Les derniers avis (38386 avis)

Par ArzaK
Note: 5/5
Couverture de la série Le Sommeil du Monstre
Le Sommeil du Monstre

Je ne sais pas ce qui se passe en ce moment, mais il est devenu de bon ton, dans le milieu de la bande dessinée, de décrier Bilal. On a pu entendre certains auteurs de la nouvelle génération, dont Blain dire que les albums de Bilal, c’était du vent, juste de la prétention mise en album. Malgré tout le respect que j’ai pour Blain, je trouve qu’il a raté une occasion de se taire. D’autres auteurs n’hésitent pas à le considérer comme une espèce de « vendu » aux salons parisiens. Franchement, face à de telles considérations à l’emporte-pièce, je reste dubitatif, n’y aurait-il pas un peu de jalousie derrière tout ça ? Certes Bilal est le chouchou d’une certaine critique littéraire parisienne, qui ne parle de bande dessinée que lorsqu’un de ses album sort (c’est à dire une fois tous les cinq ans), mais est-ce sa faute si seuls ses albums les intéressent ? Est-ce une raison suffisante pour ternir sa réputation et entretenir des rumeurs selon lesquels il snoberait les autres auteurs et se prendrait pour Dieu le père ! Et même si c’était le cas, peut-on reprocher à un artiste de se croire le meilleur ? Reproche-t-on au boxeur de se prendre pour un surhomme lorsqu’il monte sur le ring ? Dali a eu beau se considérer comme le plus grand peintre de tous les temps, même s’il était peut-être le seul à le penser, on ne l’a jamais traité de mauvais peintre pour autant. C’est sûr qu’un artiste prétentieux s’expose toujours à être ridicule quand il n’est capable de ne faire que de la bouse. Mais ce n’est pas le cas de Bilal, loin de là ! Je ne suis pas un fan inconditionnel de tout ce qu’a fait Bilal, la trilogie Nikopol, malgré sa grande originalité, n’est pas passionnante de bout en bout, et certaines de ses histoires courtes m’ont laissés sur ma faim, mais face au premier album de cette nouvelle trilogie (qui risque d’être terminée vers 2030), j’ai bien envie, moi aussi, de crier au génie. C’est le meilleur album que Bilal ait jamais dessiné ! Un truc incroyable, presque impensable ! Bilal ne sort qu’un album tous les cinq ans, alors chaque album se trouve être un assemblage complexe des pensées qui ont accaparé l’homme pendant des années. Le résultat est forcément dense, complexe et exige beaucoup de la part du lecteur. Et cet album est non seulement d’un incroyable complexité mais il n’est pas facile à lire. Est-ce un défaut ? dans l’absolu, oui, mais ici, pas vraiment, parce que le lecteur y est vraiment récompensé de ses efforts. Le sujet ? On devrait dire « les sujets » ! Bilal parle de la guerre (celle de yougoslavie comme des autres), du fanatisme religieux, de politique, et de plusieurs autres thèmes classiques de la science fiction tels que le clonage cybernétiques, et l’utopie scientiste d’un monde déshumanisé. Ca fait un peu beaucoup, mais l’auteur accomplit cela avec un tel brio ! L’univers qu’il dépeint est hallucinant, une vraie baraque des horreurs. Si l’histoire future de l’humanité devait nous conduire à ce que décrit Bilal, j’espère sincèrement ne pas vivre trop vieux ! Mais quelles idées ! Il y a plus d’idées dans ce seul album que ce que d’autres scénaristes n’auront jamais de toute leur carrière ! Avec la tiers de la moitié des idées de cet album, certains n’hésiteraient pas à faire une saga d’une vingtaine de tomes ! Bon, je vais pas citer de noms, mais des scénaristes qui dilapident la seule idée qu’ils ont en la déclinant à l’infini jusqu’à plus soif, ou en étirant inutilement une série pour faire tourner l’imprimerie et la planche à billet, on en connaît tous. Le seul véritable reproche que ferais à l’auteur c’est que la densité de son intrigue n’est nullement clarifiée par certains choix formels : chaque case contient de grandes informations, les texte-off sont très nombreux, les ellipses et le passage d’un case à l’autre ne se fait pas toujours avec facilité. Avec un même scénario, Bilal aurait pu faire trois albums plus « présentable » pour le lecteur. Il aurait pu ainsi s’adresser sans doute à plus de lecteurs et en perdre moins en route, je pense à ceux qui, déroutés par la nécessité d’une lecture attentive, ont refermé l’album avant la fin. Mais ce reproche n’enlève rien à mon cinq étoiles, le propos de cet album est si fort, si beau ! P.S. : Si vous avez peur d’aborder cet album parce que vous pensez que la suite risque de se faire attendre (Bilal étant occupé par la réalisation de son troisième film) ôtez vos craintes ! Cet album forme une histoire complète à lui tout seul, je ne sais pas ce que racontera la suite, mais à la lecture de cet album, je me dis qu’il pourrait tout aussi bien être un tome unique.

