Peau d'Homme

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Dans l’Italie de la Renaissance, Bianca, demoiselle de bonne famille, est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent un fiancé à leur goût : Giovanni, un riche marchand, jeune et plaisant. Le mariage semble devoir se dérouler sous les meilleurs auspices même si Bianca ne peut cacher sa déception de devoir épouser un homme dont elle ignore tout. Mais c’était sans connaître le secret détenu et légué par les femmes de sa famille depuis des générations : une « peau d’homme » ! En la revêtant, Bianca devient Lorenzo et bénéficie de tous les attributs d’un jeune homme à la beauté stupéfiante. Elle peut désormais visiter incognito le monde des hommes et apprendre à connaître son fiancé dans son milieu naturel. Mais dans sa peau d’homme, Bianca s'affranchit des limites imposées aux femmes et découvre l'amour et la sexualité. La morale de la Renaissance agit alors en miroir de celle de notre siècle et pose plusieurs questions : pourquoi les femmes devraient-elles avoir une sexualité différente de celle des hommes ? Pourquoi leur plaisir et leur liberté devraient-ils faire l’objet de mépris et de coercition ? Comment enfin la morale peut-elle être l’instrument d’une domination à la fois sévère et inconsciente ? À travers une fable enlevée et subtile comme une comédie de Billy Wilder, Hubert et Zanzim questionnent avec brio notre rapport au genre et à la sexualité… mais pas que. En mêlant ainsi la religion et le sexe, la morale et l’humour, la noblesse et le franc-parler, Peau d’homme nous invite tant à la libération des mœurs qu’à la quête folle et ardente de l’amour.
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Date de parution | 03 Juin 2020 |
Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis


Malgré la pluie de prix obtenue par cette BD cette série m'a plutôt ennuyé. Depuis le mythe de Tirésias le passage homme/femme (ou son contraire) a été utilisé à plusieurs reprises même en BD. Il n'y a donc pas une grande originalité sur le concept initial. Ensuite je trouve la série vraiment trop dans l'air du temps. Si la thématique de l'homosexualité est très ancienne celle de la détermination du genre est plus moderne. J'ai trouvé que les auteurs n'évitaient pas le piège d'utiliser un grand nombre de clichés naïfs voire simplistes pour traiter ces thématiques. J'ai trouvé le discours employé très discutable, hors contexte historique même sous la forme du conte. Je n'ai pas accroché au personnage trop contemporain de Bianca/Lorenzo que je juge peu crédible surtout dans les scènes d'intimité. J'avais bien plus aimé le côté intimiste du Mauvais genre de Cruchaudet. Le graphisme est élégant avec un trait souple et fluide. La mise en couleur est bien travaillée même si elle n'est pas spécialement dans mes goûts. Une lecture que j'ai assez peu appréciée malgré sa réputation. Tant pis pour moi.


Bon, je me doutais bien que je n'allais pas aimer, vu comme j'apprécie peu ce genre de BD et ce genre de thème habituellement. Mais j'essaye toujours de continuer à sortir de ma zone de confort et à découvrir des BD populaires, histoire de découvrir des genres auxquels je suis moins habitué, et qu'on ne me puisse pas me dire : "tu ne peux pas savoir ce que ça vaut, puisque tu ne l'as pas lu." Au moins, on ne pourra pas prétendre que je n'ai pas fait l'effort... La grande qualité de l'oeuvre est pour moi le dessin de Zanzim, qui a été une découverte. Il est joli, très épuré, et dégage une belle élégance. Il porte l'oeuvre de belle manière, et même si je me suis terriblement ennuyé, le dessin était toujours là pour donner à la bande dessinée une partie de l'âme qui lui manque. Là-dessus, pas grand-chose à redire. En revanche, ce qui me gêne beaucoup, comme toujours dans ce genre d'apologue, c'est la simplification outrancière. On me rétorquera peut-être que ce procédé se justifie par le recours au genre du conte, mais cela me paraît un mauvais argument pour deux raisons : "naïf" ne signifie pas "simpliste", et même si un conte peut s'autoriser une certaine part de naïveté, je n'aime pas quand il en profite pour basculer dans la caricature d'autant que, presque systématiquement - et c'est ma deuxième raison - cela entraîne un propos lacunaire voire souvent faux (volontairement ou non). Ici, comme toujours, donc, le recours au conte permet à Hubert de se lancer dans une série d'approximations historiques et religieuses, le poussant à débiter un paquet de bêtises prouvant qu'il n'a pas pris la peine de se renseigner sur son sujet, ce qui est assez dommage (quand bien même Peau d'homme ne cherche pas le réalisme historique). Rappelons donc rapidement que non, l'Eglise n'a jamais institué la misogynie dans ses rangs. Si certains hommes d'Eglise ont pu témoigner d'une certaine aversion pour les femmes, mettre cette aversion en relation avec leur foi ou leur appartenance à l'Eglise est fondamentalement faux. D'ailleurs, ce brave Saint Paul (et la Bible entière) respectait bien plus les femmes que bon nombre de nos prétendus féministes actuels, il n'y a qu'à aller le lire au lieu de ressortir toujours les deux mêmes phrases tirées de leur contexte... Ce qui est assez intéressant, d'ailleurs, c'est que ces mensonges sur l'intolérance supposée de l'Eglise date bien souvent des philosophes des Lumières, qui cherchaient à se légitimer en décrédibilisant leur adversaire par tous les moyens. En parallèle, Voltaire expliquait sans scrupules dans ses écrits que l'homosexualité était un "infâme attentat contre la nature". On m'excusera de ne pas être emballé par une telle ouverture d'esprit... Bon, mais pour revenir à Peau d'homme, justement, la représentation de l'homosexualité donnée ici n'est pas la pire qu'il m'ait été donné de lire/voir, mais elle est encore trop militante pour être pleinement efficace et ne s'empêche pas de basculer dans certains clichés dommageables. Et c'est d'ailleurs d'autant plus dommage que dans certains échanges entre Bianca et son mari, ou Bianca et sa tante (voire même la confrontation avec sa mère), il y a des répliques intéressantes, qui amorcent un début de réflexion malheureusement toujours avorté... On est encore loin de la seule œuvre que je connaisse traitant correctement du sujet, à savoir le merveilleux film de Blake Edwards : Victor, Victoria. Je pense vraiment qu'à l'image de Blake Edwards, la seule bonne manière d'aborder un sujet sensible est de le traiter sans jamais entrer dans la polémique. Dans son film, Edwards ne juge jamais personne : ni ceux qui sont pour, ni ceux qui sont contre l'homosexualité. Ce faisant, il déploie une étude de caractère extraordinaire, réussissant à nous faire entrer dans la peau de chaque personnage et à comprendre sa pensée. Peau d'homme, comme trop d'œuvres similaires, évacue toute forme de subtilité du récit, car au lieu de défendre le point de vue visant à montrer que les homosexuels sont des gens comme les autres, seule manière intelligente d'aborder le sujet à mes yeux, la bande dessinée préfère la voie de la facilité en se concentrant exclusivement sur l'intolérance supposée des dits "homophobes", avec force caricature. Bref, au lieu d'essayer de comprendre ses adversaires, Hubert se contente d'en donner une image bête et méchante et donc finalement (en partie) fausse. Peut-être que ça soulage, mais ça ne fait rien avancer du tout. A ce compte-là, j'aime autant me retaper l'atroce débat Macron/Le Pen, de 2017, c'était du même niveau, tout aussi bête, sans arguments et sans intérêt, mais au moins, il y avait du spectacle...
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