Les derniers avis (39793 avis)

Par Don Lope
Note: 5/5
Couverture de la série Arq
Arq

"Arq" c’est l’ambition de Rork, un découpage et une mise en page encore plus novateurs qui ne perdent pas le lecteur cette fois-ci (je me demande si une page dans "Arq" a un découpage classique de bande dessinée, c’est absolument incroyable), un dessin précis et incisif et surtout un scénario à tomber, complexe à souhait mais jamais décourageant, totalement non linéaire et absolument jouissif. Andréas sème des indices au gré des pages (avec un peu de réflexion, on peut jouer au Champollion et déchiffrer le langage inconnu du monde d’Arq !), nous menant dans une direction pour nous sortir un coup de théâtre (quel 5ème tome !) après et nous emmener totalement ailleurs. Ce gars est fou et génial, je pense qu’il n’a pas d’équivalent dans la BD aujourd’hui. Ce qui m’a plus marqué donc, c’est le découpage : des cases verticales, à cheval sur deux pages ou formant un seul et même dessin géant sur une page… Au niveau formel, c’est fort, et surtout ça sert extrêmement bien l’histoire. L’exemple des 3 premières pages du premier tome est très significatif : les cases se lisent horizontalement et on y voit les différents protagonistes à 4 niveaux d’altitude différents, dans un même lieu, le tout débouchant sur leur télé transportation sur Arq. L’agencement des différents tomes est également brillant : 1 tome à la découverte du monde d’Arq suivi de deux tomes sur le passé des personnages : le flash back le plus long de l’histoire et, bien entendu, absolument passionnant, permettant de saisir parfaitement la psychologie des différents protagonistes, leurs attentes et leurs envies. J’avoue que j’ai eu un peu peur en commençant cette série : 18 tomes, ça parait carrément long pour maintenir un intérêt aussi haut. Mais Andréas a déjà conclu son premier cycle en beauté et a entamé le deuxième de façon magistrale : il passe en couleur directe, change de format (taille Comics) – ce qui me fait un peu chier soit dit en passant, même si je pense que c’est un désir de l’auteur qu’il faut respecter – et attaque une nouvelle histoire qui, sans être totalement détachée du premier cycle, s’annonce quand même très différente. En tout cas ce septième tome est un pure réussite et augure du meilleur pour la suite. "Arq" vient d’entrer dans mon Top 5 et c’est bien la première fois que j’ai envie de relire une série en l’ayant à peine terminée : j’ai encore tant de choses à y découvrir !

09/09/2003 (modifier)
Par Don Lope
Note: 4/5
Couverture de la série Les Entremondes
Les Entremondes

"Les entremondes" est une BD ambitieuse des frères Larcenet. Je regrette cependant que le deuxième tome ne soit pas à la hauteur du premier qui vaut 5 étoiles à lui seul. Un blanc des plus racistes qui voit son sort lié au noir qu’il vient d’assassiner, c’est à la fois bidonnant et effrayant tant les deux auteurs saisissent à merveille dans cet album ce qu’il y a de plus moche dans l’homme. Sous des apparences humoristiques, ils font un portrait sans concession de quelques énergumènes qui représentent à mon avis assez bien une bonne f(r)ange de la population terrestre : haine, pouvoir, domination, voilà des thèmes récurrents ici-bas. Le deuxième tome se concentre lui sur ce que l’homme est en train de faire de sa mère la terre et, si le propos est tout aussi noble, je le trouve moins bien exploité. On ne tombe pas dans le pathos et la guimauve, loin de là, on est juste un ton en dessous de l’album précédent. Le dessin est également moins soigné, c’est une des premières fois où je l’apprécie modérément chez cet auteur.