12/12/2002 (modifier)
Par brunelle
Note: 4/5
Couverture de la série Le Temps des Bombes
Le Temps des Bombes

Je n'en suis qu'au tome 2. Cet avis est temporaire. Cette bd nous transporte dans un paris encore figé par les principes du 19em siècle, au sein des premières montées de l'anarchie. La force de cette bd est bien évidemment la manière dont Moynot traite ce délicat et passionant sujet. On vit les incertitudes, les erreurs les évolutions et les raisonnements des anarchistes des premiers temps. Les faits ne sont pas exposés, ils sont expliqués. A travers la vie d'Augustin, on comprend, tout simplement. On comprend le contexte ; on comprend les idées ; on comprend surtout pourquoi le temps des bombes est né... Si le lecteur assimile de façon aussi limpide l'atmosphère, les enjeux les situations, etc. c'est aussi parce que le dessin est d'une redoutable efficacité. Je crois qu'un dessin plus fouillé aux allures symboliques ("à la yslaire" dirai-je.) trahirait toute la crédibilité de l'oeuvre : on tomberait assurément dans l'exagération de la propagande. Ce n'est pas le cas. C'est sobre, clair, sans pour autant être figé. Outre le fait que ce thème soit traité avec brio, il faut remarquer le charisme du héros torturé par son passé, la beauté des grands yeux noirs de lalie, les membres du petit groupuscule qui seront tour à tour rêveurs, réticents, pleutres, passionés, désespérés, etc. Bref, ces personnages ont beau être fictifs, leur existence semble ne faire aucun doute : cette impression de vécu, de réalité historique leur donne véritablement vie. La suite de cet avis prochainement.

12/12/2002 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série les Mémoires Mortes
les Mémoires Mortes

bon franchement j'hésite. Je viens juste de la lire, et l'impression qui me reste est plutot bonne. Côté dessin, couleurs, c'est très beau, on sent l'influence Bajram, c'est très semblable à UW1. A côté de ça l'histoire n'est pas mauvaise mais un peu décousue, on n'en sait pas assez : en gros, plein de trucs nous arrivent - notamment des rêves de Jalna, mais on n'a aucune réponse. Même si l'idée de base, déchéance de notre actuel monde technologique (comment ? on n'en sait rien), n'est pas nouvelle, ce n'est pas à mon sens un problème. On sent quand même que ça risque de devenir très très bon J'aimerais enchainer de suite avec un second tome, mais pour cela je crois que je vais devoir prendre mon mal en patience.

12/12/2002 (modifier)
Par brunelle
Note: 4/5
Couverture de la série Le Monde d'Edena
Le Monde d'Edena

Si vous recherchez l'originalité, la beauté, l'atypisme, cette bd est pour vous. Le terme de toce est on ne peut mieux choisi pour définir cette oeuvre : l'interaction entre la poésie et le dessin est idéale. Je suis vraiment très sensible à ce genre d'expression, l'onirisme étant mené à son apogée avec cet univers là. Pour ma part, je reste sans voix en contemplant certaines planches, d'une telle virtuosité... vraiment à part.

12/12/2002 (modifier)
Par brunelle
Note: 4/5
Couverture de la série Marsupilami
Marsupilami

dans la galerie des animaux fantastiques, entre la licorne et la mouette à béton, nous avons... le marsupilami ! un des personnage le plus merveilleux de franquin, avec gaston et zorglub. une bestiole qui incarne plus d'humanité que 30 chasseurs palombiens réunis. une sorte de super-héros naturel, aux moeurs incroyables et à l'intelligence surdévellopée. cette chose est attachante, drôle, émouvante, bref un sublime résultat du génie de son créateur. on suit ses petites histoires avec intérêt, mais hélas jusqu'à un certain point seulement. depuis de son "papa", le marsu est définitivement orphelin... et ce n'est pas les vaines tentatives de sauvetage de la série qui la feront renaître.

