Une belle transposition dans le futur d'une ancienne histoire grecque.
Des dessins extrêmement soignés alliant le high tech et la tradition.
Je les relis régulièrement, dommage que la série soit arrêtée.
Par Hera, les dieux en répondront.
Personnellement j’ai dévoré tous les albums du monde d’Aldebaran et ça a encore été le cas avec Bellatrix. J’apprécie particulièrement le bon mix entre aventure et une approche pas trop rapide permettant d’appréhender la profondeur des sentiments des protagonistes. De plus, l’auteur amène différentes réflexions / observations pouvant être prolongées par nos propres réflexions, voire un débat avec d’autres lecteurs.
Léo parvient à renouveler les aventures des héroïnes et les mondes découverts, de sorte qu’on ne se lasse pas.
Il est vrai que les thèmes de l’émancipation de la femme ou la présence de leaders religieux / conservateurs reviennent dans quasi chaque cycle. Mais ceci est plutôt cohérent et il semble logique qu’un peuple plus évolué scientifiquement soit aussi plus évolué sur ces points. De plus, ça reflète malheureusement l’évolution politique actuelle.
Merci Grogro d'avoir attiré mon attention sur cet album qui était fait pour moi !
Cette femme d'âge moyen, (comme dans la chanson des Rita Mitsouko, et son prénom si proche de la fameuse Marcia Baila... il y a anguille sous roche...) qui essaye de devenir elle-même avec l'aide de sa fille et de son nouveau patron (lui aussi entre deux âges et encore un peu "pré-metoo"...) elle me va comme un gant.
Dessin aquarellé confortable aussi, comme Cati Baur sait le faire (je l'avais repérée dans la tétralogie des 5 soeurs adaptée d'une série de romans jeunesse) : expressive et audacieuse dans les couleurs, mais sans chercher la perfection graphique : on se reconnaît dans son geste spontané.
L'idée de transformer cette observation sociale en enquête parfaitement capilotractée, et cinotractée, (parce qu'elle court deux lièvres à la fois : un voleur de chien et un amant dégonflé...) peut paraître casse-gueule sur le papier, mais c'est le caractère joyeux de l'ensemble (dessin, personnages et scénario) et intergénérationnel aussi, qui emporte l'adhésion et met du baume au cœur.
À conseiller aux lectrices et lecteurs entre deux âges qui ont un petit coup de mou, mais peut-être aussi à leurs enfants dans une sorte de thérapie familiale !
À conseiller aussi aux amateurisses des dessins de Camille Jourdy, Clara Lodewick ou même de Sempé...
C'est à Angoulême que je suis tombé sur cet album qui m'a rapidement fait de l’œil parmi les nouveautés présentées par Mosquito. Et bien m'en a pris, car cet effectivement un excellent polar !
Inconnus au bataillon chez moi, Luigi Boccia (scénario) et Alessandro Manzella (dessin), nous livre un polar solidement ficelé, qui se joue efficacement des codes sans pour autant tomber dans la facilité. La naration tant scénaristique que graphique est redoutable et mène le lecteur par le bout du nez. Et même quand on se dit que, là, c'est quand même un peu facile, les auteurs ont justement réponse à tout... jusqu'au twist final qu'on ne voit pas venir.
Le graphisme d'Alessandro Manzella est remarquable et colle parfaitement à cette sombre histoire. Son dessin sombre, contrasté et un brin torturé reste d'une grande lisibilité. Ses planches sont magnifiquement composées, jouant sur des découpages et des cadrages très cinématographiques du meilleur effet. On en prend plein les yeux !
Bref, amateurs de polar noir, je ne peux que vous inviter à découvrir cet album qui vaut vraiment le détour !
De manière assez inédite, c'est la tranche de cette énÔrme BD (donc en grand partie son titre) qui a attiré mon attention. Ma main l'a agrippée pour découvrir les noms (désormais illustres) de leurs auteurs. Je n'ai même pas réfléchi, je suis reparti avec sous le bras. Et bien m'en a pris puisque ce copieux menu n'était pas qu'une promesse en l'air.
