Je reconnais qu'il m'a fallu un moment pour me lancer vraiment dans la lecture de cette grande aventure qu'est l'histoire de Peter Pan.
Je connaissais Loisel depuis La quête de l'oiseau du temps et je trouvais que les dessins semblaient plus soignés dans Peter Pan.
Alors je lis le tome 1: Grandiose! C'est beau, c'est triste, c'est magique,... Bref, c'est prometteur.
Le tome 2 maintenant: C'est à partir de là que j'ai hésité à continuer la série, car en effet, Opikanoba est à mon goût le moins réussi des 5 albums parus. Mais bon, c'est quand même pas mal. Les personnages magiques sont sympas (la plupart en tout cas) et les décors de l'île sont fabuleux.
Les tomes 3 et 4 se tiennent assez bien. Ils sont tous deux formidables, beaux, émouvants, magique (encore une fois)... Enfin on a vraiment envie de lire la suite des aventures de Peter et de sa bande.
Tome 5, et là, c'est l'apogée de la série. Outre les dessins qui sont d'un niveau rarement atteint en BD, Loisel entraîne le lecteur d'un bout à l'autre de l'histoire par une série de rebondissements et de coups de théâtre tout bonnement fabuleux!
Bref, pour le moment, cette adaptation du roman de J.M.Barrie est une pure merveille sur tous les points. Evidemment, c'est à cent lieues de la version de Disney, mais n'ayant malheureusement pas encore eu l'occasion de lire l'histoire originale, je ne peux pas dire laquelle des 2 versions est la plus proche de la "vraie histoire de Peter Pan".
Dans tout les cas, celle que nous propose Loisel est sombre, cruelle, triste, glauque même, par moment, mais elle reste un pur chef d'oeuvre d'aventure et de rêverie.
Epoustouflant!!!
Ahlala… Akata / Delcourt nous a habitué à une ligne éditoriale très intéressante avec des œuvres assez atypiques, mais alors là on atteint des sommets.
Laissons le dessin de côté : Ki-itchi est très laid, certains visages ne sont guère plus avenants, les décors sont assez travaillés. Idem pour le découpage : souvent peu fluide, il impose un rythme parfois syncopé, intercalant de nombreux points de vue d’une même scène, forçant une grande attention.
Ce qui est tout particulièrement intéressant dans ce premier volume, c’est l’incompréhension. Incompréhension du sujet (de quoi il parle, ce manga ?!), de l’action (la discussion du chapitre 1 paraît très absconse), des rôles (Ki-itchi c’est un méchant, un gentil ? Pourquoi il dit rien ? Qu’est-ce qu’il pense ?).
Au début je ne comprenais rien, et je trouvais ça pas très beau et un peu embêtant. Et puis, au fil des pages, sans que Ki-itchi dise jamais un mot, on se pose des questions, on échafaude des hypothèses, on construit un sens… et on s’attache.
Ki-itchi c’est un gosse très turbulent qui ne s’exprime pas. C’est donc la nécessité d’essayer de le comprendre, tant pour le lecteur que pour les personnages du manga. C’est un comportement complètement inhabituel et des réactions à décrypter. Je ne sais absolument pas si c’est réaliste, mais Ki-itchi, c’est comme d’avoir un vrai gosse avec son caractère et d’essayer de le comprendre…
Quant au dessin, on s’y fait tellement bien qu’une scène m’a fait hurler de rire. Et certains passages sont réellement émouvants.
Alors je ne sais pas si vous aimerez cette espèce d’ODNI (Objet Dessiné Non Identifié), mais je vous conseille très fortement d’essayer de le lire. En entier, car un chapitre ne suffira pas. En tout cas moi j’aime beaucoup.
Une superbe série, une histoire de pirate classique (un trésor perdu...) mais avec de bons rebondissements. Pour héros un pirate digne de ce nom : malin, truqueur, sanguinaire et sans pitié mais l'honneur de la parole donnée (enfin tout dépend à qui :)). Les dessins : tout simplement superbes ! Perso, Cassini, j'adore. Le hic ? Comme annoncé prédedemment, la fin qui n'est pas à la hauteur. Mais il n'empêche que c'est à conseiller aux fans du genre.
