Voilà une série qui m'a attiré par son originalité : originalité dans les couleurs, le style, le personnage de la poupée et aussi le scénario. Ce monde de religion-marketing me rappelle fortement celui de Sha (quoique je préfère le scénario de SkyDoll) et cette guerre entre adorateurs d'Agape et de Dominique me rappelle aussi Avant l'Incal en ce qui concerne le conflit entre anarcho-psychotiques d'un côté et la société décadente et ses tv-addicts de l'autre. Pourtant, malgré ces réminiscences scénaristiques, les auteurs ont su créer de l'originalité dans leur monde. Les personnages sont attachants et bien dessinés, et les couleurs sont esthétiques même quand elles se veulent kitschs. Pourtant à la lecture du tome 2, je ne me sens pas encore convaincu. Il m'apparaît tout d'abord quelques incohérences entre les comportements des personnages entre le tome 1 et le tome 2 comme si le scénario avait changé en cours de route. Puis l'histoire qui promettait au départ de pouvoir devenir originale et nouvelle, avec un développement intéressant des personnages de Noa et de ses deux compagnons de voyage, se recadre à la fin du tome 2 dans un scénario un peu bateau de complot politiques sans grand envergure avec l'option d'une éventuelle prophétie réalisée. En bref, j'attends des tomes suivants qu'ils me montrent que l'histoire de SkyDoll se révèle un peu moins superficielle qu'elle risque de le devenir si la tendance de la fin du tome 2 se poursuit.
Après lecture du tome 3 :
Le tome 3 s'est largement fait attendre mais le voilà enfin et le tome 4 est lui aussi annoncé.
J'ai retrouvé avec plaisir le dessin et les couleurs que je trouve définitivement excellents. L'histoire pour sa part est assez confuse mais avec le temps, je me suis attaché à Sky Doll et même si le scénario ne me parait pas transcendant, je le lis avec un réel plaisir désormais.
L'excellence du dessin et des couleurs porte vraiment cette BD qui autrement serait sans doute oubliée parmi les nombreuses BDs de SF au scénario sans grande originalité si ce n'est la reflexion sur la religion show-business. Mais pour une fois, ce superbe dessin suffit pour moi à me faire vraiment aimer cette série.
Dans un monde futuriste gigantesque, un détective privé minable se retrouve pris dans l'engrenage d'une aventure qui le dépasse complètement où se mêlent de la grande science-fiction et un côté mystique et quasiment divin.
L'Incal est une œuvre grandiose qui mêle science-fiction, mysticisme et une forme d'humour cynique. Le scénario, sans être très complexe, déploie une aventure à la fois épique et inventive, qui a largement influencé le genre. Jodorowsky signe ici l'une de ses meilleures histoires, servie par le graphisme magistral de Moebius.
Le style coloré des années 80, parfois jugé rebutant, fait selon moi partie intégrante du charme et de l'identité unique de cette série. L'univers de la cité-puits, ses multiples niveaux sociaux, et les décors impressionnants sont autant de preuves d'une imagination débordante. John Difool, anti-héros minable embarqué dans une histoire plus grande que lui, est incarné avec brio : son évolution, pleine d'humour et d'humanité, donne vie à cette aventure mystico-transcendantale.
Les rebondissements s'enchaînent dans un décor à la fois réaliste et fantastique, mêlant attentats extra-terrestres, manipulations politiques et révélations cosmiques. La fin, plus rapide et plus mystique, peut dérouter mais reste cohérente avec l'ensemble.
L'Incal est un monument de la BD de science-fiction, une œuvre innovante qui allie un univers foisonnant à une narration limpide. Pour moi, c'est un classique incontournable, dont la richesse graphique et narrative continue d'inspirer et de marquer les lecteurs, même plusieurs décennies après sa parution.
Excellent tant au niveau du graphisme que de l'intelligence et l'originalité avec lesquels le thème de Peter Pan a été revisité par Loisel.
