Lors du dernier festival d’Angoulême qui s’est tenu fin janvier, j’ai eu la chance d’interviewer Gaëlle Geniller, l’autrice du splendide « Minuit passé » paru aux Editions Delcourt.
Bonjour Gaëlle, peux-tu te présenter en deux mots pour les lecteurs qui ne te connaissent pas ?
Je suis autrice de BD, scénariste et illustratrice, et je viens de sortir mon livre
Minuit Passé.
Après Le Jardin - Paris, qui se situait dans l'univers des cabarets, qu'est-ce qui t'a inspiré pour cette histoire qui se déroule dans ce manoir victorien, hanté par les souvenirs et les spectres ?
Il faut savoir que j'aime bien faire des sortes d'univers partagés, et
Minuit Passé se déroule en même temps que
Le Jardin - Paris. Il y a d'ailleurs quelques références dans « Minuit passé » pour suggérer que cela se passe en même temps. J'aime bien aussi explorer les Années folles, en tout cas l'idée de ce que l'on s'en fait. Le Jardin, Paris, c'était plutôt l'aspect spectacle, "brillant", l'aspect parisien de ces Années folles. Minuit passé, c'est l'aspect « campagnard Victorien » à Londres. Disons que Le Jardin, Paris c'est sur la scène, et Minuit passé, c'est derrière les rideaux.
Il y a un point commun entre les deux albums, c'est que tu sembles attirée par les univers clos. Est-ce une marque de fabrique ?
J'aime énormément les univers clos, en fait ça me rassure. Quand je dois m'endormir par exemple, j'imagine des vieilles maisons, j'imagine des endroits, j'imagine des ambiances avec des lampes allumées, c'est quelque chose qui me rassure énormément. Consciemment ou pas, j'aime bien faire une histoire qui se passe à un endroit, très ancré, cela m'aide énormément et je trouve que c'est plus facile pour moi de composer mes personnages autour de ça.
Il est vrai que quand on découvre tes BD, on a l'impression un peu de pénétrer dans un cocon protecteur, il y a quelque chose de très agréable.
C'était le cas aussi pour moi quand je l'ai fait...
Le temps y semble comme suspendu. Est-ce une volonté de proposer une autre manière de raconter, plus contemplative ?
J'aime énormément les récits qui portent à l'interprétation, parce qu'on peut y mettre absolument ce qu'on veut. C'est comme un conte, on le lit sous notre propre prisme, et le fait de se dire qu'on interprète quelque chose différemment, en fonction de l'humeur dans laquelle on le lit, ou l'état d'esprit dans lequel on se trouve, c'est assez intéressant. Quand je crée une histoire avec des personnages, j'aime bien l’idée de la confier au lecteur. J’apprécie cet aspect ludique d'une lecture, c'est-à-dire, « c'est vous qui lisez le récit et en faites votre propre interprétation ».
On ne livre pas toutes les clés, on ne donne pas toutes les réponses...
On m'a quelquefois reproché le fait que ça pouvait être une facilité scénaristique, et peut-être que c'est vrai au fond...
D'où ma question... On est plus dans quelque chose de contemplatif, c'est une ambiance, une immersion dans quelque chose... Ici la thématique de la mémoire et des souvenirs perdus est un peu centrale. Est-ce un sujet qui te tient à cœur également ?
Oui, on peut dire ça. Minuit passé est sans doute mon livre le plus personnel, par rapport à ce que tu viens de dire. Ce n'est pas une autobiographie déguisée, j'y ai mis des bouts de moi de la façon dont je vois l'enfance, la nostalgie, les souvenirs, cette émotion un peu étrange d'avoir toujours des souvenirs vivants, quand on arrive dans un lieu où ils sont morts, avec une sorte de temporalité différente... Je ne sais pas si tu l’as déjà ressenti, quand tu arrives dans un lieu que tu as connu étant enfant, ou même un lieu qui autrefois était plein de vie, chargé en souvenirs... Tu arrives et il y a un gros décalage : il y avait du monde à une époque et désormais il n'y a plus personne, mais les souvenirs sont encore vivants. Rien que pour ça, la maison est un fantôme en soi. Et j'aime énormément cet aspect-là, c'est quelque chose qui me touche beaucoup, que j'ai vraiment mis dans Minuit passé.
