Comme le titre l'indique, ici l'on ne va pas parler d'un coming out, consistant à annoncer à son entourage (proche comme éloigné) sa différence romantique, sexuelle ou de genre, mais bien d'un coming in. Je ne connaissais pas ce mot avant la lecture de cet album mais je compte bien l'utiliser dès à présent car il illustre mine de rien quelque chose d'intéressant : l'action de s'accepter soi-même. Ici, Elodie, journaliste, ne nous raconte pas tant comment elle a déclaré aux autres son homosexualité mais bien comment elle l'a enfin acceptée. C'est une histoire très intime (une autobiographie, après tout), très belle et surtout très juste dans sa retranscription des émotions d'Elodie.
Le texte d'Elodie Font est très beau, elle choisit les mots justes pour décrire certaines pensées assez complexes qu'elle a pu ressentir lors de cette découverte d'elle-même. J'ai particulièrement aimé le (court) passage où elle décrit ce regret de ne pas avoir réalisé plus tôt et cette impression de temps gâché, c'est une expérience mine de rien assez fréquente chez les personnes queers réalisant sur le tard.
J'ai trouvé ce texte très comparable à un essai, certes très personnel, sur l'évolution psychologique de quelqu'un se découvrant et s'acceptant, voyant comment ce changement de perception d'iel-même change également son rapport avec le monde qui l'entoure. C'est sincèrement touchant et juste, j'insiste là-dessus.
En plus du texte d'Elodie Font, le dessin de Carole Morel joue aussi énormément dans les qualités de l'album. Son trait est toujours simple et juste, ses couleurs toujours aussi chaudes qu'à son habitude, mais ici j'ai trouvé qu'elle se permettait des libertés bienvenues comme un changement graphique pour signaler des états de pensées ou des périodes de la vie d'Elodie différent-e-s.
Vraiment plaisant à lire, un bel ouvrage chaudement recommandé.
Ancien étudiant en Lettres, enthousiasmé par la série de Il était une fois l'Amérique - Une histoire de la littérature américaine, c'est avec beaucoup d'appétit que je me suis lancé dans la lecture de la réédition de cet album consacré à la littérature française.
Ce fut une lecture longue, attentive, car c'est très dense, et il y a énormément de choses dans chaque récit. Alors bien sûr il s'agit plutôt d'une suite de vignettes racontant la vie et l'œuvre de près de 40 autrices et auteurs qui ont fait la richesse et la diversité de notre histoire littéraire. Cette troisième édition en a d'ailleurs rajouté une couche et une trentaine de pages, avec les biographies consacrées à Nathalie Sarraute, Romain Gary et Annie Ernaux. On remarquera d'ailleurs que le XXème siècle occupe à lui seul environ 40% de l'album, un sacré pavé.
J'ai trouvé ça franchement bon, peut-être orienté pour certains auteurs, mais intéressant tout de même dans son contenu; qui essaye d'aller à l'essentiel, d'exprimer les caractères principaux d'un auteur /autrice et de son œuvre, y compris lorsque celle-ci évolue et diffère grandement (comme dans le car de Romain Gary).
Le boulot abattu par Catherine Mory, la scénariste, est assez incroyable, et il fallait un stakhanoviste comme Philippe Bercovici pour faire un album d'une telle densité. Son style "gros nez est toujours visible, mais il sait tout de même proposer des portraits assez ressemblants des auteurs (enfin, de ceux dont on connaît réellement le visage).
Très bon moment de lecture, à la fois pédagogique et parfois drôle, avec quelques répliques humoristiques.
Après l'excellent Alim le tanneur, je suis à nouveau emballé par une BD scénarisée par Wilfried Lupano !
Alors même si on peut effectivement critiquer cette ode à l'oisiveté et à la France "d'en bas", on ne peut que se prosterner devant une telle efficacité narrative et un scénario aussi prenant qui évite le piège de basculer dans la facilité. A ce titre, je trouve ainsi la fin juste parfaite.
Les personnages sont également plus complexes qu'ils n'y paraissent de prime abord, avec une mention spéciale à Gaby, le fan de Johnny un brin alcoolique. Son duo formé avec le héros Vincent fonctionne parfaitement. Lupano profite ainsi de cette chronique sociale pour analyser avec beaucoup d'acidité et d'ironie la vie quotidienne de ces marginaux qui ont refusé de suivre le chemin classiquement tracé. A plusieurs reprises, je me suis ainsi surpris à tantôt sourire (voire rire) face à la cocassité de certaines scènes et tantôt être ému lors de certains passages plus durs.