L'auteur nous offre un prequel particulièrement fort de l'oeuvre de J.M. Barrie. C'est à la fois très proche de l'esprit du Peter Pan que l'on connait et très loin de la gentillesse et de la grâce du dessin animé de Disney. Le récit est dur mais crédible, à la fois cruel et beau. L'état d'esprit enfantin est mis en scène dans ce qu'il a de gai, d'amusant mais aussi de dur et insouciant. Entre les scènes dans les quartiers sombres de Londres, le sort de Pan et les évènements du dernier tome, il y a de quoi avoir la gorge assez nouée par ce récit. Il se révèle non seulement intelligent mais il ne se laisse pas non plus cerner, à la manière de la fin ouverte de la série qui m'a beaucoup plu.
Un immanquable dans toute bédéthèque.
Un classique de l'Heroic-Fantasy sublimé par la patte unique de Loisel. En quatre tomes seulement, La Quête de l'oiseau du temps déploie un univers riche et vivant, où chaque région traversée semble dotée d'une âme propre. Le ton oscille avec justesse entre l'épique, le mélancolique et le comique, sans jamais perdre en cohérence.
L'ambiance est exceptionnelle : on a la sensation de vivre une grande aventure, portée par des personnages inoubliables. Bragon et Pélisse, duo central, marquent par leur force de caractère, leur humanité et une complicité aussi vibrante qu'attachante. La compagnie qui les entoure dégage une chaleur rare, rendant leur quête aussi prenante qu'émotive.
Graphiquement, c'est un ravissement permanent. Le trait expressif de Loisel donne vie à des paysages somptueux et variés, à la fois exotiques et envoûtants. Chaque décor, chaque lieu traversé, invite au voyage, avec une richesse de détails qui contribue pleinement à l'immersion.
Le scénario, bien que classique dans sa structure, évite les clichés et préfère creuser la psychologie de ses personnages. Et surtout, il offre un des plus beaux dénouements du genre : fort, émouvant, inoubliable. Une fin qui laisse une vraie empreinte, laissant le lecteur avec ce sentiment qui prend à la gorge et que l'on nomme Nostalgie.
Un chef-d'œuvre absolu. Watchmen est une œuvre qui transcende les genres, à la fois roman graphique, réflexion politique, essai philosophique et expérience sensorielle. Une histoire unique en son genre et ultra innovante pour l'époque, un scénario très intelligent, un univers uchronique détaillé, des personnages fouillés et originaux, une mise en scène exemplaire, une utilisation exceptionnelle du média qu'est la bande dessinée, et j'en passe... Le récit est si dense, si intelligemment construit, que chaque détail compte, chaque plan est signifiant.
Alan Moore signe ici un scénario d'une maturité rare, une uchronie captivante, un monde en miroir du nôtre où les super-héros ne sont ni des modèles ni des sauveurs, mais des êtres profondément humains, faillibles, ambigus. Gibbons, de son côté, offre un dessin très structuré, parfois jugé rigide ou criard notamment par sa colorisation, mais qui se révèle d'une lisibilité exemplaire et sert avec brio la narration. Son découpage, ses arrière-plans, sa précision graphique participent pleinement à la lecture multiple du récit.
Les personnages sont inoubliables : Manhattan et Rorschach surtout, incarnent deux visions opposées mais complémentaires de l'humanité, l'un froid et métaphysique, l'autre viscéral et nihiliste. Ils cristallisent l'un des grands thèmes de l'œuvre : qu'est-ce que l'homme, au fond ? À travers eux, Watchmen interroge notre rapport au pouvoir, à la morale, à la société, à la mémoire.
Ce n'est pas qu'un comics culte, c'est une œuvre fondatrice. Intelligente, sombre, exigeante, dérangeante parfois, mais toujours passionnante. Un monument inclassable et inégalé, à lire et relire, comme on relit une grande œuvre littéraire.
Série SF au scénario délirant dans le sens où ça part dans tous les sens (on y sent l'auteur qui y est libre de mouvements et qui peut faire évoluer l'histoire comme ça l'amuse) voire un peu punk par l'ambiance. J'adore l'humour souvent politiquement incorrect qui en ressort. Les dessins sont bons aussi quoique les couleurs soient plutôt ternes au départ.