On sent bien qu'il y a une quête de Guerlain, qui tente de reconstruire son passé quand il arrive dans ce manoir. Il y a d'ailleurs presque une dimension onirique dans sa démarche. T'es-tu inspirée de récits ou d'œuvres pour ce voyage intérieur ?
Non pas vraiment, je l'ai juste puisé dans mes longues nuits d'insomnie... Il m'est arrivé de faire de l'insomnie, et pour moi Guerlain était un peu un compagnon de nuit. Et je crois que ce sont vraiment mes insomnies qui m'ont aidé à faire cette histoire.
En effet, le personnage de Guerlain est sujet à l'insomnie... Il y a également le fils de Guerlain, Nisse, qui joue un rôle clé dans la connexion avec les esprits. Pourquoi avoir choisi un enfant pour faire le lien entre le passé et le présent ?
Parce que j'aime bien la vision que peut avoir un enfant dans une situation donnée, situation que nous, en tant qu'adulte, trouverions ambiguë. J'aime bien ce décalage entre une situation où un adulte semble bloqué, parce qu'il a sa vision d'adulte, alors qu'un enfant la désamorce tout de suite, parce qu'il a un regard naïf, et qu'il ne raisonne pas comme un adulte. C'est exactement ce qu'il se passe entre Guerlain et son enfant. Il y a beaucoup de situations où Guerlain est un peu abattu, il ne comprend pas ce qu'il se passe, tandis que son fils s'étonne en lui disant : « Mais tu l'as toujours su, ça ?! ». Je voulais vraiment inverser cette tendance que l'on a par exemple dans les films, dans les livres, ou dans une maison hantée, où il y a un enfant qui voit des choses mais n'est pas écouté par les adultes. Plutôt qu’une telle approche, je voulais vraiment un père qui écoute son fils, un fils qui parle à son père, pour moi c'était vraiment important.
Par moment en effet, j'ai un peu pensé à Shining, avec cet enfant qui est dans un immense hôtel aussi, et qui voit des choses que les adultes ne voient pas. Ici avec Minuit passé, on a un peu l'impression que c'est le fils qui protège le père.
C'est un peu ça. D'ailleurs, dans les croyances scandinaves, Nisse est un petit esprit de maison, et pour moi cela faisait sens de l'appeler comme ça.
Il y a aussi les corneilles qui sont des figures marquantes. Trois corneilles qui sont étranges, à la fois bienveillantes et énigmatiques. Quel symbolique leur attribues-tu ?
Ce serait un peu spoiler le livre que de le dire... Mais disons que ce sont des souvenirs que Guerlain a transformés. Au début on pense qu'elles sont menaçantes, mais on se rend très vite compte qu'elles font des bêtises, qu'elles mangent des choses qu'elles ne devraient pas manger lors de scènes importantes, elles font des grimaces, elles font des blagues...
Elles répandent des fleurs aussi... J'ai beaucoup aimé cette vision pleine de poésie, c'est assez charmant.
Ce sont les souvenirs et les sensations imagés de Guerlain. C'est un petit garçon qui a intériorisé tellement de choses, que, étant adulte, ça se forme et ça revient, ça s'impose à lui comme ça.
Les fleurs semblent jouer un rôle dans ce récit. Tu as une fascination particulière pour les plantes et les fleurs ?
J’ai beaucoup de souvenirs liés aux fleurs quand j'étais petite. Il faut savoir que mes grands-mères ont vraiment la main verte. Quand j'étais petite et que j'allais les saluer, elles m'apprenaient à dire tout le temps bonjour aux fleurs et à leur parler, parce que pour elles, si on parlait aux fleurs, elles devenaient plus belles. Et moi étant petite, j'ai pris ça au pied de la lettre. C'est-à-dire que j'allais dire bonjour à papi et mamie, et puis je fonçais dans leur jardin, je disais bonjour aux fleurs, je les sentais, je les touchais, et c'est un souvenir qui reste en moi.