Au niveau du dessin, même si cela reste agréable à l’œil avec une colorisation relativement dynamique, il s'avère pour moi un cran en dessous du scénario, m'empêchant d'attribuer la note ultime de 5/5.
Une BD à posséder sans hésitation.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 9/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10
NOTE GLOBALE : 16/20
Même si je suis resté nostalgique des musiques 70's, Jimi Hendrix n'a jamais été un de mes interprètes favoris. Toutefois j'ai beaucoup aimé ce tome de la biographie de l'artiste. J-M Dupont a pris le temps de présenter avec soin les racines du jeune Jimi. Un métissage Cherokee Afro-américain d'une mère volage et alcoolique et d'un père violent qui alterne jobs et misère, une fratrie confiée aux services sociaux, Hendrix n'est pas du Sud mais a vécu la misère qui a donné une dimension supplémentaire à de nombreux musiciens américains. C'est donc un récit très social que propose l'auteur. Cela rend le jeune Hendrix très attachant dans sa volonté de s'en sortir grâce à sa guitare. Le récit fourmille d'anecdotes signifiantes et produit une belle cohérence dans le parcours du guitariste. On y rencontre de nombreux noms célèbres des 60's mais cette suite de tournées ne fait pas catalogue car les auteurs ont su nous faire partager l'intimité de l'artiste comme si nous y étions.
Graphiquement le style employé par Mezzo ne laisse pas indifférent. Son N&B tourmenté où les noirs prédominent en fait un récit visuel où l'émotion est omniprésente. J'ai eu parfois l'impression de retrouver certaines planches de Perpendiculaire au soleil. Ce n'est pas très surprenant tant le parcours de Jimi aurait pu être celui de Renaldo en plusieurs occasions. J'ai même eu l'impression de me retrouver dans une ambiance underground parfaite pour exprimer ces années 60/70's.
Une biographie très intéressante. J'espère que le tome 2 verra le jour prochainement.
Pour plus de détails je renvoie à l'avis de Solo dont je partage le ressenti enthousiaste sur cette lecture.
J’avais attendu avec beaucoup d’impatience la suite autobiographique de Journal inquiet d’Istanbul. Et cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti le besoin de faire des pauses dans ma lecture pour ne pas dévorer cette BD trop rapidement !
Dans le tome précédent, Ersin nous racontait son enfance et le chemin qui l’a conduit à devenir dessinateur, ainsi que des périodes antérieures à sa vie sur l’histoire de la Turquie. Cette fois-ci, l’histoire reprend avec Ersin qui travaille fièrement au magazine satirique Penguen en 2007 (banni par Erdogan en 2017) et qui fonde avec ses amis le magazine Uykusuz ainsi que toutes les aventures qui en découlent !
Comme toujours avec cet auteur, la physique de ses personnages avec leurs têtes qui parfois se déforment à la limite du ridicule (ou bien la manière dont il dessine les islamistes) me fait franchement rire ! C’est coloré, détaillé et bien rythmé !
Similaire à ce que j’avais bien aimé dans le premier tome, j’ai bien aimé toutes les précisions historiques et politiques que donne l’auteur qui rend ce récit marquant et informatif comme la partie sur les manifestations pour Gezi parc en 2013. Et c’est d’autant plus poignant que, à plusieurs moments du récit, j’ai ressenti la même énergie, les mêmes violences policières et les mêmes inquiétudes face un à un régime autoritaire en les comparant avec les images récentes des manifestations en Turquie, et avec le constat que certaines choses n’ont pas changé.
Également, j’ai beaucoup apprécié la partie sur l’hommage à l’attentat de Charlie Hebdo. J’ai trouvé qu’elle conviait une sincère sympathie et tristesse, et j’ai aimé voir la relation et l’opposition de la presse satirique turque face à l’oppression.
Hâte à la suite. Gelecek güzel
J’ai connu Émile Bravo avec les aventures de Jules ou bien avec sa réinterprétation des aventures de Spirou et Fantasio, c’était donc avec plein de surprise et d’enthousiasme que j’ai découvert cette petite pépite qui comme l’indique la couverture dénote totalement avec l’univers auquel il nous a habitué mais tout en en gardant le style !
Le jardin d’Émile Bravo recueille une dizaine d’histoire plus ou moins courtes et créées sur plusieurs années avec différentes histoires qui se suivent, s’entremêlent, se suffisent et parfois de simple affiches. Je me suis bien amusé à lire cette BD.
