cet album, la même perception, le même « transport » que déclenchaient les longues phrases « mélodiques » de Proust. Ici, ce sont la narration et le dessin qui jouent ce rôle. Je passe sur le premier opus où l’excès d’ombres et le relatif manque de teintes donnaient un ensemble sensiblement terne (quoique plaisant). Mais alors la suite ! Un trait fouillé, « bavard », d’une très grande finesse. On admire la clarté dans laquelle baignent certaines cases malgré une savoureuse abondance de détails puis on se délecte de la quiétude angélique qui se dégage d’autres. Un tout magnifié de couleurs harmonieuses, très « ambiancées » et efficacement soutenu par un découpage fluide qui déclenche et cadence une agréable petite musique intérieure. Immergé dans un océan de multiples tonalités on se laisse dériver au gré des courants « visuels » du récit.
Il m’est vraiment difficile de bien retranscrire mon ressenti avec des mots. Disons simplement que c’était très enivrant. À lire sans retenue !
Un énorme « quatre étoiles » venu tout droit du cœur (et des yeux).
Alors voilà, comme Alix m’a scandaleusement plagiée par anticipation, que dire d’autre, que dire de plus, pour vous convaincre ?
Que Persepolis est une série qui pétille de malice, d’intelligence et d’impertinence. Qu’il n’y a pas de temps morts, que le personnage principal est terriblement attachant, et que je me suis sentie très proche d’elle.
Que le dessin, tantôt (faussement) naïf, tantôt très inventif, sert admirablement le propos de Marjane Satrapi. C’est vrai qu’il emprunte parfois aux motifs chers à David B. (quand j’vous l’dis, qu’il m’a copiée ! :! ) et d’ailleurs ce dernier a préfacé le tome 1. En fait, c’est même lui qui a présenté Marjane Satrapi aux autres membres de L’Association. Bref, si vous aimez les histoires autobiographiques, ou tout simplement les histoires bien racontées, avec en plus un arrière-plan historique qui confère à la série un intérêt documentaire précieux, allez-y !
Dernière petite chose : je fais partie de ceux qui ont aussi aimé le tome 3 qui raconte l’expérience autrichienne de l’auteur.
Courtney Crumrin, c’est d’abord un univers fantastique, fait de magie noire, de sorciers et de choses de la nuit, tout-à-fait de nature à combler les lecteurs de Harry Potter (dont je fais partie).
C’est aussi une héroïne sympathique et qui a du tempérament, Courtney, son oncle, Aloysius Crumrin, aussi charismatique que mystérieux, et d’autres personnages, hauts en couleurs (si je puis dire).
C’est encore des dialogues percutants, et des histoires dans lesquelles on se glisse avec gourmandise.
C’est enfin un très élégant dessin en noir et blanc, extrêmement expressif, qui n’a cessé tout au long de ma lecture, de m’évoquer quelque chose, mais quoi, parvenue à la fin du tome 3, je ne m’en souvenais toujours pas, malheureusement.
Courtney Crumrin ? Lue et approuvée par Jason et Trondheim :)
Et moi. :8
La vieillesse, voire la grande vieillesse, est un sujet difficile, heureusement des oeuvres comme Les petits ruisseaux (dans un registre un peu différent) et ce "Rides" prouvent qu'on peut en parler avec respect et humour à la fois.
La maladie d'Alzheimer est une vraie saloperie, qui provoque une perte rapide des repères chez nos aînés. Paco Roca est allé dans de nombreuses maisons de retraite, a rencontré et observé plusieurs personnes atteintes de cette affection, et retranscrit de façon bien dosée ses effets. Le rythme s'accélère en fin de volume, mais c'est pour mieux coller à la maladie.
En parlant de rythme, l'auteur distille les "évasions" de ses personnages de façon remarquable, aux moments où l'on s'y attend le moins. J'ai particulièrement apprécié celle du début, mais aussi celle des nuages, à la fois poétique et enchanteresse. Et on n'oublie pas l'humour, parce qu'ils s'amusent quand même parfois, nos (arrières-) grands-parents.
