Morgane

Redécouvrez la quête du graal à travers les yeux de Morgane, sorcière rebelle et insoumise. La légende du roi Arthur revisitée
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Privée de son destin de reine, la demi-soeur du roi Arthur devient la sulfureuse fée Morgane et se dresse contre la tyrannie de la Table ronde et les manipulations de Merlin le fou. Écoeurée par le magicien qui joue avec sa vie depuis sa plus tendre enfance, Morgane laisse libre cours à sa colère et assouvit sa soif de pouvoir envers et contre tous : son ancien maître, les hommes, leur nouveau dieu unique et l'ordre établi. Texte : Editeur
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Date de parution | 06 Avril 2016 |
Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis


Voilà une histoire que j’ai bien aimée. Comme pour Peau de Mille Bêtes, j’avais un a priori légèrement négatif sur le dessin de Fert, qui n’est pas forcément le style que je préfère. Mais rapidement, mes préventions ont encore une fois été balayées, tant la force et la beauté de son dessin dominent toute autre considération. Et, encore une fois, le choix des couleurs dominantes me convient tout à fait. Quant à l’intrigue, je trouve qu’elle revisite bien l’univers arthurien, utilisant bien les personnages célèbres de ces histoires, les liens qui les unissent ou désunissent, tout en faisant dévier certains thèmes, en ajoutant au milieu de tout ça des dialogues où l’ironie – et quelques traits d’humour – donnent du piment à l’intrigue, et des armes à cette Morgane, dont la vengeance donne des ailes à la volonté féminine, dans un univers où, malgré l’amour courtois souvent mis en avant, les femmes sont souvent là comme accessoire. On pourrait presque reprocher à Kansara d’avoir effectué un rééquilibrage trop brutal, puisqu’aucun homme ne sort indemne de ce jeu de massacre quelque peu misandre. Chouette histoire donc, dont je vous recommande la lecture. Note réelle 3,5/5.


C'est un voyage esthétique et une relecture du mythe arthurien très personnelle que nous proposent les auteurs. Et franchement, j'ai marché. Je ne me rappelle plus exactement l'histoire originale arthurienne, mais dans cette version BD, on ne peut qu'apprécier la noirceur des sentiments, la rage de Morgane, la défaite de Merlin... Et ce dessin si moderne et sombre colle parfaitement à cette histoire atypique.


J’ai beaucoup apprécié cette vision moderne et féministe de la légende des Chevaliers de la table ronde. La couverture me faisait un peu peur du fait qu’elle est très sombre. Le contenu n’est pas beaucoup plus lumineux mais le ton employé est tellement plaisant, moderne, vivant, drôle et féroce à l’occasion que j’ai fini par m’y habituer. En fait, le dessin est même un des atouts de cet album car, même si la colorisation est très sombre, le style graphique employé apporte son écot dans le sentiment de fraicheur qui se dégage du récit. C’est stylé, gentiment naïf, ce qui vient en parfaite opposition avec le fond. La narration est excellente et la manière dont Simon Kansara parvient à inverser l'angle de vue sur la légende permet de totalement transformer notre regard sur Morgane. Un album à découvrir pour son modernisme, son humour et son trait singulier.



3.5 Une bonne révision du mythe arthurien avec Morgane comme protagoniste. Si certains points du scénario sont un peu prévisibles (notamment comment les chevaliers sont tournés en ridicule), j'ai bien aimé. J'ai toujours trouvé que Morgane était un personnage intéressant. Je ne suis pas sûr que l'on peut résumer l'histoire à un truc simpliste du genre "les femmes se vengent enfin de ces hommes bêtes et cruels". Je trouve que Morgane elle-même pouvait être méchante. Par exemple, dès les premières pages elle veut tuer Arthur qui est certes un idiot, mais ce n'est tout de même pas de sa faute si Merlin est un manipulateur. Le personnage de Morgane est complexe et c'est ce qui rend la lecture passionnante. Les moments humoristiques marchent bien et le dessin est très bon. il crée une ambiance incroyable.


Relecture grinçante et poétique de la légende arthurienne, où est mis en avant le personnage de Morgane, ce one-shot s’apparente à une sarabande haute en couleurs faite de fureur, de passions et de trahisons. Le mythe s’est ici mué en un roman - extrêmement - graphique, à la croisée de la peinture et de la bande dessinée. Certaines scènes évoquent parfois Matisse ou Gauguin, normal quand on sait que ces peintres sont des références pour Stéphane Fert. Ce dernier lui-même possède un trait très stylisé où corps et visages sont davantage des formes, tout comme les paysages, envisagés plutôt comme des motifs, sans prétention à un quelconque réalisme. A l’aide sa vaste palette, Fert sait faire ressortir harmonieusement les couleurs vives et lumineuses des fonds obscurs, créant une atmosphère nimbée de magie, ce qui est la moindre des choses, me direz-vous, quand on raconte l’histoire d’une fée… Ce dernier, également au scénario, et Simon Kansara se sont attachés à réhabiliter Morgane, souvent perçue comme une fée maléfique. La couverture montre bien ce dont il est question, avec le symbole de la femme apparaissant sur le vêtement de l’héroïne, transformée ici en féministe avant l’heure. Le milieu chevaleresque, décrit ici comme belliqueux et misogyne, ne fait guère la part belle à la gente féminine, invité à jouer les rôles de faire-valoir ou diabolisée en cas de refus... Quant à Merlin, il apparaît comme un personnage retors et peu amène, celui qui aura empêché l’accès de son élève au trône. On comprend mieux ainsi l’attitude de Morgane, minée par le ressentiment et le désir de revanche, qui va la conduire à défier les machistes chevaliers, dont les exploits n’étaient pas, du point de vue de l’auteur, aussi glorieux que la légende veut bien nous le faire croire. Celui-ci se plaît à les tourner en ridicule, notamment lorsqu’ils targuent d’avoir vaincu des « morts-vivants possédés », qui n’étaient en fait que de pauvres villageois affamés. Globalement, cette adaptation d’un chapitre de la légende arthurienne est autant une féérie picturale qu’une fable féministe, noire, amorale et acerbe, sur l’infatuation tyrannique de la gente mâle. D’une épopée assez touffue, les auteurs sont parvenus à produire une synthèse relativement fluide sur les cent quarante pages que compte ce one-shot, et ce n’est pas la moindre de ses qualités.
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