Dans cette excellente BD à l'écriture fine et agréable, on marche dans les pas de Jean, un bibliothécaire obsédé par un chanteur des années 70 mystérieusement tombé dans l'anonymat.
Laissant tout derrière lui, Jean décide de se lancer dans une enquête étonnante (en réalité, c'est une double enquête puisque cette aventure est également propice à l'introspection du narrateur guetté un temps par la dépression). Revigoré par cette quête improbable, le personnage principal traque alors avec obstination le moindre indice, tente de découvrir des messages cachés dans les textes du chanteur disparu et recueille fébrilement les témoignages de personnes qui auraient croisé la route de l'artiste. Pensant tenir une piste, il se décide à reprendre contact des années plus tard avec un ami qu'il avait perdu de vue et qui lui avait fait découvrir ce chanteur lorsqu'ils étaient étudiants, ce qui est l'occasion pour le lecteur d'assister à des saynètes tantôt amusantes, tantôt émouvantes et de mesurer par la même l'écoulement du temps, d'observer la trajectoire de ces personnages qui ont vieilli brutalement sous nos yeux en l'espace de quelques chapitres. Cette patine du temps rend subitement ces personnages réels et le lecteur, touché, s'attache autant à Jean qu'à ces témoins d'une époque révolue. L'enquête se transforme en véritable aventure et l'on se prend à espérer comme Jean que la rencontre avec ce chanteur aura bien lieu.
Grâce à une belle colorisation et au trait efficace de Tronchet, le lecteur, tenu en haleine par ce récit équilibré et bien construit, voyage de la Bretagne jusqu'au bout du monde et se demande jusqu'à la fin quelle est la part de vérité dans cette histoire épatante. Le dossier final, cerise sur le gâteau, apporte d'ailleurs une excellente réponse à cette interrogation.
Une bien belle découverte et une lecture que je recommande à mon tour !
Armelle la tortue souffre d'achluophobie, c'est à dire la peur de l'obscurité (personnellement je connaissais "nyctophobie", comme quoi on en apprend tous les jours). Sa peur bleue du noir l'empêche de pleinement vivre sa vie et de s'épanouir, un rien l'effraie et elle passe le plus clair de son temps recroquevillée dans sa carapace. Heureusement, tout change pour la timide Armelle lorsqu'elle rencontre un beau jour une luciole musicienne et voyageuse avec qui elle devient rapidement amie.
C'est une belle histoire pleine de douceur sur le fait de dépasser ses peurs, de traverser les intempéries de la vie et de se créer des liens avec d'autres personnes pour aller mieux. Chaque album est une histoire en soi mais une évolution s'installe, chaque récit est une nouvelle étape de franchi dans l'avancée de ce groupe de personnages. Oui, ce groupe, car dès le second album notre duo s'agrandit et accueille un lapin contemplatif et une renarde végétarienne. Une belle brochette d'ami-e-s hors normes, ne se retrouvant pas parmi leurs congénères de par leurs différences mais parvenant à se soutenir les un-e-s les autres.
De très belles histoires, surtout avec les magnifiques dessins de Julien Arnal aux traits si doux et aux couleurs si intenses.
Une excellente bande-dessinée jeunesse, parfaitement appréciable à tout âge mais tout particulièrement utile pour apprendre aux enfants que, mine de rien, avec un bon entourage et un brin de courage, on peut aller de l'avant.
Des courtes aventures muettes centrées sur un jeune amérindien un peu casse-cou avec un humour slapstick façon cartoon, voilà une idée qu'elle est quand même vachement bonne (comme disait mamie).
J'ai peur de ne pas avoir trop à dire sur cette série alors que je l'ai trouvée sincèrement très bonne, vive, bien rythmée, vraiment sympathique à lire. Les histoires sont courtes et muettes, donc difficile pour moi de vraiment m'étendre sur les intrigues au risque de finalement tout vous raconter. Si vous voulez quand-même avoir une idée de ce à quoi tout cela ressemble, je maintiens ma comparaison avec les cartoons américains (façon Tex Avery ou Looney Tunes), on retrouve cet humour basé sur les plans foireux et les retours de bâton.
Une très bonne lecture.
(Note réelle 3,5)
Un pavé énorme mais excellent, puisant à deux racines : le reportage journalistique (précis, documenté, croisé, parfois évincé) et le reportage personnel, la quête de l'auteur pour comprendre mais aussi ressentir ce que furent ces journées de violence.