Quand on lit les avis prédédents et que l'on voit que même ceux qui ne sont pas fans de sf adhèrent, je crois qu'il n'y pas de meilleure preuve.
Captivé par le scénario, fasciné par les dessins...
Personnellement, il s'agit de ma série culte ! Souvent on a l'impression que les scénarii sont faits au fur et à mesure de l'histoire... Si le lecteur ne sait pas trop où l'histoire va il semble en être de même pour le scénariste. Or pour UW1, on sent de suite que Bajram sait où il va sans pour autant que le lecteur puisse se douter de la fin.
Vraiment à lire, à lire et relire :)
Tout nouvel album d’Ayroles (François, pas Alain…), ce n’est peut-être pas en le feuilletant que celui qui ne connaît pas l’auteur aura envie de le lire. Le style graphique est en effet assez particulier, analogue à celui d’« Incertain silence », parfois très sombre du fait d’encrages abondants et mettant en scène des physionomies un peu spéciales.
Une des grandes force de cet album, c’est une originalité parfois poussée.
Dans les dialogues tout d’abord, avec un côté fréquemment décalé, jouant par exemple sur le fait que Pierre est aveugle, et quelques petites perles de répliques, comme au dos de l’album : C’est pas parce que je vois pas que je peux pas peindre… Je suis pas manchot ! ; ces dialogues sont vraiment un réel plaisir à lire.
Dans le dessin ensuite. Ayroles participe activement à l’OuBaPo et utilise ici certaines techniques oubapiennes, mais légèrement, presque avec tact, et toujours à bon escient.
(Passage un peu technique)
Itérations iconiques (p.62, huit cases identiques représentant l’extérieur du commissariat), restrictions iconiques (p. 1), itérations iconiques partielles (p. 8, Pierre et Paul en train de cheminer), réinterprétation graphique absolument magistrale (p. 85), etc. Et puis la page 86 rappelle « Simbabad de Bahtbad » (« Philémon »…), où le lecteur est contraint de suivre un ordre de lecture qui n’est pas celui des cases.
Bref, il y a de quoi faire. Et pourtant tout ceci reste discret, parfaitement intégré au récit et le servant. Rien d’artificiel donc, au contraire.
L’histoire quant à elle est originale dans son idée : deux personnages infirmes mais complémentaires, l’un rabougri et tétraplégique, l’autre grand et valide mais aveugle.
Autant le dire tout de suite, la ligne directrice de cet album, c’est Pierre et Paul. Les aventures qu’ils vont vivre ont une cohérence et une logique, mais il ne s’agit pas de quelque chose d’aussi marqué que, disons, un Thorgal, avec situation initiale, perturbation, aventure et fin. Là ce serait plutôt « on fait un morceau de chemin avec les personnages ».
Mais bon, « Enfer Portatif » est un vrai plaisir à lire. Savoureux dans ces dialogues, très intéressant au niveau de son découpage et dans les techniques qu’il utilise, tendre et cruel à la fois, gentiment drôle, j’aime.
Après un début de lecture qui fût fastidieux et sans cesse parasité par un graphisme que je trouvais finalement très lourd, j'ai vite été pris par l'infernal compte à rebours.
***ATTENTION SPOILERS***
Même s'il me paraissait dès le début évident que le fameux secret d'état devait être l'imminence d'une catastrophe cosmico-planétaire, la manière dont les événements sont amenés est très bien maîtrisée, et donne envie d'en savoir à chaque fois un peu plus.
Je ne vais pas trop revenir sur certaines galères scénaristiques (si ? bon par exemple je me suis demandé pourquoi l'associé de Venice qui se prend une balle dans la tronche revenait deux pages après défiguré mais bien vivant. J'ai dû relire trois fois le début avant de comprendre un peu plus tard que c'était son fantôme !
***FIN SPOILERS***
Mais finalement en quoi cette digression fantastique sert-elle l'histoire ?), j'ai vraiment aimé les deux premiers tomes et j'attends avec impatience la suite.