Ce que j’aime chez cet auteur et avec ce recueil c’est la puissance comique possible sans texte. Des pages de BDs où la bonne idée amenée par des paysages aux bonnes expressions (et parfois quelques emojis) permettent de toucher à toute une variété de gags en à peine quelques pages. Comme toujours j’aime le style de Bravo (que l’ont retrouve dans ses autres oeuvres) qui renvoient fortement à un style de BD belge classique mais dans lesquelles le contenu dénote !
Certains côtés plus expérimentaux sont explorés telle qu’une même histoire dessinée deux fois mais avec des textes différents, ou bien des affiches de festivals jamais publiées (car trop osées ?).
Si vous aimez Émile Bravo, vous allez aimer ce recueil !
Je me rappelle avoir injustement boudé ce tome à sa sortie (mon panier était déjà bien chargé), c’est la récente interview de l’ami PAco qui m’a donné envie de le découvrir et bien grand bien me fasse …
Mémoires de Gris s’est avéré un très très bon moment de lecture. Sylvain Ferret m’a vite attrapé avec son récit, je n’ai que des louanges à donner.
Pourtant le graphisme n’y est pas spécialement flamboyant ou dynamique de premier abord mais il accompagne parfaitement ce conte moyenâgeux tragique. Trait et couleurs imposent les ambiances, et le séquençage finit de nous intriguer pour connaître le destin des personnages.
Pour son intrigue, l’auteur s’inspire vaguement du mythe de Robin des bois mais il arrive à bien s’en démarquer.
Franchement un chouette album, j’ai aimé le ton réaliste teinté de fantastique, les trognes et le caractère de nos protagonistes … bref bien conquis par le traitement et soin accordés par l’auteur (seul à la barre en plus, respect).
Un album qui m’a bien plus parlé que La saga de Pelle (Snaergard, Nordlys) ou Nottingham dans lesquels on retrouve quelques points communs.
Avant d’être auteur de BD, Fabrice Erre est aussi Historien de formation (matière qu’il enseigne : voir Une année au lycée). Il a même soutenu une thèse, sur la presse satirique justement. Ce qui lui a permis de nourrir cet album (avec la complicité de Terreur Graphique), travail pré-publié dans La Revue Dessinée.
Le dessin très reconnaissable et caricatural d’Erre convient bien au ton léger employé pour la démonstration. Mais il aère aussi et fluidifie un propos qui, traitant de façon faussement loufoque (graphiquement en tout cas) la presse satirique depuis la Révolution française, le fait de façon très sérieuse.
L’imposante et complète bibliographie en fin de volume le confirme. Si les auteurs nous proposent des chapitres assez courts, la légèreté de l’ensemble n’empêche pas le sérieux et l’intérêt.
Centré sur Charlie Hebdo (et ses ancêtres), l’étude montre bien l’évolution sur la longue durée, et le côté vivifiant de ce type de publication, véritable baromètre de la liberté d’expression – et des libertés en général. A l’heure où divers groupes de pression et quelques dirigeants moyennement ouverts à l’ouverture d’esprit sévissent, il n’est pas inutile de rappeler l’importance de ce type d’humour.
Un sujet intéressant, traité de façon intelligente et agréable. Une lecture recommandée.
D’emblée, l’histoire démarre comme un thriller dont la tension ne se relâchera guère jusqu’à la fin. Mais ce qui renforce l’intérêt du livre, c’est la poésie et l’humour qui sont les autres ingrédients de ce récit très dynamique, abordant des thématiques sociales et sociétales très contemporaines, très universelles aussi, dans l’Allemagne des années 2020. A commencer par la question de l’immigration « clandestine », qui transforme les humains en marchandise, pris entre l’enclume des réseaux de passeurs ou de prostitution et le marteau des lois du pays de destination, de moins en moins accueillants.
La narration est centrée sur cette adolescente, Tâm, dont les parents vietnamiens (qui ont évidemment pour patronyme Nguyen – prononcez « Nuit-hyène » !) sont arrivés dans cette banlieue de Berlin après avoir fui le communisme dans les années 70. Dotée d’une personnalité bien trempée, celle-ci va s’enticher de la jeune Hoa Binh, débarquant elle aussi du Viet-Nam mais recrutée sur place par des maquereaux professionnels, qui avait pour but de la faire « travailler » en Occident… Après avoir réussi à fuir, Hoa Binh va devoir se cacher pour échapper à ses poursuivants, et sa chance sera de croiser la route de Tâm, qui se fera un devoir de la protéger, découvrant par la même occasion son attirance pour la jeune fille…
Et c’est un autre point fort de l’album, une galerie de personnages très bien campés, parfois hauts en couleur, dont les routes vont se croiser à la faveur des événements. En contrepoint de Tâm, il y a Alex, le garçonnet blondinet et solitaire qui a pour marotte de faire voler son drone au milieu des barres hlm de son quartier. Celui-ci se réfugie souvent chez sa vieille copine Hella, une ancienne actrice forte en gueule qui survit dans sa cabane de jardin à l’aide de sa maigre retraite. Et puis il y a aussi Dennis, le frère aîné de Tâm, amateur de black metal (hardcore) un rien anémique, et Marina, la plus badass des ados du quartier, qui, en bonne dominatrice, a jeté son dévolu sur Dennis, donnant lieu aux scènes les plus hilarantes du livre.