J'aime beaucoup le fait que Joe Sacco parle d'un évènement qu'il a vu dans les marges d'un livre d'histoire, littéralement, ce qui l'a incité à découvrir et analyser ce dernier. Parce que ce qui est juste une note de bas de page est une réalité pour des personnes, une page de leur histoire, une horreur qui les hante encore, parfois... Le reportage devient chasse aux témoignages, écoute attentive et débriefe pour analyser ce qui fut dit. Sacco et son fixer recoupent les témoignages, vont de portes en portes pour interroger les gens, se font recaler ou ont du mal à avoir les informations qu'ils veulent. Le présent et le passé se mélangent sur ce conflit bien trop meurtrier et qui n'a toujours pas fini de faire d'innombrables morts.
La BD est énorme et dense, parce que Joe Sacco investit le lecteur dans la recherche, faisant comprendre comment il l'a fait et ce que ça implique. La BD devient donc une bonne démonstration de la démarche journalistique, tout en montrant que ces évènements "anecdotiques" de 1956 sont toujours présents, parfois de façon tragique. Les détails de l'Histoire n'en sont jamais pour ceux qui les vivent, et peuvent enrichir notre compréhension de ce qui se joue parfois à grande échelle. Le conflit Israélo-Palestinien n'est pas fini, loin de là, Gaza existe encore (en souffrance) mais cette BD éclaire sur ce qui s'est joué durant si longtemps dans cette zone. Elle a un côté sordide aujourd'hui, lorsqu'on se rend compte que pratiquement rien n'a changé, mais au final, c'est surtout l'aspect humain que je veux voir dedans, cette humanité qui nous fait si souvent défaut aujourd'hui.
Alors ça, c'est beau.
Tout le long de l'album, j'ai eu un retour en enfance, je me suis revue à cette époque où je dévorais des courts métrages fantastiques aux dessins parfois assez similaires à ceux-ci sur les chaînes câblées. Ce texte bien trouvé, ce dessin qu'on croirait fait sur papier noir faisant ressortir les couleurs vives par contraste, ces personnages allégoriques qui parlent et qui touchent à tout âge, ... Je n'arrive pas à mettre le doigt sur un terme pour désigner ce genre de récit depuis toutes ces années, mais c'est à ça qu'il me font penser : des courts métrages alliant habillement une douce noirceur et une beauté presque onirique.
L'histoire, ici, est celle d'un garçon né avec un cœur de pierre, incapable d'aimer, d'une fille née avec un cœur d'artichaut, aimant vite et intensément, et d'un autre garçon quant-à-lui né avec un cœur en or. C'est une histoire sur les émotions, les sentiments, l'amour (romantique comme propre), sur la complexité et la grande variété des attachements humains. L'histoire est tout public, touchant à tout âge par l'universalité de son propos, mais brillant davantage chez les cœurs enfantins.
Le texte est marquant lui aussi, tout en alexandrins et en rimes. Les mots et les images qu'ils évoquent sont beaux, c'est un texte très satisfaisant à lire, surtout à voix haute je trouve.
Du bon, du très bon. Honnêtement, j'irais même jusqu'à dire que l'album frôle le cinq étoiles (je ne déplore qu'un ou deux mots qui auraient pu être mieux choisis). Rooh, vous savez quoi, il le mérite quand-même !
Un coup de cœur, évidemment.
J'ai lu plusieurs romans du scénariste, et j'avais apprécié son style direct et ses dialogues remplis de punchlines non dénuées d'humour et de sarcasmes. Je suis assez client j'avoue. Du coté du dessinateur, c'est simple je suis fan de son trait et j'adore son dessin. Je ne pouvais donc pas être déçu par ce diptyque. Et effectivement j'ai bien aimé. Je pense que si on n'est pas client d'histoires de gangsters, ce n'est pas cette série qui vous réconciliera avec le genre. Mais si on aime bien ça....
Notre héros, un homme de main qui doit se faire oublier, prend la place d'un curé en guise de couverture. Et il va, non sans maladresse, essayer de se fondre dans les usages de la paroisse locale. Et comme on ne se refait pas il va profiter de la moindre occasion pour mettre en place des petits trafics et autre magouilles. Ca fonctionne très bien, ça amène des situations amusantes. Notamment grâce au style d'écriture. Je savais que ça marchait bien en roman, cette lecture confirme que ça marche également en BD.
Alors oui il y a quelques clichés du genre sur le parrain, la famille, les truands et compagnie, il y a des scènes d'action plus spectaculaires que crédibles, mais bon impossible de faire une histoire de gangsters sans passer par là. Et comme, sans surprise, le dessin est un régal à tous les niveaux : personnages, décors, détails, cadrages, couleurs... C'est un modèle de lisibilité et de dynamisme, qui porte à merveille le récit ! La lecture de ces 2 tomes fut un plaisir.
Décidément, Didier Tronchet ne cesse de m'étonner. Le virage plus personnel entrepris avec sa BD Là-bas est tout à fait singulier. Adolescent, je n'ai jamais trop accroché avec son univers. Sans doute étais-je trop jeune, et son humour trop mature pour moi alors. C'est grace aux chroniqueurs précédents que je me suis lancé dans cette lecture, occasion de redire combien BDthèque est quand même très très bien...