Dommage que cette série s'arrête aussi brusquement.
Difficile de parler de l'Allemagne nazie dans une BD sans verser dans la politique (et donc donner son avis). Difficile également de parler de triangle amoureux sans verser dans le sordide et/ou le porno et/ou la sensiblerie extrême. C'est pourtant le pari réussi de ce one-shot réunissant des auteurs que tout aurait pu opposer... Warnauts, chroniqueur social plutôt fin, et Marc-Rénier, dessinateur d'histoires dans l'Histoire. Amateur de chevaux. Des croupes, on en trouve une dans cette histoire, celle de la jolie Elena, 17 ans, à la fois manipulatrice et ingénue, sujet et centre de la folie meurtrière qui naîtra de l'antagonisme, de la rivalité parfois purement virile opposant ses deux amants. Le dessin de Rénier est plus mature que la plupart de ses productions (à l'exception de Black Hills 1890), curieusement scrutateur du corps d'Elena et des travers de cette époque troublée. Le scénario de Warnauts est tout en nuances.
Prenant le prétexte d'un fait divers, Warnauts et Marc-Renier s'attachent à nous faire vivre la tension d'une époque qui perd la tête, portée par des idées nationalistes et broyant tout sur son passage.
Un très bon premier tome je suis impréssionné, je m'attendais pas du tout à ça.:)
Les dessins tout d'abord, plusieurs dessinateurs pour un rythme de parution soutenue bonne idée, surtout quand les dessins s'accordent bien et là heuresement c'est le cas. Dans l'ensemble décors et persos s'accordent très bien c'est très agréable à suivre.
Pour le scénar, ça commence bien mais la série prévoit d'être longue donc ce n'est qu'un tome de mise en place des persos et de l'histoire, mais c'est bien fait, bien mené, rien à redire. Un premier album très agréable à lire et à suivre vivement la suite.
Et voilà ! encore du très bon Chabouté. Qui, cette fois, ne nous épargne pas ses talents d'aquarelliste.
Une histoire très prenante, très poignante, avec un petit bémol : tout est si rapide ! On n'a pas le temps de s'attacher à ce que vit le personnage qu'il est déjà dans un autre "état" (vous comprendrez en le lisant). Est-ce gênant ? A la 1e lecture, on a l'impression d'avoir lu le TVG de la BD... Mais à la 2e lecture, l'impression s'estompe, on prend le temps d'apprécier les couleurs, et du coup ça va mieux.
Côté dessins, on retrouve la patte typique de Chabouté, mais en couleurs. Une mise en couleur très belle, prenez le temps d'admirer la couverture, à elle seule c'est un chef d'oeuvre.
A la fin du tome 1, prenez le temps de repenser à ce que vous venez de lire. Ne prenez pas tout de suite le tome 2. "Purgatoire"... pourquoi ce titre ? qui est l'homme de la dernière planche ? La suite va-t-elle concerner les mêmes personnages ? Où bien va-t-elle s'attacher à d'autres personnages en situation extrême, à la manière de Dans la nuit de Callède et Denys ?...
Le tome 2 est là pour passer le temps, assez mou (il ne se passe pas grand chose), mais il est nécessaire pour la lecture du tome 3, alors n'abandonnez pas.
Le tome 3 apporte la conclusion, un retournement un peu attendu (enfin, moi j'ai rien vu venir, mais il parait...) mais qui ne laisse pas sur une impression désagréable, au contraire.
Impressionné, vraiment impressionné, un premier tome excellent j'adore. Le scénario commence très bien, c'est très bien fait, bien mené, très agréable à lire et à suivre. Les persos sont attachants, sympathiques, le monde paraît pour l'instant très cohérent, une réussite. :)
Pour les dessins et les couleurs, pas besoin de s'attarder, c'est magnifique pour un premier album, rien à redire.