Ah oui, juste une petite dernière précision pour la route : le graphisme s'améliore nettement dans le deuxième tome.
Solide pavé que cette trilogie. Le dessin de Bézian en rappelle d’autres : Andréas mais surtout Thierry Robin pour son caractère géométrisé, un peu froid, mais parfait pour une atmosphère fantastique.
Au début, le dessin surprend et on n'est pas sûr de lire tout cela avec plaisir, tant les visages sont grimaçants, torturés, comme remplis de lignes de force trop abondantes, allant jusqu’à la défiguration. Mais au bout de 3-4 pages, on est déjà dedans, pris par l’étrange rythme des couleurs et du découpage. C’est de la bd d’orfèvre, ça Monsieur ! Chaque case est soigneusement pensée, dans une alchimie qui frise sans cesse la perfection stylistique. Côté scénario, c’est du fantastique dans la plus pure tradition, on pense à Poe, bien sûr, mais également à beaucoup d’autres.
Finalement ces trois tomes peuvent se lire tout à fait séparément. Ils n’ont qu’un personnage en commun : celui du docteur, qui est la plupart du temps (sauf dans le 3e tome) plutôt secondaire.
Mais les lire dans la foulée permet de constater à quel point ces trois albums constituent des variations sur des thèmes communs : le temps, la mort… Cela permet d’admirer également toute la progression de ce dessinateur rare mais précieux.
De la première planche à la dernière, son dessin s’affine, son style se fait de plus en plus épuré, de plus en plus abstrait pour atteindre une espèce de perfection.
Voila une superbe histoire d'amour. Il n'est qu'un automate délaissé au premier regard par un créateur dévoré par ses propres chimères. Elle n'est qu'une fée inachevée suspendue au fil de l'oubli. Il la voit et soudain sa vie s'éclaire. Ils se perdent dans le tourbillon de la folie des hommes, et le temps passe. Mais l'amour se moque du temps qui passe. Le petit automate le sait bien, lui qui va tout faire pour retrouver celle qu'il aime.
Cette bd est un pur moment de poésie. Elle sublime le sentiment amoureux de manière simple et limpide. Quand en plus, elle a la chance d'être portée par un graphisme au diapason, on touche au magique.
Pour les amoureux, pour ceux qui aimeraient l'être et pour tous les autres...
Assurément une très bonne série qui débute. Si le thème des durs à cuire forcés de collaborer pour dénouer des situations compliquées n'est pas nouveau, le traitement scénaristique de Dorison et Nury parvient parfaitement à susciter l'intérêt. Le tout est servi par le graphisme irréprochable de Rossi et une mise en couleur très honnête. Une série qui dès le premier tome, nous fait entrer dans un univers captivant. A suivre...
Vraiment spécial, ce manga... et déroutant !
En fait, la structure me fait penser à celle de Spirale dans la forme : un ensemble de petites histoires et d'aventures que rencontre un groupe de personnages, qui s'inscrivent dans un thème général (ici, l'espace du XXIeme siècle).
En fait, je trouve ce manga... reposant. Pourtant, l'intrigue est assez active, les éléments s'enchaînent bien, mais j'ai ressenti une sorte de plénitude à la lecture de cette BD, c'est assez particulier.
Les différents personnages sont très travaillés (je trouve que Fi est carrément craquante :)), leur psychologie est très développée.
On s'attache vite à ces différents "éboueurs de l'espace" au futur improbable, et qui poursuivent un rêve qui leur est propre.
Les différentes petites histoires sont millimétrées et très bien pensées, souvent originales. La fin du premier tome est particulièrement prenante... mais chut :)
Le dessin est vraiment atypique. Très kitch dans les visages, simples et ronds, ce style "ligne claire" (si si, un peu quand même !) donne beaucoup de charme à la série. Toutefois, je trouve que les personnages, très simples parfois, ne s'intègrent pas bien aux décors qui eux sont très précis.
Une série à découvrir, en tout cas, une très bonne surprise !