Oui, parce qu’on rit beaucoup aussi avec ce thriller captivant, qui n’oublie pas non plus de glisser des moments de tendresse et de poésie. Le trait vif de Mikael Ross n’y est pas pour rien, sachant d’adapter à toutes les situations. D’une tournure plus « manga » dans les scènes de course-poursuite, plus cartoon pour les passages humoristiques, et plus délicat pour les phases plus intimes, plus paisibles. On notera cette représentation du désir très pertinente par un rougeoiement auréolant la case entière lorsque Tâm se rapproche de Hoa Binh, une trouvaille simplissime et géniale, là où par un processus indicible et extrêmement touchant, l’amitié vire à l’amour passionnel… Cette seule touche de couleur justifie à elle seule le choix du noir et blanc, recentrant vers le registre amoureux une histoire qui aux yeux de certains aurait pu passer pour un simple thriller.
Ode à l’amour autant qu’à la liberté, « Le nirvana est ici » s’impose comme une des meilleures surprises de ce début d’année. Je découvre avec cet album un auteur véritablement virtuose. L’Allemand Mikael Ross signe ici sa cinquième bande dessinée en tant que dessinateur, aux côtés du scénariste belge Nicolas Wouters (Les Pieds dans le Béton et Totem), et sa troisième en étant seul aux manettes (Apprendre à tomber et Ludwig et Beethoven). Non seulement on aura envie de découvrir voire redécouvrir ses précédentes productions, mais ce qui est certain, c’est qu’on ne va pas le lâcher comme ça !
Un coup de cœur, tout comme toi, frérot ;-)
Cela commence au 23e siècle, dans le cadre d'un système solaire en voie de colonisation, avec un conflit larvé entre la Terre et ses colonies, décor rappelant celui de la série The Expanse, avec la promesse d'un contact extra-terrestre suite à l'apparition de trois mystérieuses sphères qui s'enfoncent sous la surface de Jupiter avant de n'en plus sortir. Puis c'est un saut supplémentaire de trois siècles dans le futur avec le réveil d'hibernation d'un colonel de l'armée obnubilé par ces sphères. Prenant le commandement de la petite station d'observation scientifique posée sur les glaces de lune Europe et de la communauté bigarrée qui la compose, il espère bien pouvoir les retrouver avec la technologie plus avancée de cette époque.
C'est la promesse d'une série dans la lignée d'Universal War One qui m'a incité à acheter cette BD, et je n'ai pas été déçu.
La narration de cette histoire prend son temps, à la manière d'un roman qui fouille autant son décor que ses personnages. Pour cela, on a droit à la description détaillée de ces derniers sur les pages de garde, décrivant leur origine, leurs ambitions et leur profil psychologique. C'est bien pratique pour éviter de perdre trop de temps en exposition de personnages au cours de la BD et cela permet de se focaliser sur une intrigue déjà suffisamment complexe. Car en un seul premier tome, on a déjà beaucoup de choses qui se mettent en place, une situation approfondie mêlant de nombreux protagonistes et éléments de décor, sans que cela se révèle indigeste. Situation futuriste héritée de la colonisation et des conflits du passé, une nouvelle religion monothéiste et un autre culte déjà dissident, une espère vivante découverte sur Europe, une drogue dont on verra qu'elle lui est liée, des traumatismes ou des ambitions scientifiques, militaires ou de carrière des uns et des autres, et bien sûr le mystère sur ces sphères extraterrestres dont presque tout le monde semble avoir oublié l'apparition des siècles plus tôt... Tous ces éléments d'histoire s'imbriquent pour former un récit plein de potentiel, raconté avec beaucoup de maturité et de sérieux. Et l'ensemble est mis en image avec un dessin d'excellente qualité qui se prête parfaitement au cadre de science-fiction.
Bref, tout est impeccable pour un amateur de SF comme moi qui se réjouit de lire une histoire ambitieuse, crédible et prenante. Pourvu que la suite soit du même niveau !