Le dessin de Tanquerelle est très maitrisé, ce n'est plus tellement sujet à discussion. Ici, il est à la hauteur de cette saga nordique hallucinée. Ayant lu la version en noir et blanc (celle en couleur, d'après les photos, a l'air absolument splendide, au point que j'envisage son acquisition), j'ai eu mainte fois l'occasion de le constater. D'abord sa grande lisibilité fait que jamais on ne confond les personnages (et il y en a un bon paquet) malgré leur aspect hirsute. Leurs expressions ne prêtent jamais à confusion. Tout le lexique graphique émotionnel là encore est immédiatement appréhendé. Tanquerelle représente en outre tous les détails nécessaires, ceux qui agrémentent et offrent le petit plus afin de mettre dans l'ambiance. En outre, il sait se montrer plus stylisé dans la représentation des paysages, plus généralement des fonds de scène, ce qui ne surcharge pas les cases. Le lecteur est concentré sur ce qu'il y a à voir et n'est jamais perdu. Bon, c'est vrai que l'histoire se déroulant au Groenland, constitué exclusivement de montagnes et surtout de neige, le paysage laisse une grande place à la stylisation, mais quand même ! A côté de ça, les scènes obscures, entendez dans l'obscurité, font la part belle à l'esquisse remarquable de notre illustrateur. Tout ça est très très chouette. On sent une quantité de travail derrière tout ça que la qualité ne trahit nullement.
L'autre gros morceau, c'est bien entendu le scénario. Il suffit de voir trôner le pavé dans l'étagère d'une librairie pour s'en convaincre : La Terre Verte promet d'embarquer son lecteur vers des sommets d'aventure. Pari tenu ! Le lecteur en prend une dose copieuse et termine largement rassasié. J'ai adoré cette histoire sur laquelle je ne m'attarderai pas, préférant laisser le plaisir de la découverte, mais Paul le Poulpe (qui voit effectivement l'avenir) en a très bien causé. C'est dense, crédible au point qu'on se demande tout au long de la lecture s'il s'agit d'une histoire vraie. Il y a de la politique, de l'ethno, de la socio, de la psychoschtroumpf, et bien d'aitres choses encore dedans. Nourrissant que je vous dis ! Admirable !
La Terre Verte manque de peu son coup de cœur en raison de ses dialogues parfois un peu verbeux, voire baroque. En effet, s'il sont parfaitement dans le ton de l'époque représentée, il arrive qu'ils insistent sur tel ou tel aspect d'une situation, au risque d'alourdir un peu le reste et d'encombrer la case. Oui, quelques petites lourdeurs de ce côté. Mais je pinaille. Cette BD figurera dans mon top 20 de l'année, c'est évident !
Je commence par ce qui a priori n’a pas souffert de discussion me concernant, le dessin. Je l’ai trouvé très agréable. Fluide, plaisant, avec une colorisation chouette. Et le papier épais, le grand format, ajoutent au plaisir de lecture.
Vient ensuite l’histoire. J’ai au départ eu l’impression d’un déjà-vu. Le jeune héritier d’une grande fortune, qui doit prendre le relais de son père mais qui n’en a ni l’envie ni les capacités, et qui va rencontrer quelqu’un qui va le révéler à lui-même et être son mentor – qui plus est un vieux bougon un peu asocial : voilà une trame qui n’est quand même pas nouvelle. Et c’est bien dans cette direction que Dorison a développé son intrigue.
Et pourtant, malgré des personnages eux aussi pétris de clichés (les parents d’Ulysse avec le père affairiste et sec, la mère dominée, étouffée, l’inévitable jeune fille de la campagne dégourdie dont s’amourache l’héritier coincé, etc.), Dorison a réussi à rendre intéressante son histoire. C’est du classique très bien fichu.
On pourrait presque dire, pour reprendre une opposition au cœur de l’histoire que, s’écartant de l’originalité et de la modernité apparente de Lecoq, Dorison a fait le même choix que Cyrano : une tradition excellente, avec des ingrédients « visibles », rien d’artificiel. Et, comme Cyrano – et Ulysse à sa suite, Dorison a su trouver ses amateurs. Dont je suis.
Du neuf avec du vieux : il n’y a là rien d’extraordinaire, mais c’est une lecture vraiment agréable.
Note réelle 3,5/5.
J’ai lu le roman, que j’avais trouvé à la fois prenant, mais parfois un peu creux. Mais en tout cas il développait, avec une économie de moyens, de mots, une ambiance crépusculaire et terrible. L’impression d’assister à une fin de monde en accompagnant les derniers agonisants.
