Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle

Récit du destin tragique d'un esclave noir au XIXème siècle
1816 - 1871 : De la chute du Premier Empire à la Commune Adaptations de romans en BD Esclavage
Fils d'un chef de tribu africain, Atar Gull fait le serment de ne jamais pleurer, de ne jamais se soumettre. Mais son destin le rattrape, et le voila emporté en esclavage par le terrible capitaine Brulart La haine d' Atar Gull sera à la hauteur des sévices qu'on lui impose, à lui et à ses proches.
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Date de parution | 07 Octobre 2011 |
Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis


Une BD parcourue avec réel intérêt, mais le caractère minimaliste du récit m'aura empêché d'entrer franchement dans cette histoire. Dommage, parce-que l'histoire est en soi vraiment intéressante. On dirait que toutes les connaissances et atrocités de cette période tragique se retrouvent dans un concentré de dialogues courts et bigrement efficaces. Le dessin m'a aussi pas mal plu, alors que ça n'est pas forcément mon style de prédilection, notamment grâce à l'émotion qui réussit à se dégager chez les personnages. Et puis ce que j'ai le plus aimé dans la forme, c'est la colorisation ! Un rendu absolument superbe. Mais mais mais... J'ai pas réussi à entrer entièrement dans le sujet. Pour ce type de récit, peut être que je préfère quand les auteurs prennent le temps de poser le contexte et cherchent à fournir plus de matières à la lecture. Ça s'enchaîne trop rapidement pour moi, j'ai pas eu le temps de ressentir de l'empathie pour cette histoire qui en demande, je suis pas complétement emballé par le leitmotiv de notre Atar Gull, et j'ai cette mauvaise sensation de rester en surface, sans savoir comment interpréter cette BD avec plus de profondeurs... Peut être le caractère minimaliste qui me bloque, je sais pas... Mais cela reste une histoire qui vaut le détour, commencer par emprunter à la bibli me paraît le bon choix!


Là encore, c'est sur la foi des très bonnes notes sur bdtheque que j'ai lu cet album. Il y a beaucoup à dire, et nombre de mes camarades le font très bien. Pour ma part je mettrai l'accent sur le très beau travail graphique du dessinateur, au style épuré, presque primitif, mais dont l'efficacité est maximale. Je me suis pris à admirer certaines de ses cases, sans raison particulière, juste parce que je trouvais la mise en scène et le style franchement beaux. A côté, l'histoire qui nous est contée est exemplaire, ou presque ; j'ai tout de même un peu de mal avec le côté jusqu'au-boutiste d'Atar Gull, prêt à sacrifier les siens pour assouvir sa soif de vengeance. Mais le destin sera cruel pour lui aussi... Très beau travail de Brüno sur un scénario assez prenant de Fabien Nury.


J'apprécie le graphisme de Brüno et son style clair et épuré. J'étais aussi curieux de lire ce récit sur l'esclavage aux personnages visiblement originaux au vu de la couverture. J'y ai découvert une histoire intéressante mais dure et un peu trop cruelle à mon goût. J'ai été un peu décontenancé par l'aspect fantasmé de certains personnages et décors, comme l'Afrique que j'ai eu bien du mal à reconnaitre. Malgré de nombreux éléments historiquement réalistes, j'ai compris qu'il fallait donc y voir une simple fiction parfois assez outrancière. Le scénario est original mais je n'ai pas trop accroché à sa dureté pas plus qu'au personnage principal. Même si l'intrigue est crédible, il est difficile d'apprécier une telle haine et de telles actions meurtrières de la part des protagonistes, héros et capitaine pirate en tête. Il restait cependant l'originalité de l'intrigue pour m'intéresser ainsi que la curiosité de savoir où l'auteur et les manigances d'Atar Gull allaient nous mener. Et comme le tout est bien raconté par le dessin et la narration graphique de Brüno, j'ai quand même assez apprécié ma lecture.


J'ai récemment découvert le dessin de Bruno (dans Junk). Et j'ai eu ici la même réaction, c'est à dire qu'il ne m'attire pas au premier abord. Mais finalement, il en ressort plutôt une bonne impression. Concernant le scénario, sur un sujet à la fois sensible et souvent traité (la traite négrière), l'intrigue est assez bien menée. Mais, comme certains avant moi, je n'ai pas réussi à croire en Atar. Personnage trop caricatural, ou froid, dans une histoire qui se veut réaliste. Personnage qui n'attire pas l'empathie. Peut-être suis-je trop manichéen, dans l'idée que je me faisais de ce personnage central. Ou alors j'ai mal lu cette histoire et n'ai pas su y trouver l'angle d'attaque des auteurs. C'est une lecture intéressante, mais sans plus.


Ma lecture fut agréable, mais s’est terminée sur une impression mitigée, comme s’il manquait un « je ne sais quoi » pour rendre cette BD inoubliable, sans que je n’arrive à mettre le doigt dessus… et puis j’ai lui l’avis de Frolier ci-dessous (et dans une moindre mesure celui de roedlingen), et tout s’éclaira : je n’ai pas réussi à croire en cette histoire et son « esclave modèle ». Le comportement de Atar Gull ne me paraît pas suffisamment crédible, ses actes extrêmes pas justifiés, et du coup j’ai eu du mal à m’attacher ou m’intéresser à lui. C’est dommage, parce que l’intrigue elle-même est intéressante, souvent édifiante (sujet oblige) et je suis personnellement fan du dessin, épuré certes, mais élégant et esthétique. Un bon album, un moment de lecture sympa, mais pas une BD inoubliable selon moi.