Un premier tome génial, vivement la suite. :):):)
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Sky-Doll
Voilà une série qui m'a attiré par son originalité : originalité dans les couleurs, le style, le personnage de la poupée et aussi le scénario. Ce monde de religion-marketing me rappelle fortement celui de Sha (quoique je préfère le scénario de SkyDoll) et cette guerre entre adorateurs d'Agape et de Dominique me rappelle aussi Avant l'Incal en ce qui concerne le conflit entre anarcho-psychotiques d'un côté et la société décadente et ses tv-addicts de l'autre. Pourtant, malgré ces réminiscences scénaristiques, les auteurs ont su créer de l'originalité dans leur monde. Les personnages sont attachants et bien dessinés, et les couleurs sont esthétiques même quand elles se veulent kitschs. Pourtant à la lecture du tome 2, je ne me sens pas encore convaincu. Il m'apparaît tout d'abord quelques incohérences entre les comportements des personnages entre le tome 1 et le tome 2 comme si le scénario avait changé en cours de route. Puis l'histoire qui promettait au départ de pouvoir devenir originale et nouvelle, avec un développement intéressant des personnages de Noa et de ses deux compagnons de voyage, se recadre à la fin du tome 2 dans un scénario un peu bateau de complot politiques sans grand envergure avec l'option d'une éventuelle prophétie réalisée. En bref, j'attends des tomes suivants qu'ils me montrent que l'histoire de SkyDoll se révèle un peu moins superficielle qu'elle risque de le devenir si la tendance de la fin du tome 2 se poursuit. Après lecture du tome 3 : Le tome 3 s'est largement fait attendre mais le voilà enfin et le tome 4 est lui aussi annoncé. J'ai retrouvé avec plaisir le dessin et les couleurs que je trouve définitivement excellents. L'histoire pour sa part est assez confuse mais avec le temps, je me suis attaché à Sky Doll et même si le scénario ne me parait pas transcendant, je le lis avec un réel plaisir désormais. L'excellence du dessin et des couleurs porte vraiment cette BD qui autrement serait sans doute oubliée parmi les nombreuses BDs de SF au scénario sans grande originalité si ce n'est la reflexion sur la religion show-business. Mais pour une fois, ce superbe dessin suffit pour moi à me faire vraiment aimer cette série.
l'Incal
Dans un monde futuriste gigantesque, un détective privé minable se retrouve pris dans l'engrenage d'une aventure qui le dépasse complètement où se mêlent de la grande science-fiction et un côté mystique et quasiment divin. L'Incal est une œuvre grandiose qui mêle science-fiction, mysticisme et une forme d'humour cynique. Le scénario, sans être très complexe, déploie une aventure à la fois épique et inventive, qui a largement influencé le genre. Jodorowsky signe ici l'une de ses meilleures histoires, servie par le graphisme magistral de Moebius. Le style coloré des années 80, parfois jugé rebutant, fait selon moi partie intégrante du charme et de l'identité unique de cette série. L'univers de la cité-puits, ses multiples niveaux sociaux, et les décors impressionnants sont autant de preuves d'une imagination débordante. John Difool, anti-héros minable embarqué dans une histoire plus grande que lui, est incarné avec brio : son évolution, pleine d'humour et d'humanité, donne vie à cette aventure mystico-transcendantale. Les rebondissements s'enchaînent dans un décor à la fois réaliste et fantastique, mêlant attentats extra-terrestres, manipulations politiques et révélations cosmiques. La fin, plus rapide et plus mystique, peut dérouter mais reste cohérente avec l'ensemble. L'Incal est un monument de la BD de science-fiction, une œuvre innovante qui allie un univers foisonnant à une narration limpide. Pour moi, c'est un classique incontournable, dont la richesse graphique et narrative continue d'inspirer et de marquer les lecteurs, même plusieurs décennies après sa parution.
