Elle s'appelait Sarah
Une journaliste américaine doit faire un article sur la rafle du Veld'hiv et il se trouve qu'elle s’apprête à emménager dans un appartement parisien où vivaient des juifs arrêtés à cette occasion...
1939 - 1945 : La Seconde Guerre Mondiale Les petits éditeurs indépendants Racisme, fascisme Rafles pendant la Seconde Guerre mondiale
Deux histoires parallèles vont se rejoindre, celle de Sarah, petite fille, arrêtée par les allemands en 1942 et celle de Julia, journaliste américaine, mariée à un parisien en 2002. "Juillet 1942, réveillée en sursaut par la police qui martèle les portes du quartier, Sarah Starzynski s’habille en toute hâte et va chercher son frère Michel, 4 ans. Réfugié dans une armoire, celui-ci refuse d’en sortir, amenant sa sœur à l’y enfermer pour le protéger et à lui promettre de venir rapidement le délivrer. Mais, la fillette est embarquée avec ses parents à bord d’un bus et rejoint des centaines d’autres juifs parqués des conditions atroces avant d’être déportés. Soixante ans plus tard, Julia Jarmond est sollicitée par le magazine américain qui l’emploie pour écrire un article sur la commémoration de la rafle du Vélodrome d’Hiver. Émue par le sort funeste des victimes et malgré l’indifférence de son époux, la quadragénaire va mener son investigation avec passion et, par un hasard inattendu, se retrouver sur les traces de la Sarah."
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| Date de parution | Octobre 2018 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
Un sujet sensible et déjà pas mal évoqué : la rafle du Vélo d'Hiv durant l'été 1942. Le choix narratif est relativement original. En effet, nous suivons en parallèle/alternance deux histoires, liées dans le temps. D'abord le destin d'une gamine juive, Sarah, raflée avec sa famille. Puis l'histoire d'une journaliste américaine, Julia, qui, 70 ans plus tard, emménage dans l'ancien appartement de Sarah. Par hasard elle enquête sur la rafle du Vel d'hiver, et, de fil en aiguille, elle apprend le destin de Sarah, découvre qu'elle a peut-être survécu à la rafle, et veut ensuite la retrouver. Le sujet est sensible, et le rôle central de la police de Vichy est mis en avant (ils sont les seuls à incarner la répression dans la période Sarah, et l'enquête de Julia insiste sur le fait - véridique - que Vichy (en l'occurrence Laval) a fait pression sur les Nazis pour que les enfants soient ajoutés aux adultes déportés). Mais, si ça se laisse lire, il y a quand même quelques facilités scénaristiques (dans les deux périodes), et les dialogues ne sont pas folichons. Et je n'ai pas été convaincu par le choix de représenter les policiers français par des géants peu réalistes et noirs, comme des spectres.
Une histoire fouillée avec un scénario bien ourlé. 2 qualités pour ce livre : 1. La mécanique dramatique qui suit le parcours de deux personnages à des époques différentes et les deux histoires vont se rejoindre au cours de l'album. Il s'agit d'une adaptation d'un livre de Tatiana de Rosnay. Le sujet de la seconde guerre mondiale commence à nous fatiguer à force d'être remouliné sans cesse, mais ici, l'idée de nous l'apporter par une journaliste américaine qui doit faire un papier sur la rafle du vel d'hiv est renforcée par le fait qu'elle est sensée déménager dans un appartement qui a appartenu à des juifs en 1942. Son histoire personnelle va se trouver changée par ses recherches qui vont la pousser à chercher la petite Sarah 70 ans plus tard.... 2. Le dessin est un lavis gris avec les têtes blondes des principaux protagonistes en 1942, et 2002 en gris tout simple. Les cases sont délimitées par le jus du lavis et dans une rondeur contrastée pour la période 42 et dans un gris pale plus carré pour la période actuelle. Je trouve le procédé à la fois simple efficace et très élégant, et vraiment agréable à suivre. Cependant 3 bémols 1. Des silhouettes noires entourent l'histoire du passé, ce sont des miliciens, des nazis ou des policiers français, comme si le dessinateur n'avait pas souhaité leur donner un visage ; ce parti pris me gène parce qu'il laisse planer l'idée que ces gens étaient des monstres. Et malheureusement ce n'était que des humains. 2. Cette stylisation du problème est renforcée par des dialogues légèrement ampoulés, écrits plutôt qu'oraux et c'est vraiment gênant, tout du long. L'adaptation, ce n'est pas recoller les mots des dialogues du roman. Je pense qu'un style plus direct permettrait au lecteur de mieux s'identifier aux personnages. 3. Les seconds rôles manquent parfois un peu d'épaisseur, et je pense que c'est aussi dû à ces dialogues où chacun à le même niveau de langage, et donc les caractères sont gommés, vieux et jeunes, citadins et paysans, tous parlent de la même manière, cela rend lisse une situation qui ne l'était assurément pas. Pour conclure, c'est une BD qui pourrait être étudiée en classe au collège, quand on parle de la seconde guerre mondiale, (on y voit les rôles de certains paysans qui ont aidé sans être résistants, de la police française) et faire aussi réfléchir sur les niveaux de langage, en français, sur les lavis en dessin... Bref un outil pédagogique transversal comme ils disent.
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