Dans mon village, on mangeait des chats
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Le parcours initiatique d’un jeune garçon dans le crime organisé.
Auteurs espagnols Gangsters
Les gens viennent de loin pour acheter les pâtés du père Charon, boucher et maire de son village du Sud-Ouest. Une recette dont il garderait jalousement le secret, s’il n’y avait pas le petit Jacques Pujol. Fils d’un père violent et d’une mère qui vend son corps à l’homme qui passe, Jacques n’est lié qu’à sa petite sœur Lily qu’il aime éperdument. Mais une nuit, les deux enfants éventent le secret du boucher... Jacques, devenu meurtrier pour sa survie, raconte sans concession son parcours atypique qui va l’amener à diriger un véritable empire criminel.
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Date de parution | 10 Juin 2020 |
Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
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Ouh, j'ai vraiment peu aimé ma lecture. Cette BD est incroyablement mal équilibrée, avec trois parties distinctes qui ne se répondent quasiment pas. Et j'ai eu du mal à comprendre ce que les auteurs voulaient nous raconter au final. Sans trop développer pour éviter de divulgâcher, il y a trois périodes et trois histoires qui se suivent. La première entraine vite dans un village et les magouilles sordides qui s'y passent, puis on enchaine sur un orphelinat. Bêtement, je pensais que ça enchainerait sur un retour au pays, bouclant la boucle du début mais non. La troisième histoire n'a quasiment plus rien à voir avec le début, et les quelques éléments qu'on y retrouve sentent plus la colle rapide que les liens forts. De fait, j'ai eu l'impression de lire trois histoires franchement décousues entre elles. La façon dont les gamins deviennent des mafieux tranche avec le passage dans l'orphelinat où ils agissent comme des petits voyous une seule fois pour une "bonne cause" qui semble finir sur un truc très positif au final. En définitive, je n'ai pas bien compris les liens que les auteurs faisaient, si ce n'est qu'on nous présente la vie d'un personnage. Et comme souvent, la vie est un peu décousue, on navigue sans trop savoir. C'est un peu l'effet que ça m'a fait, avec un début très polar noir, une suite qui fait récit d'enfance rigolo, et une fin de mafieux qui tranche dans la tonalité. L'équilibre est très mal géré dans la gestion du temps, du ton et du récit. Franchement, n'eut été le chat final, j'aurais même oublié qu'il y en avait dans l'histoire alors que ça semblait si important au début.
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J’ai plutôt bien aimé, mais j’en attendais sans doute plus après lecture de la première moitié de l’album, durant laquelle nous découvrons un gamin élevé dans une famille peu aimante (tabassé par un père peu présent, ignoré par une mère volage). Le gamin est lui-même le narrateur, et il nous explique – sur un ton que j’ai bien aimé – comment cette enfance difficile et certaines circonstances vont faire de lui un tueur froid et un grand délinquant (il montre pas mal d’aplomb quand même pour se mettre dans la poche le directeur du centre de redressement !). Une fois adulte et « installé » avec ces potes dans une délinquance ordinaire, il est devenu le caïd local, histoire et narration sont moins originales, sans doute moins intéressantes. Et surtout ça va trop vite sur la fin – y compris au niveau des transformations physiques du héros. Une lecture sympathique néanmoins.
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Je rejoins l'avis de Blue Boy. Le scénario commence très bien. Sans être un chef d'œuvre, j'ai trouvé toute la partie avec le boucher captivant et je me demandai où les auteurs allaient emmener leur personnage principal. J'ai bien aimé la partie dans la maison de correction aussi. En fait, le souffle retombe vraiment dans le dernier tiers lorsque les gamins sont devenus des adultes. Le scénario devient complètement conventionnel. On a droit à tous les clichés des récits de petites frappes qui deviennent des grands criminels. Je sais, j'en dis un peu trop sur le déroulement du scénario, mais de toute façon dès que le personnage principal est adulte on sait ce qui va arriver à lui et ses potes. Le pire est que toute cette partie va trop vite alors que pour la jeunesse du héros, les auteurs prenaient leurs temps. Il y a des éléments qui sont sous-exploités. Par exemple, le 'héros' a une petite sœur qu'il aime bien, mais on la voit tellement peu qu'il aurait pu être sans problème fils unique. Le dessin est bon, mais je trouve les couleurs trop sombres par moment, certaines cases sont un peu illisibles.