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Coming In
Comme le titre l'indique, ici l'on ne va pas parler d'un coming out, consistant à annoncer à son entourage (proche comme éloigné) sa différence romantique, sexuelle ou de genre, mais bien d'un coming in. Je ne connaissais pas ce mot avant la lecture de cet album mais je compte bien l'utiliser dès à présent car il illustre mine de rien quelque chose d'intéressant : l'action de s'accepter soi-même. Ici, Elodie, journaliste, ne nous raconte pas tant comment elle a déclaré aux autres son homosexualité mais bien comment elle l'a enfin acceptée. C'est une histoire très intime (une autobiographie, après tout), très belle et surtout très juste dans sa retranscription des émotions d'Elodie. Le texte d'Elodie Font est très beau, elle choisit les mots justes pour décrire certaines pensées assez complexes qu'elle a pu ressentir lors de cette découverte d'elle-même. J'ai particulièrement aimé le (court) passage où elle décrit ce regret de ne pas avoir réalisé plus tôt et cette impression de temps gâché, c'est une expérience mine de rien assez fréquente chez les personnes queers réalisant sur le tard. J'ai trouvé ce texte très comparable à un essai, certes très personnel, sur l'évolution psychologique de quelqu'un se découvrant et s'acceptant, voyant comment ce changement de perception d'iel-même change également son rapport avec le monde qui l'entoure. C'est sincèrement touchant et juste, j'insiste là-dessus. En plus du texte d'Elodie Font, le dessin de Carole Morel joue aussi énormément dans les qualités de l'album. Son trait est toujours simple et juste, ses couleurs toujours aussi chaudes qu'à son habitude, mais ici j'ai trouvé qu'elle se permettait des libertés bienvenues comme un changement graphique pour signaler des états de pensées ou des périodes de la vie d'Elodie différent-e-s. Vraiment plaisant à lire, un bel ouvrage chaudement recommandé.
L'Incroyable Histoire de la Littérature française
Ancien étudiant en Lettres, enthousiasmé par la série de Il était une fois l'Amérique - Une histoire de la littérature américaine, c'est avec beaucoup d'appétit que je me suis lancé dans la lecture de la réédition de cet album consacré à la littérature française. Ce fut une lecture longue, attentive, car c'est très dense, et il y a énormément de choses dans chaque récit. Alors bien sûr il s'agit plutôt d'une suite de vignettes racontant la vie et l'œuvre de près de 40 autrices et auteurs qui ont fait la richesse et la diversité de notre histoire littéraire. Cette troisième édition en a d'ailleurs rajouté une couche et une trentaine de pages, avec les biographies consacrées à Nathalie Sarraute, Romain Gary et Annie Ernaux. On remarquera d'ailleurs que le XXème siècle occupe à lui seul environ 40% de l'album, un sacré pavé. J'ai trouvé ça franchement bon, peut-être orienté pour certains auteurs, mais intéressant tout de même dans son contenu; qui essaye d'aller à l'essentiel, d'exprimer les caractères principaux d'un auteur /autrice et de son œuvre, y compris lorsque celle-ci évolue et diffère grandement (comme dans le car de Romain Gary). Le boulot abattu par Catherine Mory, la scénariste, est assez incroyable, et il fallait un stakhanoviste comme Philippe Bercovici pour faire un album d'une telle densité. Son style "gros nez est toujours visible, mais il sait tout de même proposer des portraits assez ressemblants des auteurs (enfin, de ceux dont on connaît réellement le visage). Très bon moment de lecture, à la fois pédagogique et parfois drôle, avec quelques répliques humoristiques.
