Dans les pins - 5 ballades meurtrières
Cinq récits inspirés de chansons écrites par des songwriters comme Gillian Welch, Steve Earl et Nick Cave, ainsi que de ballades traditionnelles chantées par Johnny Cash et The Stanley Brothers.
Auteurs néérlandais Bichromie
La belle Polly et le charpentier de marine : Dans les bois, un homme creuse une tombe. Sur un bateau, des marins disparaissent un à un, engloutis par la mer agitée. Le capitaine voit là une sombre malédiction… Le grand voile noir : Un homme s’apprête à être pendu. Alors qu’il est sur l’échafaud, une femme le regarde. Il se souvient des moments où ils faisaient l’amour… Taneytown : Au bord de la rivière, un homme s’amuse à faire des ricochets quand, sur le pont, il aperçoit un pendu qui l’interpelle. Caleb Meyer : Nellie Kane est poursuivie dans les bois. Elle court et tombe dans un étang. Elle se retourne et voit un loup qui prononce son nom. Elle se réveille dans son lit, son mari à ses côtés… Là où poussent les roses sauvages : Poursuivis par la police qui les traquent, deux évadés courent dans la forêt. Il s’arrête pour se débarrasser de leurs chaînes qui les relient. Pendant ce temps-là, Élisa Mc Day étend son linge en chantant…
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Date de parution | 20 Janvier 2016 |
Statut histoire | Histoires courtes 1 tome paru |
Les avis
A part la dernière, que j’ai trouvée un peu trop quelconque, les histoires regroupées dans ce recueil se laissent lire facilement. Semble-t-il inspirées de ballades, chansons plus ou moins populaires et anciennes, elles donnent toutes à voir une part de la noirceur de l’humanité – en tout cas de certains hommes ou femmes. Elles sont par contre souvent très courtes. Le fait qu’elle mettent en image des chansons explique sans doute en partie ce manque de « développement ». Mais ça reste un peu frustrant, comme si on n’avait sous les yeux que la version abrégée. Bon, elles ne sont pas non plus bâclées, mais elles installent une ambiance qu’on aurait pu voir plus utilisée. Le dessin est agréable, utilisant une bichromie différente à chaque fois. Au final, un album plaisant mais un peu frustrant. A emprunter à l’occasion.
Avant de savoir d'où provenaient ces 5 histoires courtes, je les trouvais sympathiques et assez dans l'esprit des petits histoires à suspens d'Alfred Hitchcock ou des Contes de la Crypte, le fantastique en moins. J'ai été charmé par leur graphisme dans un dessin très classe en aplats de noir et de couleur, où la bichromie sert non pas seulement à colorer mais aussi à donner de la profondeur au trait. Ce sont de belles planches et elles transfèrent leur élégance aux histoires. Quant à celles-ci, j'ai aimé leur cadre du 19e siècle et l'ambiance entre réalisme et légèrement horreur qu'elles dégagent. Leur narration est également assez classe, avec quelques jeux sur la chronologie de la narration qui fonctionnent assez bien. Mais elles ne m'ont pas passionné car je les ai trouvées souvent trop prévisibles, ou alors avec des chutes un peu plates. Ce n'est qu'en fin d'album, en lisant le texte en épilogue que j'ai compris qu'il s'agissait d'adaptions de chansons populaires de l'époque, des "murder ballads" comme elles sont appelées, en partie basée sur des histoires vraies, ce qui explique qu'elles ne sont pas bâties dans l'optique d'offrir une révélation choc ou un suspense insoutenable mais plutôt une atmosphère globale assez noire et sans doute glaçante pour l'époque. OK, pourquoi pas... mais une simple adaptation du contenu de ces chansons ne suffit pas à me satisfaire : j'aurais préféré des histoires moins prévisibles quitte à seulement s'inspirer de l'esprit de ces ballades.
Paru en début d’année, l’ouvrage est signé d’Erik Kriek, auteur néerlandais qui mérite sans aucune doute de se faire un nom hors des terres bataves. Et les Editions Actes Sud ne s’y sont pas trompées en le publiant pour la deuxième fois, après un recueil d’adaptations de nouvelles de H.P. Lovecraft en 2012, L'invisible et autres contes fantastiques. Car il semblerait que Monsieur Kriek ait un faible pour les contes noirs… Et la couverture, très réussie, annonce bien la couleur avec ce corbeau qui semble croasser les prédictions les plus sombres à l’adresse des victimes dont il sait qu’il va bientôt se repaître. Librement inspirées des classiques du folk d’outre-Atlantique, ces ballades issues de faits divers sanglants paraissent sans nul doute plus glauques en images qu’en musique, d’autant que le trait particulier d’Eric Kriek, renforcé par une bichromie de bon aloi, contient toute la noirceur appropriée. Jouant habilement avec les contrastes noir et blanc, son trait gras et expressif emprunte beaucoup aux comics US, restituant très bien l’angoisse ou la démence dans les visages mangés par les ombres. Visuellement, c’est impressionnant de maîtrise technique, tout comme le cadrage savamment étudié. Je n’irais pas jusqu’à dire que les scénarios de ces cinq nouvelles sont époustouflants, mais dans la mesure où ils sont inspirés de chansons ultra-connues chez l’Oncle Sam, la vraie gageure résidait dans la capacité de l’auteur à transformer ces chansons en véritables histoires, et à ce niveau on peut dire que le contrat est rempli.
Je dois bien avouer que ces ballades meurtrières au coin des bois sont parfaitement réussies. Il y a 5 récits qui ont chacun leur personnalité bien qu'ayant le même thème. Il n'y aura pas de distorsion graphique bien au contraire. A noter que j'ai beaucoup apprécié cette bichromie qui est tout à fait adaptée au récit. L'auteur est pourtant néerlandais mais il a totalement assimilé la culture américaine. En effet, il faut savoir que les murder ballads constitue une grande partie du répertoire américain de la chanson. Les textes de ces ballades ont pour point commun le meurtre. Les faits divers peuvent être assez horribles. Ils ont d'ailleurs été véhiculés jusqu'en Grande-Bretagne grâce aux immigrants. Bref, du bon travail sur le fond comme sur la forme. Se promener dans les bois n'est jamais anodin.
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