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Je suis devant le présentoir des « coups de cœurs » du moment de la médiathèque de mon village. La couverture est séduisante et attire mon œil avide de nouvelles émotions visuelles. Je prends. Je vais faire confiance aux avis des charmantes bibliothécaires. Nous sommes sur le parcours initiatique d’un gamin qui plonge peu à peu dans le grand banditisme. Il va avancer dans la vie en franchissant alégrement toutes les étapes qui vont le métamorphoser du jeune gamin d’une maison de correction à un parrain toulousain à la tête d’une entreprise mafieuse. Le scénario nous tient en haleine même si nous savons que cela se finira dans un bain de sang. C’est noir et poisseux. La narration est froide mais bien tranchante. Le narrateur s’adresse au lecteur. Un peu comme au cinéma ! Visuellement c’est terrible. Le trait semi-réaliste est brut. La colorisation met bien en avant les différentes époques. L’atmosphère est oppressante de bout en bout. Mais que c’est bon cette spirale violente. On passe ainsi de la de la petite délinquance au grand banditisme. On ne lâche pas l’album pour une petite pause. Non non. Cela ne peut se lire que d’une seule traite. Une BD bien noire et violente comme j’aime. Un polar digne de ce nom. Ame délicate s’abstenir !
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La première chose qui attire dans cette bande dessinée, c’est le titre très intrigant. Et une couverture qui ne l’est pas moins, avec ce côté « Massacre à la tronçonneuse », où l’on voit l’ombre d’un boucher dans une posture menaçante, un hachoir dans les mains, sans que l’on sache exactement s’il vise le jeune garçon qui nous fait face, l’air désapprobateur… Ce titre si bien trouvé, constitue également la première phrase de ce récit en flashback, qui a pour mérite de captiver immédiatement le lecteur. Tout commence à la façon d’un drame social s’appuyant sur un personnage peu amène : le boucher d’un village très français, également maire de sa commune, un type ventru, véreux et fort en gueule, qui tue des chats en secret pour en faire des pâtés maison vendus dans de jolies boîtes au prix du foie gras… A l’opposé il y a Jacques, un jeune garçon un peu maussade, victime des mauvais traitements infligés par son père et délaissé par sa mère, qui profite des absences de son routier de mari pour recevoir des hommes, « parfois même des gens très importants », et visiblement ce n’est pas pour leur proposer de prendre le thé… Plus glauque tu meurs. Le narrateur, qui n’est autre que le jeune Jacques, prend le lecteur à témoin. Il a la parole froide et cynique. Le texte de Pelaez est ciselé et nous percute à la manière d’un coup de poing dans le ventre. Les personnages, eux, sont très bien campés. Dès le début, on est prévenu, Jacques a « zigouillé » le boucher. Et même si l’on n’a pas envie de s’apitoyer sur le sort de ce personnage détestable, aucun des protagonistes ne suscite véritablement l’empathie. Quand bien même on comprend que Jacques s’est construit sur un contexte familial rude, son absence d’état d’âme empêche toute identification et dès lors toute affection de la part du lecteur. Le dessin de Porcel, très bien exécuté, ne se distingue pas de la production courante. Le dessinateur a accentué l’âpreté du propos avec un trait plus gras et plus acéré que ce qu’il fait habituellement. Quelques scènes nocturnes témoignent d’une certaine maîtrise de la couleur. Si ce one-shot honorable reste fluide et bien construit, on peut regretter le fait que dès la deuxième partie, après le meurtre du boucher par Jacques, le récit retombe dans quelque chose de beaucoup plus conventionnel que ce que le début pouvait laisser présager. De plus, l’évolution spectaculaire et quelque peu elliptique du personnage principal, imposée sans doute par le format court, paraît assez peu crédible — impossible d’en dire plus au risque de raconter l’histoire —, un bémol compensé par la qualité de l’écriture.
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