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Couverture de la série La Terre verte
La Terre verte

Je possède l’album depuis sa sortie mais ce n’est que tout dernièrement que je l’ai lu. Je ne sais pas trop pourquoi je repoussais ma lecture, le temps sans doute (ça reste un beau pavé) et aussi les retours « relativement » versatiles. Bref tout ça pour dire que j’en ai gentiment fait un objet qui se laissait désirer et que mes attentes se sont doucement atténuées avec le temps. Verdict aujourd’hui. A mon goût, un album de très très haute volée. J’ai tout aimé, emporté par l'aventure et le décorum proposés. Précisons également que j’ai pris le récit comme tel, je suis bien trop inculte pour comparer à la dramaturgie de Richard III ou à la verve Shakespearienne. Un album qui m’a fait voyager et impeccablement réalisé. Le truc que je conseillerai et que je relirai avec le même intérêt. Trois auteurs que j’admirais déjà et trois auteurs au diapason pour mon plus grand bonheur. J’ai particulièrement dégusté l’ambiance du récit, des personnages peu attachants mais savoureux, la localisation et l’époque ajoutent au dépaysement pour cette saga/hommage d’Ayroles. J’avoue que l’on a sans doute déjà vu plus grandiose en terme d’aventure mais tous les ingrédients sont bien positionnés, et l’auteur brasse de nombreuses thématiques humaines comme locales. Ça déroule comme une pièce de théâtre, actes, scènes … jusqu’au final sans grande surprise mais réussi. J’ai franchement aimé me perdre sur cette terre désolée. Ajoutons à ça un duo qui fonctionne parfaitement pour la partie graphique, le dessin d’Hervé Tanquerelle n’est jamais aussi beau que quand il est mis en lumière par Isabelle Merlet, une harmonie rare qui participe à immerger le lecteur. Perso j’adore. Je salue aussi l’initiative de ne pas avoir scinder l’histoire en plusieurs tomes, l’expérience aurait été tout autre. Là j’ai apprécié, dégusté, savouré en un bloc cette leçon de bandes dessinées. Un petit culte généreux mais mérité, il y a tout ce que j’attends d’une bd (ça m’a même poussé à faire des recherches sur la pièce et celle colonie viking). 4,5

17/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Electric Miles
Electric Miles

Surprenante cette œuvre. J’avoue que je préfère les auteurs dans des récits de pure fiction, ici il nous refont un peu le coup de L'Homme qui tua Chris Kyle (une exploration d’une certaine Amérique), mais je reste très réceptif à leur travail et traitement proposé. J’ai bien une petite réserve encore sur le sujet (qui ne m’avait d’ailleurs pas autant sauté aux yeux avant de vous lire), pas ma came et spécial mais Nury a franchement l’art de rendre ça intriguant avec sa mise en scène et touche fantastique. Et puis évidemment le dessin de Brüno et sa narration qu’on ne présente plus et qui s’avèrent une nouvelle fois aux petits oignons. Un premier contact intriguant avec cette série même si ça m’ennuie un peu de ne pas savoir le nombre de tomes à venir. J’aime la façon dont ça m’est compté mais le sujet peut vite m’arriver à overdose.

17/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Moby Dick (Chabouté)
Moby Dick (Chabouté)