Le chanteur perdu m'a séduit pour plusieurs raison. D'abord parce qu'elle ravive la mémoire oubliée d'un jeune prodige de la chanson qui m'était totalement inconnu. Longtemps, j'ai boudé la chanson française qui pour moi représentait le monde d'avant, le monde de mes parents. Depuis, j'ai eu l'occasion de réparer mon erreur, notamment en découvrant le répertoire d'un certain Pierre Perret, auteur de grand talent dont les chansons splendides parviennent à me tirer les larmes (écouter sa chanson Ma femme pour s'en convaincre). Et c'est là une autre raison de mon enthousiasme pour Le chanteur perdu : on apprend que c'est le même Pierre Perret qui a produit à l'époque le seul et unique disque du fameuse chanteur qui s'appelle en réalité Jean-Claude Rémy.
Bien entendu, il y a d'autres motifs de satisfaction. Cette histoire vraie est très touchante, également très bien racontée. Tronchet y maintient tout le long un certain suspens non sans se départir d'une certaine autodérision. Ce récit personnel prend la forme d'une enquête haletante à l'échelle de l'intime, et plus arrive la fin, plus on doute avec l'auteur. On sent une réelle montée en tension. C'est superbe.
Je terminerai en conseillant à tout le monde d'aller regarder sur Youtube la vidéo de Didier Tronchet et Jean-Claude Rémy chantant ensemble sur la petite île du bout du monde évoquée dans la BD. J'en suis encore tout retourné !
Bon, je serais sans doute moins enthousiaste que Jetjet mais, comme mes deux prédécesseurs, je dois reconnaître que cet album introductif possède de réelles qualités.
Ce qui saute aux yeux dès la couverture et un rapide feuilletage de l'intérieur (et la lecture confirme ce ressenti), c'est l'habillage très fin 70's/80's. Très série (à la Starsky et Hutch par exemple), très ciné, que ce soit pour les cadrages, le rythme, les codes graphiques et scénaristiques (un peu de Tarentino, du Thelma et Louise aussi avec les deux pétroleuses, etc.). Le dessin est intéressant, les couleurs assez pétantes, mais je n'aime pas trop la colorisation, à l'ordi. Mais bon, l'album est un bel objet, et il y a de la lecture, avec plus de 120 pages !
L'histoire est à la fois facile et difficile à résumer. On est quand même surpris au départ par le héros, le Ramirez en question donc, simple vendeur d'aspirateur !, muet et souffre douleur de son chef. On est loin du tueur traqué par les mafieux, et pourtant...
Démarrage étonnant donc, puis l'intrigue se met en place, et le rythme accélère crescendo, pour finir en mode GTA, avec explosions, poursuites de voitures (dont une Renault 5 ! Si si, j'ai dû aller vérifier que c'était possible aux Etats-Unis à cet époque, mais oui) et fusillades à gogo.
Ramirez garde tout son mystère (et l'apparition finale d'un comparse, en forme de cliffhanger, si elle éclaire certains faits, ne règle pas toutes les facilités scénaristiques: les deux mafieux dézingués dans leur bagnole, la bombe dans le coffre...), les mafieux sont à la fois méchants et cons (ils ajoutent une touche d'humour à ce défouloir rythmé), deux donzelles délurées et pas très finaudes non plus raccrochent le wagon: bref, il y a encore de quoi faire !
Entre les chapitres, l'habillage est complété par des pubs bien fichues. On a donc là un album de genre sympa. Pas un chef d'œuvre, mais une lecture recommandable pour un bon moment de détente. Cela passera-t-il la relecture, la suite gardera-t-elle le même rythme et le même mystère plus ou moins éventé, qui est donc Ramirez ? On a en tout cas envie d'avoir les réponses à ces questions.
**********************
Après lecture du deuxième tome, je reste sur ma note et ma bonne impression.
Comme pour le tome précédent, le démarrage est calme - presque trop - puis ça accélère brutalement, avec des passages survitaminés, un rythme endiablé. On ne s'ennuie vraiment pas ! Pétrimaux n'hésite pas à faire disparaitre (brutalement !) plusieurs des protagonistes principaux, ça castagne, ça explose et ça saigne fortement.
Autre point fort encore, toutes les publicités et autres extraits de magazines qui s'insèrent entre les différents chapitres. Des moments pour respirer au milieu du rythme trépidant, en s'amusant de ces fausses pubs dans lesquelles - comme pour les décors du récit - Pétrimaux réussit très bien sa reconstitution de l'Amérique de l'époque.
