Les derniers avis (40007 avis)

Par Vaudou
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Mégalus (Une aventure de)
Mégalus (Une aventure de)

"Félicitations, vous venez de poser les mains sur le monolithe de la bande dessinée bis". La Planète des ombres est une œuvre rare, située à l'intersection parfaite entre le chef-d'œuvre absolu et le nanar cosmique. Le lecteur (mal)chanceux qui osera s'aventurer dans cette bizarrerie verra notre héros, Mégalus, affronter dans un ordre totalement frénétique : une araignée géante télépathe, des morts-vivants bioniques, une pin-up nymphomane, un vampire tout droit sorti de la Hammer, un sorcier vaudou, des hommes-poissons, un Tyrannosaurus Rex et une gorgone géante. Tout ça... en seulement 41 pages. Le récit est un véritable laboratoire de série Z. S'y mélangent joyeusement SF, érotisme, épouvante, super-héros et voyage dans le temps à la H.G. Wells. Le plus grand miracle ? L'ensemble reste parfaitement compréhensible. Visuellement, c'est un festival. Le dessin est surchargé à l'excès. C'est kitsch, brillant, totalement foutraque, mais terriblement généreux. Mégalus, sauve-nous !

29/05/2026 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Belle de soie
Belle de soie

Pavel Bart signe sa première BD avec ce "Belle de soie". Il va nous plonger dans un univers moyenâgeux où tous les ingrédients du conte sont présents : conspirations, princes et princesse, mariage arrangé, retournements de situation, épidémie avec la terrible Peste de pierre (elle transforme petit à petit les personnages en pierre), destins tragiques, du mystère et bien sûr un peu de magie. Deux femmes, une mère et sa fille, seront au centre de cette histoire au scénario surprenant. La mère est une tisserande qui produit une étoffe unique, la soie précieuse, celle-ci a la particularité d'être douce, lumineuse et d'une robustesse à toutes épreuves (et bien plus encore, mais ça je vous laisse le découvrir). Elle veut transmettre son savoir à sa fille, mais cette dernière va choisir d'accompagner une duchesse et son fils chez le roi, sa fille doit se choisir un mari. Deux femmes avec la même particularité physique, les yeux vairons, autour desquelles gravitent toute une kyrielle de personnages. Des personnages qui ne veulent pas forcément faire leur bonheur. Un début de récit très classique qui va vite bifurquer dans une autre direction, puis une autre et encore une autre. Bref, un scénario inventif ponctué de nombreuses surprises, il est difficile de les voir venir. C'est vraiment ces retournements de situations successifs qui m'ont tenu en haleine. Le scénario est bien construit, les petits retours dans le passé permettent d'éclaircir les zones d'ombre. La narration non académique prend le temps de développer les personnages, de brasser de très nombreux thèmes et de faire de brèves références à d'autres contes. Le dessin aussi est surprenant avec ce trait rêche, souvent statistique et à l'aspect grossier. Pourtant, c'est bien ce dessin et ces tristes couleurs qui rendent crédible cette période féodale. Un visuel avec une vraie patte graphique. Un artiste à suivre ! Un album qui sort du lot. Je conseille ! "Pensez-vous qu'il suffise d'attacher un fil d'or à la patte d'un être pour que celui-ci vous appartienne ?"

29/05/2026 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Dortmunder
Dortmunder

Série découverte au hasard des conseils de mon libraire, je ne savais pas trop à quoi m'attendre en ouvrant cette bande dessinée. Tout de suite, j'ai été séduit par l'atmosphère des années 70, très bien retranscrite, et du film de casse typique, de L'Or se barre (l'ancêtre de Braquage à l'italienne, avec Michael Caine) aux incontournables Ocean's. Encore que le film auquel il me fait probablement le plus penser est assez méconnu, et pourtant excellent : Un Hold-up extraordinaire (avec Shirley MacLaine et encore Michael Caine). On retrouve la même idée du braquage parfait sur le papier, qui se heurte à la réalité des choses et se révèle moins flamboyant que prévu. Sans jamais basculer dans la farce, Bank Shot nous offre un scénario plein d'ironie et de mordant. Les échanges entre les personnages sont toujours pleins de verve, tout comme un scénario qui s'amuse à les malmener, mais toujours d'une façon crédible. On n'est jamais dans la surenchère qui vise à épater le lecteur ou à le surprendre à tout prix. On assiste plutôt à un enchaînement malheureux de situations dont la logique implacable fait inévitablement sourire. Westlake et à sa suite, Headline parviennent à faire avancer le récit par petites touches, rajoutant toujours le petit grain de sable dans une machine apparemment bien rôdée comme une cerise sur le gâteau. C'est tout à fait réjouissant, d'autant que la narration bénéficie d'une fluidité absolue de lecture. On ne se perd jamais dans les nombreux personnages et les péripéties mouvementées, même s'il faut être attentif à tous les détails. Le graphisme faussement brouillon de Jesus Alonso Iglesias sert totalement le récit en ce sens. Cela fourmille de détails en tous sens, de cadrages judicieux, de trognes bien croquées. Finalement, mon seul regret est l'absence de véritable conclusion. À la fin, les personnages repartent chacun de leur côté sans que le petit pied de nez typique des films de braquage ou qu'un petit twist cruel vienne parachever l'œuvre. À mon sens, ça manque un peu car la fin manque alors singulièrement de saveur. Qu'importe, plus que la destination, on comprend que c'était le voyage l'essentiel, et celui-ci s'est révélé particulièrement jouissif !