Le trait de Roca est clair, très européen, et en même temps extrêmement lisible.
Une vraie réussite, à la fois digne, sage et à laquelle on doit le respect.
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Le portrait
Pas mal ce diptyque. Nicolas Gogol est l'un des meilleurs auteurs de la littérature russe, mais il est mal connu du grand public. Dauvillier a donc décidé de nous faire découvrir l'une de ses meilleures oeuvres, "Le Portrait", histoire fantastique à souhait. Pour lui donner l'ampleur nécessaire, le récit s'étale donc sur deux albums. J'ai trouvé ces deux albums très bons, presque envoûtants. François Ravard a le don pour installer des ambiances très prenantes, et il est ici au service de l'un des meilleurs raconteurs d'histoires du moment. Le découpage en chapitres est très bien vu, il permet de bien suivre le rythme et l'évolution du personnage principal. Dans la tradition fantastique, c'est un récit somme toute assez classique, mais pourtant très bien raconté. Graphiquement la césure entre les deux tomes est assez marquée. Alors que le style de Ravard est hésitant, brut, presque brouillon, il gagne en netteté et en maturité dans la seconde partie. Peut-être est-ce voulu, peut-être Ravard a-t-il expérimenté une autre technique entre-temps, toujours est-il que cela ne gêne pas la lecture, au contraire. "Le portrait" était un classique de la littérature mondiale, son adaptation en BD est aussi un classique.
RG
RG est une bande dessinée qui tranche radicalement avec tout ce qui se fait dans le genre policier. Je dois dire que j'ai été aussi scotché que lors de la lecture du Tueur de Matz chez Casterman. Une oeuvre vraiment remarquable dans la mesure ou l'on sent une réelle sincérité dans le ton employé par les auteurs. Ce n'est pourtant pas la première fois que nous sommes plongés dans l'univers des flics, leurs planques, leurs méthodes d'investigation parfois peu scrupuleuses, leurs capacités de déductions. Mais ici, l'alliance entre le reportage journalistique et le roman avec les codes sacrés du polar est tout simplement renversante. Et ce genre de prouesse n'est vraiment pas chose aisée! Une note toute spéciale pour le dessin de Peeters qui, à l'image de ses autres oeuvres (notamment Pilules Bleues, Lupus ou le moins connu Constellation), est toujours aussi proche du réel même si l'univers décrit nous paraît bien éloigné de notre réel à nous, simple citoyen. Ses vues en contre plongé, des gros plans, son sens du détail et de la colorisation ainsi que son trait rond font de Peeters un auteur incontournable dans le monde de la bande dessinée. Pour finir, je dirai qu'il y a dans cette bd un côté inquiétant. En effet, on a l'impression qu'il y a constamment un oeil braqué sur nous, un peu comme si Big Brother nous surveillait constamment. J'attends le deuxième tome avec impatience, pour, j'espère, classer cette série dans la catégorie culte, car profondément originale.
Petites éclipses
Décidément la collection "Ecritures" de Casterman continue de m'enchanter. Après le très réussi Kiki de Montparnasse, voilà "Petites éclipses", réflexion amère sur les trentenaires à travers 6 personnages. Même si l'ombre de Frédéric Beigbeder plane sur ce livre, Fane et Jim ont su créer un univers particulier qui allie histoire douce-amère, humour, violence, et déchéance. Car l'idée principale de ce pavé, qui se lit d'une traite, est bien de décrire la déchéance de couples qui, à travers 4 journées, vont s'aimer, se trahir, se déchirer et surtout vont parler à en faire mal. Je connaissais Fane seulement de nom (notamment avec sa reprise de Joe Bar Team) et Jim, par ses séries d'humour. L'alchimie entre ces auteurs fonctionne à merveille, et le dessin de Fane s'adapte fort bien au scénario concocté par les deux auteurs. Ils nous livrent là, un récit sans concession sur les hommes et les femmes, récit où l'on rit tout de même beaucoup grâce aux dialogues savoureux qui parsèment l'ensemble de cette bande dessinée. Achetez-la.