12/12/2002 (modifier)
Par brunelle
Note: 4/5
Couverture de la série Martha Washington - Le Rêve américain (Liberty, un rêve américain)
Martha Washington - Le Rêve américain (Liberty, un rêve américain)

C’est une série forte. Ce parti pris de vouloir traiter une oeuvre de sf avec réalisme est ici atteint. L’évolution de Martha et l'évolution d'une Amérique plus qu'en perdition frappe l'imagination : c'est une des ambiances "post-apocalyptique" qui m'a le plus touchée. Ce n'est pas ma préférée, loin de là, mais y'a pas dire ça laisse une trace. Ça marque. L’univers est complètement taré, les situations sont toutes plus glauques les unes que les autres. Et ça tranche vraiment avec la ligne claire de comic ; en finissant cette série, on croit sortir d'une salle de ciné après un film dur, malsain, mais réussi : un peu sous le choc. La bd est entrecoupée de pubs et d'articles, c'est une autre vision de voir l'univers de fou décrit avec sobriété et efficacité.

12/12/2002 (modifier)
Par brunelle
Note: 4/5
Couverture de la série Maurice et Patapon
Maurice et Patapon

Strip culte de Charlie Hebdo, et défouloir de Charb, l'un des membres du journal les plus talentueux. Ils sont méchants, ils sont teigneux, mais ils ne sont pas c***. Si le "gros dégueulasse" de Reiser avait des animaux, ça serait ces deux-là. Et quel délice quand on voit Patapon arriver en hurlant à Maurice : "Jésus est vivant ! Jésus est vivant ! Passe moi le fusil à pompe !"... moi j'aime.

12/12/2002 (modifier)
Par fourmi
Note: 4/5
Couverture de la série Le Triangle Secret
Le Triangle Secret

Voila une série qu'elle est bonne ! Un scénario réellement passionnant, on en oublie le dessin assez classique et que je trouve franchement pas terrible. Les personnages sont attachants, l'enigme nous tient en haleine, c'est plein de rebondissements, parfois attendus mais bon ! On pourrait presque y croire, cette théorie est totalement plausible, meme si Convard nous prévient que c'est une pure fiction ! A lire, à conseiller !

12/12/2002 (modifier)
Par cac
Note: 5/5
Couverture de la série Le Prince de la Nuit
Le Prince de la Nuit

je n'avais toujours pas mis d'avis sur la série, c'est chose faite avec la note maximale, que j'attribue pourtant très peu. Mais là ça les vaut vraiment, à mon goût, on tient vraiment quelque chose de génial. Certains diront que ce n'est pas original, c'est le vampire classique vu et revu. Mais c'est justement ce qui est bien, Swolfs a choisi de nous montrer le personnage des légendes qui craint l'ail, la lumière du jour, l'eau bénite, et qui dort dans un cercueil. Il vit dans son château lugubre des contrées reculées d'Europe de l'est, un parfait Dracula en fait, mais qui ne fuit pas la vie en société pour autant. D'ailleurs, j'ai encore en tête quelques planches de cette demeure notamment dans le tome 6, tout simplement superbes. Oui, le dessin est vraiment très beau, même si je trouvais le style un peu bizarre au début - à vrai dire, je ne connaissais pas Swolfs avant. Le seul bémol que je pourrais émettre serait sur la durée de la série. Nous en sommes déjà à 6 tomes, ce qui aurait pu être un nombre correct pour une série de cette qualité, mais un prochain cycle est annoncé (voire plus?). J'ai peur que la série ne s'essoufle par manque d'idées, je ne vois pas vraiment ce qui pourrait être raconté de nouveau - à moins que Vincent n'ait un fils caché par là, qui se chargerait de détruire la nouvelle résurrection de Kergan :). Bon déjà dans le dernier tome, sa cérémonie avec les nazis, j'ai trouvé ça limite. Au final, une très bonne série à avoir

12/12/2002 (modifier)
Par fourmi
Note: 4/5
Couverture de la série Petits mythes pour la pluie
Petits mythes pour la pluie

Un Nicolas Poupon comme je les aime. Une Illustration excellente, une histoire plutot bien menée. Nous revoila dans son thème de prédilection: la peur de la Mort. Traitée de façon humour noir grincant dans la serie chez Treize étrange: noirs desseins, ici, nous suivons un personnage mal dans ses baskets, obligé de porter la chandelle pour qu'un copain puisse draguer une fille lors d'un repas. La discussion en vient à la religion puis la mort, notre héros se sent obliger de jouer les rigolos alors que nous suivons en parallèle sa propre expérience, enfant, de la mort... Des situations fort juste. Encore une fois une illustration magnifique. Peut-etre ne plaira pas à tout le monde, mais mérite un sérieux coup d'oeil !

12/12/2002 (modifier)