29/05/2026 (modifier)
Par Josq
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les Chants du Cygne Noir
Les Chants du Cygne Noir

La saga Le Château des étoiles est certainement une des mes sagas préférées de la bande dessinée contemporaine. Voir Alex Alice nous proposer un spin-off sous la forme de manga avait suscité en moi - je l'avoue - une certaine inquiétude. Le format serait-il vraiment justifié ? Pourquoi ne pas faire un récit dérivé sous la même forme, comme l'excellent Les Chimères de Vénus d'Alain Ayroles ? Dès le début de la lecture de ce premier tome, mes réserves sont tombées. Pour raconter cette histoire, le format manga apparaît comme une évidence. Alex Alice montre qu'il a tout compris à ce style, il parvient à en tirer le meilleur et même à le croiser avec une forme de narration peut-être un peu plus classique et typique de la BD franco-belge. Œuvre hybrique, Les Chants du Cygne Noir ne souffre jamais de ce statut. Au contraire, il constitue une synthèse admirable de toutes les influences revendiquées par l'auteur, de Jules Verne à Albator, mais en conservant toujours la forte identité qui caractérise la saga. Ainsi, Les Chants du Cygne Noir reprend la structure classique du récit de vengeance, mais en l'insérant à merveille dans l'univers de sa célèbre saga. Cela nous fait revoir cet univers comme si on le découvrait pour la première fois et c'est particulièrement réussi. On s'attache tout de suite à l'héroïne Benesh grâce à la force de son traumatisme fondateur et à la mise en page qui l'accompagne (une succession de 4 pages impaires à la structure similaire, qui disent tout sans un mot). La narration type manga permet ensuite à Alice de nous offrir des séquences d'action incroyablement spectaculaires, c'est sans aucun doute les plus épiques de tout Le Château des étoiles. On assiste à un récit qui offre une quasi-unité de temps et de lieu, et qui nous fait assister à un braquage spatial. Il y a du Titanic et du Ocean's Eleven là-dedans, mêlé à du space opera, c'est juste LE mélange parfait, quoi. Tout en glissant des les dialogues pleins d'élégance et de sous-entendus qu'on lui connaît dans ce récit, Alex Alice parvient à nous offrir un cocktail particulièrement digeste où le grand spectacle ne le cède jamais à l'émotion, et où les twists sont parfaitement dosés pour surprendre sans rechercher l'esbroufe gratuite. Et enfin, ce dessin... J'étais déjà fan de la patte graphique d'Alice dans sa saga-mère, mais là, il parvient à trouver l'équilibre parfait pour proposer un dessin typé manga qui ne renonce pas à son soin scrupuleux du détail. Il offre à nos yeux éblouis des planches magnifiquement construites, à la patte graphique totalement maîtrisée. Seul regret, que le format manga réduise la taille de ces planches... Pas grave, la narration ultra-efficaces nous aide à vivre au rythme des héros, à leurs côtés, cette aventure cosmique riche en rebondissements. Bref, j'aimais déjà Le Château des étoiles, mais J'ADORE Les Chants du Cygne Noir ! Alex Alice nous offre une extension plus que plaisante à son univers spatial, et distille un savant mystère qui relie étrangement ce spin-off à la saga initiale, en y glissant des personnages connus, dont on aimerait savoir ce qui les a menés ici... Autant dire qu'on va compter les jours avant de pouvoir se replonger dans l'univers merveilleux de ce Ring et comprendre comment on en est arrivés là !