Alors tu dois beaucoup apprécier le cinéaste Miyazaki ?
Ah oui, pour le rapport à la nature...
Je pense à cette scène de Mon voisin Totoro, où les enfants se réunissent avec les esprits de la forêt pour faire pousser une plante...
Et aussi dans Le Voyage de Chihiro, où la fillette se réfugie pour manger dans des fleurs... En fait, même juste visuellement, les fleurs me réconfortent.
Pour revenir à Guerlain, un personnage fascinant, entouré d'amour et pourtant un peu largué, comment as-tu construit ce personnage ? Tu disais que c'était un peu ton double, c'est ça ?
Oui peut-être... Guerlain est arrivé bien avant l'histoire de Minuit passé, il y a cinq ans de cela. Je l'ai dessiné par pure souci d'esthétisme, c'est avec lui que j'ai appris à savoir ce que j'aimais dessiner, à savoir les beaux vêtements, les belles ambiances. Je lui ai mis aussi des corneilles, j'aimais beaucoup l'image qu'on se faisait des dandys, à la Edgar Allan Poe, à la Maupassant. L'histoire est arrivée après. Dans Le Jardin, le personnage est un peu une partie de moi, dans Minuit passé, il en est une autre. C'est pour ça que j'ai un rapport très émotionnel avec mes personnages, je n'arrive pas à les lâcher. Quand je les invente, j'ai envie de continuer l'aventure avec eux, comme de vieux amis avec qui on aurait envie de finir une partie de cartes, parce qu'on s'amuse trop, et avec eux c'est la même chose.
Dans les deux cas, ce sont des personnages plutôt attachants. Pourquoi ce prénom, Guerlain ?
Je ne sais pas vraiment, cela m'évoque quelque chose d'assez guttural, j'aime beaucoup les noms comme ça. C’est à la fois doux et un peu brut, je ne saurais pas vraiment comment l'expliquer. Cela évoque le parfum mais aussi quelque chose d'assez élégant, et je voulais que mon personnage soit élégant.
Concernant ton style, il y a comme un mélange d'influence européenne avec une touche manga, en particulier pour les visages.
J’ai beaucoup fréquenté de gens qui pensent que le manga n'est pas un vrai média. En fait je crois que je fais partie d'une génération qui a connu cette explosion du manga. On est beaucoup de jeunes autrices, je ne me prononcerais pas pour les auteurs parce que j'en connais moins, à avoir d'abord été influencées par le manga. Je pense que c'est resté. Ce n'est pas quelque chose que je tente d'effacer, c'est quelque chose que je constate de temps en temps, parce qu'on me le dit. J'ai commencé à dessiner avec des références manga, Les Légendaires de Patrick Sobral, et aussi avec des jeux vidéo que j'avais découverts.
Il y a quand même l'aspect BD européenne qui domine. Il y a aussi une mise en couleur particulièrement soignée qui participe à l'ambiance du récit. Quel est ton approche avec la couleur ?
Je réfléchis vraiment en fonction des atmosphères. Je me dis que si une scène doit se passer le matin, l'ambiance doit être un peu plus posée, mais par contre si elle doit être un peu plus lourde, je ferai quelque chose d’un peu plus terne, un peu plus gris. Quand je dessine le storyboard d'une scène, je peux me dire souvent : « Ok, ce sera cette ambiance-là ! », et il y a certaines scènes où je ne sais pas. Quand je passe à la couleur, c'est l'inverse qui se produit. Alors que je pensais être convaincue de savoir ce que je voulais, je constate qu’il n’en est rien, et il faut que je recommence. Mais par contre, les scènes où j’étais moins inspirée, ça peut aller tout seul. La couleur est quelque chose que j'aime beaucoup travailler.
On sent qu'il y a vraiment une attention particulière portée sur la couleur, qui participe à l'ambiance et donne ces atmosphères très cosy, très réconfortantes. C'est mon avis personnel, mais je trouve que c'est de toute beauté, et j'avais déjà beaucoup flashé sur Le Jardin.