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Peter Pan
Je reconnais qu'il m'a fallu un moment pour me lancer vraiment dans la lecture de cette grande aventure qu'est l'histoire de Peter Pan. Je connaissais Loisel depuis La quête de l'oiseau du temps et je trouvais que les dessins semblaient plus soignés dans Peter Pan. Alors je lis le tome 1: Grandiose! C'est beau, c'est triste, c'est magique,... Bref, c'est prometteur. Le tome 2 maintenant: C'est à partir de là que j'ai hésité à continuer la série, car en effet, Opikanoba est à mon goût le moins réussi des 5 albums parus. Mais bon, c'est quand même pas mal. Les personnages magiques sont sympas (la plupart en tout cas) et les décors de l'île sont fabuleux. Les tomes 3 et 4 se tiennent assez bien. Ils sont tous deux formidables, beaux, émouvants, magique (encore une fois)... Enfin on a vraiment envie de lire la suite des aventures de Peter et de sa bande. Tome 5, et là, c'est l'apogée de la série. Outre les dessins qui sont d'un niveau rarement atteint en BD, Loisel entraîne le lecteur d'un bout à l'autre de l'histoire par une série de rebondissements et de coups de théâtre tout bonnement fabuleux! Bref, pour le moment, cette adaptation du roman de J.M.Barrie est une pure merveille sur tous les points. Evidemment, c'est à cent lieues de la version de Disney, mais n'ayant malheureusement pas encore eu l'occasion de lire l'histoire originale, je ne peux pas dire laquelle des 2 versions est la plus proche de la "vraie histoire de Peter Pan". Dans tout les cas, celle que nous propose Loisel est sombre, cruelle, triste, glauque même, par moment, mais elle reste un pur chef d'oeuvre d'aventure et de rêverie. Epoustouflant!!!
Ki-itchi
Ahlala… Akata / Delcourt nous a habitué à une ligne éditoriale très intéressante avec des œuvres assez atypiques, mais alors là on atteint des sommets. Laissons le dessin de côté : Ki-itchi est très laid, certains visages ne sont guère plus avenants, les décors sont assez travaillés. Idem pour le découpage : souvent peu fluide, il impose un rythme parfois syncopé, intercalant de nombreux points de vue d’une même scène, forçant une grande attention. Ce qui est tout particulièrement intéressant dans ce premier volume, c’est l’incompréhension. Incompréhension du sujet (de quoi il parle, ce manga ?!), de l’action (la discussion du chapitre 1 paraît très absconse), des rôles (Ki-itchi c’est un méchant, un gentil ? Pourquoi il dit rien ? Qu’est-ce qu’il pense ?). Au début je ne comprenais rien, et je trouvais ça pas très beau et un peu embêtant. Et puis, au fil des pages, sans que Ki-itchi dise jamais un mot, on se pose des questions, on échafaude des hypothèses, on construit un sens… et on s’attache. Ki-itchi c’est un gosse très turbulent qui ne s’exprime pas. C’est donc la nécessité d’essayer de le comprendre, tant pour le lecteur que pour les personnages du manga. C’est un comportement complètement inhabituel et des réactions à décrypter. Je ne sais absolument pas si c’est réaliste, mais Ki-itchi, c’est comme d’avoir un vrai gosse avec son caractère et d’essayer de le comprendre… Quant au dessin, on s’y fait tellement bien qu’une scène m’a fait hurler de rire. Et certains passages sont réellement émouvants. Alors je ne sais pas si vous aimerez cette espèce d’ODNI (Objet Dessiné Non Identifié), mais je vous conseille très fortement d’essayer de le lire. En entier, car un chapitre ne suffira pas. En tout cas moi j’aime beaucoup.
Bouffe-Doublon
Une superbe série, une histoire de pirate classique (un trésor perdu...) mais avec de bons rebondissements. Pour héros un pirate digne de ce nom : malin, truqueur, sanguinaire et sans pitié mais l'honneur de la parole donnée (enfin tout dépend à qui :)). Les dessins : tout simplement superbes ! Perso, Cassini, j'adore. Le hic ? Comme annoncé prédedemment, la fin qui n'est pas à la hauteur. Mais il n'empêche que c'est à conseiller aux fans du genre.