29/05/2026 (modifier)
Couverture de la série Le Fruit le plus doux
Le Fruit le plus doux

Même ressenti que mes prédécesseurs, Gabriele Di Caro est décidément un auteur très intéressant à suivre. Dans le registre « strictement pour adultes », il se démarque indéniablement. Déjà sa patte graphique est très appréciable , c’est lisible, détaillée et charmant à parcourir, il est à l’aise dans toutes situations et ses personnages féminins sont un ravissement. Et bonus, les passages un rien sulfureux se révèlent bien plus sensuels que graveleux. Bref bien réalisé et bien chouette à parcourir, j’aime bien le style. L’histoire suit le même chemin, j’apprécie le soin de l’auteur à créer un vrai récit (pour le genre j’entends), il prend le temps de poser son univers, ses personnages, l’époque, l’aspect fantastique m’a bien plu comme les scènes coquines. Ces dernières sont relativement rares mais toutes réussies, je trouve qu’il s’en dégage un côté à la fois principal et secondaire (je me comprends dans la formule) dans leur mise en place, les intentions … donnant pas mal de cachet à l’ouvrage.

28/05/2026 (modifier)
Par Miguelof
Note: 4/5
Couverture de la série A la recherche de Peter Pan
A la recherche de Peter Pan

Une histoire très belle et bien construite, on la suit avec curiosité et intérêt croissant. J'ai ressenti de l'empathie et de la sympathie pour les personnages. Les dessins sont excellents, surtout les paysages des Alpes valaisannes et Cosey est merveilleux dans les couleurs, les lumières et les ombres des montagnes enneigées. Evolena est également très belle ! Après tant d'années, depuis que j'ai acheté les deux albums, je les ai relus récemment et cela a confirmé que j'avais fait un très bon achat.

28/05/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Wax paradoxe
Wax paradoxe

Je suis tombé sur cette BD dont le sujet m'a immédiatement interpelé : le wax ! Le fameux tissu "africain" dont on fait les chemises et les boubous. Or, je suis grand amateur de Wax ! Si cette BD est sortie opportunément pendant une exposition parisienne précisément consacrée au Wax (c'est même une commande), elle ne passe pas à côté de son sujet. La jeune autrice Justine Sow, métis de père guinéen, et dont il s'agit de la première BD, livre même une bonne histoire qui ne fait pas l'impasse sur l'émotion. En effet, elle livre quelques souvenirs familiaux poignants, et surtout comment elle niait sa propre situation. Comment aussi elle a subit le racisme invisible, y compris de la part de sa très proche famille. Tout cela est bien fait. L'intro pose parfaitement le cadre, et le rendu documentaire est distillé en parallèle de l'histoire familiale. Le dessin remplit parfaitement sa fonction, et on apprend des choses étonnantes sur le fameux tissu que les femmes africaines ont parfaitement investi, pour ne pas dire subverti. On regrettera simplement une fin abrupte, ainsi que la fugacité des scènes de famille, certes concentrées autour d'anecdotes et de dialogues bien choisis. L'ensemble manque d'un poil de percussion, d'où un côté un peu froid peut-être. Perso, j'aurais aimé quelque chose de plus investi d'autant qu'il y avait largement matière à le faire. Un petit bémol proportionnel au plaisir que j'ai eu à lire Wax Paradoxe. Malgré tout, c'est une excellente lecture, on-ne-peut-plus recommandable, dont le titre est parfaitement choisi puisque tout tourne autour de l'idée de paradoxe. Il ne s'agit pas d'une BD reportage : c'est bien plus intime que ça. C'est un détissage (clin d'oeil clin d'oeil) d'une histoire familiale dont les fils (métaphore filée) s'entremêlent (stop !) avec ceux de la vie du fameux tissu. Une petite merveille scénaristique de ce point de vue (et je mets un coup de cœur après relecture)

31/03/2026 (MAJ le 28/05/2026) (modifier)
Par Vaudou
Note: 4/5
Couverture de la série Santiag
Santiag

Un polar fantastique comme Dufaux savait les produire durant son premier âge d'or, que je situe grosso modo entre 1985 et le milieu des années 90. L'histoire tisse des liens avec une autre de ses œuvres, Les Enfants de la Salamandre. C'est un peu tiré par les cheveux mais on ne peut pas nier que ça donne plus d'ampleur à cette fiction. Dans les autres points de comparaison, on peut citer la qualité générale de l'intrigue qui est moins confuse. Elle se suit aisément sans que l'on ait besoin de revenir en arrière parce qu'on a loupé un détail. Le trait de Renaud a passé un palier, surtout les décors. On retrouve cette centralité des visages mais avec un gaufrier mieux maitrisé, des échelles de plans qui gagnent en efficacité. Son dessin reste très statique, même quand Dufaux intègre des phases d'action. Il est donc préférable d'apprécier son style pour rentrer dans l'histoire. L'intégrale récemment publiée contient un épilogue inédit, mais celui ci n'apporte pas grand chose de plus. Encore une réussite pour un des derniers mohicans de la bande dessinée.