Larcenet s’est emparé de cette histoire, mais, malgré toutes ses qualités, narratives et surtout graphiques, il ne peut empêcher de faire perdre une partie de ce qui faisait la force du roman : tout ce que notre imagination ajoutait au récit lui-même, assez taiseux. Ici le dessin comble certains trous, mais aussi du coup rend presque plus palpable, et donc rassurante, moins inquiétante, ce road trip désespéré.
Reste que le dessin de Larcenet est vraiment très beau. Qu’il a su – avec cette colorisation jouant sur toutes les nuances du gris, avec quelques touches de rouille – nous jeter à la figure cet apocalypse en train d’advenir. Sans doute joue-t-il un chouia trop sur les morceaux de corps accrochés – pendus – un peu partout, mais l’ambiance créée ici ne trahit pas le récit (même si, comme je l’ai dit, cela atténue en leur donnant corps les visions de cauchemar entrevue en lisant le roman).
Le récit reprend les principaux passages du roman, les coupes ne sont pas trop claires, même s’il y en a (en particulier il résumé un peu rapidement le seul long passage « calme et serein » du récit, lorsque nos deux héros vivent dans un entrepôt sous-terrain au milieu de gros stocks de nourriture). En fait, j’ai l’impression qu’en raccourcissant les passages « intermédiaires », où il ne se passait rien si ce n’est quelques dialogues minimalistes, des silences, le temps qui passe, Larcenet a pris le risque de se priver d’une partie de la force du roman. Mais bon, ma remarque est peut-être sans objet ?
Un très bel album en tout cas. Une histoire noire, dans tous les sens du terme – même si une petite note d’espoir nous permet de respirer sur la fin.
Assez surprise que cette série ait été si peu avisée. Elle n'est vraiment pas parfaite, souvent fouillis et ne craint pas d'utiliser des facilités scénaristiques quelques fois, mais je trouve qu'elle possède tout de même suffisamment de qualités pour valoir sincèrement la lecture.
L'histoire est simple. Enfin non, dès le postulat elle n'est pas simple, mais elle intrigue fortement.
Que se passerait-il si des divinités pouvaient s'incarner tous les 90 ans dans de jeunes corps et pouvaient alors jouir de deux ans de célébrités et de débauche ? Qui serait près à sacrifier sa vie, car au bout des deux ans celle-ci se terminera violemment, pour les feux des projecteurs ?
Ici, le panthéon chante. Chacun-e dans un style différent (rock, pop, electro, …) mais tous-tes recherchent la même chose : la célébrité.
L'offre de la célébrité présentée comme un pacte faustien, le statut divin comme métaphore pour les stars qui se croient toutes puissantes, des personnages humains dans leurs cruautés et leurs faiblesses, la peur de la mort, l'importance et le pouvoir des histoires qui se transmettent (sous toutes les formes possibles), … Non, il n'y a pas à dire, ce ne sont pas les propos intéressants qui manquent dans cette œuvre.
Alors certes le scénario s'éparpille bien souvent (certains passages sont même si mous et fouillis qu'ils m'ont un peu rebutée), le dessin principal de la série ne me parle pas plus que ça et on ressent des longueurs à deux/trois moments (étrangement au début et au milieu), mais les métaphores de la célébrité et de la lumière des projecteur sur laquelle on se brûle les ailes tiennent vraiment en haleine tout du long. Les personnages sont intéressants, surtout dans leur hypocrisie et leur lâcheté par moment (l'antagoniste principale, terriblement cruelle et animée par la simple peur de la mort, en est un bon exemple).
J'ai bien aimé les albums 3 et 8 pour leur proposition d'histoires "annexes" dans des styles graphiques et narratifs différents. Je dis "annexes" entre guillemets car ces petits récits s'avèrent en réalité capitaux pour la compréhension de la série. J'ai particulièrement apprécie le tome 8, avec sa vision d'incarnations divines passées et ses propositions diverses de narrations (on a un petit passage façon "roman").
Une série très imparfaite mais franchement intéressante. J'en recommande la lecture (et exprime encore ma surprise en constatant qu'il y a si peu d'avis, fussent-ils même négatifs).