Ma révérence
Après l'excellent Alim le tanneur, je suis à nouveau emballé par une BD scénarisée par Wilfried Lupano ! Alors même si on peut effectivement critiquer cette ode à l'oisiveté et à la France "d'en bas", on ne peut que se prosterner devant une telle efficacité narrative et un scénario aussi prenant qui évite le piège de basculer dans la facilité. A ce titre, je trouve ainsi la fin juste parfaite. Les personnages sont également plus complexes qu'ils n'y paraissent de prime abord, avec une mention spéciale à Gaby, le fan de Johnny un brin alcoolique. Son duo formé avec le héros Vincent fonctionne parfaitement. Lupano profite ainsi de cette chronique sociale pour analyser avec beaucoup d'acidité et d'ironie la vie quotidienne de ces marginaux qui ont refusé de suivre le chemin classiquement tracé. A plusieurs reprises, je me suis ainsi surpris à tantôt sourire (voire rire) face à la cocassité de certaines scènes et tantôt être ému lors de certains passages plus durs. Au niveau du dessin, même si cela reste agréable à l’œil avec une colorisation relativement dynamique, il s'avère pour moi un cran en dessous du scénario, m'empêchant d'attribuer la note ultime de 5/5. Une BD à posséder sans hésitation. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 9/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10 NOTE GLOBALE : 16/20
Kiss the Sky
Même si je suis resté nostalgique des musiques 70's, Jimi Hendrix n'a jamais été un de mes interprètes favoris. Toutefois j'ai beaucoup aimé ce tome de la biographie de l'artiste. J-M Dupont a pris le temps de présenter avec soin les racines du jeune Jimi. Un métissage Cherokee Afro-américain d'une mère volage et alcoolique et d'un père violent qui alterne jobs et misère, une fratrie confiée aux services sociaux, Hendrix n'est pas du Sud mais a vécu la misère qui a donné une dimension supplémentaire à de nombreux musiciens américains. C'est donc un récit très social que propose l'auteur. Cela rend le jeune Hendrix très attachant dans sa volonté de s'en sortir grâce à sa guitare. Le récit fourmille d'anecdotes signifiantes et produit une belle cohérence dans le parcours du guitariste. On y rencontre de nombreux noms célèbres des 60's mais cette suite de tournées ne fait pas catalogue car les auteurs ont su nous faire partager l'intimité de l'artiste comme si nous y étions. Graphiquement le style employé par Mezzo ne laisse pas indifférent. Son N&B tourmenté où les noirs prédominent en fait un récit visuel où l'émotion est omniprésente. J'ai eu parfois l'impression de retrouver certaines planches de Perpendiculaire au soleil. Ce n'est pas très surprenant tant le parcours de Jimi aurait pu être celui de Renaldo en plusieurs occasions. J'ai même eu l'impression de me retrouver dans une ambiance underground parfaite pour exprimer ces années 60/70's. Une biographie très intéressante. J'espère que le tome 2 verra le jour prochainement. Pour plus de détails je renvoie à l'avis de Solo dont je partage le ressenti enthousiaste sur cette lecture.
Journal inquiet d'Istanbul
J’avais attendu avec beaucoup d’impatience la suite autobiographique de Journal inquiet d’Istanbul. Et cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti le besoin de faire des pauses dans ma lecture pour ne pas dévorer cette BD trop rapidement ! Dans le tome précédent, Ersin nous racontait son enfance et le chemin qui l’a conduit à devenir dessinateur, ainsi que des périodes antérieures à sa vie sur l’histoire de la Turquie. Cette fois-ci, l’histoire reprend avec Ersin qui travaille fièrement au magazine satirique Penguen en 2007 (banni par Erdogan en 2017) et qui fonde avec ses amis le magazine Uykusuz ainsi que toutes les aventures qui en découlent ! Comme toujours avec cet auteur, la physique de ses personnages avec leurs têtes qui parfois se déforment à la limite du ridicule (ou bien la manière dont il dessine les islamistes) me fait franchement rire ! C’est coloré, détaillé et bien rythmé ! Similaire à ce que j’avais bien aimé dans le premier tome, j’ai bien aimé toutes les précisions historiques et politiques que donne l’auteur qui rend ce récit marquant et informatif comme la partie sur les manifestations pour Gezi parc en 2013. Et c’est d’autant plus poignant que, à plusieurs moments du récit, j’ai ressenti la même énergie, les mêmes violences policières et les mêmes inquiétudes face un à un régime autoritaire en les comparant avec les images récentes des manifestations en Turquie, et avec le constat que certaines choses n’ont pas changé. Également, j’ai beaucoup apprécié la partie sur l’hommage à l’attentat de Charlie Hebdo. J’ai trouvé qu’elle conviait une sincère sympathie et tristesse, et j’ai aimé voir la relation et l’opposition de la presse satirique turque face à l’oppression. Hâte à la suite. Gelecek güzel
Le Jardin d'Emile Bravo
J’ai connu Émile Bravo avec les aventures de Jules ou bien avec sa réinterprétation des aventures de Spirou et Fantasio, c’était donc avec plein de surprise et d’enthousiasme que j’ai découvert cette petite pépite qui comme l’indique la couverture dénote totalement avec l’univers auquel il nous a habitué mais tout en en gardant le style ! Le jardin d’Émile Bravo recueille une dizaine d’histoire plus ou moins courtes et créées sur plusieurs années avec différentes histoires qui se suivent, s’entremêlent, se suffisent et parfois de simple affiches. Je me suis bien amusé à lire cette BD. Ce que j’aime chez cet auteur et avec ce recueil c’est la puissance comique possible sans texte. Des pages de BDs où la bonne idée amenée par des paysages aux bonnes expressions (et parfois quelques emojis) permettent de toucher à toute une variété de gags en à peine quelques pages. Comme toujours j’aime le style de Bravo (que l’ont retrouve dans ses autres oeuvres) qui renvoient fortement à un style de BD belge classique mais dans lesquelles le contenu dénote ! Certains côtés plus expérimentaux sont explorés telle qu’une même histoire dessinée deux fois mais avec des textes différents, ou bien des affiches de festivals jamais publiées (car trop osées ?). Si vous aimez Émile Bravo, vous allez aimer ce recueil !