28/05/2026 (modifier)
Couverture de la série L'Infiniment Moyen et plus si infinités dans les limites finies d'une édition minimaliste
L'Infiniment Moyen et plus si infinités dans les limites finies d'une édition minimaliste

Marc-Antoine Mathieu ne m’a que rarement réellement déçu, et m’a souvent captivé, voire enthousiasmé avec ses séries qui, pour la plupart, c’est le moins que l’on puisse dire, ne manquent pas d’ambition. Je me suis à plusieurs reprises fait la réflexion que lorsqu’il contacte Delcourt pour un nouveau projet, son éditeur doit marquer un temps d’arrêt, voire calmer une brusque palpitation, tant celui-ci est soumis à quelques lourdes contraintes. Et ici il y a en a, puisque Mathieu nous propose une sorte de livre lilliputien, sans doute l’un des plus petits du monde, qui n’est réellement lisible qu’avec la loupe fournie dans l’album/étui permettant à l’acheteur de ranger cet album au milieu des albums « normaux » de sa bibliothèque. Amateur de paradoxes, Mathieu publie donc un livre minuscule traitant de l’infini. Le résultat ? Eh bien un ressenti très légèrement mitigé me concernant, mais globalement très positif. En fait mon principal – et quasi unique – grief vient justement de la taille du livre lui-même. Car, une fois passée la stupeur de la prise en mains (en doigts devrais-je dire), la lecture est quand même quelque peu mal aisée. Une main occupée par la loupe – il faut trouver à chaque page le bon angle et la bonne distance pour déchiffrer les dialogues ! – ne reste plus que les doigts de l’autre pour tenir le livre, l’orienter vers la loupe, et tourner les pages – en posant la loupe à chaque fois. L’ergonomie est mise à rude épreuve, et c’est cette difficulté qui a sans doute un peu freiné mon plaisir de lecture. Si le format est bien minuscule, Mathieu n’en a pas pour autant abandonné toute ambition, si ce n’est scénaristique, tout au moins narrative. C’est ainsi qu’il nous livre une sorte d’essai dialogué, le lecteur suivant deux personnages, dans leurs déambulations – au milieu des idées et des livres – et dans leur confrontation verbale, ininterrompue, avec comme centre d’intérêt l’infini. Les deux types discutent, se renvoient arguments et effets de mots – comme on le dit de manches – et Mathieu multiplient les jeux de mots, qui s’enchaînent de façon très fluide, en nourrissant parfaitement une réflexion pas si superficielle que ça. J’ai trouvé qu’il y avait du Masse dans cet album. En particulier les deux bonhommes m’ont à plusieurs reprises fait penser à l’album Les Deux du balcon. Ainsi, par-delà la prouesse éditoriale – et aussi la réelle difficulté de lecture – on a là un album ambitieux, qui satisfait plus que la curiosité des lecteurs, leur intellect ! Et si les deux philosophes jouent sur les mots, leurs échangent sont aussi ponctués d’humour – ce qui tend à alléger le propos. Une nouvelle fois, je ne peux que m’incliner devant cet auteur, qui se renouvelle régulièrement, qui ne sacrifie jamais l’ambition narrative à ses propositions osées sur le médium BD. Je vous recommande chaudement de jeter plus qu’un œil sur cette loupe !

27/05/2026 (modifier)
Par @gods67
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série The Boondocks
The Boondocks

C'est une très bonne série, mais cependant il est impossible de lire le livre. La série, se basse sur la gangstar, le racisme, la violence etc... Deux enfants : Yuey et Riley qui sont au près de leur grand-père pour leurs incroyables aventures J'avais entendu parler de cette série, mais je ne l'avais jamais lue. Puis, lorsque j'ai su qu'il y avait une édition française (dont la traduction s’arrête à octobre 2001 donc il y a encore plein de strips inédits en français), j'ai emprunté les albums. J'ai bien aimé les strips. Certes l'humour est inégal et certains gags ne m'ont pas fait rire, mais cela ne m'a pas dérangé parce que je trouve les personnages attachants. Ils ont tous leurs défauts ou problèmes et cela me fait bien rire. Le fait que les histoires tournent autour des mêmes thèmes ne m'a pas du tout dérangé car l'auteur a beaucoup d'imagination pour faire rire. Les références à la société américaine ne m'ont pas dérangé car je connaissais à peu près toutes ces références. Il n'y a que des gags sur certains candidats de l'élection présidentielle de 2000 que je n'ai pas compris car je connais uniquement Gore, Bush, Cheney et McCain.

27/05/2026 (modifier)