Le Trône d'argile
Après lecture des 2 premiers tomes. "LA série historique du moment". L'histoire s'appuie sur des personnages historiques, et semble globalement reconstitué le contexte et les faits propres à la guerre de cent ans. Le scénario est intelligemment structuré et fait la part belle à l'action quand il le faut. Les couvertures sont superbes, et ........... l'intérieur aussi. Un futur grand classique. J'espère que l'histoire ne traînera pas trop en longueur par la suite et conservera le rythme soutenu des 2 premiers tomes.
Universal War One
Attention : énorme, monumental ! Cette série mérite amplement sa place en tête des immanquables SF. Le scénario est d’un niveau exceptionnel, il est remarquable d’intelligence et de précision. Les paradoxes temporels, la façon dont on retombe sur ses pieds à chaque voyage dans le temps, c’est tout simplement bluffant ! On n’est pas loin de la perfection. Il y a quelques détails qui m’empêchent de mettre la note maximale. Les explications scientifiques sont vraiment très complexes et parfois un peu difficile à ingurgiter. J’ai dû en relire certaines plusieurs fois. Il y aussi quelques passages un peu longs. Il y a enfin le dessin qui ne m’a pas totalement séduit. Mais ce n’est que du chipotage au regard de la qualité du scénario ! Une fois le sixième et dernier tome terminé, on a qu’une envie : relire la BD depuis le début. C’est à mon avis le genre de série qui s’apprécie un peu plus a chaque relecture pour finalement devenir culte. En tout cas c’est indéniable : 1 - je ressors marqué de cette première lecture. 2 - je confirme qu'après relecture cette série mérite une 5e étoile
Noirhomme
Cette BD est franchement géniale. J'ai adoré. Les dessins sont superbes, le scénario est très bien monté. Le lecteur suit l'ensemble de l'histoire dans une ambiance de surcroît très poétique. Le Noirhomme est très bien réalisé, il concrétise bien les sentiments du personnage central. Cette bande dessinée amène beaucoup à philosopher, notamment sur la condition humaine. Vraiment intéressante et captivante. Je la conseille vivement.
L'Hiver d'un monde
00h24. Je viens de terminer l’intégrale de « L’hiver d’un monde ». Je sais, c’est un peu tard pour écrire un avis, mais il fallait absolument que je livre mes sensations intactes. Je ne connaissais pas Mazan. Son œuvre m’a subjugué. Plus étonnant, c’est essentiellement par le graphisme qu’elle m’a ensorcelé. Pour moi, qui accorde généralement beaucoup plus d’importance au scénario, c’est un fait assez nouveau. Je ne m’étendrai donc pas trop sur l’histoire, pourtant de grande qualité et très captivante. On y découvre la « peinture » d’un monde, finalement pas très éloigné du nôtre. Son passé, ses villes, ses gens, ses mœurs s’y révèlent au gré des aventures de quelques personnages dont les destins se croisent et se heurtent au fil des trois tomes. Quelques sujets majeurs y sont évoqués. Liberté, futilité de la guerre, racisme… Cependant, à peine explorés, ils fournissent juste le relief nécessaire au récit en évitant des lourdeurs inutiles. Mais revenons à la forme, car, excusez-moi si je me répète, c’est pour moi le facteur prépondérant. Je vais tenter un rapprochement très osé. Dans la série, le retour systématique à la plage de Charençons les pins en fin de tomes, m’a souvent ramené à celle de Combray dans A la recherche du temps perdu. Le rapport peut paraître nébuleux et je me demandais ce qui pouvait provoquer cette impression. En fait, j’ai retrouvé dans cet album, la même perception, le même « transport » que déclenchaient les longues phrases « mélodiques » de Proust. Ici, ce sont la narration et le dessin qui jouent ce rôle. Je passe sur le premier opus où l’excès d’ombres et le relatif manque de teintes donnaient un ensemble sensiblement terne (quoique plaisant). Mais alors la suite ! Un trait fouillé, « bavard », d’une très grande finesse. On admire la clarté dans laquelle baignent certaines cases malgré une savoureuse abondance de détails puis on se délecte de la quiétude angélique qui se dégage d’autres. Un tout magnifié de couleurs harmonieuses, très « ambiancées » et efficacement soutenu par un découpage fluide qui déclenche et cadence une agréable petite musique intérieure. Immergé dans un océan de multiples tonalités on se laisse dériver au gré des courants « visuels » du récit. Il m’est vraiment difficile de bien retranscrire mon ressenti avec des mots. Disons simplement que c’était très enivrant. À lire sans retenue ! Un énorme « quatre étoiles » venu tout droit du cœur (et des yeux).