09/09/2003 (modifier)
Par Don Lope
Note: 4/5
Couverture de la série W.E.S.T
W.E.S.T

Ca parait un peu bateau quand on lit le résumé de l’histoire (du fantastique, des meurtres rituels sur fond de western un peu tendance à la "Wild Wild West"), mais le patchwork est loin d'être aussi imbuvable qu’annoncé et après un premier tome un poil trop complexe, multipliant les personnages et les sous-intrigues, on plonge carrément. Il faut dire que Dorison a plutôt l’habitude de rendre une copie propre et c'est aussi le cas ici en tandem ave Nury. Le canevas de départ sent un peu le déjà vu et le bon gros cliché de l’équipe bien louche à qui rien ne fait peur me gave un peu (en plus "Weird Enforcement Special Team", je trouve ça bien naze comme nom). Mais la suite infirme cette impression et le côté fantastique se marie formidablement bien à l'enquête policière, alors que l'amalgame s'annonçait particulièrement ardu. Au dessin Rossi est difficilement reconnaissable si l’on se rappelle de "Tirésias" ou de "La gloire d’Héra". Il change complètement de style et même si ce n’est pas celui que j’apprécie le plus, on peut objectivement dire qu'il n'a pas grand chose à envier à un Giraud/Moébius, que ce soit au niveau de la diversité comme du talent pur. Au final, une série qui sentait le bon gros coup commercial et qui se révèle infiniment plus complexe et intéressante que prévue.

09/09/2003 (modifier)
Par Don Lope
Note: 4/5
Couverture de la série Candélabres
Candélabres

"Candélabres" est vraiment une BD originale et prenante. Algésiras revisite le mythe de Faust avec brio et aborde avec beaucoup d’à propos, de la pudeur parfois, la recherche et la découverte de soi, le pouvoir ou l’homosexualité à travers l’histoire d’un danseur anciennement hémiplégique ayant pu remarcher grâce au feu sacré (au sens littéral du terme) que lui a donné un être mystérieux : Soledango (j’adore ce nom !). Algésiras mêle avec talent ces thèmes assez profonds à une intrigue non moins intéressante tournant autour d’un peintre amnésique, dont la ressemblance avec le fameux Soledango est assez troublante. Autant je suis fan du scénario, de son déroulement et du mystère dont Algésiras entoure cette série, autant je suis un peu moins convaincu par le dessin que je trouve désespérément froid et sans vie. Je ne retrouve pas la chaleur qui entoure l’histoire ou le sens du mouvement que l’auteur tente d’insuffler à cette histoire de danse et de renaissance physique : les personnages sont figés et l’ensemble est parfois un peu sommaire. Le dessin n’est pas désagréable, loin de là, mais j’aurais aimé voir plus de vie et de mouvement s’en dégager. Au final une excellente série, faite d’ombre et de lumière, d’espoir et de tristesse.

09/09/2003 (modifier)
Par marone
Note: 4/5
Couverture de la série Tif et Tondu
Tif et Tondu

Très bonne série, surtout pour les titres scénarisés par Tillieux. Il faut être indulgent pour les premiers volumes (ils ont près de 60 ans !). Il y a un engouement fort pour les EO (mêmes pour les derniers albums) : voir les prix atteints sur ibazar.

09/09/2003 (modifier)
Couverture de la série La Légende de Robin des Bois
La Légende de Robin des Bois

Fan de Larcenet, je me suis jetée sur cette parodie de l'homme en collant, et je n'ai pas été déçue. Les premières histoires sont à mourir de rire, mélant allègrement "Big Bisou" (moi, c'est ça qui m'a fait hurler de rire...), Thierry La Fronde, le pape au nom de biscuit apéritif, les touristes (je me sens une très grande affinité avec ce Robin qui déteste les touristes :))... Mais, car il y a un mais, je n'ai pas aimé la fin. Non pas qu'elle soit mauvaise, il s'agit de MON sentiment profond et viscéral. Ce qui lui vaut un 4/5 seulement, au lieu d'un "culte" mérité.