Par contre, si le personnage principal reste mutique et globalement ballotté par des événements qui semblent le dépasser, si l'absurde de certaines situation est encore source d'amusement (les interrogations de la police, le héros vendeur d'aspirateurs, etc.), Pétrimaux - dès le début de ce deuxième album - cherche à apporter un peu d'explications. Ça fait peut-être perdre un peu de folie à l'ensemble, mais ça permet au lecteur de raccrocher un peu les morceaux.
Le dessin est toujours très sympa et expressif (la colorisation typée et pimpante - mais informatique, pas mon truc malgré ses qualités).
J'attends la fin avec impatience !
Cet album est l'adaptation d'un roman d'Olivia Ruiz que je n'ai malheureusement pas lu. Comme souvent avec moi, donc, pas de propos sur le travail d'adaptation.
L'histoire est celle d'une commode. Plus précisément, l'histoire est celle d'une commode qu'une grand-mère lègue à sa petite fille après sa mort. Dans chacun des petits tiroirs de couleurs de cette commode se trouve un objet, un souvenir, un symbole d'un moment marquant de la vie de cette femme. L'histoire est donc celle d'une transmission de souvenir, d'un partage de vie d'une génération familiale à une autre.
L'histoire de Rita est tragique, marquée par la prise de pouvoir de Franco, l'exode de nombreux espagnols vers la France, les amours et les drames qui ont jonchés sa vie. Mais c'est aussi une histoire heureuse, douce amère, pleine de rencontres marquantes, d'une famille soudée et aimante, surtout entre femmes. C'est une histoire humaine, triste sans être pleinement larmoyante, positive sans être pour autant idéaliste.
Les épisodes de la vie de cette femme s'enchaînent très vite, les seuls fils rouges étant l'ordre chronologiques des évènements et les objets représentant chaque période. Sans doute trop rapide, personnellement j'ai trouvé le rythme bon.
Ce genre de récit sur le quotidien doux-amer de survivants d'évènements historiques ou sur le passé complexe et chargé d'une famille, ça passe ou ça casse pour moi (comme disait ma mamie). Ce sont rarement des histoires qui je relis, mais elles ont tendance à m'impacter émotionnellement à la lecture et peuvent même me rester en tête pour quelques années si elles sont bien faites. Ici, j'ai trouvé ça très bon. Pas parfait mais très bon.
(Note réelle 3,5)
Mais... Mais c'est très bien !
On pourrait croire à un ersatz de Calvin et Hobbes, mais pas du tout. On a bien l'impertinence et l'imaginaire de la jeunesse confrontant le monde des adultes, mais ici tout est plus doux, plus contemplatif. Calvin est l'archétype du sale gamin, dont l'imagination et l'énergie en font une véritable source de problèmes, remettant en cause le monde principalement par esprit de contradiction et un début de cynisme. Pico est plus un archétype de "petit malin", d'un enfant très intelligent à la fois suffisamment épargné par les affres du monde adulte pour le remettre en cause avec justesse et ayant suffisamment compris et assimilé le pouvoir de la rhétorique pour espérer profiter et abuser des règles absurdes imposées par lesdits adultes (au point où la seule chose le différenciant d'un adulte est son physique). Cette série a davantage un humour de répartie, cherche davantage les bons mots, les jeux de mots, les phrases qui prêtent à réflexion. Toujours proche de la série avec le tigre en peluche, donc, mais se distinguant par sa dimension plus positive et bon enfant et son côté "gamin philosophe".
Les histoires de Pico Bogue sont des tranches de vie sur un gamin beau parleur, remettant sans cesse en cause le monde et jouant sur les mots dès qu'il le peut. Un vrai plaisir littéraire. D'ailleurs Pico n'est pas le seul à avoir de la verve, sa famille comme ses amis partagent visiblement son désir d'argumenter tout ce qui leur tombe sur la main (bon, pour les parents, c'est surtout qu'iels essaient de mettre en touche leurs enfants, et vu comme Pico et Ana Ana aiment avoir le dernier mot ce n'est pas chose facile).
J'étais tombée pour la première fois sur ces petites histoires (petites mais à tailles variables) dans le Monde des ados, et je m'étais d'abord demandée ce qu'une BD à l'apparence si enfantine y faisait. Puis je les ai lus et j'ai eu un petit coup de foudre. C'est mignon, c'est drôle, c'est réflexif, et surtout les textes sont bien écrits. Moi, des textes huilés comme ceux-là, des personnages qui ont le sens de la répartie et se répondent du tac au tac, ça me plait toujours.
Du sarcasme doux et enfantin, des dessins très mignons dans un style aquarelle, des textes travaillés, une lecture agréable à tout âge.