Universal War One
Quand on lit les avis prédédents et que l'on voit que même ceux qui ne sont pas fans de sf adhèrent, je crois qu'il n'y pas de meilleure preuve. Captivé par le scénario, fasciné par les dessins... Personnellement, il s'agit de ma série culte ! Souvent on a l'impression que les scénarii sont faits au fur et à mesure de l'histoire... Si le lecteur ne sait pas trop où l'histoire va il semble en être de même pour le scénariste. Or pour UW1, on sent de suite que Bajram sait où il va sans pour autant que le lecteur puisse se douter de la fin. Vraiment à lire, à lire et relire :)
Enfer portatif
Tout nouvel album d’Ayroles (François, pas Alain…), ce n’est peut-être pas en le feuilletant que celui qui ne connaît pas l’auteur aura envie de le lire. Le style graphique est en effet assez particulier, analogue à celui d’« Incertain silence », parfois très sombre du fait d’encrages abondants et mettant en scène des physionomies un peu spéciales. Une des grandes force de cet album, c’est une originalité parfois poussée. Dans les dialogues tout d’abord, avec un côté fréquemment décalé, jouant par exemple sur le fait que Pierre est aveugle, et quelques petites perles de répliques, comme au dos de l’album : C’est pas parce que je vois pas que je peux pas peindre… Je suis pas manchot ! ; ces dialogues sont vraiment un réel plaisir à lire. Dans le dessin ensuite. Ayroles participe activement à l’OuBaPo et utilise ici certaines techniques oubapiennes, mais légèrement, presque avec tact, et toujours à bon escient. (Passage un peu technique) Itérations iconiques (p.62, huit cases identiques représentant l’extérieur du commissariat), restrictions iconiques (p. 1), itérations iconiques partielles (p. 8, Pierre et Paul en train de cheminer), réinterprétation graphique absolument magistrale (p. 85), etc. Et puis la page 86 rappelle « Simbabad de Bahtbad » (« Philémon »…), où le lecteur est contraint de suivre un ordre de lecture qui n’est pas celui des cases. Bref, il y a de quoi faire. Et pourtant tout ceci reste discret, parfaitement intégré au récit et le servant. Rien d’artificiel donc, au contraire. L’histoire quant à elle est originale dans son idée : deux personnages infirmes mais complémentaires, l’un rabougri et tétraplégique, l’autre grand et valide mais aveugle. Autant le dire tout de suite, la ligne directrice de cet album, c’est Pierre et Paul. Les aventures qu’ils vont vivre ont une cohérence et une logique, mais il ne s’agit pas de quelque chose d’aussi marqué que, disons, un Thorgal, avec situation initiale, perturbation, aventure et fin. Là ce serait plutôt « on fait un morceau de chemin avec les personnages ». Mais bon, « Enfer Portatif » est un vrai plaisir à lire. Savoureux dans ces dialogues, très intéressant au niveau de son découpage et dans les techniques qu’il utilise, tendre et cruel à la fois, gentiment drôle, j’aime.
7 secondes
Après un début de lecture qui fût fastidieux et sans cesse parasité par un graphisme que je trouvais finalement très lourd, j'ai vite été pris par l'infernal compte à rebours. ***ATTENTION SPOILERS*** Même s'il me paraissait dès le début évident que le fameux secret d'état devait être l'imminence d'une catastrophe cosmico-planétaire, la manière dont les événements sont amenés est très bien maîtrisée, et donne envie d'en savoir à chaque fois un peu plus. Je ne vais pas trop revenir sur certaines galères scénaristiques (si ? bon par exemple je me suis demandé pourquoi l'associé de Venice qui se prend une balle dans la tronche revenait deux pages après défiguré mais bien vivant. J'ai dû relire trois fois le début avant de comprendre un peu plus tard que c'était son fantôme ! ***FIN SPOILERS*** Mais finalement en quoi cette digression fantastique sert-elle l'histoire ?), j'ai vraiment aimé les deux premiers tomes et j'attends avec impatience la suite. Ah oui, juste une petite dernière précision pour la route : le graphisme s'améliore nettement dans le deuxième tome.