(Note réelle 3,5)
Une bd poignante, drôle, émouvante, précise, à la fois personnelle et universelle. On y parle des femmes, de la famille, d'enfance, d'amitié, de traumatisme, de violence, de se construire et de se reconstruire, et de beaucoup de choses abyssales, avec clarté. Je ne veux pas trop en dire, ni (trop) jouer le rôle absurde de critique acerbe, mais j'ai adoré cette bd. C'est précieux. Merci Édith Chambon.
Cet album est un résumé rapide mais fourni des mythes gréco-romains. En tout cas leurs versions les plus connues, car comme on le sait, ces mythes étaient des amoncellements de légendes aux origines variées et toutes ou presque ont fini par avoir diverses réinterprétations au fil du temps.
Ici, on se concentre sur les mythes et leurs versions les plus connu-e-s. On revoit tout plus ou moins dans l'ordre chronologique, du début de tout jusqu'au fondement des grandes villes comme Athènes, en passant par la mise en place du panthéon et la naissance de l'humanité.
C'est une suite d'épisodes, de chapitres, centrés sur un personnage ou un évènement bien particulier.
La forme se veut facilement compréhensible et comique, avec de nombreuses répliques et commentaires des personnages au gré de la lecture (souvent des clins d’œils anachroniques, d'ailleurs). Certaines sont amusantes, en tout cas aucune n'a été vraiment lourde. En tout cas je n'ai vraiment pas boudé ma lecture et j'ai aimé l'humour de connivence qui commençait à s'installer au fil des récits, surtout avec ces personnages caricaturaux permettant des bons échanges dignes de sitcom (petite pensée émue pour Mars qui en prend pour son grade, mais il faut dire que dans les mythes il n'a jamais brillé par son intellect ou par sa droiture).
La lecture est tout public et parfaitement compréhensible pour des jeunes d'environ dix ans.
Chose amusante (en tout cas qui m'a interpellée) : tous-tes les dieux et déesses sont nommé-e-s avec leurs appellations romaines, et pourtant les évènements décrits se passent bien en Grèce (comme nous le rappellent certains passages). Sans doute rien comme détail mais il n'empêche que cela m'a titillé l'esprit tout le long de la lecture.
(Note réelle 3,5)
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Hercule (Soleil)
Une belle transposition dans le futur d'une ancienne histoire grecque. Des dessins extrêmement soignés alliant le high tech et la tradition. Je les relis régulièrement, dommage que la série soit arrêtée. Par Hera, les dieux en répondront.
Bellatrix
Personnellement j’ai dévoré tous les albums du monde d’Aldebaran et ça a encore été le cas avec Bellatrix. J’apprécie particulièrement le bon mix entre aventure et une approche pas trop rapide permettant d’appréhender la profondeur des sentiments des protagonistes. De plus, l’auteur amène différentes réflexions / observations pouvant être prolongées par nos propres réflexions, voire un débat avec d’autres lecteurs. Léo parvient à renouveler les aventures des héroïnes et les mondes découverts, de sorte qu’on ne se lasse pas. Il est vrai que les thèmes de l’émancipation de la femme ou la présence de leaders religieux / conservateurs reviennent dans quasi chaque cycle. Mais ceci est plutôt cohérent et il semble logique qu’un peuple plus évolué scientifiquement soit aussi plus évolué sur ces points. De plus, ça reflète malheureusement l’évolution politique actuelle.
Marcie
Merci Grogro d'avoir attiré mon attention sur cet album qui était fait pour moi ! Cette femme d'âge moyen, (comme dans la chanson des Rita Mitsouko, et son prénom si proche de la fameuse Marcia Baila... il y a anguille sous roche...) qui essaye de devenir elle-même avec l'aide de sa fille et de son nouveau patron (lui aussi entre deux âges et encore un peu "pré-metoo"...) elle me va comme un gant. Dessin aquarellé confortable aussi, comme Cati Baur sait le faire (je l'avais repérée dans la tétralogie des 5 soeurs adaptée d'une série de romans jeunesse) : expressive et audacieuse dans les couleurs, mais sans chercher la perfection graphique : on se reconnaît dans son geste spontané. L'idée de transformer cette observation sociale en enquête parfaitement capilotractée, et cinotractée, (parce qu'elle court deux lièvres à la fois : un voleur de chien et un amant dégonflé...) peut paraître casse-gueule sur le papier, mais c'est le caractère joyeux de l'ensemble (dessin, personnages et scénario) et intergénérationnel aussi, qui emporte l'adhésion et met du baume au cœur. À conseiller aux lectrices et lecteurs entre deux âges qui ont un petit coup de mou, mais peut-être aussi à leurs enfants dans une sorte de thérapie familiale ! À conseiller aussi aux amateurisses des dessins de Camille Jourdy, Clara Lodewick ou même de Sempé...