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Le Chanteur perdu
Dans cette excellente BD à l'écriture fine et agréable, on marche dans les pas de Jean, un bibliothécaire obsédé par un chanteur des années 70 mystérieusement tombé dans l'anonymat. Laissant tout derrière lui, Jean décide de se lancer dans une enquête étonnante (en réalité, c'est une double enquête puisque cette aventure est également propice à l'introspection du narrateur guetté un temps par la dépression). Revigoré par cette quête improbable, le personnage principal traque alors avec obstination le moindre indice, tente de découvrir des messages cachés dans les textes du chanteur disparu et recueille fébrilement les témoignages de personnes qui auraient croisé la route de l'artiste. Pensant tenir une piste, il se décide à reprendre contact des années plus tard avec un ami qu'il avait perdu de vue et qui lui avait fait découvrir ce chanteur lorsqu'ils étaient étudiants, ce qui est l'occasion pour le lecteur d'assister à des saynètes tantôt amusantes, tantôt émouvantes et de mesurer par la même l'écoulement du temps, d'observer la trajectoire de ces personnages qui ont vieilli brutalement sous nos yeux en l'espace de quelques chapitres. Cette patine du temps rend subitement ces personnages réels et le lecteur, touché, s'attache autant à Jean qu'à ces témoins d'une époque révolue. L'enquête se transforme en véritable aventure et l'on se prend à espérer comme Jean que la rencontre avec ce chanteur aura bien lieu. Grâce à une belle colorisation et au trait efficace de Tronchet, le lecteur, tenu en haleine par ce récit équilibré et bien construit, voyage de la Bretagne jusqu'au bout du monde et se demande jusqu'à la fin quelle est la part de vérité dans cette histoire épatante. Le dossier final, cerise sur le gâteau, apporte d'ailleurs une excellente réponse à cette interrogation. Une bien belle découverte et une lecture que je recommande à mon tour !
Armelle et Mirko
Armelle la tortue souffre d'achluophobie, c'est à dire la peur de l'obscurité (personnellement je connaissais "nyctophobie", comme quoi on en apprend tous les jours). Sa peur bleue du noir l'empêche de pleinement vivre sa vie et de s'épanouir, un rien l'effraie et elle passe le plus clair de son temps recroquevillée dans sa carapace. Heureusement, tout change pour la timide Armelle lorsqu'elle rencontre un beau jour une luciole musicienne et voyageuse avec qui elle devient rapidement amie. C'est une belle histoire pleine de douceur sur le fait de dépasser ses peurs, de traverser les intempéries de la vie et de se créer des liens avec d'autres personnes pour aller mieux. Chaque album est une histoire en soi mais une évolution s'installe, chaque récit est une nouvelle étape de franchi dans l'avancée de ce groupe de personnages. Oui, ce groupe, car dès le second album notre duo s'agrandit et accueille un lapin contemplatif et une renarde végétarienne. Une belle brochette d'ami-e-s hors normes, ne se retrouvant pas parmi leurs congénères de par leurs différences mais parvenant à se soutenir les un-e-s les autres. De très belles histoires, surtout avec les magnifiques dessins de Julien Arnal aux traits si doux et aux couleurs si intenses. Une excellente bande-dessinée jeunesse, parfaitement appréciable à tout âge mais tout particulièrement utile pour apprendre aux enfants que, mine de rien, avec un bon entourage et un brin de courage, on peut aller de l'avant.
Anuki
Des courtes aventures muettes centrées sur un jeune amérindien un peu casse-cou avec un humour slapstick façon cartoon, voilà une idée qu'elle est quand même vachement bonne (comme disait mamie). J'ai peur de ne pas avoir trop à dire sur cette série alors que je l'ai trouvée sincèrement très bonne, vive, bien rythmée, vraiment sympathique à lire. Les histoires sont courtes et muettes, donc difficile pour moi de vraiment m'étendre sur les intrigues au risque de finalement tout vous raconter. Si vous voulez quand-même avoir une idée de ce à quoi tout cela ressemble, je maintiens ma comparaison avec les cartoons américains (façon Tex Avery ou Looney Tunes), on retrouve cet humour basé sur les plans foireux et les retours de bâton. Une très bonne lecture. (Note réelle 3,5)
Gaza 1956 - En marge de l'histoire
Un pavé énorme mais excellent, puisant à deux racines : le reportage journalistique (précis, documenté, croisé, parfois évincé) et le reportage personnel, la quête de l'auteur pour comprendre mais aussi ressentir ce que furent ces journées de violence. J'aime beaucoup le fait que Joe Sacco parle d'un évènement qu'il a vu dans les marges d'un livre d'histoire, littéralement, ce qui l'a incité à découvrir et analyser ce dernier. Parce que ce qui est juste une note de bas de page est une réalité pour des personnes, une page de leur histoire, une horreur qui les hante encore, parfois... Le reportage devient chasse aux témoignages, écoute attentive et débriefe pour analyser ce qui fut dit. Sacco et son fixer recoupent les témoignages, vont de portes en portes pour interroger les gens, se font recaler ou ont du mal à avoir les informations qu'ils veulent. Le présent et le passé se mélangent sur ce conflit bien trop meurtrier et qui n'a toujours pas fini de faire d'innombrables morts. La BD est énorme et dense, parce que Joe Sacco investit le lecteur dans la recherche, faisant comprendre comment il l'a fait et ce que ça implique. La BD devient donc une bonne démonstration de la démarche journalistique, tout en montrant que ces évènements "anecdotiques" de 1956 sont toujours présents, parfois de façon tragique. Les détails de l'Histoire n'en sont jamais pour ceux qui les vivent, et peuvent enrichir notre compréhension de ce qui se joue parfois à grande échelle. Le conflit Israélo-Palestinien n'est pas fini, loin de là, Gaza existe encore (en souffrance) mais cette BD éclaire sur ce qui s'est joué durant si longtemps dans cette zone. Elle a un côté sordide aujourd'hui, lorsqu'on se rend compte que pratiquement rien n'a changé, mais au final, c'est surtout l'aspect humain que je veux voir dedans, cette humanité qui nous fait si souvent défaut aujourd'hui.
