Le Fantôme de l'Opéra (Brizzi)

Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)

Les frères Brizzi adaptent en bande dessinée le classique de Gaston Leroux, mêlant mystère et romance dans le Paris de 1890.


1872 - 1899 : de la IIIe république à la fin du XIXe siècle Adaptations de romans en BD Fantômes Paris

Des événements surnaturels ont lieu à l’Opéra : le grand lustre s’effondre pendant une représentation et tue une spectatrice, un machiniste est retrouvé pendu... La direction doit se rendre à l’évidence : un fantôme ou un homme machiavélique nommé Erik hante le théâtre. Certains affirment avoir vu le visage déformé de cet individu qui ne semblerait pas être humain. Peu après, les directeurs de l’Opéra se voient réclamer 20 000 francs par mois de la part d’un certain « Fantôme de l’Opéra » qui exige aussi que la loge numéro 5 lui soit réservée. Dans les coulisses de l’opéra, le vicomte Raoul De Chagny est épris de Christine, une jeune chanteuse lyrique. Mais il ne supporte pas de l’entendre parler avec un autre mystérieux prétendant, à la voix lugubre, fantomatique... Après le succès L’Enfer de Dante, Don Quichotte de Cervantès mais aussi Boris Vian et Balzac, Paul et Gaëtan Brizzi s’attaquent de nouveau à un classique de la littérature. Le Fantôme de l’opéra nous mène dans le Paris de 1890. Le Paris du XIXe, le cadre de l’opéra Garnier et cette histoire fantastique créent une bande dessinée délicieuse, où s’enchaînent les morceaux de bravoure graphiques.

Scénario
Oeuvre originale
Dessin
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 15 Janvier 2025
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Le Fantôme de l'Opéra (Brizzi) © Futuropolis 2025
Les notes
Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)
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29/03/2025 | Blue boy
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Par Blue boy
Note: 4/5
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Je l’avouerai tout de go, je n’ai jamais lu aucune œuvre de Gaston Leroux. Du « Fantôme de l’Opéra », devenu référence incontournable de la pop culture, je connais surtout la comédie rock flamboyante de Brian de Palma, « Phantom of the paradise ». Coutumiers des adaptations en bande dessinée, les frères Brizzi se sont emparés du roman avec un certain brio. L’histoire originale restant en elle-même assez simple, on peut affirmer sans trop se tromper que ce n’est pas à cet endroit que résidait le plus gros défi pour une adaptation. Et sur ce plan les auteurs semblent avoir respecté le scénario original dans sa linéarité, lequel raconte l’histoire d’un homme reclus dans les profondeurs du palais Garnier, dissimulant son visage monstrueux derrière un masque et amoureux d’une jeune cantatrice. La performance se situerait donc plutôt au niveau du dessin, et ici, force est de reconnaître que les jumeaux ont excellé. Leur style en crayonné noir et blanc est d’une beauté sans failles, parvenant à immerger le lecteur dans cette ambiance fin XIXe, nimbée de fantastique, alors que la littérature de l’époque assistait à l’éclosion du genre, notamment en France avec Guy de Maupassant ou Jules Verne, et dans les pays anglo-saxons avec H.G Wells, Mary Shelley, Bram Stocker, et bien sûr Edgar Allan Poe ou H.P. Lovecraft. Les cases se laissent admirer et s’apparentent à des tableaux lorsqu’elles s’épanouissent en pleine page. D’ailleurs, ne pourrait-on pas voir dans ce cheval blanc sortant de l’obscurité (p.98) une référence au « Cauchemar » de Füssli ? C’est avec un plaisir teinté d’effroi que l’on pénètre dans les coulisses obscures puis dans les caves profondes de ce palais Garnier magnifiquement représenté, avec un soin apporté aux détails, notamment pour l’architecture des lieux ou les sculptures baroques ornant la salle de spectacle. Tout cela est grandiose et juste bluffant. Au milieu de ces décors très réalistes, évoluent des personnages expressifs dont certains par leur aspect évoqueraient les caricatures d’Honoré Daumier, aux pifs protubérants et bedaines en avant… On ne s’attardera pas sur la consistance des protagonistes, mais à l’exception du personnage d’Erik le fantôme lui-même, qui se révèle le plus émouvant de l’histoire, on se moque un peu, il faut bien le dire, de savoir si leur profil correspond à l’œuvre originale, subjugués sommes-nous devant la splendeur graphique de l’objet. Si « Le Fantôme de l’Opéra » se veut un hommage à l’œuvre de Leroux (qui est aussi le récit touchant d’un amour impossible), c’est une réussite, tout au moins sur le plan du dessin — pour le reste, ceux qui ont lu l’œuvre originale seront mieux à même de juger, pour les autres, on a affaire à une lecture fluide et plaisante. Et si d’hommage il est question, cette adaptation en est incontestablement un, formidable, au célèbre bâtiment conçu par Charles Garnier.

29/03/2025 (modifier)