Ça me fait très plaisir !
Concernant l'architecture et le design, on sent beaucoup l'influence de l'Art nouveau. Comment travailles-tu ?
Je m'appuie sur des photos, sur l'imaginaire collectif aussi. J’ai forcément dessiné des objets on les idéalisant, où ils n'avaient pas forcément telle forme ou telle couleur, mais je me suis dit que pour cette histoire-là, je voulais rester dans le flou. J'aime énormément jouer avec les motifs, les fresques. J’aime bien les cases qui ne sont pas carrées ou rectangulaires, j'aime bien jouer un peu avec la forme. Je trouve que le cadre dans lequel se tient le dessin peut raconter autant de choses que le dessin en lui-même. D’où cet aspect Art nouveau avec les fleurs. Le Jardin, Paris, c'était « Art déco », et Minuit passé, c'est « Art nouveau ».
J'ai remarqué que le livre bénéficiait d'un beau travail éditorial, avec cette tranche décorée de motifs floraux, la petite touche classieuse...
Je dois dire que ce n'est pas mon idée, car je ne pensais pas que c'était faisable...
Oui je crois que c'est la première fois que je vois ça...
C'est mon éditeur qui a eu cette idée-là, et c'est une idée fantastique.
Je confirme !... Tu es à la fois scénariste et dessinatrice, comment jongles-tu entre ces deux aspects de ton travail ? Commences-tu par écrire le scénario, ou l'histoire se construit-elle au fur et à mesure ?
Il y a d'abord une trame narrative qui se construit dans ma tête, et après je me lance directement sur le storyboard. Je n'écris pas forcément de script, ou alors des fragments de dialogues pour être sûre de ne pas les oublier, au moment où je les ai posés sur le papier, mais sinon pour les storyboards, je fonce, j'y vais, là où certains artistes auraient peut-être tendance à avoir du mal à effacer des choses ou à faire le tri. En ce qui me concerne, je n'ai aucun scrupule à me dire que si une séquence ne me va pas, je recommence. Je n'ai pas peur de reculer, je n'ai pas peur d'avancer, je fais même des scènes dans le désordre, et après je les recoupe en puzzle.
Une démarche très souple, on peut dire...
Et pour cette raison, je pense que travailler avec un scénariste me bloquerait dans ma démarche. J'aime bien être spontanée, parfois peut-être un peu trop, mais avec un scénariste, il faudrait faire trop de concessions.
Tu préfères tout maîtriser, donc ? Est-ce que tu travailles seule sur l'intégralité du projet, ou collabores-tu avec d'autres personnes ou ton éditeur ?
J'ai très peu de relecteurs. Il y a évidemment mon éditeur qui me guide et m'accompagne, et il le fait tellement bien. Jamais je n'aurais pensé à voir un tel accompagnement dans ma vie, et j'en suis extrêmement reconnaissante. Il y a ma compagne aussi qui me lit de temps en temps, et comme elle me connaît très bien — cela fait pratiquement 10 ans que l'on est ensemble —, elle sait très bien ce que je veux raconter. Et quand il y a une scène où elle comprend le message et qu’elle sait que je pourrais mieux le faire passer, elle me le dit. Alors oui, j'ai très peu de relecteurs. Disons que mon éditeur me relit pour l'aspect technique, pour que tout s'embroche, et ma compagne me conseille sur le côté émotionnel de la chose.
J'imagine qu'elle est assez cash ?
Et elle sait très bien quels mots utiliser pour me dire s'il y a des choses qui ne vont pas... J'ai un bel accompagnement des deux côtés.
Alors en fait, que ce soit pour Le Jardin - Paris ou Minuit Passé, tes œuvres dégagent de la douceur, de la bienveillance, loin des récits plus sombres ou plus violents. Est-ce un choix délibéré ? Serais-tu tentée d'aborder des rives plus noires ?