Coeur de pierre
Alors ça, c'est beau. Tout le long de l'album, j'ai eu un retour en enfance, je me suis revue à cette époque où je dévorais des courts métrages fantastiques aux dessins parfois assez similaires à ceux-ci sur les chaînes câblées. Ce texte bien trouvé, ce dessin qu'on croirait fait sur papier noir faisant ressortir les couleurs vives par contraste, ces personnages allégoriques qui parlent et qui touchent à tout âge, ... Je n'arrive pas à mettre le doigt sur un terme pour désigner ce genre de récit depuis toutes ces années, mais c'est à ça qu'il me font penser : des courts métrages alliant habillement une douce noirceur et une beauté presque onirique. L'histoire, ici, est celle d'un garçon né avec un cœur de pierre, incapable d'aimer, d'une fille née avec un cœur d'artichaut, aimant vite et intensément, et d'un autre garçon quant-à-lui né avec un cœur en or. C'est une histoire sur les émotions, les sentiments, l'amour (romantique comme propre), sur la complexité et la grande variété des attachements humains. L'histoire est tout public, touchant à tout âge par l'universalité de son propos, mais brillant davantage chez les cœurs enfantins. Le texte est marquant lui aussi, tout en alexandrins et en rimes. Les mots et les images qu'ils évoquent sont beaux, c'est un texte très satisfaisant à lire, surtout à voix haute je trouve. Du bon, du très bon. Honnêtement, j'irais même jusqu'à dire que l'album frôle le cinq étoiles (je ne déplore qu'un ou deux mots qui auraient pu être mieux choisis). Rooh, vous savez quoi, il le mérite quand-même ! Un coup de cœur, évidemment.
Habemus Bastard
J'ai lu plusieurs romans du scénariste, et j'avais apprécié son style direct et ses dialogues remplis de punchlines non dénuées d'humour et de sarcasmes. Je suis assez client j'avoue. Du coté du dessinateur, c'est simple je suis fan de son trait et j'adore son dessin. Je ne pouvais donc pas être déçu par ce diptyque. Et effectivement j'ai bien aimé. Je pense que si on n'est pas client d'histoires de gangsters, ce n'est pas cette série qui vous réconciliera avec le genre. Mais si on aime bien ça.... Notre héros, un homme de main qui doit se faire oublier, prend la place d'un curé en guise de couverture. Et il va, non sans maladresse, essayer de se fondre dans les usages de la paroisse locale. Et comme on ne se refait pas il va profiter de la moindre occasion pour mettre en place des petits trafics et autre magouilles. Ca fonctionne très bien, ça amène des situations amusantes. Notamment grâce au style d'écriture. Je savais que ça marchait bien en roman, cette lecture confirme que ça marche également en BD. Alors oui il y a quelques clichés du genre sur le parrain, la famille, les truands et compagnie, il y a des scènes d'action plus spectaculaires que crédibles, mais bon impossible de faire une histoire de gangsters sans passer par là. Et comme, sans surprise, le dessin est un régal à tous les niveaux : personnages, décors, détails, cadrages, couleurs... C'est un modèle de lisibilité et de dynamisme, qui porte à merveille le récit ! La lecture de ces 2 tomes fut un plaisir.