Encore une adaptation du mythique Moby Dick de Melville ?! Mais ce diptyque de Chabouté, littéralement possédé par la furie vengeresse du Capitaine Achab, mérite amplement notre attention et, si le récit reste fidèle à l'original, la mise en planches confine à du grand cinéma. On ne compte plus les adaptations graphiques du célèbre Moby Dick d'Herman Melville - j'en ai dénombré pas loin d'une dizaine, certaines s'éloignant plus ou moins du roman original, et même trouvé une version "galactique" ! - mais ce diptyque de Christophe Chabouté, paru en 2014 chez Glénat, vaut vraiment le détour car chacun sait que « si la vie sur mer l'emporte déjà sur la vie à terre, dans le domaine des fables et du fantastique, la pêche à la baleine, elle, surpasse en contes merveilleux, tragiques et effrayants tout autre mode de vie maritime. » Faut-il résumer ici l'histoire iconique de la baleine Moby Dick et du Capitaine Achab ? « Le capitaine Achab [...] a fréquenté des cannibales, connu des prodiges. Il voit plus profond que la plus profonde des vagues, son harpon est le plus fin et le plus sûr de toute l'île. Il est Achab, et l'Achab de l'histoire était un roi ... Un roi impie ... Impie et maudit ! » Le premier tome (le "livre premier") installe l'ambiance avec l'arrivée du narrateur à Nantucket sur la côte Est des US pour s'embarquer à bord d'un baleinier. À ses côtés, un harponneur aussi tatoué qu'effrayant, Queequeg. Tous deux s'enrôlent à bord du fameux Pequod. À bord, la folie revancharde du Capitaine Achab, cet « homme que ronge le désir insatisfait de la vengeance », va pousser l'équipage à pourchasser sur les mers le cachalot blanc, l'animal monstrueux qui avait emporté un morceau du capitaine, désormais unijambiste. « Un cachalot à tête blanche, au front ridé et à la mâchoire de travers, un cachalot dont la nageoire est percée de trois trous à tribord. » Le second album démarre sous les pires auspices : Queequeg préfère dormir dans un cercueil et la folie du Capitaine Achab grandit de jour en jour, tandis que le navire course le grand cachalot blanc. Et Chabouté de citer Melville quasiment mot à mot : « C'est un mauvais voyage ! Mal commencé, mal poursuivi. » Le récit est bien sûr un peu simplifié pour rentrer dans les deux albums, le texte est à peine modernisé pour rentrer dans les cases d'aujourd'hui : il faut bien faire quelques choix mais tout cela reste globalement très fidèle au texte original, parfois même mot pour mot. L'auteur a conservé par exemple un découpage en chapitres (certains titres sont même repris tels quels) et assorti chacun d'eux d'un court incipit inspiré du texte de Melville. Le noir et blanc très contrasté, emblématique de Chabouté, s'accorde ici parfaitement à l'atmosphère dure, violente, sauvage, qui règne sur le bateau. La mise en cases laisse une belle place aux gros plans sur les visages de marins (et quelles trognes !). Quant aux scènes de pêche, quand la baleine sonde et que la ligne se tend, c'est presque du cinéma. On se demande quelle magie utilise l'artiste pour rendre tout cela avec seulement deux dimensions pour le dessin et deux dimensions pour la couleur. Et l'encrage profond du noir de Chabouté nous parait presque rouge sang quand : « le navire se métamorphose en une sorte d'abattoir, chaque marin en boucher ». L'auteur a bien sûr centré son récit sur la folie vengeresse d'un Capitaine Achab aux yeux exorbités. Le second officier du navire, Monsieur Starbuck, incarne la raison et lui sert de contrepoint, le jeune Ismaël de témoin. Le lecteur a beau connaître cette histoire par cœur, il ne peut que se laisser happer par le rythme et l'intensité d'une chasse presque mystique, de cette course folle vers la mort.

17/02/2026 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série La Visite au Struthof, camp méconnu
La Visite au Struthof, camp méconnu