Nuits romaines
C'est à Angoulême que je suis tombé sur cet album qui m'a rapidement fait de l’œil parmi les nouveautés présentées par Mosquito. Et bien m'en a pris, car cet effectivement un excellent polar ! Inconnus au bataillon chez moi, Luigi Boccia (scénario) et Alessandro Manzella (dessin), nous livre un polar solidement ficelé, qui se joue efficacement des codes sans pour autant tomber dans la facilité. La naration tant scénaristique que graphique est redoutable et mène le lecteur par le bout du nez. Et même quand on se dit que, là, c'est quand même un peu facile, les auteurs ont justement réponse à tout... jusqu'au twist final qu'on ne voit pas venir. Le graphisme d'Alessandro Manzella est remarquable et colle parfaitement à cette sombre histoire. Son dessin sombre, contrasté et un brin torturé reste d'une grande lisibilité. Ses planches sont magnifiquement composées, jouant sur des découpages et des cadrages très cinématographiques du meilleur effet. On en prend plein les yeux ! Bref, amateurs de polar noir, je ne peux que vous inviter à découvrir cet album qui vaut vraiment le détour !
La Terre verte
De manière assez inédite, c'est la tranche de cette énÔrme BD (donc en grand partie son titre) qui a attiré mon attention. Ma main l'a agrippée pour découvrir les noms (désormais illustres) de leurs auteurs. Je n'ai même pas réfléchi, je suis reparti avec sous le bras. Et bien m'en a pris puisque ce copieux menu n'était pas qu'une promesse en l'air. Le dessin de Tanquerelle est très maitrisé, ce n'est plus tellement sujet à discussion. Ici, il est à la hauteur de cette saga nordique hallucinée. Ayant lu la version en noir et blanc (celle en couleur, d'après les photos, a l'air absolument splendide, au point que j'envisage son acquisition), j'ai eu mainte fois l'occasion de le constater. D'abord sa grande lisibilité fait que jamais on ne confond les personnages (et il y en a un bon paquet) malgré leur aspect hirsute. Leurs expressions ne prêtent jamais à confusion. Tout le lexique graphique émotionnel là encore est immédiatement appréhendé. Tanquerelle représente en outre tous les détails nécessaires, ceux qui agrémentent et offrent le petit plus afin de mettre dans l'ambiance. En outre, il sait se montrer plus stylisé dans la représentation des paysages, plus généralement des fonds de scène, ce qui ne surcharge pas les cases. Le lecteur est concentré sur ce qu'il y a à voir et n'est jamais perdu. Bon, c'est vrai que l'histoire se déroulant au Groenland, constitué exclusivement de montagnes et surtout de neige, le paysage laisse une grande place à la stylisation, mais quand même ! A côté de ça, les scènes obscures, entendez dans l'obscurité, font la part belle à l'esquisse remarquable de notre illustrateur. Tout ça est très très chouette. On sent une quantité de travail derrière tout ça que la qualité ne trahit nullement. L'autre gros morceau, c'est bien entendu le scénario. Il suffit de voir trôner le pavé dans l'étagère d'une librairie pour s'en convaincre : La Terre Verte promet d'embarquer son lecteur vers des sommets d'aventure. Pari tenu ! Le lecteur en prend une dose copieuse et termine largement rassasié. J'ai adoré cette histoire sur laquelle je ne m'attarderai pas, préférant laisser le plaisir de la découverte, mais Paul le Poulpe (qui voit effectivement l'avenir) en a très bien causé. C'est dense, crédible au point qu'on se demande tout au long de la lecture s'il s'agit d'une histoire vraie. Il y a de la politique, de l'ethno, de la socio, de la psychoschtroumpf, et bien d'aitres choses encore dedans. Nourrissant que je vous dis ! Admirable ! La Terre Verte manque de peu son coup de cœur en raison de ses dialogues parfois un peu verbeux, voire baroque. En effet, s'il sont parfaitement dans le ton de l'époque représentée, il arrive qu'ils insistent sur tel ou tel aspect d'une situation, au risque d'alourdir un peu le reste et d'encombrer la case. Oui, quelques petites lourdeurs de ce côté. Mais je pinaille. Cette BD figurera dans mon top 20 de l'année, c'est évident !