Persepolis
Alors voilà, comme Alix m’a scandaleusement plagiée par anticipation, que dire d’autre, que dire de plus, pour vous convaincre ? Que Persepolis est une série qui pétille de malice, d’intelligence et d’impertinence. Qu’il n’y a pas de temps morts, que le personnage principal est terriblement attachant, et que je me suis sentie très proche d’elle. Que le dessin, tantôt (faussement) naïf, tantôt très inventif, sert admirablement le propos de Marjane Satrapi. C’est vrai qu’il emprunte parfois aux motifs chers à David B. (quand j’vous l’dis, qu’il m’a copiée ! :! ) et d’ailleurs ce dernier a préfacé le tome 1. En fait, c’est même lui qui a présenté Marjane Satrapi aux autres membres de L’Association. Bref, si vous aimez les histoires autobiographiques, ou tout simplement les histoires bien racontées, avec en plus un arrière-plan historique qui confère à la série un intérêt documentaire précieux, allez-y ! Dernière petite chose : je fais partie de ceux qui ont aussi aimé le tome 3 qui raconte l’expérience autrichienne de l’auteur.
Courtney Crumrin
Courtney Crumrin, c’est d’abord un univers fantastique, fait de magie noire, de sorciers et de choses de la nuit, tout-à-fait de nature à combler les lecteurs de Harry Potter (dont je fais partie). C’est aussi une héroïne sympathique et qui a du tempérament, Courtney, son oncle, Aloysius Crumrin, aussi charismatique que mystérieux, et d’autres personnages, hauts en couleurs (si je puis dire). C’est encore des dialogues percutants, et des histoires dans lesquelles on se glisse avec gourmandise. C’est enfin un très élégant dessin en noir et blanc, extrêmement expressif, qui n’a cessé tout au long de ma lecture, de m’évoquer quelque chose, mais quoi, parvenue à la fin du tome 3, je ne m’en souvenais toujours pas, malheureusement. Courtney Crumrin ? Lue et approuvée par Jason et Trondheim :) Et moi. :8
La Tête en l'air (Rides)
La vieillesse, voire la grande vieillesse, est un sujet difficile, heureusement des oeuvres comme Les petits ruisseaux (dans un registre un peu différent) et ce "Rides" prouvent qu'on peut en parler avec respect et humour à la fois. La maladie d'Alzheimer est une vraie saloperie, qui provoque une perte rapide des repères chez nos aînés. Paco Roca est allé dans de nombreuses maisons de retraite, a rencontré et observé plusieurs personnes atteintes de cette affection, et retranscrit de façon bien dosée ses effets. Le rythme s'accélère en fin de volume, mais c'est pour mieux coller à la maladie. En parlant de rythme, l'auteur distille les "évasions" de ses personnages de façon remarquable, aux moments où l'on s'y attend le moins. J'ai particulièrement apprécié celle du début, mais aussi celle des nuages, à la fois poétique et enchanteresse. Et on n'oublie pas l'humour, parce qu'ils s'amusent quand même parfois, nos (arrières-) grands-parents. Le trait de Roca est clair, très européen, et en même temps extrêmement lisible. Une vraie réussite, à la fois digne, sage et à laquelle on doit le respect.