Elles sont nombreuses les BD qui parlent de la Shoah, des actes de barbarie perpétrés par les Nazis avant et pendant la deuxième guerre mondiale. On parle beaucoup de camps de concentration et d'extermination tels qu'Auschwitz ou Dachau, mais on oublie qu'il y en a eu un sur le territoire français, en Alsace. C'est ainsi que Yaël Hassan, autrice "spécialiste" de la Shoah et de la seconde guerre mondiale, a voulu mettre la lumière que ce site, au travers de l'histoire de Simon, un collégien de la région, et de sa grand-mère, elle-même fille d'une déportée, qui vont visiter ce camp. On est vraiment dans leurs pas, d'abord dans la préparation, avec notamment la transmission du témoignage familial. Et lorsque le groupe arrive au Struthof, on nous explique bien comment le camp était organisé, sur beaucoup de plans. La guide sur place ne manque pas de livrer plusieurs anecdotes, de donner des noms, car comme l'indique le prof de la classe, il faut penser aux personnes déportées, exécutées ou mortes des privations comme à une multitude d'individus, qui avaient une famille, des rêves, des émotions, et non comme une masse informe, anonyme. Le camp subsiste sous la forme d'un lieu de mémoire, d'exposition, avec des photos, des films, des textes, des œuvres d'art inspirées par cette immense tragédie. On est bien sûr horrifiés, comme ces enfants, de ce qu'il s'est passé sur ce camp installé sur le Mont Louise, un lieu choisi pour son gisement de granite rose. Un récit tétanisant, mais mené de main de maître par Yaël Hassan. On peut s'tonner de prime abord du choix de Marc Lizano pour illustrer cette histoire. Il est en effet essentiellement connu pour ses albums destinés à la jeunesse, avec son trait faussement naïf, ses personnages aux grosses têtes rondes. Mais on peut comprendre ce choix par le prisme de certains de ses albums précédents, comme L'Enfant cachée ou encore Un Grand-père tombé du ciel. Son dessin expressif se prête en effet à merveille à traiter de sujets parmi les plus graves. Au-delà de cette visite, fictive mais fortement inspirée de ce que les enfants du secteur ont pu vivre et voir, l'album est complété par un cahier didactique, destiné aux jeunes générations, comportant plusieurs lexiques sur la déportation, la Résistance ainsi que la biographie d'une dizaine de déportés cités dans la BD. Essentiel.

17/02/2026 (modifier)
Couverture de la série The strange house
The strange house

Il me faut remonter à l’excellent « Burn the House Down » pour retrouver un premier tome aussi accrocheur dans cette catégorie des manga thriller. Le concept est original puisqu’il repose sur l’architecture étrange de certaines maisons. Celles-ci offrent des configurations étranges et le personnage principal de la série va vite se convaincre que cette configuration n’est pas accidentelle mais permet à ses occupants de perpétrer des meurtres sans risquer d’être vus par leurs voisins. L’ambiance et la tension sont bien présentes et au bout de ce premier tome, ma curiosité est fameusement titillée. Je sais déjà que je me ruerai sur le tome 2. Niveau dessin, rien d’exceptionnel mais un trait bien lisible, des personnages bien typés et une attention bien entendu toute particulière a été accordée à l’architecture des bâtiments. Vraiment très accrocheur ! Petite mise à jour après lecture du deuxième tome : c'est toujours aussi bon !

14/11/2025 (MAJ le 17/02/2026) (modifier)
Par Simili
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Sous le Paradis
Sous le Paradis

Après la déception Manara et son Rendez-vous fatal, voilà un bien bel ouvrage que ce "Sous le Paradis" de Gabriele Di Caro 12 petites histoires de 2-5 pages, aux scénarios différents mais ayant en commun de mettre en scène de belles jeunes femmes, permettent une approche "voyeuriste" assez intéressante. Contrairement à l'oeuvre précédemment citée de Manara, ici la femme semble respectée et tout est fait pour son plaisir. Cela change et se révèle bien plus agréable à lire. De même si on est bien dans un style pornographique, je n'ai pas ressenti la même "brutalité" que dans Chambre 121 d'Igor. Là encore je pense que le fait d'être confronté aux plaisirs, solitaires ou non, des dames y est pour beaucoup. Graphiquement il n'y a rien à redire aux dessins très suggestifs, voire appétissants, si vous me permettez mesdames, de Di Caro. C'est simple et beau. Au final Sous le Paradis aura parfaitement rempli son rôle et je tiens enfin mon ouvrage référence du genre. Hâte de voir comment Di Caro s'en sort avec un scénario plus fourni dans Les Arcanes de la Maison Fleury.

17/02/2026 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Femme vie liberté
Femme vie liberté

J’ai beaucoup aimé ce recueil collectif, qui regroupe des auteurs-trices Iranien-ne-s et des grosses pointures de la BD franco-belge (Rabaté, Roca, Sfar, Trondheim, Wild, Winshluss). Ce genre d’exercice a ses défauts – les histoires sont assez courtes et manquent forcément de profondeur, et il y a quelque redites – mais l’album a su retenir mon attention sur ses 260 pages, un gage de qualité selon moi. Il faut dire que le contenu est intéressant, et que les femmes au cœur des récits forcent le respect, par leur courage et leur combat. J’ai aussi beaucoup appris sur l’Iran et ses traditions, et apprécié les styles graphiques variés et (pour la plupart) maitrisés. Un chouette album, que j’ai lu alors que les manifs s’amplifient dans ce pays pris en otage par ses dirigeants oligarques.