09/09/2003 (modifier)
Par Kael
Note: 4/5
Couverture de la série Archipel
Archipel

Oh bah tiens, je suis étonné là. Je m'atendais à un album juste sympa, et finalement, je tombe sur un truc très bon. Le dessin de Barbay, tout jeune auteur, est plein de surprises. Après une première lecture rapide, je pensais que les couleurs étaient un mix entre ordi et couleur dite traditionnelle, mais en fait non, tout est fait à l'ordi. Belle réussite franchement, il maîtrise plutôt bien ! L'encrage est déjà assez personnel, mais reste quand même dans les sentiers battus de ce qu'on peut voir aujourd'hui. Le scénario, comme souvent chez Corbeyran, est carré, nickel, bien écrit. L'est pas mancho l'gars, c'est clair... Les diférent aspects de cet histoire sont bien mis en scène, entre le déluge (dont on ne sait rien encore) et l'histoire d'amour du héros pour une nana dont on ne sait finalement pas grand chose (et on se demande même si lui en sait beaucoup plus). Une série étrangement étrange... pas loin du steam punk.

09/09/2003 (modifier)
Par Kael
Note: 4/5
Couverture de la série L'Echangeur
L'Echangeur

Et zou, encore une petite perle dans cette collection "Encrages". On ne les compte plus ! Alors oui, globalement d'accord avec l'avis de ThePatrick. C'est plutôt banal au début, puis tout part en live sans que personne ne contrôle plus rien. Lanzo semble complètement à l'ouest, on le voit très tôt, mais on ne comprend que plus tard qu'il est loin d'être celui qu'il dit être... L'arrivée de sa femme sur la scène m'a pourtant gêné. Elle semble un peu trop parachutée, c'est dommage... Mais ne boudons par notre plaisir, cet album est très très bon, il ne faut pas le rater.

09/09/2003 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5
Couverture de la série Ring Circus
Ring Circus

Ring Circus, c'est tout simplement une série très réussie, tant graphiquement que scénaristiquement ! Le thème du cirque, qui sert de trame de fond au récit, ne m'attirait pas plus que ça a priori. Mais une fois la lecture entamée, on prend un réel plaisir à suivre les pérégrinations de Jerold et son ami Anthonin, tous deux enrôlés dans la troupe du Ring Circus par amour pour Blanche, une belle cavalière. Chauvel, dont c'est la première série que je lis, fait preuve d'une grande maîtrise pour faire évoluer ses personnages avec une apparente facilité. On pourrait reprocher à certaines planches d'être parfois un peu trop chargées en dialogues mais le texte est fluide et cela se lit bien. Les prénoms choisis par Chauvel contribuent à renforcer le côté intemporel du récit aux allures de conte. Le premier album est une bonne introduction au récit qui présente les personnages principaux. Alors qu'on pouvait s'attendre à un deuxième opus plus dynamique en entrant dans le vif du sujet, il n'en est rien. L'histoire avance lentement, Chauvel se contentant de maintenir l'intérêt suscité avec le premier tome. Mais il se reprend dans le troisième opus, rythmé davantage que le précédent avec un humour plus présent. Le fantastique fait également son apparition dans ce tome, rendant les personnages de Blanche et Lunaire de plus en plus emblématiques. Côté dessin, la force du scénario est fort bien retranscrite par le trait fin de Pedrosa, mélangeant habilement lignes tendues et courbes ! La palette des couleurs est intéressante malgré des tons parfois un peu délavés. Au fil des tomes, le trait de Pedrosa gagne en maîtrise et son coup de pinceau s'affirme davantage. J'attends donc le quatrième et dernier opus de cette série pour la juger sur son ensemble !

09/09/2003 (modifier)
Par miya
Note: 4/5
Couverture de la série La Vie est belle malgré tout
La Vie est belle malgré tout

Une très belle lecture. "La vie est belle malgré tout" est effectivement difficile à conseiller et à commenter. C'est une Bd que je qualifierais d'intimiste, par le sujet autobiographique, le dessin minimaliste et le ton mélancolique. L'histoire est toute simple, Seth part à la recherche d'un dessinateur humoristique méconnu et oublié. Cette quête sert de support à l'introspection de l'auteur. Et c'est la que se trouve toute la qualité et la force de cette BD car Seth porte un regard sans concession sur lui-même. Il ne parle que de lui mais avec talent et humour. Certains passages sont assez proche de l’univers de W. Allen. Oui une très belle lecture qu’il m’est difficile conseiller au plus grand nombre.

09/09/2003 (modifier)