Peter Pan
Excellent tant au niveau du graphisme que de l'intelligence et l'originalité avec lesquels le thème de Peter Pan a été revisité par Loisel. L'auteur nous offre un prequel particulièrement fort de l'oeuvre de J.M. Barrie. C'est à la fois très proche de l'esprit du Peter Pan que l'on connait et très loin de la gentillesse et de la grâce du dessin animé de Disney. Le récit est dur mais crédible, à la fois cruel et beau. L'état d'esprit enfantin est mis en scène dans ce qu'il a de gai, d'amusant mais aussi de dur et insouciant. Entre les scènes dans les quartiers sombres de Londres, le sort de Pan et les évènements du dernier tome, il y a de quoi avoir la gorge assez nouée par ce récit. Il se révèle non seulement intelligent mais il ne se laisse pas non plus cerner, à la manière de la fin ouverte de la série qui m'a beaucoup plu. Un immanquable dans toute bédéthèque.
La Quête de l'Oiseau du Temps
Un classique de l'Heroic-Fantasy sublimé par la patte unique de Loisel. En quatre tomes seulement, La Quête de l'oiseau du temps déploie un univers riche et vivant, où chaque région traversée semble dotée d'une âme propre. Le ton oscille avec justesse entre l'épique, le mélancolique et le comique, sans jamais perdre en cohérence. L'ambiance est exceptionnelle : on a la sensation de vivre une grande aventure, portée par des personnages inoubliables. Bragon et Pélisse, duo central, marquent par leur force de caractère, leur humanité et une complicité aussi vibrante qu'attachante. La compagnie qui les entoure dégage une chaleur rare, rendant leur quête aussi prenante qu'émotive. Graphiquement, c'est un ravissement permanent. Le trait expressif de Loisel donne vie à des paysages somptueux et variés, à la fois exotiques et envoûtants. Chaque décor, chaque lieu traversé, invite au voyage, avec une richesse de détails qui contribue pleinement à l'immersion. Le scénario, bien que classique dans sa structure, évite les clichés et préfère creuser la psychologie de ses personnages. Et surtout, il offre un des plus beaux dénouements du genre : fort, émouvant, inoubliable. Une fin qui laisse une vraie empreinte, laissant le lecteur avec ce sentiment qui prend à la gorge et que l'on nomme Nostalgie.
Watchmen
Un chef-d'œuvre absolu. Watchmen est une œuvre qui transcende les genres, à la fois roman graphique, réflexion politique, essai philosophique et expérience sensorielle. Une histoire unique en son genre et ultra innovante pour l'époque, un scénario très intelligent, un univers uchronique détaillé, des personnages fouillés et originaux, une mise en scène exemplaire, une utilisation exceptionnelle du média qu'est la bande dessinée, et j'en passe... Le récit est si dense, si intelligemment construit, que chaque détail compte, chaque plan est signifiant. Alan Moore signe ici un scénario d'une maturité rare, une uchronie captivante, un monde en miroir du nôtre où les super-héros ne sont ni des modèles ni des sauveurs, mais des êtres profondément humains, faillibles, ambigus. Gibbons, de son côté, offre un dessin très structuré, parfois jugé rigide ou criard notamment par sa colorisation, mais qui se révèle d'une lisibilité exemplaire et sert avec brio la narration. Son découpage, ses arrière-plans, sa précision graphique participent pleinement à la lecture multiple du récit. Les personnages sont inoubliables : Manhattan et Rorschach surtout, incarnent deux visions opposées mais complémentaires de l'humanité, l'un froid et métaphysique, l'autre viscéral et nihiliste. Ils cristallisent l'un des grands thèmes de l'œuvre : qu'est-ce que l'homme, au fond ? À travers eux, Watchmen interroge notre rapport au pouvoir, à la morale, à la société, à la mémoire. Ce n'est pas qu'un comics culte, c'est une œuvre fondatrice. Intelligente, sombre, exigeante, dérangeante parfois, mais toujours passionnante. Un monument inclassable et inégalé, à lire et relire, comme on relit une grande œuvre littéraire.
Anita Bomba
Série SF au scénario délirant dans le sens où ça part dans tous les sens (on y sent l'auteur qui y est libre de mouvements et qui peut faire évoluer l'histoire comme ça l'amuse) voire un peu punk par l'ambiance. J'adore l'humour souvent politiquement incorrect qui en ressort. Les dessins sont bons aussi quoique les couleurs soient plutôt ternes au départ. Dommage que cette série s'arrête aussi brusquement.