Ulysse & Cyrano
Je commence par ce qui a priori n’a pas souffert de discussion me concernant, le dessin. Je l’ai trouvé très agréable. Fluide, plaisant, avec une colorisation chouette. Et le papier épais, le grand format, ajoutent au plaisir de lecture. Vient ensuite l’histoire. J’ai au départ eu l’impression d’un déjà-vu. Le jeune héritier d’une grande fortune, qui doit prendre le relais de son père mais qui n’en a ni l’envie ni les capacités, et qui va rencontrer quelqu’un qui va le révéler à lui-même et être son mentor – qui plus est un vieux bougon un peu asocial : voilà une trame qui n’est quand même pas nouvelle. Et c’est bien dans cette direction que Dorison a développé son intrigue. Et pourtant, malgré des personnages eux aussi pétris de clichés (les parents d’Ulysse avec le père affairiste et sec, la mère dominée, étouffée, l’inévitable jeune fille de la campagne dégourdie dont s’amourache l’héritier coincé, etc.), Dorison a réussi à rendre intéressante son histoire. C’est du classique très bien fichu. On pourrait presque dire, pour reprendre une opposition au cœur de l’histoire que, s’écartant de l’originalité et de la modernité apparente de Lecoq, Dorison a fait le même choix que Cyrano : une tradition excellente, avec des ingrédients « visibles », rien d’artificiel. Et, comme Cyrano – et Ulysse à sa suite, Dorison a su trouver ses amateurs. Dont je suis. Du neuf avec du vieux : il n’y a là rien d’extraordinaire, mais c’est une lecture vraiment agréable. Note réelle 3,5/5.
La Route
J’ai lu le roman, que j’avais trouvé à la fois prenant, mais parfois un peu creux. Mais en tout cas il développait, avec une économie de moyens, de mots, une ambiance crépusculaire et terrible. L’impression d’assister à une fin de monde en accompagnant les derniers agonisants. Larcenet s’est emparé de cette histoire, mais, malgré toutes ses qualités, narratives et surtout graphiques, il ne peut empêcher de faire perdre une partie de ce qui faisait la force du roman : tout ce que notre imagination ajoutait au récit lui-même, assez taiseux. Ici le dessin comble certains trous, mais aussi du coup rend presque plus palpable, et donc rassurante, moins inquiétante, ce road trip désespéré. Reste que le dessin de Larcenet est vraiment très beau. Qu’il a su – avec cette colorisation jouant sur toutes les nuances du gris, avec quelques touches de rouille – nous jeter à la figure cet apocalypse en train d’advenir. Sans doute joue-t-il un chouia trop sur les morceaux de corps accrochés – pendus – un peu partout, mais l’ambiance créée ici ne trahit pas le récit (même si, comme je l’ai dit, cela atténue en leur donnant corps les visions de cauchemar entrevue en lisant le roman). Le récit reprend les principaux passages du roman, les coupes ne sont pas trop claires, même s’il y en a (en particulier il résumé un peu rapidement le seul long passage « calme et serein » du récit, lorsque nos deux héros vivent dans un entrepôt sous-terrain au milieu de gros stocks de nourriture). En fait, j’ai l’impression qu’en raccourcissant les passages « intermédiaires », où il ne se passait rien si ce n’est quelques dialogues minimalistes, des silences, le temps qui passe, Larcenet a pris le risque de se priver d’une partie de la force du roman. Mais bon, ma remarque est peut-être sans objet ? Un très bel album en tout cas. Une histoire noire, dans tous les sens du terme – même si une petite note d’espoir nous permet de respirer sur la fin.