Adam Sarlech
Solide pavé que cette trilogie. Le dessin de Bézian en rappelle d’autres : Andréas mais surtout Thierry Robin pour son caractère géométrisé, un peu froid, mais parfait pour une atmosphère fantastique. Au début, le dessin surprend et on n'est pas sûr de lire tout cela avec plaisir, tant les visages sont grimaçants, torturés, comme remplis de lignes de force trop abondantes, allant jusqu’à la défiguration. Mais au bout de 3-4 pages, on est déjà dedans, pris par l’étrange rythme des couleurs et du découpage. C’est de la bd d’orfèvre, ça Monsieur ! Chaque case est soigneusement pensée, dans une alchimie qui frise sans cesse la perfection stylistique. Côté scénario, c’est du fantastique dans la plus pure tradition, on pense à Poe, bien sûr, mais également à beaucoup d’autres. Finalement ces trois tomes peuvent se lire tout à fait séparément. Ils n’ont qu’un personnage en commun : celui du docteur, qui est la plupart du temps (sauf dans le 3e tome) plutôt secondaire. Mais les lire dans la foulée permet de constater à quel point ces trois albums constituent des variations sur des thèmes communs : le temps, la mort… Cela permet d’admirer également toute la progression de ce dessinateur rare mais précieux. De la première planche à la dernière, son dessin s’affine, son style se fait de plus en plus épuré, de plus en plus abstrait pour atteindre une espèce de perfection.
Fée et tendres Automates
Voila une superbe histoire d'amour. Il n'est qu'un automate délaissé au premier regard par un créateur dévoré par ses propres chimères. Elle n'est qu'une fée inachevée suspendue au fil de l'oubli. Il la voit et soudain sa vie s'éclaire. Ils se perdent dans le tourbillon de la folie des hommes, et le temps passe. Mais l'amour se moque du temps qui passe. Le petit automate le sait bien, lui qui va tout faire pour retrouver celle qu'il aime. Cette bd est un pur moment de poésie. Elle sublime le sentiment amoureux de manière simple et limpide. Quand en plus, elle a la chance d'être portée par un graphisme au diapason, on touche au magique. Pour les amoureux, pour ceux qui aimeraient l'être et pour tous les autres...
W.E.S.T
Assurément une très bonne série qui débute. Si le thème des durs à cuire forcés de collaborer pour dénouer des situations compliquées n'est pas nouveau, le traitement scénaristique de Dorison et Nury parvient parfaitement à susciter l'intérêt. Le tout est servi par le graphisme irréprochable de Rossi et une mise en couleur très honnête. Une série qui dès le premier tome, nous fait entrer dans un univers captivant. A suivre...
Planètes
Vraiment spécial, ce manga... et déroutant ! En fait, la structure me fait penser à celle de Spirale dans la forme : un ensemble de petites histoires et d'aventures que rencontre un groupe de personnages, qui s'inscrivent dans un thème général (ici, l'espace du XXIeme siècle). En fait, je trouve ce manga... reposant. Pourtant, l'intrigue est assez active, les éléments s'enchaînent bien, mais j'ai ressenti une sorte de plénitude à la lecture de cette BD, c'est assez particulier. Les différents personnages sont très travaillés (je trouve que Fi est carrément craquante :)), leur psychologie est très développée. On s'attache vite à ces différents "éboueurs de l'espace" au futur improbable, et qui poursuivent un rêve qui leur est propre. Les différentes petites histoires sont millimétrées et très bien pensées, souvent originales. La fin du premier tome est particulièrement prenante... mais chut :) Le dessin est vraiment atypique. Très kitch dans les visages, simples et ronds, ce style "ligne claire" (si si, un peu quand même !) donne beaucoup de charme à la série. Toutefois, je trouve que les personnages, très simples parfois, ne s'intègrent pas bien aux décors qui eux sont très précis. Une série à découvrir, en tout cas, une très bonne surprise !