Mémoires de Gris
Je me rappelle avoir injustement boudé ce tome à sa sortie (mon panier était déjà bien chargé), c’est la récente interview de l’ami PAco qui m’a donné envie de le découvrir et bien grand bien me fasse … Mémoires de Gris s’est avéré un très très bon moment de lecture. Sylvain Ferret m’a vite attrapé avec son récit, je n’ai que des louanges à donner. Pourtant le graphisme n’y est pas spécialement flamboyant ou dynamique de premier abord mais il accompagne parfaitement ce conte moyenâgeux tragique. Trait et couleurs imposent les ambiances, et le séquençage finit de nous intriguer pour connaître le destin des personnages. Pour son intrigue, l’auteur s’inspire vaguement du mythe de Robin des bois mais il arrive à bien s’en démarquer. Franchement un chouette album, j’ai aimé le ton réaliste teinté de fantastique, les trognes et le caractère de nos protagonistes … bref bien conquis par le traitement et soin accordés par l’auteur (seul à la barre en plus, respect). Un album qui m’a bien plus parlé que La saga de Pelle (Snaergard, Nordlys) ou Nottingham dans lesquels on retrouve quelques points communs.
Le Pouvoir de la satire
Avant d’être auteur de BD, Fabrice Erre est aussi Historien de formation (matière qu’il enseigne : voir Une année au lycée). Il a même soutenu une thèse, sur la presse satirique justement. Ce qui lui a permis de nourrir cet album (avec la complicité de Terreur Graphique), travail pré-publié dans La Revue Dessinée. Le dessin très reconnaissable et caricatural d’Erre convient bien au ton léger employé pour la démonstration. Mais il aère aussi et fluidifie un propos qui, traitant de façon faussement loufoque (graphiquement en tout cas) la presse satirique depuis la Révolution française, le fait de façon très sérieuse. L’imposante et complète bibliographie en fin de volume le confirme. Si les auteurs nous proposent des chapitres assez courts, la légèreté de l’ensemble n’empêche pas le sérieux et l’intérêt. Centré sur Charlie Hebdo (et ses ancêtres), l’étude montre bien l’évolution sur la longue durée, et le côté vivifiant de ce type de publication, véritable baromètre de la liberté d’expression – et des libertés en général. A l’heure où divers groupes de pression et quelques dirigeants moyennement ouverts à l’ouverture d’esprit sévissent, il n’est pas inutile de rappeler l’importance de ce type d’humour. Un sujet intéressant, traité de façon intelligente et agréable. Une lecture recommandée.
Le nirvana est ici
D’emblée, l’histoire démarre comme un thriller dont la tension ne se relâchera guère jusqu’à la fin. Mais ce qui renforce l’intérêt du livre, c’est la poésie et l’humour qui sont les autres ingrédients de ce récit très dynamique, abordant des thématiques sociales et sociétales très contemporaines, très universelles aussi, dans l’Allemagne des années 2020. A commencer par la question de l’immigration « clandestine », qui transforme les humains en marchandise, pris entre l’enclume des réseaux de passeurs ou de prostitution et le marteau des lois du pays de destination, de moins en moins accueillants. La narration est centrée sur cette adolescente, Tâm, dont les parents vietnamiens (qui ont évidemment pour patronyme Nguyen – prononcez « Nuit-hyène » !) sont arrivés dans cette banlieue de Berlin après avoir fui le communisme dans les années 70. Dotée d’une personnalité bien trempée, celle-ci va s’enticher de la jeune Hoa Binh, débarquant elle aussi du Viet-Nam mais recrutée sur place par des maquereaux professionnels, qui avait pour but de la faire « travailler » en Occident… Après avoir réussi à fuir, Hoa Binh va devoir se cacher pour échapper à ses poursuivants, et sa chance sera de croiser la route de Tâm, qui se fera un devoir de la protéger, découvrant par la même occasion son attirance pour la jeune fille… Et c’est un autre point fort de l’album, une galerie de personnages très bien campés, parfois hauts en couleur, dont les routes vont se croiser à la faveur des événements. En contrepoint de Tâm, il y a Alex, le garçonnet blondinet et solitaire qui a pour marotte de faire voler son drone au milieu des barres hlm de son quartier. Celui-ci se réfugie souvent chez sa vieille copine Hella, une ancienne actrice forte en gueule qui survit dans sa