Le Chanteur perdu
Décidément, Didier Tronchet ne cesse de m'étonner. Le virage plus personnel entrepris avec sa BD Là-bas est tout à fait singulier. Adolescent, je n'ai jamais trop accroché avec son univers. Sans doute étais-je trop jeune, et son humour trop mature pour moi alors. C'est grace aux chroniqueurs précédents que je me suis lancé dans cette lecture, occasion de redire combien BDthèque est quand même très très bien... Le chanteur perdu m'a séduit pour plusieurs raison. D'abord parce qu'elle ravive la mémoire oubliée d'un jeune prodige de la chanson qui m'était totalement inconnu. Longtemps, j'ai boudé la chanson française qui pour moi représentait le monde d'avant, le monde de mes parents. Depuis, j'ai eu l'occasion de réparer mon erreur, notamment en découvrant le répertoire d'un certain Pierre Perret, auteur de grand talent dont les chansons splendides parviennent à me tirer les larmes (écouter sa chanson Ma femme pour s'en convaincre). Et c'est là une autre raison de mon enthousiasme pour Le chanteur perdu : on apprend que c'est le même Pierre Perret qui a produit à l'époque le seul et unique disque du fameuse chanteur qui s'appelle en réalité Jean-Claude Rémy. Bien entendu, il y a d'autres motifs de satisfaction. Cette histoire vraie est très touchante, également très bien racontée. Tronchet y maintient tout le long un certain suspens non sans se départir d'une certaine autodérision. Ce récit personnel prend la forme d'une enquête haletante à l'échelle de l'intime, et plus arrive la fin, plus on doute avec l'auteur. On sent une réelle montée en tension. C'est superbe. Je terminerai en conseillant à tout le monde d'aller regarder sur Youtube la vidéo de Didier Tronchet et Jean-Claude Rémy chantant ensemble sur la petite île du bout du monde évoquée dans la BD. J'en suis encore tout retourné !
Il faut flinguer Ramirez
Bon, je serais sans doute moins enthousiaste que Jetjet mais, comme mes deux prédécesseurs, je dois reconnaître que cet album introductif possède de réelles qualités. Ce qui saute aux yeux dès la couverture et un rapide feuilletage de l'intérieur (et la lecture confirme ce ressenti), c'est l'habillage très fin 70's/80's. Très série (à la Starsky et Hutch par exemple), très ciné, que ce soit pour les cadrages, le rythme, les codes graphiques et scénaristiques (un peu de Tarentino, du Thelma et Louise aussi avec les deux pétroleuses, etc.). Le dessin est intéressant, les couleurs assez pétantes, mais je n'aime pas trop la colorisation, à l'ordi. Mais bon, l'album est un bel objet, et il y a de la lecture, avec plus de 120 pages ! L'histoire est à la fois facile et difficile à résumer. On est quand même surpris au départ par le héros, le Ramirez en question donc, simple vendeur d'aspirateur !, muet et souffre douleur de son chef. On est loin du tueur traqué par les mafieux, et pourtant... Démarrage étonnant donc, puis l'intrigue se met en place, et le rythme accélère crescendo, pour finir en mode GTA, avec explosions, poursuites de voitures (dont une Renault 5 ! Si si, j'ai dû aller vérifier que c'était possible aux Etats-Unis à cet époque, mais oui) et fusillades à gogo. Ramirez garde tout son mystère (et l'apparition finale d'un comparse, en forme de cliffhanger, si elle éclaire certains faits, ne règle pas toutes les facilités scénaristiques: les deux mafieux dézingués dans leur bagnole, la bombe dans le coffre...), les mafieux sont à la fois méchants et cons (ils ajoutent une touche d'humour à ce défouloir rythmé), deux donzelles délurées et pas très finaudes non plus raccrochent le wagon: bref, il y a encore de quoi faire ! Entre les chapitres, l'habillage est complété par des pubs bien fichues. On a donc là un album de genre sympa. Pas un chef d'œuvre, mais une lecture recommandable pour un bon moment de détente. Cela passera-t-il la relecture, la suite gardera-t-elle le même rythme et le même mystère plus ou moins éventé, qui est donc Ramirez ? On a en tout cas envie d'avoir les réponses à ces questions. ********************** Après lecture du deuxième tome, je reste sur ma note et ma bonne impression. Comme pour le tome précédent, le démarrage est calme - presque trop - puis ça accélère brutalement, avec des passages survitaminés, un rythme endiablé. On ne s'ennuie vraiment pas ! Pétrimaux n'hésite pas à faire disparaitre (brutalement !) plusieurs des protagonistes principaux, ça castagne, ça explose et ça saigne fortement. Autre point fort encore, toutes les publicités et autres extraits de magazines qui s'insèrent entre les différents chapitres. Des moments pour respirer au milieu du rythme trépidant, en s'amusant de ces fausses pubs dans lesquelles - comme pour les décors du récit - Pétrimaux réussit très bien sa reconstitution de l'Amérique de l'époque. Par contre, si le personnage principal reste mutique et globalement ballotté par des événements qui semblent le dépasser, si l'absurde de certaines situation est encore source d'amusement (les interrogations de la police, le héros vendeur d'aspirateurs, etc.), Pétrimaux - dès le début de ce deuxième album - cherche à apporter un peu d'explications. Ça fait peut-être perdre un peu de folie à l'ensemble, mais ça permet au lecteur de raccrocher un peu les morceaux. Le dessin est toujours très sympa et expressif (la colorisation typée et pimpante - mais informatique, pas mon truc malgré ses qualités). J'attends la fin avec impatience !
