3 Secondes (3'')

3 secondes, le temps pour la lumière de parcourir 900 000 kilomètres, le temps d'un coup de feu, d'une larme, d'un SMS, d'une explosion... Observer les détails, enquêter d'une scène à l'autre permet de reconstituer les angles morts et de récolter les indices sur ce qui relie les personnages et les motive. Affaires, crimes, complot... À chacun de se faire sa propre idée. Bonne investigation.
BD en réalité augmentée BD muette Format carré Marc-Antoine Mathieu OuBaPo
3 secondes, le temps pour la lumière de parcourir 900 000 kilomètres, le temps d'un coup de feu, d'une larme, d'un SMS, d'une explosion... Observer les détails, enquêter d'une scène à l'autre permet de reconstituer les angles morts et de récolter les indices sur ce qui relie les personnages et les motive. Affaires, crimes, complot... À chacun de se faire sa propre idée. Bonne investigation.
Scénario | |
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Date de parution | 07 Septembre 2011 |
Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis



Si, un jour, vous avez 3 secondes à perdre, penchez-vous donc sur cet album de Marc-Antoine Mathieu, sans doute un des auteurs de bande dessinée les plus originaux aujourd'hui, auteur de l'excellente série Julius Corentin Acquefacques, ou de l'intelligent et étonnant Dieu en personne. Avec celui-ci, l'auteur nous mène dans un délire visuel et cérébral encore plus impressionnant. Tout le récit se déroule sur 3 secondes uniquement. Alors comment tenir 72 pages sur un tel laps de temps ? En nous glissant dans la peau d'un photon, tout simplement... Dans cette hallucinante expérience, Marc-Antoine Mathieu nous fait en effet suivre la trajectoire de la lumière, voguant d'une surface réflexive à l'autre. Par un découpage extrêmement régulier et rigoureux, l'auteur nous offre donc une succession de zooms à l'intérieur de reflets d'une scène donnée, d'une maîtrise véritablement incroyable. Le plus fort est que, si l'expérience menace parfois de tourner à l'exercice de style un peu vain, on voit néanmoins se dégager un vrai scénario avec ses fausses pistes et ses indices disséminés au fur et à mesure de l'oeuvre. Comme à son habitude, Marc-Antoine Mathieu opère une déconstruction du scénario au profit de mises en abyme proprement époustouflantes, mais celui-ci existe bel et bien. C'est simplement au lecteur de tenter de recoller les morceaux éparpillés tout au long de l'oeuvre, à condition d'être prêt à se plonger dans un casse-tête aussi fascinant que complexe. Et si vous tentez l'expérience, non seulement la lecture de l'ouvrage vous prendra bien plus que 3 secondes, mais vous verrez apparaître une enquête policière extrêmement bien goupillée qui voit se croiser plusieurs fils scénaristiques, qu'il faudra au moins deux lectures attentives pour identifier clairement... Et une bonne dizaine de lectures supplémentaires pour commencer à y voir clair dans cette enquête ! A noter qu'une fois qu'on aura lu et relu la bande dessinée, il existe une version numérique qui complète admirablement la version papier (le mot de passe se trouve à l'intérieur du livre) : http://www.editions-delcourt.fr/3s/index.php?page=numerique Quoiqu'il en soit, Marc-Antoine Mathieu nous offre encore une expérience unique en son genre, qu'on peut adorer ou détester, mais face à laquelle il sera impossible de rester indifférent.


Délirant ! C’est le premier mot qui me vient à l’esprit pour qualifier cette production de Marc Antoine Mathieu. En effet, cet habitué des projets oubapiens, de l’utilisation complexifiée du médium Bande Dessinée, a réalisé là quelque chose d’assez surprenant. On y retrouve son dessin impeccable, très classique, avec une belle utilisation d’un Noir et Blanc épuré et très froid. Par contre, si j’ai été bluffé par le côté technique de l’album – que l’on peut prolonger en visionnant sur le net une version « filmée », à la vitesse de défilement adaptable à nos désirs, j’ai quand même été moins accroché que je l’ai été par d’autres de ses productions, comme les Julius par exemple. En effet, l’exercice de style joue ici un peu trop la performance pure, et se met moins au service de l’histoire. Cela donne un résultat plus froid, et une lecture un peu plus difficile (j’ai dû plusieurs fois faire des retours en arrière pour suivre le déroulé de l’action). Bluffant donc, impressionnant certes, mais un chouia trop technique. Un album à découvrir toutefois, et qui nécessite clairement plus de 3 secondes pour être assimilé (album muet, mais nombreuses relectures nécessaires). Note réelle 3,5/5.


Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur cet album, expérimental comme souvent avec Marc-Antoine Mathieu. Ici il nous permet de suivre la trajectoire de la lumière, dans un fondu déchaîné assez bluffant. Que peut-il se passer en trois secondes ? Beaucoup, mais vraiment beaucoup de choses, dans une trajectoire spatiale un peu particulière, entre petits détails anodins et évènements majeurs... Le résultat est complexe, tant sur le plan du fond que de la forme, et même si je ne suis pas sûr de la "véracité" de certaines choses, comme les angles de vue des reflets, on va dire que MAM a probablement arrangé les choses pour une meilleure lisibilité, sur ce coup-là. Mais quoi qu'il en soit, le travail me semble proprement titanesque pour réaliser un tel bouquin, nul doute qu'ils seraient nombreux à lâcher l'affaire ou intégrer une maison de fous avant l'heure. Mais pas lui. Franchement, c'est un album qui vaut le coup d'être vu. Même en un éclair.


Pour moi, "3 Secondes" est franchement bien, limite culte, tellement le concept est original et bien mené (surtout couplé à la version numérique disponible sur internet). J'ai scruté chaque image, j'ai adoré la descente vers le stade de foot ou la fuite dans l'espace. A la lecture de la BD je me suis demandée parfois si la trajectoire était bien réaliste, mais quand je suis passée à la version numérique, à quelques rares exceptions je me suis bien rendue compte à quel point la réalisation est précise et minutieuse. C'est un travail titanesque ! Il y a bien quelques passages un peu confus, mais dans l'ensemble ça se suit sans difficulté. La version disponible sur internet est très bien pensée aussi, elle ne se contente pas de nous offrir l'animé de la BD, on peut aussi jouer sur le sens et la vitesse de lecture. C'est un plus indéniable qui complète parfaitement la version papier. Une belle surprise, dont je vais avoir du mal à me séparer car je l'ai achetée pour l'offrir à Noël... MAM ne m'avait pas convaincue jusqu'à présent (en fait je n'ai lu que Le Dessin je crois...) mais du coup je vais sans doute m'intéresser un peu plus à la production de ce monsieur. A commander au Père Noël sans hésiter.

Quelle virtuosité dans cette mise en abyme peuplée de miroirs, qui se joue du spectateur et lui fait visiter une scène unique, pratiquement immobile, dans tous les sens possibles, depuis le point de vue d'un photon ricochant à l'infini. Peu à peu, à force de changer d'angles de vue et de découvrir de nouveaux détails, la vérité se fait jour. Trois secondes séparent la première page de la dernière, le temps pour la lumière de parcourir 900 000 km. Juste assez pour que le drame se noue et dévoile l'ultime coup de théâtre, avant un final plein d'ironie. Sous couvert d'explorer les rouages du foot business, Mathieu met en scène l'omniprésence des écrans et le fantasme d'instantanéité et de transparence de notre société surchargée d'images. Il utilise avec une astuce prodigieuse les techniques nouvelles de dessin, mêlant image classique et retravail à l'ordinateur, pour produire un ODNI inclassable, quelque part entre 24h chrono et les époux Arnolfini de Van Eyck. Encore plus bluffant que la version papier : la version numérique, accessible en ligne sur http://www.editions-delcourt.fr/3s. Le mot de passe ? Achetez le livre...

Je connaissais MAM pour Julius Corentin Acquefacques, mais cet album dont j'ai beaucoup entendu parler dans la presse me semblait trop conceptuel pour être vraiment réussi. Je l'ai donc ouvert par simple curiosité en librairie... et je me suis fait happer. Avec un sentiment de jubilation grandissant, j'ai fini par m'interrompre pour acheter la BD et la lire dans de meilleures conditions. Je n'ai jamais passé autant de tant sur une BD muette, je n'ai jamais autant "travaillé" sur une BD. C'est vraiment quelque chose de nouveau. Un coup de maître, ni plus ni moins. Message à l'éditeur : pourquoi ne pas demander à d'autres auteurs de relever le défi ? Même principe, même durée... et histoires différentes à chaque fois !