cabane de jardin à l’aide de sa maigre retraite. Et puis il y a aussi Dennis, le frère aîné de Tâm, amateur de black metal (hardcore) un rien anémique, et Marina, la plus badass des ados du quartier, qui, en bonne dominatrice, a jeté son dévolu sur Dennis, donnant lieu aux scènes les plus hilarantes du livre. Oui, parce qu’on rit beaucoup aussi avec ce thriller captivant, qui n’oublie pas non plus de glisser des moments de tendresse et de poésie. Le trait vif de Mikael Ross n’y est pas pour rien, sachant d’adapter à toutes les situations. D’une tournure plus « manga » dans les scènes de course-poursuite, plus cartoon pour les passages humoristiques, et plus délicat pour les phases plus intimes, plus paisibles. On notera cette représentation du désir très pertinente par un rougeoiement auréolant la case entière lorsque Tâm se rapproche de Hoa Binh, une trouvaille simplissime et géniale, là où par un processus indicible et extrêmement touchant, l’amitié vire à l’amour passionnel… Cette seule touche de couleur justifie à elle seule le choix du noir et blanc, recentrant vers le registre amoureux une histoire qui aux yeux de certains aurait pu passer pour un simple thriller. Ode à l’amour autant qu’à la liberté, « Le nirvana est ici » s’impose comme une des meilleures surprises de ce début d’année. Je découvre avec cet album un auteur véritablement virtuose. L’Allemand Mikael Ross signe ici sa cinquième bande dessinée en tant que dessinateur, aux côtés du scénariste belge Nicolas Wouters (Les Pieds dans le Béton et Totem), et sa troisième en étant seul aux manettes (Apprendre à tomber et Ludwig et Beethoven). Non seulement on aura envie de découvrir voire redécouvrir ses précédentes productions, mais ce qui est certain, c’est qu’on ne va pas le lâcher comme ça ! Un coup de cœur, tout comme toi, frérot ;-)
Sphères
Cela commence au 23e siècle, dans le cadre d'un système solaire en voie de colonisation, avec un conflit larvé entre la Terre et ses colonies, décor rappelant celui de la série The Expanse, avec la promesse d'un contact extra-terrestre suite à l'apparition de trois mystérieuses sphères qui s'enfoncent sous la surface de Jupiter avant de n'en plus sortir. Puis c'est un saut supplémentaire de trois siècles dans le futur avec le réveil d'hibernation d'un colonel de l'armée obnubilé par ces sphères. Prenant le commandement de la petite station d'observation scientifique posée sur les glaces de lune Europe et de la communauté bigarrée qui la compose, il espère bien pouvoir les retrouver avec la technologie plus avancée de cette époque. C'est la promesse d'une série dans la lignée d'Universal War One qui m'a incité à acheter cette BD, et je n'ai pas été déçu. La narration de cette histoire prend son temps, à la manière d'un roman qui fouille autant son décor que ses personnages. Pour cela, on a droit à la description détaillée de ces derniers sur les pages de garde, décrivant leur origine, leurs ambitions et leur profil psychologique. C'est bien pratique pour éviter de perdre trop de temps en exposition de personnages au cours de la BD et cela permet de se focaliser sur une intrigue déjà suffisamment complexe. Car en un seul premier tome, on a déjà beaucoup de choses qui se mettent en place, une situation approfondie mêlant de nombreux protagonistes et éléments de décor, sans que cela se révèle indigeste. Situation futuriste héritée de la colonisation et des conflits du passé, une nouvelle religion monothéiste et un autre culte déjà dissident, une espère vivante découverte sur Europe, une drogue dont on verra qu'elle lui est liée, des traumatismes ou des ambitions scientifiques, militaires ou de carrière des uns et des autres, et bien sûr le mystère sur ces sphères extraterrestres dont presque tout le monde semble avoir oublié l'apparition des siècles plus tôt... Tous ces éléments d'histoire s'imbriquent pour former un récit plein de potentiel, raconté avec beaucoup de maturité et de sérieux. Et l'ensemble est mis en image avec un dessin d'excellente qualité qui se prête parfaitement au cadre de science-fiction. Bref, tout est impeccable pour un amateur de SF comme moi qui se réjouit de lire une histoire ambitieuse, crédible et prenante. Pourvu que la suite soit du même niveau !