Une bonne BD, un dessin puissant, un scénario qui ne va jamais là où on l'attend, des personnages forts. J'ai failli mettre quatre étoiles, mais ce sera trois parce que le dernier quart de l'histoire tient assez mal la route. La question, comme toujours, n'est pas de savoir s'il c'est "possible de..." (en l'occurrence d'être aussi pervers, double, ambivalent, manipulateur, bref en un mot, aussi "fou"). La question est de savoir si l'histoire parvient à rendre crédible son postulat. Et en ce qui me concerne, la réponse est non. Je ne crois pas dans ce personnage, parce que le scénariste n'a pas su me le faire comprendre... ou me faire accepter que je ne le comprendrais jamais. Cela dit, je n'ai pas lu l’œuvre originale et je ne sais pas si Eugène Sue a fait mieux. Mais juste pour la qualité du dessin et l'intensité du récit malgré sa fin, je conseille tout de même l'achat, d'autant que d'autres lecteurs seront sans doute moins gênés que moi par le défaut que j'ai mentionné. Reste une question mystère: pourquoi, sur la couverture, avoir mis le titre (qui est le nom du personnage principal) entre guillemets? S'il s'était appelé Jean-Paul, aurait-il été entre guillemets? Il y a ici un vague relent de colonialisme (nom africain = surnom) qui ne colle pas bien avec l'ensemble du projet.


Album sérieux, Dargaud retrouve la qualité quantitative en terme de planches avec cet opus. La marchandise dense encourage un bon voyage imaginaire. Nous allons suivre le parcours de deux gros salopards, un intelligent et un stupide. Comme souvent le stupide restera vivant tandis que le conscient sera pendu. Le bon côté de l’album est qu’il ne nous présente pas la traite des esclaves avec le méchant blanc et le pauvre noir, l’opprimé face au puissant. Ici nous rencontrons des blancs qui sans être des saints montrent un intérêt avant tout humain et se retrouvent d’ailleurs détruits par leur naïveté dans un monde de pionniers peu favorable à la mentalité bisounours. Dans ce mélange de personnages, deux sortent du lot, ce fils de chef et ce pirate. Les deux sont des monstres, mais l’un le sait et l’assume tandis que l’autre se cache derrière une façade qu’il gardera tout le récit. Si j’ai apprécié notre marin, dont je reconnais la qualité de la clairvoyance, je n’ai en revanche pas du tout accroché avec notre héros que je trouve finalement trop superficiel et peu crédible. Les situations s’enchainent avec rythme, et même si le lecteur se dit souvent : ben oui bien sûr comme par hasard pour justifier des enchainements, ne jouons pas les rabat joie, la fluidité fait passer quelques facilités scénaristiques. Le tout se finit de manière abrupte ce qui rend tout le récit de notre héros sans intérêt, finalement à vouloir se venger il aura tout loupé. Etant donné la bêtise crasse dont il fait preuve au long du récit, j’ai envie de dire pas étonnant, m’enfin… Graphiquement, le travail d’épure et de trait brut donne une grande force au récit, il en va de même par la colorisation par grands aplats, très pertinente pour marquer les contrastes. La construction des cases permet une remarquable narration fluide et parfaitement réglée. De fait si l’aventure en elle-même semble bien ordinaire, la narration la rend franchement prenante. Au final, les sentiments sont contradictoires, la lecture fluide vient d’une bonne qualité narrative, et pourtant l’aventure elle-même me semble banale, le propos sort du classique couplet culpabilisant en présentant des personnages moins classiques, hélas ils se retrouvent prisonniers d’un comportement forcément destructeur (que ce soit par candeur, bêtise ou motif personnel). Certes, on évite le discours habituel du méchant blanc, mais pour retrouver des personnages sans ressort. Excepté notre pirate étrange, tous les autres personnages vont et viennent au cours du récit sans que j’ai pu m’attacher à aucun. Entre le bof et le pas mal, mais la qualité narrative fera pencher la balance du côté positif car le récit donne envie d’être lu au fur et à mesure de l’avancée du lecteur. L’achat en revanche ne me parait pas nécessaire, une relecture révèlerait trop les multiples facilités scénaristiques des enchainements qui laissent notre « modèle » agir tranquillement sans être inquiété tout au long du récit. (Qu’une mère laisse tuer son enfant de la sorte me semble vraiment, mais vraiment complètement délirant et j’ai vraiment décroché à partir de là.)


J'avais découvert Bruno avec Inner City Blues, dont les dessins m'avaient tout de suite attiré. Puis Nemo, superbe, que je vous conseille chaudement. L'histoire au rythme chaloupé nous laisse suivre l'histoire d'un esclave "modèle". Outre la beauté des dessins de Bruno (je sais je me répète), j'ai bien aimé le fait que l'histoire n'est pas en permanence cadrée sur le héros mais dresse (juste ce qu'il faut) différents portraits de personnages qui gravitent autour et influencent évidemment son destin. Triste ballade, triste histoire.
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