Ombres et Désirs
Difficile de parler de l'Allemagne nazie dans une BD sans verser dans la politique (et donc donner son avis). Difficile également de parler de triangle amoureux sans verser dans le sordide et/ou le porno et/ou la sensiblerie extrême. C'est pourtant le pari réussi de ce one-shot réunissant des auteurs que tout aurait pu opposer... Warnauts, chroniqueur social plutôt fin, et Marc-Rénier, dessinateur d'histoires dans l'Histoire. Amateur de chevaux. Des croupes, on en trouve une dans cette histoire, celle de la jolie Elena, 17 ans, à la fois manipulatrice et ingénue, sujet et centre de la folie meurtrière qui naîtra de l'antagonisme, de la rivalité parfois purement virile opposant ses deux amants. Le dessin de Rénier est plus mature que la plupart de ses productions (à l'exception de Black Hills 1890), curieusement scrutateur du corps d'Elena et des travers de cette époque troublée. Le scénario de Warnauts est tout en nuances. Prenant le prétexte d'un fait divers, Warnauts et Marc-Renier s'attachent à nous faire vivre la tension d'une époque qui perd la tête, portée par des idées nationalistes et broyant tout sur son passage.
La Compagnie des Glaces
Un très bon premier tome je suis impréssionné, je m'attendais pas du tout à ça.:) Les dessins tout d'abord, plusieurs dessinateurs pour un rythme de parution soutenue bonne idée, surtout quand les dessins s'accordent bien et là heuresement c'est le cas. Dans l'ensemble décors et persos s'accordent très bien c'est très agréable à suivre. Pour le scénar, ça commence bien mais la série prévoit d'être longue donc ce n'est qu'un tome de mise en place des persos et de l'histoire, mais c'est bien fait, bien mené, rien à redire. Un premier album très agréable à lire et à suivre vivement la suite.
Purgatoire
Et voilà ! encore du très bon Chabouté. Qui, cette fois, ne nous épargne pas ses talents d'aquarelliste. Une histoire très prenante, très poignante, avec un petit bémol : tout est si rapide ! On n'a pas le temps de s'attacher à ce que vit le personnage qu'il est déjà dans un autre "état" (vous comprendrez en le lisant). Est-ce gênant ? A la 1e lecture, on a l'impression d'avoir lu le TVG de la BD... Mais à la 2e lecture, l'impression s'estompe, on prend le temps d'apprécier les couleurs, et du coup ça va mieux. Côté dessins, on retrouve la patte typique de Chabouté, mais en couleurs. Une mise en couleur très belle, prenez le temps d'admirer la couverture, à elle seule c'est un chef d'oeuvre. A la fin du tome 1, prenez le temps de repenser à ce que vous venez de lire. Ne prenez pas tout de suite le tome 2. "Purgatoire"... pourquoi ce titre ? qui est l'homme de la dernière planche ? La suite va-t-elle concerner les mêmes personnages ? Où bien va-t-elle s'attacher à d'autres personnages en situation extrême, à la manière de Dans la nuit de Callède et Denys ?... Le tome 2 est là pour passer le temps, assez mou (il ne se passe pas grand chose), mais il est nécessaire pour la lecture du tome 3, alors n'abandonnez pas. Le tome 3 apporte la conclusion, un retournement un peu attendu (enfin, moi j'ai rien vu venir, mais il parait...) mais qui ne laisse pas sur une impression désagréable, au contraire.
Les Chroniques de Magon
Impressionné, vraiment impressionné, un premier tome excellent j'adore. Le scénario commence très bien, c'est très bien fait, bien mené, très agréable à lire et à suivre. Les persos sont attachants, sympathiques, le monde paraît pour l'instant très cohérent, une réussite. :) Pour les dessins et les couleurs, pas besoin de s'attarder, c'est magnifique pour un premier album, rien à redire. Un premier tome génial, vivement la suite. :):):)