Avec MAM, on rentre dans le conceptuel, il se joue du média et plus encore de l'aspect séquentiel. Dans cet album, le scénario s'articule autour d'un zoom énorme rebondissant de reflets en reflets dans les détails. Le tout est sensé durer 3 secondes. Cet album est une sorte de puzzle où les différentes informations se recoupent, certaines scènes sont observées depuis divers axes avec de légers deltas dans l'action et le temps faisant la différence. Il faudra certainement plusieurs lectures pour bien cerner toute la substance de l'histoire, la prouesse technique vaut déjà à elle seule le détour. Graphiquement on retrouve le dessin N&B, franc et précis, de MAM. Ce projet peut paraitre déroutant mais force le respect pour l'ingéniosité et le traitement de qualité. La lecture sera rapide ou longue et multiple selon l'investissement que l'on voudra y mettre. C'est à découvrir et à approfondir, cette expérience est unique et plaisante.


Album incongru, retrouver Trondheim au démarrage ne m’étonne finalement pas. Nous avons deux objets : d’une part, un album traditionnel et, d'autre part, une vidéo sur le site de l’éditeur. L’objet nous montrera la vue d’une particule lumineuse en l’espace de 3 secondes. Complètement inutile ai-je pensé, cette fois-ci la créativité de MAM a peut-être été trop loin. Première lecture, gasp, non, ce n’est pas possible il doit me manquer des éléments, je dois le relire… Objectif atteint bravo. Le scénario devra être trouvé par le lecteur qui recollera lui-même les morceaux pour trouver un sens à ces différents événements que la particule de lumière croise. Et toi lecteur sauras-tu retrouver une histoire d’amour tragique, une juge visiblement trop gênante et les multiples clins d’œil dispersés dans la presse ? A vrai dire, ma version finale n’a rien d’extraordinaire, mais pour arriver à un truc un tant soit peu cohérent l'auteur a tout de même dû finalement pas mal se creuser les méninges (ne serait-ce qu'au niveau positionnement spatial). Et il ne s’agit pas de lire ce qui est marqué en petit dans les journaux qui n’apportent pas grand-chose, les titres dispersés çà et là ont une lecture suffisamment facile pour éviter l’emploi d’un miroir… Bref petit à petit on recolle les morceaux en se disant que telle scène n’a pas encore été exploitée et que l’on a dû louper un truc. De fait l’intrigue finale n’est pas l’objectif du récit, il s’agit bien de faire participer le lecteur au scénario, et ça marche. Bien sûr la marche du faisceau lumineux est forcée, bien sûr les 3 pages qui sortent de la terre ne servent pas à grand-chose si ce n’est faire passer le temps. Mais tout cela s’avère particulièrement bien ficelé et s’accepte. Côté dessin, l’habituel trait de MAM fait encore merveille, les encrages donnent à chaque image une force renouvelée au gré des zooms. Vient me semble-t-il le moment de parler de la vidéo du site de l’éditeur à laquelle chacun pourra avoir accès avec le code situé à l’intérieur de l’album (l’histoire comporte bien 33 réflexions en ne comptant qu’une fois les objets sur lesquels on rebondit plusieurs fois… l’art du détail !). Là vous pourrez passer vite, car il s’agit de la version animée de l’album en zoom continuel. Franchement j’ai trouvé que ça ne servait à rien et que le format papier avait décidément de beaux jours devant lui… Au final, je doute avoir tout saisi (je n’avais pas remarqué les multiples palindromes sur Eric Cantonna) et j’ai encore quelques interrogations (quel est donc cet ustensile dans la coupe de la pièce principale qui marque 3 secondes, qui déclenche la bombe dans l’avion et les partenaires aux oreillettes de l’homme à la dent d’or sont-ils bien en communication avec les arbitres du match en cours ?) Mais j’ai passé un sacré bon moment avec une utilisation de ce format encore innovante. Cela me plait évidemment moins que le magistral et philosophique Dieu en personne, mais montre une jolie créativité encore renouvelée. A dévorer.

Je suis encore une fois ravie par les BD de Marc-antoine Mathieu. Pour ceux qui ont aimé les différences péripéties de Mister Julius Corentin Aquefacques, ils seront à mon avis également séduit par cette nouvelle histoire. Ce qui me plait à chaque fois, c'est la précision presque mécanique dans le dessin et les détails apportés. Ici, c'est encore plus flagrant avec des séries de zoom partant d'une première image, en entrant à chaque fois dans un objet précis, ce qui nous donne tous les points de vue possible de la scène principale. J'avoue ne pas avoir forcément saisi toutes les interrogations de l'énigme, mais c'est hallucinant de voir tous les détails et indices cachés que l'auteur cherche à dévoiler au cours de l'histoire (sans texte). Après, c'est une histoire de goût pour apprécier à sa juste valeur ce type de BD, un OVNI dans son genre tout de même. N.B. : est-il possible qu'un jour l'auteur nous permette d'avoir la solution (s'il y en a une précise ?) ?
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