C'est à la fois un choix délibéré et non délibéré. Je crois que je n'y arriverais pas. Je ne suis juste pas faite pour faire des récits de ce type. Il y en a un que je voudrais vraiment faire, avec un personnage dont j'aimerais beaucoup raconter l'histoire, et je pense que ça devrait être intéressant, mais même en essayant de faire du sombre, je n'arriverais pas à rentrer dans le côté violent de la chose.
Même les corneilles, qui sont des oiseaux un peu inquiétants tout de même, les fantômes, ou les portraits, finissent par être rassurants dans ton histoire... Ils n’ont rien de particulièrement menaçant.
J'aime bien cet aspect dans les histoires que je conçois : je donne l'histoire au lecteur, j'aimerais lui mettre un plaid sur les genoux, lui allumer une bougie, et juste lui dire : lis-la, tout ira bien...
On sent bien l'influence du conte dans Minuit Passé. Y a-t-il des œuvres ou des auteurs qui t'ont inspiré ?
J'ai grandi avec les contes, mes parents m'ont laissé croire aux fées très longtemps...
Et au Père Noël ?...
Non, pas le Père Noël (rires)... Disons que mes parents m'ont toujours accompagnée pour que je vois la magie un peu partout, sans que cela soit aliénant on va dire, et c'est quelque chose que j'ai beaucoup apprécié dans mon enfance et mon adolescence. J'ai donc grandi avec les chevaliers et les princesses, j'aime beaucoup les remodeler, et c'est pour ça que j'aime énormément ce que faisait Hubert, un scénariste incroyable selon moi, qui savait très bien jouer avec les contes, leur déconstruction, mais sans que l'on soit déstabilisé. Virginie Augustin a également été une révélation pour moi en matière de BD, et puis Kerascouët aussi...
Des auteurs effectivement qui sont dans l'esprit du conte... Une petite pensée pour Hubert au passage, qui malheureusement est parti trop tôt... Avec Minuit Passé, j'ai beaucoup pensé à une œuvre sortie l'an dernier, D'or et d'oreillers, de Mayalen Goust, et je trouve que tu as une approche très similaire, que vous avez des univers assez proches. J'ai été tout autant charmé par son univers que par le tien…
Je n'ai pas encore eu la chance de le lire... En tout cas, la couverture est incroyable...
Tout comme le dessin et la mise en page, qui sont juste bluffants. Mais si vous ne vous êtes jamais rencontrées, c'est juste étonnant... Si tu devais explorer un autre univers ou une autre époque pour un prochain projet, quels seraient-ils ?
Là, je suis en plein dedans ! J'ai un nouveau projet qui sort bientôt, d'ailleurs avec les mêmes personnages que Minuit passé et Le Jardin. Ça ne sera pas une suite, je reprends juste ces personnages-là comme on reprendrait des acteurs pour un rôle. Et là je vais explorer le monde de l'hôtellerie dans les années 50.
C'est un bon teasing...
Je vais essayer de ne pas trop en dire, mais ça ne sera peut-être pas du fantastique, mais plutôt une sorte de croisement entre les deux albums ... Un peu angoissant mais surtout lumineux, drôle et rassurant.
Pour terminer, qu'aimerais-tu que tes lecteurs retiennent de Minuit Passé, et que dirais-tu à quelqu'un qui ne l'a pas lu pour lui donner envie de lire le livre ?
Question difficile mais intéressante... La couverture fait peur, mais tout ira bien ! (rires)... Que de temps en temps il ne faut pas oublier de parler à son enfant intérieur. Je fonctionne beaucoup là-dessus, et même si ça paraît abstrait, quand je ne vais pas très bien, j'essaye de me souvenir de qui j'étais quand j'étais petite. Et je ne sais pas pourquoi, mais il y a quelque chose qui me rassure. Je pense que la petite fille que j'étais serait sacrément fière voir ce que je suis devenue. Et surtout, je crois qu'il ne faut surtout pas oublier de s'exprimer par rapport à ça, et que si on ne le fait pas, cela reviendra toujours d'une manière ou d'une autre, donc autant le faire par des mots ou par des contes.
Je trouve que ça résume parfaitement bien le propos du récit. Merci Gaëlle !