17/02/2026 (modifier)
Couverture de la série Shubeik Lubeik
Shubeik Lubeik

J’ai adoré Shubeik Lubeik, et plus j’y pense, plus je me dis que c’est une œuvre vraiment à part. Au-delà de son concept génial autour des vœux vendus comme des produits de consommation, ce qui m’a profondément marqué, c’est la richesse culturelle et spirituelle du récit. Le fait que l’histoire se déroule en Égypte n’est pas anecdotique du tout : au contraire, c’est central et extrêmement bien exploité. La place de la religion, et en particulier de l’islam, est traitée avec beaucoup de finesse. Ce n’est jamais caricatural, jamais moralisateur. La foi est montrée comme quelque chose de profondément intime, parfois rassurant, parfois source de doutes, parfois même de conflits intérieurs. Les personnages s’interrogent sur le destin, la volonté divine, la légitimité de vouloir changer leur vie par un vœu… et j’ai trouvé ces questionnements passionnants. Ça apporte une dimension philosophique et spirituelle très forte à l’histoire, qui distingue clairement Shubeik Lubeik d’autres œuvres fantastiques plus occidentales. La culture égyptienne est omniprésente : dans les décors, les dialogues, les habitudes du quotidien, les références religieuses et sociales. Tout semble authentique et vivant. On sent que l’univers a été pensé avec énormément de soin, et ça rend le worldbuilding encore plus crédible. Les vœux ne sont pas juste un élément magique : ils s’insèrent dans une société déjà structurée par la foi, les classes sociales, les traditions et les inégalités. J’ai aussi énormément apprécié la narration chorale. Chaque personnage entretient un rapport différent aux vœux, mais aussi à la religion et au sens de la vie. Certains espèrent une solution miracle, d’autres refusent presque l’idée même de formuler un vœu, par conviction ou par peur. Il n’y a jamais de jugement : simplement des trajectoires humaines, complexes, parfois douloureuses, toujours crédibles. Visuellement, le dessin reste simple mais extrêmement expressif, au service des émotions et du propos. Rien n’est superflu. Et surtout, le fond du récit est d’une intelligence rare : Shubeik Lubeik parle de déterminisme social, de libre arbitre, de foi, de désir, de solitude et d’espoir, sans jamais donner de réponses faciles. C’est une BD qui m’a profondément touché et qui m’a fait réfléchir longtemps après l’avoir refermée. Un univers original, une approche culturelle et religieuse passionnante, des personnages humains et nuancés : pour moi, c’est un immense coup de cœur, et un 5/5 totalement mérité !

16/02/2026 (modifier)
Par Gaby
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Verts
Verts

J'ai énormément aimé cette BD, les dessins sont magnifiques et l’histoire est agréable, j'aime beaucoup la relire de temps en temps, j'aime énormément que ça parle de nature et que pourtant ce soit en noir et blanc jusqu'à là presque fin de l’œuvre.

16/02/2026 (modifier)
Par Lodi
Note: 4/5
Couverture de la série L'Escadron de la Reine
L'Escadron de la Reine

J'apprends grâce à Spooky que la bd a été dessinée par un vétéran ayant dessiné avec Breccia et Pratt. Pas étonnant : les images sont percutantes et ont du style comme de bonnes lames. Je voudrais bien lire la suite ! Cape et épée pour s'amuser, des femmes pour changer : que demander de plus ? J'aime bien la manière dont la nouvelle est "recrutée". La reine est aussi un personnage qui a un beau potentiel. Ici, il n'y a pas de bien et de mal, seulement un moindre mal : que ce soit dans le sauvetage d'une femme sur le point de subir un viol ou pour défendre le pays, les héroïnes ont le bon goût de ne pas prendre de poses moralisatrices. Pour une fois qu'une belle couverture n'ouvre pas sur une déception, je la propose pour la prochaine meilleure couverture, voilà, c'est dit, je n'y penserai pas plus tard.

16/02/2026 (modifier)