Le Patient

Note: 3.31/5
(3.31/5 pour 16 avis)

Jeu trouble entre le rescapé d'un massacre et la psy venant l'interroger.


BDs adaptées en film

À quoi bon se souvenir qu’on a vécu l’enfer ? La police arrête une jeune fille errant dans la rue, couverte de sang, un couteau à la main. En se rendant chez elle, les agents découvrent avec effroi une scène de massacre : toute sa famille a été assassinée... 6 ans plus tard, Pierre Grimaud, l’unique survivant du « massacre de la rue des Corneilles », se réveille d’un profond coma. L’adolescent de 15 ans qu’il était au moment des faits est aujourd’hui un jeune homme de 21 ans. Désorienté, encore paralysé et souffrant d’amnésie partielle, il est pris en charge par le docteur Anna Kieffer, psychologue spécialisée sur les questions de criminologie et de victimologie. Pendant leurs séances, Anna tente de l’amener à se souvenir des circonstances du drame, malgré ses pertes de mémoire. Pierre lui évoque la présence mystérieuse d’un « homme en noir » qui hante ses rêves, probable réponse inconsciente à son traumatisme. Après plusieurs rendez-vous, Anna découvre en Pierre un être sensible et très intelligent. Touchée par son histoire, elle se met même à le prendre en affection. Petit à petit, une véritable complicité s’installe entre eux. Anna n’imagine pas à quel point ce patient va changer sa vie… Après le remarqué Ces jours qui disparaissent, Timothé Le Boucher revient avec un ouvrage témoignant une nouvelle fois de sa science narrative exemplaire. S’inscrivant dans une veine plus réaliste, Le Patient est un thriller psychologique prenant et surprenant, laissant entrevoir quelques-uns des thèmes de prédilection de l’auteur : le rapport à l’autre, la notion du « temps », de l’identité et de la mémoire. (Site éditeur)

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 10 Avril 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Le Patient © Glénat 2019
Les notes
Note: 3.31/5
(3.31/5 pour 16 avis)
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23/06/2019 | Noirdésir
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L'avatar du posteur Triskeriaki

Je suis toujours happé par le travail de Timothé Le Boucher. L'histoire intrigante, la mise en scène cinématographique, les couleurs, la sensibilité et l'ambiguïté autour des relations humaines, tout m'a plu. Le milieu hospitalier permet de voir la complicité qui s'installe autour des différents handicaps, ça crée beaucoup de finesse dans la psychologie des personnages. J'ai déjà lu 47 Cordes et je ne suis pas déçu par cet autre oneshot.

02/09/2024 (modifier)
L'avatar du posteur carottebio

L'auteur réussit à créer une atmosphère trouble entre les différents personnages. Des touches d'érotisme malsain, des liens familiaux dysfonctionnels, des vies brisées se mélangent dans le département de rééducation de cet hôpital. Le tout est mené au rythme d'une enquête longue, des flashbacks du héro, des péripéties présentes, qui dévoilent lentement l'intrigue. C'est une lecture prenante qui au final doit plus à l'ambiance et au mystère entourant les protagonistes qu'à l'enquête policière.

16/05/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue boy

Timothé Le Boucher, auteur très en vue depuis le surprenant Ces jours qui disparaissent, publiait il y a un an « Le Patient », passant de ce qu’on pourrait appeler du « fantastique intimiste » à un registre plus conventionnel : le thriller psychologique. Comme pour son ouvrage précédent, le talent du jeune prodige se mesure autant à sa maîtrise du dessin que du scénario. Sa ligne claire fine et élégante bénéficie d’un cadrage millimétré, exprimant à la perfection les non-dits en jouant à fond sur les regards et la gestuelle. Du grand art qui resserre les liens les plus visuels entre le 7e et le 9e art. La narration elle-même est d’une extrême fluidité, dominée par un mystère constant qui maintient le lecteur en haleine jusqu’à la fin, et applique à merveille les codes cinématographiques du genre, sans oublier le twist final. Auparavant, Le Boucher aura pris soin de faire ressortir l’ambigüité et le côté obscur de ses personnages pour mieux nous laisser sur le qui-vive. On pourra légitimement mettre un bémol, mais pour en parler, il conviendra de conseiller au lecteur de cette chronique qui n’aurait pas lu l’ouvrage de ne pas lire la phrase qui suit. [SPOILER] Après avoir refermé ce pavé envoûtant (292 pages tout de même !), on peut s’interroger sur la crédibilité de l’intrigue. Le jeune Pierre, manipulateur cynique doté d’une intelligence supérieure, aurait-il réellement pu demander à sa sœur d’ajuster sa force pour ne pas lui asséner de coups mortels, mais suffisamment dosés pour le faire tomber dans un coma de six ans, sans risque d’y perdre des facultés cérébrales ? Car on constatera que lorsque le jeune garçon émerge de son coma, il semble avoir conservé intacte son intelligence hors normes si ce n’est une légère amnésie… [FIN DU SPOILER]. Bref, chacun se fera son opinion sur le sujet, mais quoi qu’on en pense et malgré ce que l’on peut considérer comme une légère incohérence, l’intrigue est plutôt bien ficelée, mais surtout, les personnages, TOUS les personnages sans exception, sont extrêmement bien campés. L'histoire, que l’on n'oubliera pas de sitôt, est assez dérangeante, notamment par le jeu trouble voire un peu malsain entre Pierre et sa jolie psychiatre (qui pourrait avoir l’âge de sa mère), fascinée et un brin amoureuse de son jeune patient et de sa personnalité extraordinaire, [SPOILER] qui rappellera quelque peu les « liaisons dangereuses » entre Hannibal Lecter et Clarice Starling dans « Le Silence des agneaux ». [FIN DU SPOILER]

03/09/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
L'avatar du posteur PAco

C'est avec ce second album de Thimoté Le Boucher que je découvre le talent de cet auteur, je n'ai pas lu son premier Ces jours qui disparaissent qui a séduit grand nombre de lecteurs et contribué à faire sa renommée. Dans cet album Thimoté Le Boucher nous embarque dans un thriller psychologique tendu qui va se jouer entre un jeune homme de 21 ans, Pierre Grimaud, qui vient de passer 6 ans dans le coma. Il est en fait le seul survivant du massacre d'une famille entière ; c'est sa sœur qui a été arrêtée arme à la main le soir de la tuerie et qui s'est suicidée plus tard. A son réveil Pierre Grimaud reste très affaibli physiquement et souffre d'amnésie partielle ; il va donc suivre une thérapie avec le docteur Anna Kieffer, psychologue spécialisée en criminologie, qui a déjà travaillé sur l'affaire au moment des faits. C'est donc toute cette reconstruction et la découverte petit à petit de ce qui s'est passé ce soir là qui constitue le nœud du récit, ainsi que la personnalité de Pierre. Le récit est très bien construit en jouant beaucoup sur la psychologie des personnages principaux ou secondaires et les ambiances que posent le trait et la colorisation de Thimoté Le Boucher nous embarquent pleinement dans son histoire. On se laisse prendre à ce jeu du chat et de la souris sur fond macabre, jusqu'au retournement final de l'histoire qui pourra laisser certains lecteurs dubitatifs, mais qui au final nous oblige à réfléchir à la complexité de ce personnage... Voilà un très bon album qui grâce à son graphisme élégant et un scénario bien pensé vous entraînera dans les méandres du cerveau d'un personnage complexe...

19/05/2020 (modifier)