La Commode aux tiroirs de couleurs
Cet album est l'adaptation d'un roman d'Olivia Ruiz que je n'ai malheureusement pas lu. Comme souvent avec moi, donc, pas de propos sur le travail d'adaptation. L'histoire est celle d'une commode. Plus précisément, l'histoire est celle d'une commode qu'une grand-mère lègue à sa petite fille après sa mort. Dans chacun des petits tiroirs de couleurs de cette commode se trouve un objet, un souvenir, un symbole d'un moment marquant de la vie de cette femme. L'histoire est donc celle d'une transmission de souvenir, d'un partage de vie d'une génération familiale à une autre. L'histoire de Rita est tragique, marquée par la prise de pouvoir de Franco, l'exode de nombreux espagnols vers la France, les amours et les drames qui ont jonchés sa vie. Mais c'est aussi une histoire heureuse, douce amère, pleine de rencontres marquantes, d'une famille soudée et aimante, surtout entre femmes. C'est une histoire humaine, triste sans être pleinement larmoyante, positive sans être pour autant idéaliste. Les épisodes de la vie de cette femme s'enchaînent très vite, les seuls fils rouges étant l'ordre chronologiques des évènements et les objets représentant chaque période. Sans doute trop rapide, personnellement j'ai trouvé le rythme bon. Ce genre de récit sur le quotidien doux-amer de survivants d'évènements historiques ou sur le passé complexe et chargé d'une famille, ça passe ou ça casse pour moi (comme disait ma mamie). Ce sont rarement des histoires qui je relis, mais elles ont tendance à m'impacter émotionnellement à la lecture et peuvent même me rester en tête pour quelques années si elles sont bien faites. Ici, j'ai trouvé ça très bon. Pas parfait mais très bon. (Note réelle 3,5)
Pico Bogue
Mais... Mais c'est très bien ! On pourrait croire à un ersatz de Calvin et Hobbes, mais pas du tout. On a bien l'impertinence et l'imaginaire de la jeunesse confrontant le monde des adultes, mais ici tout est plus doux, plus contemplatif. Calvin est l'archétype du sale gamin, dont l'imagination et l'énergie en font une véritable source de problèmes, remettant en cause le monde principalement par esprit de contradiction et un début de cynisme. Pico est plus un archétype de "petit malin", d'un enfant très intelligent à la fois suffisamment épargné par les affres du monde adulte pour le remettre en cause avec justesse et ayant suffisamment compris et assimilé le pouvoir de la rhétorique pour espérer profiter et abuser des règles absurdes imposées par lesdits adultes (au point où la seule chose le différenciant d'un adulte est son physique). Cette série a davantage un humour de répartie, cherche davantage les bons mots, les jeux de mots, les phrases qui prêtent à réflexion. Toujours proche de la série avec le tigre en peluche, donc, mais se distinguant par sa dimension plus positive et bon enfant et son côté "gamin philosophe". Les histoires de Pico Bogue sont des tranches de vie sur un gamin beau parleur, remettant sans cesse en cause le monde et jouant sur les mots dès qu'il le peut. Un vrai plaisir littéraire. D'ailleurs Pico n'est pas le seul à avoir de la verve, sa famille comme ses amis partagent visiblement son désir d'argumenter tout ce qui leur tombe sur la main (bon, pour les parents, c'est surtout qu'iels essaient de mettre en touche leurs enfants, et vu comme Pico et Ana Ana aiment avoir le dernier mot ce n'est pas chose facile). J'étais tombée pour la première fois sur ces petites histoires (petites mais à tailles variables) dans le Monde des ados, et je m'étais d'abord demandée ce qu'une BD à l'apparence si enfantine y faisait. Puis je les ai lus et j'ai eu un petit coup de foudre. C'est mignon, c'est drôle, c'est réflexif, et surtout les textes sont bien écrits. Moi, des textes huilés comme ceux-là, des personnages qui ont le sens de la répartie et se répondent du tac au tac, ça me plait toujours. Du sarcasme doux et enfantin, des dessins très mignons dans un style aquarelle, des textes travaillés, une lecture agréable à tout âge.