The Wicked + The Divine
Assez surprise que cette série ait été si peu avisée. Elle n'est vraiment pas parfaite, souvent fouillis et ne craint pas d'utiliser des facilités scénaristiques quelques fois, mais je trouve qu'elle possède tout de même suffisamment de qualités pour valoir sincèrement la lecture. L'histoire est simple. Enfin non, dès le postulat elle n'est pas simple, mais elle intrigue fortement. Que se passerait-il si des divinités pouvaient s'incarner tous les 90 ans dans de jeunes corps et pouvaient alors jouir de deux ans de célébrités et de débauche ? Qui serait près à sacrifier sa vie, car au bout des deux ans celle-ci se terminera violemment, pour les feux des projecteurs ? Ici, le panthéon chante. Chacun-e dans un style différent (rock, pop, electro, …) mais tous-tes recherchent la même chose : la célébrité. L'offre de la célébrité présentée comme un pacte faustien, le statut divin comme métaphore pour les stars qui se croient toutes puissantes, des personnages humains dans leurs cruautés et leurs faiblesses, la peur de la mort, l'importance et le pouvoir des histoires qui se transmettent (sous toutes les formes possibles), … Non, il n'y a pas à dire, ce ne sont pas les propos intéressants qui manquent dans cette œuvre. Alors certes le scénario s'éparpille bien souvent (certains passages sont même si mous et fouillis qu'ils m'ont un peu rebutée), le dessin principal de la série ne me parle pas plus que ça et on ressent des longueurs à deux/trois moments (étrangement au début et au milieu), mais les métaphores de la célébrité et de la lumière des projecteur sur laquelle on se brûle les ailes tiennent vraiment en haleine tout du long. Les personnages sont intéressants, surtout dans leur hypocrisie et leur lâcheté par moment (l'antagoniste principale, terriblement cruelle et animée par la simple peur de la mort, en est un bon exemple). J'ai bien aimé les albums 3 et 8 pour leur proposition d'histoires "annexes" dans des styles graphiques et narratifs différents. Je dis "annexes" entre guillemets car ces petits récits s'avèrent en réalité capitaux pour la compréhension de la série. J'ai particulièrement apprécie le tome 8, avec sa vision d'incarnations divines passées et ses propositions diverses de narrations (on a un petit passage façon "roman"). Une série très imparfaite mais franchement intéressante. J'en recommande la lecture (et exprime encore ma surprise en constatant qu'il y a si peu d'avis, fussent-ils même négatifs). (Note réelle 3,5)
Ma famille imaginaire
Une bd poignante, drôle, émouvante, précise, à la fois personnelle et universelle. On y parle des femmes, de la famille, d'enfance, d'amitié, de traumatisme, de violence, de se construire et de se reconstruire, et de beaucoup de choses abyssales, avec clarté. Je ne veux pas trop en dire, ni (trop) jouer le rôle absurde de critique acerbe, mais j'ai adoré cette bd. C'est précieux. Merci Édith Chambon.
Du côté de l'Olympe
Cet album est un résumé rapide mais fourni des mythes gréco-romains. En tout cas leurs versions les plus connues, car comme on le sait, ces mythes étaient des amoncellements de légendes aux origines variées et toutes ou presque ont fini par avoir diverses réinterprétations au fil du temps. Ici, on se concentre sur les mythes et leurs versions les plus connu-e-s. On revoit tout plus ou moins dans l'ordre chronologique, du début de tout jusqu'au fondement des grandes villes comme Athènes, en passant par la mise en place du panthéon et la naissance de l'humanité. C'est une suite d'épisodes, de chapitres, centrés sur un personnage ou un évènement bien particulier. La forme se veut facilement compréhensible et comique, avec de nombreuses répliques et commentaires des personnages au gré de la lecture (souvent des clins d’œils anachroniques, d'ailleurs). Certaines sont amusantes, en tout cas aucune n'a été vraiment lourde. En tout cas je n'ai vraiment pas boudé ma lecture et j'ai aimé l'humour de connivence qui commençait à s'installer au fil des récits, surtout avec ces personnages caricaturaux permettant des bons échanges dignes de sitcom (petite pensée émue pour Mars qui en prend pour son grade, mais il faut dire que dans les mythes il n'a jamais brillé par son intellect ou par sa droiture). La lecture est tout public et parfaitement compréhensible pour des jeunes d'environ dix ans. Chose amusante (en tout cas qui m'a interpellée) : tous-tes les dieux et déesses sont nommé-e-s avec leurs appellations romaines, et pourtant les évènements décrits se passent bien en Grèce (comme nous le rappellent certains passages). Sans doute rien comme détail mais il n'empêche que cela m'a titillé l'esprit tout le long de la lecture. (Note réelle 3,5)